Communications et discours du Maire

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Communiqués de la mairie du 2e

Mandature 2014-2020

Simone Veil nous a quittés ce vendredi 30 juin à l’âge de 89 ans. Cette femme était une personnalité politique exceptionnelle : par-delà les partis, elle a mis son courage au service de tous les humains, et non des appareils.

Elle a laissé à la postérité une loi qui a libéré les femmes et leur a permis d’avoir un enfant lorsqu’elles le veulent et si elles le veulent. Par ailleurs, elle a eu le courage de défendre et d’ouvrir au débat – sans ordonnance ni article 49-3 – ce texte controversé devant une Assemblée hostile, par le fait qu’elle était une femme et que son projet de loi remettait en question une image conservatrice de la famille unanimement acceptée.

Je souhaite rendre hommage à sa mémoire, et que son travail ne soit pas oublié. Cela ne va pas de soi, lorsque nous voyons les attaques multiformes contre ce droit qui a évité à de nombreuses femmes de mourir des suites d’un avortement clandestin. J’en veux pour preuve les réactions de certaines personnalités politiques lorsqu’il s’est agi de pénaliser le délit d’entrave sur Internet, mais aussi les affichages d’associations comme les Survivants dans le métro parisien. Notre arrondissement a été touché à plusieurs reprises. En octobre dernier, SOS Tout Petits a placardé huit affiches sur le panneau associatif de la mairie du 2e, équipement symbole de la République et du vivre-ensemble. L’antenne parisienne du Planning Familial, situé rue Vivienne, a été la cible de prières de rue, d’intrusions, de tags, autant de troubles à l’ordre public et de dégradations, à ce jour impunis.

Ces troubles m’inquiètent en ce qu’ils témoignent d’un manque de mémoire envers les femmes décédées des suites d’avortements clandestins et envers les luttes supportées par nos aîné-e-s pour que les femmes aient le choix de devenir mères (ou non).

Rendons hommage à Simone Veil comme il se le doit et rappelons que la liberté de disposer de son corps est un droit inaliénable.

Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement.

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Élue(s)

Mesdames et Messieurs,

Visionnaire, audacieux, incarné : c’est ce que l’Histoire a retenu de l'Appel de général de Gaulle, que nous commémorons aujourd'hui.

Visionnaire, audacieux incarné, c’est aussi ce qui qualifie ce général alors inconnu lorsqu'il s’empare de cette immense responsabilité, devant un micro de la BBC à Londres, ce 18 juin 1940.

La France, alors, est en plein désarroi, en pleine interrogation, en pleine débâcle et déjà en la personne de Pétain, vassale de Hitler.

La veille, en effet, le maréchal vainqueur de 1918, a accepté la défaite de 40 et demandé aux citoyens de se soumettre et de collaborer avec l'occupant nazi.

Pour de Gaulle, comme pour beaucoup de Français patriotes, humanistes et épris de liberté, ce sont l’honneur de la France et ses valeurs qui sont bafouées.

Dans son "Appel" c'est d’abord cela que défend le général : l'honneur de notre pays ! Et c’est avec la force de ses mots qu’il va insuffler à nouveau l'espoir, redonner courage et faire comprendre à tous que la défaite ne peut pas être une alternative.

Fier, lyrique et puissant : c'est aussi pour ces raisons que l'on se souvient de l'Appel du 18 juin.

Cette alerte sublime va parler au cœur et à la raison des citoyennes et citoyens de France. Elle va redonner espoir et allumer le moteur de la rébellion contre le gouvernement collaborationniste et susciter le regain de la résistance face à l'ennemi à l’idéologie nazie.

Ce discours, lancé sur les ondes le 18 juin, peu de personnes l’ont vraiment entendu. Il va pourtant peu à peu se propager comme une onde, en cercles concentriques, de villes en villes, de foyers en foyers et bientôt chaque Français l’aura entendu.

Alors on s'organise, dans la clandestinité, en comité, en maquis, en groupe clandestin et chaque région a bientôt son pôle de Résistants.

Peu nombreux au début certes, mais déterminés, ces citoyens admirables vont se fédérer sur tout le territoire et puiser dans des forces inconnues et souterraines pour dégager cette énergie qui fait qu’un homme se dépasse pour une cause plus grande que lui, au péril de sa vie.

Ces Mouvements Unis de la Résistance (MUR), cette Armée Secrète, c'est de l'Appel du 18 juin qu'ils proviennent, c'est là qu'ils ont pris leur source, c’est de là qu’ils puisent leur énergie pour cet élan collectif.

C'est là aussi que des hommes et des femmes ont puisé leur vaillance, leur témérité et leur sens du sacrifice.

Comme nous nous souvenons de l'Appel du 18 juin qui marque nos consciences, nous nous souvenons de tous ceux qui lui ont dit oui.

Ces héros visionnaires et courageux figurent pour toujours au Panthéon de nos mémoires.

Je vous remercie

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les Anciens combattants et Porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu (e) s,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis pour commémorer la Victoire. Une victoire sur la barbarie qui, en Europe, sonna le glas des idéologies d’exclusion. Nous aimons nous en souvenir car depuis ce jour, une paix durable s’est installée.

Une paix que nos démocraties ont jusqu’à aujourd’hui réussi à préserver, malgré des relents de nostalgie raciste et antisémite qui émergent dans certains pays, ou au sein de certains pays, dont le nôtre. La paix jusqu’à quand ?

Juifs hier, musulmans aujourd’hui, des voix se lèvent ici ou là qui appellent à la haine et au rejet de l’autre. Elles portent en elles la guerre comme la nuée porte l’orage. Refusons d’emprunter ce sentier morbide. Tirons les leçons de l’Histoire.

L’union des démocraties européennes construite dans l’immédiat après guerre, malgré ses défauts, nous protège contre la tentation du repli nationaliste et du retour de la peste brune et la haine de l’autre.

Le 8 mai 1945 fut une paix chèrement conquise sur les forces du nationalisme, du mensonge, du racisme, de l'antisémitisme, de l'homophobie, de la xénophobie. Ces forces furent terrassées au prix de cinq ans d’un conflit atroce qui ensanglanta l'Europe puis le monde.

Un conflit qui pris fin à Reims en Champagne, au quartier général du Commandant en chef des forces Alliées, le général Eisenhower. Celui-là même qui deviendra le 34e président des Etats-Unis, en 1953.

Si les forces de la résistance, de l'intelligence et de l'humanisme ont vaincu l’obscurantisme, c'est au terme d'une longue lutte et au prix d’immenses sacrifices.

Les ravages de l’idéologie nationale socialiste ont débuté très en amont. Dès 1933 en Allemagne, on ouvre des camps de concentration, celui de Dachau en tout premier. On y enferme des opposants, des juifs, des Tziganes, des homosexuels, des errants, des a-sociaux.

La peste brune se répand inexorablement, partout, dans les institutions comme dans les esprits, en Allemagne mais aussi ailleurs ici même en France où la collaboration et le gouvernement de Vichy se rendront complices des crimes nazis.

Ce qu’on nomme "le renouveau nationaliste" fait florès à Berlin, et prospère à partir de la crise économique de 1929. Son terreau : le chômage, la pauvreté des ouvriers et le désœuvrement de la jeunesse.

Ce même esprit nauséabond parvient à se frayer un chemin dans les esprits français, la gangrène gagne même le cerveau de certains "intellectuels ».

Mais ce mouvement pour éclore, se répandre et s’épanouir a besoin de la puissance économique, de la complicité des grands groupes industriels, des banques, des journaux et de la radio. Progressivement, en Allemagne, ils se rallient à Hitler et au nazisme.

Les industriels, les banquiers, les grands propriétaires terriens, ceux qui font partie de ce qu'on nomme alors le "club des Messieurs", la "gentry" allemande, deviennent les complices puis les meilleurs relais de la vulgaire et grossière propagande nazie.

Comment cela fut-il possible, admis, mis en système ?

Il y eut l'humiliation de l'Allemagne en 1919, puis un terreau favorable, la crise économique. Il y eut aussi une part d'irrationnel dans les consciences, mais il y eut surtout la volonté politique d’un homme, Hitler, et de son gouvernement, d'installer une idéologie nationaliste totalitaire et de régner sans partage sur tous les secteurs de la vie publique et tous les domaines de la vie citoyenne.

Mais pour mettre en mouvement la société allemande, la souder et convaincre les pauvres gens déclassés par la crise, il fallut avoir recours à la stratégie bien classique du bouc-émissaire.

Ce furent les juifs, accusés d’être à l’origine de tous les maux ou accusés simplement d’être juifs. Résultat : 6 millions d’entre eux, innocents de tout crime, hommes, femmes, enfants, furent exterminés industriellement, méthodiquement, sans pitié, dans des chambres à gaz, perpétuant ainsi sans doute l’un des pires crimes de l’histoire de l’humanité. Un génocide d’une ampleur sans précédant, commis au nom de la soi-disant supériorité de la "race aryenne".

Ces exécutions de masse, en ont aussi été victimes les tsiganes, les homosexuels, les personnes handicapées, les opposants politiques, notamment communistes. Elles ont fait des dizaines de millions de morts.

Avec les combattants, on estime le nombre de morts durant la seconde guerre mondiale à quelque 60 millions, ce qui fait de ce conflit le plus meurtrier de l'histoire de l'humanité.

Il faut ici souligner le rôle que joua l’armée soviétique, qui au prix de la perte de 800 000 des siens, mit fin, lors de la bataille de Stalingrad en 1943, au mythe de l’invincibilité de l’armée allemande et permis aux Alliés de débarquer en Afrique et de préparer leur offensive sur le front ouest.

La victoire de Stalingrad poussa aussi les Résistants allemands à des actes spectaculaires à partir du printemps 1943, comme les lâchers publics de tracts par le groupe d’étudiants La Rose Blanche – ils furent guillotinés - ou la préparation des premiers attentats contre Hitler.

Les actes de résistance, en Allemagne et en France s’opéraient dans le contexte d’une société ou personne n’était à l’abri de la délation et de l’arrestation, dans une atmosphère de spoliations, où prospéraient le marché noir, la petite combine minable et toutes autres brimades et lâchetés quotidiennes collaborationnistes.

Ces crimes ont meurtri pour toujours des familles, des associations citoyennes, des syndicats, des mouvements de partisans, des mouvements de la Résistance et marqués le sol de l'Europe et ses innombrables maquis.

La terre s'en souvient encore en Pologne, en Grèce, en France. Partout où des citoyens dignes et braves se sont battus. Partout où se sont levés des hommes et de femmes qui entendaient simplement rester des hommes et des femmes et qui ont décidé au péril de leur vie que le nazisme ne passerait pas, que ça ne pouvait pas être l'avenir de l'Europe et de leurs enfants, notre avenir, partout on se souvient d'eux.

C'est à eux, derniers témoins ou disparus à jamais, civils et militaires, combattants à mains nues ou en armes, que nous rendons hommage en ce jour où nous commémorons la paix retrouvée.

Grâce à eux, au sacrifice de leur vie, aujourd'hui nous vivons libres.

Jacques BOUTAULT

Le conflit syrien a tué 300 000 personnes depuis 2011 et 13,5 millions de Syriennes et de Syriens ont besoin d’une aide humanitaire.

Depuis le 22 septembre, la région d’Alep est le théâtre de bombardements meurtriers, visant notamment les hôpitaux et les lieux où les populations civiles peuvent se procurer des vivres.

370 personnes sont mortes à ce jour du fait de ces raids, dont 68 enfants. Les personnes ensevelies sous les décombres des immeubles détruits par les bombes se comptent par dizaines. Les deux plus grands hôpitaux de la partie est d’Alep sont temporairement hors service.

« Ces attaques ont été qualifiées à raison par l’ancien secrétaire général de l’ONU Ban-Ki Moon de crimes de guerre », affirme Jacques Boutault, qui condamne sans réserve l’ensemble des conflits armés. « La banderole que nous avons apposée au fronton de la mairie du 2e arrondissement symbolise notre soutien entier aux populations civiles d’Alep, notamment aux 250 000 habitantes et habitants, femmes, hommes et enfants, de la partie rebelle de la ville, qui doivent dire adieu à leur famille à chaque fois qu’ils quittent leur domicile en prévision du drame. »

Ce matin, le panneau d’affichage de la mairie du 2e arrondissement a été investi par l’association SOS Touts-Petits, qui a disposé des affichages anti-avortement mettant en scène un embryon.

Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement, réfute ces actes : « Ces affichages sont choquants à plus d’un titre. Ils remettent en cause la loi, qui donne à chaque femme le droit de disposer de son corps et d’avoir un enfant si elle le souhaite et quand elle le désire. Qui plus est, ils s’attaquent au panneau d’affichage d’une mairie d’arrondissement, qui symbolise la République, la laïcité et le vivre-ensemble »

Il apporte son soutien au Planning Familial de la rue Vivienne, qui a été la cible de diverses attaques du mouvement « pro-vie » : « Le Planning Familial remplit une fonction essentielle : informer gratuitement chacune et chacun sur la sexualité de façon objective. 

Les prières de rue, les invasions du centre de planning familial de la rue Vivienne, les tags sur le sol de la rue, ce sont autant de troubles à l’ordre public et de dégradations de l’espace public. Je suis choqué que les plaintes du centre de planning familial soient restées sans suite en juillet dernier. »

Jacques Boutault affirme sa préoccupation : « Ces actions répétées m’inquiètent d’autant plus qu’elles participent d’un mouvement de régression, alimenté par certaines et certains représentants politiques et certains dirigeants européens, mais aussi par une partie du corps médical. Chaque femme doit pouvoir disposer de son corps. » 

Ramassage des ordures : les habitants avant les querelles partisanes

Suite à un mouvement social, la collecte des déchets est perturbée dans le 2e arrondissement comme dans les neuf autres qui ont opté pour un service public de régie.

Aucune couleur politique n'a été épargnée : le 8e, le 9e, le 5e, le 6e, le 16e et le 17e sont autant touchés par l'absence de ramassage que le 2e, le 12e, le 14e et le 20e. D'aucuns nous objectent que le choix d'une régie publique, plutôt que d'un partenariat public-privé est en cause dans cette situation gênante. Le privé n'est pas une panacée, puisque les deux prestataires assurant la collecte pour les autres arrondissements, de Richebourg et Véolia, sont aussi inefficaces l'un que l'autre lorsque les centres de traitement des déchets sont bloqués comme c'est le cas à présent.

Nous constatons la gêne des riverains, des salariés et des personnes qui transitent dans le deuxième arrondissement. La situation est désagréable et pose un problème d'hygiène, mais elle n'entraîne pas plus d'insécurité en ces temps de réunion footballistique qu'en d'autres temps où le ramassage est régulier.

Des solutions transitoires ont été mises en place dans l'arrondissement : une partie des moyens mobilisés d'ordinaire par les opérateurs privés Veolia et de Richebourg dans les autres arrondissements centraux a été déployée dans le 2e aujourd'hui. 4 bennes sont passées, rue Saint-Sauveur, dans le bas de la rue Saint-Denis, rue Etienne Marcel, rue Montorgueil, en haut de la rue Saint Denis, et rues Bachaumont, Mandar, Greneta et Tiquetonne. Demain, nous prévoyons 7 bennes, dont une benne voies étroites pour effectuer une partie des rues qui n'ont pas été collectées aujourd'hui. Des moyens supplémentaires ne sont pas exclus. Si ces moyens transitoires sont engagés au service de nos concitoyens, ce n'est pas pour autant que nous remettons en question le choix de la régie publique.

Aujourd'hui, il convient d'être aux côtés de tous ceux qui vivent et travaillent quotidiennement dans l'arrondissement et de les écouter, puisque le 2e arrondissement n'a pas autorité pour régler la situation. Si nous souhaitons qu'ils puissent vivre dans un environnement agréable et propre, ce n'est pas pour autant que nous délégitimons le droit des personnels à faire grève quand c'est pour protester contre un projet de société auquel nous ne nous associons pas.

Un sentiment de profonde indignation.

Alors que Pierre-Marie Chabrat et Didier Ludot ont été victimes d’une agression homophobe inacceptable le 16 janvier dernier dans le 2e arrondissement, leur plainte a été classée sans suite fin avril, pour « manque de preuves ». M. Chabrat avait pourtant été hospitalisé à l’hôpital de la Pitié Salpétrière et avait reçu un arrêt de travail d’une durée de 45 à 50 jours en raison notamment de lésions importantes à la mâchoire.

Je tiens à faire part de mon indignation face à cette violence dont ont été victimes Messieurs Chabrat et Ludot. Je tiens à apporter tout mon soutien à ce couple, agressé violemment au seul motif d’être composé de deux hommes.

La décision du parquet de classer l’affaire sans suite est, en outre, pour le moins étonnante et, en tout cas, profondément injuste. Le motif invoqué est d’autant plus incompréhensible que les conséquences de l’agression sur la santé de M. Chabrat ont été constatées par des médecins de la Pitié Salpêtrière puis par les urgences médico-légales de l’Hôtel Dieu. Je veux remercier le commissariat du 2e arrondissement pour l’efficacité de son travail d’enquête dans cette affaire.

Je veux enfin affirmer tout mon soutien au couple dans le dépôt d’une nouvelle plainte1 auprès du Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance de Paris. Je souhaite que la justice fasse son travail afin que cet acte homophobe ne reste pas impuni.

Jacques Boutault,

Maire du 2e arrondissement de Paris

Conseiller de Paris (EELV)

A Paris le 26 juin 2014, A l’occasion de la Marche des Fiertés, qui se tiendra ce samedi à Paris, Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris, a décidé d’habiller la façade de la Mairie aux couleurs LGBT.Le drapeau LGBT flotte ainsi sur la façade de la Mairie depuis 16h ce jeudi 26 juin.

Pour Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement : « c’est un geste symbolique qui permet de réaffirmer tout notre soutien à la lutte pour l’égalité des droits et contre l’homophobie. Nous voulons rappeler que cette mobilisation est importante et doit être menée sans relâche. Je souhaite aussi rappeler un contexte d’augmentation considérable des actes homophobes en France, que nous devons combattre à chaque instant.

Jacques Boutault participera, comme tous les ans, à la Marche des Fiertés parisienne qui partira à 14h de la place Edmond Rostand, ce samedi.

Mandature 2008-2014

Jacques Boutault maire du 2e arrondissement de Paris est venu apporter son soutien aux parents d'élèves qui occupent tous les mardis matins les locaux du collège César Franck (2e).

Avec les parents d'élèves, il demande au ministre Luc Chatel l'arrêt définitif de toutes les suppressions de postes et l'abandon de la nouvelle formation des enseignants.

Les parents d'élèves sont plus que jamais mobilisés pour une formation professionnelle des enseignants et une formation initiale réelle des professeurs élèves stagiaires et contre toute affectation de stagiaires au collège.

Ils demandent le remplacement des enseignants absents, la prise en compte des effectifs réels d'entrées en 6e et la possibilité pour toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de poursuivre l'italien en LV1 au sein du collège César Franck. Ils demandent aussi l'abaissement des effectifs par classe et l'arrêt de la casse de l'école publique.

J’ai été informé dès samedi matin des incendies qui ont touché des scooters, des vélos et une voiture en stationnement dans plusieurs rues du 2e, dans la nuit de vendredi.

J’ai aussitôt pris contact avec le Commissaire du 2e, auquel j’ai demandé le renforcement des patrouilles de surveillance sur l’ensemble de l’arrondissement

Je suis aussi intervenu pour que les carcasses soient enlevées rapidement, ce qui a été le cas.

Dans l’attente des résultats de l’enquête menée par les services de police, l’ensemble des élus et moi-même restons particulièrement vigilants et mobilisés sur cette affaire. 

Alors que le conflit entre les agents de propreté et la Ville de Paris perdure au sujet de la privatisation partielle du ramassage des déchets, Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement de Paris, tient à préciser, à nouveau, qu’à sa demande expresse, la collecte des déchets sera entièrement remunicipalisée dans le 2e arrondissement.

Jacques Boutault s'est entretenu à ce sujet avec Bertrand Delanoë, le maire de Paris, qui lui a confirmé respecter le choix des maires d’arrondissement.

Selon Jacques Boutault, le service public de la propreté doit être assuré par des moyens publics. Le recours à une société privée dont les objectifs sont la recherche du moindre coût et la rentabilité maximale risque de se traduire par une dégradation du service rendu aux Parisiens et par la détérioration des conditions de travail des personnels.

La collecte des déchets est une mission municipale essentielle. La Ville de Paris ne devrait pas s’exonérer de ses responsabilités sociales par le recours à la sous-traitance. Il faut faire confiance aux agents de la propreté dont rien aujourd’hui ne permet d’affirmer que le service qu’ils rendent est moins efficace que celui d’une société privée.

Je suis convaincu qu’améliorer ce service public essentiel à la vie des Parisiens, ainsi qu’un développement durable et sain de la collecte et du retraitement des déchets passe par le renforcement du service municipal et non par son affaiblissement.

Communiqué de Jacques Boutault,

Maire du 2e arrondissement de Paris

A la suite de l’annonce par la commission environnement du Conseil de Paris de l’intention du Maire de Paris de privatiser la collecte des déchets dans le 2e, le 3e, et le 19e arrondissement, où elle avait été municipalisée durant la précédente mandature, ainsi que dans le 9e et le 16e arrondissement, Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement de Paris, tient à préciser qu’à sa demande expresse, la collecte des déchets restera municipalisée dans cet arrondissement.

Jacques Boutault s'est entendu à ce sujet avec François Dagnaud qui lui a confirmé l'accord du maire de Paris qui souhaite laisser la plus grande autonomie de décision aux maires d'arrondissement sur les questions de propreté et de collecte.

Au moment où la privatisation de l’eau est remise en question, Jacques Boutault estime qu’une privatisation des services des déchets n’apporterait aucun bénéfice en terme de coût ni d’efficacité. En revanche, il priverait la Ville de Paris d’un moyen d’action essentiel sur un enjeu environnemental crucial.

Plutôt que de chercher le moindre coût sur un tel poste, ce qui serait inévitablement l’objectif d’une société privée, il serait préférable d’embaucher des agents supplémentaires pour améliorer un service public essentiel à la vie des parisiens, et à un développement durable et sain de la collecte et du retraitement des déchets. 

Un violent incendie s’est déclaré ce matin vers 8h30 dans un immeuble de sept étages de la rue St Denis. Il semble que le feu ait pour origine le dysfonctionnement d’une table de coupe d’un atelier de confection, situé en sous-sol de l’immeuble.

Le feu s’est rapidement propagé à la totalité de l’immeuble, occupé majoritairement par des ateliers de confection et par quelques habitations, puis aux immeubles alentour dont les habitants été évacués par les pompiers.

Maîtrisé vers 12h30 par les pompiers de Paris, cet incendie n’a heureusement fait aucune victime.

Présents sur place, le maire de l’arrondissement Jacques Boutault, les services de la mairie du 2e et de la ville de Paris ont pris les mesures nécessaires au relogement des quelques sinistrés qui n’ont pu regagner leur domicile, en raison des dégâts trop importants.

Anne Hidalgo première adjointe au maire de Paris et George Sarre adjoint au maire de Paris chargé des questions de sécurité se sont rendus sur place en début d’après midi.

Plusieurs ateliers de cet immeuble avaient fait l’objet d’une demande de mise en conformité incendie selon l’arrêté de février 1998. L’immeuble était vétuste et mal entretenu.

Le Maire du 2e arrondissement, Jacques Boutault, rappelle que la question du respect des normes de sécurité a été, par le passé, soulevée à plusieurs reprises, jusqu’à entraîner parfois des procédures de fermeture préfectorale qui malheureusement ne sont que très rarement effectives, les activités continuant très souvent de s’exercer malgré l’interdiction, mettant ainsi des vies en danger.

Il insiste pour que les services de contrôle compétents apportent, dans l’avenir, une attention particulière à ce problème et mettent en œuvre des mesures réellement coercitives pour que les co-propriétaires d’immeuble et les exploitants d’ateliers de confection s’acquittent de leurs obligations.

Jaques Boutault

Dimanche 6 avril, je participerai à la marche blanche en soutien à Ingrid Bétancourt. En espérant profondément que ces six ans de résistance à l’obstination criminelle des FARC ne se termine pas en drame, ni pour Ingrid, ni pour ses compagnons otages.

Lundi 7 avril, je serai sur le parcours de la flamme olympique, avec Les Verts et tous les citoyens légitimement révoltés que l’attribution des Jeux Olympiques à la Chine n’ait pas été conditionnée à une amélioration notable, réelle et concrète des droits Humains dans ce pays.

Il n’est pas admissible que la « grande fête du sport » qui rassemble tous les peuples du monde, se déroule, comme si de rien était, dans un pays qui bafoue chaque jour les droits fondamentaux des êtres humains.

Depuis le 29 mars, jour de ma réélection dans la fonction de maire du 2e arrondissement, le drapeau du Tibet flotte au fronton de la mairie du 2e, en soutien à la lutte du peuple tibétain pour sa liberté.

Enfin, lundi 7 avril aussi, j’irai apporter mon soutien aux paysans et citoyens anti OGM, qui manifestent à proximité de l’assemblée Nationale, place Edouard Herrriot. A leur côté je réaffirmerai, comme une majorité de Français, mon refus de voir imposer par un lobby industriel des cultures polluantes et inutiles. La mise en culture d’OGM en plein champs, est incompatible avec le respect du principe de précaution, ainsi que l’article 1er de la Charte de l’environnement annexée à notre Constitution, qui affirme « le droit de chacun à vivre dans un environnement équilibré et respectueux de sa santé ».

Communiqué de Jacques Boutault

Maire du 2e arrondissement de Paris



Mandature 2001-2008

Les élus de la majorité du 2e désapprouvent l'évacuation sans concertation des SDF de la place d'Alexandrie

Le maire du 2e arrondissement, Jacques Boutault, apprend ce matin que la Préfecture de police a donné l’ordre d’évacuer le campement de personnes sans domicile installé place d’Alexandrie (Paris 2e arrondissement).

Cette évacuation, sans concertation des élus de l’arrondissement, intervient alors qu’un important travail de réinsertion et de relogement de ces personnes, mené par les élus de l’arrondissement était en cours, en relation avec l’association Emmaüs et les services sociaux du 2e arrondissement et de la Ville de Paris.

Plusieurs des six personnes qui occupaient le site avaient d’ailleurs pu être relogées.

Le maire, Jacques Boutault (Verts) et les élus de la majorité du 2e arrondissement, PS et PC, désapprouvent et s’indignent de la manière forte employée qui précarise encore plus des personnes fragiles. 

J'apprends le décès tragique, suite à un accident de la circulation le lundi 2 juillet à Paris, d'une jeune femme roulant à vélo.

D'après les premiers éléments, il semble que la cycliste ait été accrochée par un conducteur de camion qui tournait à droite, sans avoir regardé dans son rétroviseur, alors que la jeune femme souhaitait poursuivre tout droit.

Au moment où la Ville s'apprête à mettre en place son offre des vélos en libre service, Vélib', cette tragédie interpelle.

Elle met en lumière la fragilité des cyclistes en ville.

Il est impératif de créer rapidement plus de pistes cyclables sécurisées, au tracé clair et sans interruption. La circulation motorisée doit céder plus de place aux déplacements doux.

Les pistes cyclables doivent prendre de l'espace sur les voies des camions, voitures et scooters et non pas sur les espaces piétons.

Il faut aussi multiplier le nombre de voies réservées aux piétons et cyclistes type "Réseau vert" à Paris. Ces rues à accès réglementées doivent en outre faire l'objet d'un véritable contrôle d'usage.

Le Préfet de police doit donner des instructions pour que les agents de police fassent mieux respecter le code de la route à Paris et notamment que les espaces cyclables et les couloirs bus et vélos soient préservés des autres usagers.

Même si le nombre de cyclistes tués à Paris est faible (deux morts en 2006), ces décès sont encore de trop.

Personne ne doit mettre sa vie en danger lorsqu'il se déplace à vélo.

J'adresse à la famille de la victime, à ses amis, mes condoléances attristées.

Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement

Rachat de l'immeuble du "Ministère de la crise du Logement" 24, rue de la Banque – Paris 2e

Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement de Paris, se réjouit du rachat par la Ville de Paris de l'immeuble du 24, rue de la Banque, ainsi que de sa transformation future en logements sociaux.

Cet immeuble est actuellement occupé par des collectifs d'artistes et des associations de mal logés, qui l'ont rebaptisé « Ministère de la Crise du logement ». Son aménagement en logements sociaux est conforme à la demande formulée par Jacques Boutault dès le premier jour de l'occupation, le 2 janvier 2007. En effet, malgré les efforts constants de la municipalité du 2e depuis le début de la mandature, qui ont abouti à un triplement des logements sociaux, cet arrondissement reste en manque de possibilités de logements pour les familles les moins aisées.

Jacques Boutault souhaite en revanche que les familles qui occupent actuellement cet immeuble, et dont les enfants ont été scolarisés dans les écoles du 2e, soient maintenues dans les lieux. En outre, il désire que le rez-de-chaussée et le 1er étage de cet immeuble, composés de vastes espaces, soient affectés à des activités artistiques et de création.

L'arrondissement en est actuellement dépourvu, du fait de l'absence totale d'ateliers municipaux d'artistes et du manque de place pour les activités artistiques et culturelles.

Suite aux informations parues dans le Journal du Dimanche du 11 septembre, concernant les attributions de logements à Paris Jacques BOUTAULT maire du 2e arrondissement, indique que :

Conformément aux engagements que j’avais pris, dès 2001, j’ai mis en place, avec Dominique DUSSART mon adjointe au logement, une commission de désignation des candidats aux logements sociaux dans le 2e arrondissement.

Cette commission, pluraliste, est notamment composée d’élus de la majorité et de l’opposition, de représentants des bailleurs sociaux et des services sociaux du 2e arrondissement.

Le bilan de ses attributions fait l’objet d’un compte-rendu annuel, présenté en Conseil d’arrondissement.

L’ensemble des logements pour lesquels la mairie du 2e arrondissement est réservataire fait l’objet d’une présentation en commission. Pour ma part, je n'ai attribué aucun logement, en dehors de cette commission.

Aucun élu, collaborateur ou responsable de l’administration du 2e arrondissement n’est logé dans le parc social de la Ville.

Jacques BOUTAULT

Maire du 2e 

A l'occasion de la mise en accessibilité aux personnes handicapées du centre sportif Jean-Dame, Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement, invite à un match d'exhibition de handi-basket le samedi 11 décembre à 10 heures.

En présence des adjoints au Maire de Paris, Pascal Cherki et Pénélope Komitès, respectivement chargés des sports et des personnes handicapées, ainsi que de Patrice Le Marchand, conseiller d'arrondissement chargé des sports, des joueurs de nationale 1 de l'équipe CAP-SAAA (Cap Sport, Art, Aventure, Amitié) s'affrontent pour inaugurer les nouvelles conditions d'accueil du gymnase.

Dans la cadre de sa rénovation complète, plusieurs aménagements ont été faits, en particulier en direction des personnes porteuses de handicap : installation d'une chaise de mise à l'eau dans le bassin-école, d'ascenseurs, de portes élargies et de sanitaires aux normes.

Centre sportif Jean-Dame, 17 rue Léopold-Bellan (2e).

Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement et Jean-Christophe FRACHET, conseiller d'arrondissement chargé du développement économique, organisent un Forum pour l'emploi spécialisé sur les Technologies de l'Information et de la Communication. Ce Forum se tiendra vendredi 3 décembre en mairie de 10 heures à 17 heures. Christian Sautter, adjoint au Maire de Paris chargé du développement économique, devrait être présent à 14 heures.

Une cinquantaine de postes sont à pourvoir, proposées les entreprises du " Silicon Sentier ". Des développeurs internet, chargés de marketing et de communication, graphistes multimédia, directeurs de projet, directeurs de développement sont recherchés sur l'ensemble de la ville, en particulier dans le Sentier, et notamment des juniors.

Des conseillers de l'ANPE et de l'Apej (Association pour la Promotion de l'emploi des Jeunes) orienteront et aideront les visiteurs dans leurs démarches. L'ASS2L (Association des Sociétés de Services en Logiciel Libre) tiendra également un stand.

Deux conférences sont proposées. A 14 heures, Isabelle d'Humières, auteure de " Objectif, embauche ", expliquera les ficelles à connaître pour se faire recruter. A 15h30, Christophe Espern, délégué général de l'ASS2L animera une conférence sur " le logiciel libre est créateur d'emploi ".

Des bornes informatiques seront à la disposition du public.

Entrée libre et gratuite.

Mairie du 2e arrondissement

8, rue de la Banque 75002 Paris

Un minibus d'information sur la démocratie locale fait une halte dans le 2e arrondissement vendredi 26 novembre place de la Bourse, et le samedi 27 novembre à l'angle des rues Réaumur et des Petits-Carreaux.

Conseils de quartier, conseil de la jeunesse, conseil des étrangers non communautaires… Des plaquettes informatives sur toutes les instances de démocratie locale sont disponibles et des conseillers sont présents pour répondre aux questions des citoyens.

Cette opération a pour objectif d'encourager la participation au processus démocratique de la collectivité et de faire en sorte que chacun puisse jouer un rôle sur son devenir et son développement.

Pour la 3e année consécutive, les Conseils de quartier du 2e, en partenariat avec la mairie d'arrondissement, organisent leur bal au Palais Brongniart, samedi 27 novembre à partir de 19 heures.

De 19 heures à 21 heures, les enfants sont à l'honneur avec une musique adaptée aux plus jeunes et des spectacles de clowns et de magiciens.

Les danseurs professionnels Ginger et Fresh sont conviés afin d'assurer le spectacle et d'encourager les plus réservés à fouler la piste de danse. Si l'entrée est libre, le vestiaire est obligatoire, au prix d'un euro symbolique reversé cette année à l'association Cerise.

Des stands de restauration et de boisson sont proposés par les commerçants de l'arrondissement.

Manifestation populaire dans un lieu prestigieux, ce bal des Conseils de quartier est l'occasion de s'amuser en retrouvant tous les acteurs qui font le quotidien du 2

La 3e réunion de concertation sur le programme " Sentier quartier vert " se tient en mairie du 2e arrondissement le 21 octobre à 20 heures, dans sa salle des expositions. Cette réunion porte sur les sens de circulation.

Après avoir consulté les habitants du quartier par voie postale, le maire Jacques Boutault rencontre les résidents afin de dialoguer sur les aménagements à venir.

Les objectifs de ce programme sont de supprimer la circulation de transit, limiter la vitesse des véhicules pour les riverains et les livraisons, favoriser la circulation douce (bus, vélo, roller, piéton) et limiter les nuisances (bruit, pollution).

Dans le cadre de l'Année de la Chine, Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement, accueille " Les enfants du Guizhou sur le Sentier de leurs traditions ", une exposition de costumes traditionnels chinois, du 8 au 19 novembre, en mairie du 2e.

A travers ces costumes, ce sont la culture et l'histoire de tout un peuple qui sont relatées. Les habitants de la province du Guizhou, qui n'ont pas l'écriture, inscrivent leur culture dans les costumes. Chaque habit, véritable livre ouvert, est unique. Le tissage et la broderie sont pour eux des moyens d'exprimer leur identité.

Cette exposition s'adresse aux habitants chinois de l'arrondissement, notamment aux parents d'élèves chinois : un travail particulier sera mené avec les écoles. Objectif : rapprocher les ressortissants ou originaires de ce pays et les autres habitants de l'arrondissement.

Cette manifestation est organisée en partenariat avec les associations Aux marches de la Chine et Fleur de Printemps.

Mairie du 2e arrondissement – 8, rue de la Banque. Métro Bourse.

Entrée libre.

Jacques Boutault, le maire du 2e arrondissement s'associe à Reporters sans frontières pour défendre la cause des deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, ainsi que leur chauffeur syrien, Mohamed Al Joundi, retenus en Irak depuis le 20 août.

Afin que chacun puisse témoigner de sa solidarité envers les otages, une pétition et un registre ouvert aux messages de soutien sont à la disposition du public dans le hall de la mairie.

Tous les habitants du 2e arrondissement sont encouragés à se mobiliser en faveur de la libération des trois otages.

Forte du succès qu'elle a rencontré l'année dernière, la Mairie du 2e arrondissement réitère, pour cette nouvelle édition, la thématique de sa brocante qui se déroulera les 18 et 19 septembre 2004.

Les enfants ont donc à nouveau, gratuitement bien sûr, une place réservée dans la cour de la Mairie où ils peuvent échanger ou vendre leurs jouets, livres…dans le cadre des " Puces des puces ".

Au-delà de ce credo particulier, comme dans toute brocante, n'importe quel objet - en bon état - trouvera sa place sur les étals qui s'étendront place de la Bourse, place des Petits-Pères et rue de la Banque.

La brocante du 2e arrondissement permet de faire de bonnes affaires en cette période de rentrée scolaire, notamment pour les plus jeunes qui font souvent rimer rentrée des classes avec grosses dépenses pour les parents.

 La Mairie du 2e arrondissement accueille pour sa deuxième édition le projet en faveur des arts de la rue " Itinérance Rue " du 15 septembre au 15 octobre.

Dans le cadre de cette manifestation culturelle, la compagnie " Le cercle de la litote " est à la recherche de sept familles sur trois générations (grand-mère, mère, fille ou grand-père, père, fils) pour enrichir son spectacle " Des vies à visages " qui sera joué les 16 et 17 octobre sur le thème des mythes familiaux. La troupe souhaite en effet partager avec le plus grand nombre les souvenirs intergénérationnels propres à chaque famille.

Qu'il s'agisse d'histoires insolites, de chansons ou encore de recettes de cuisine, elles seront toutes les bienvenues.

La Mairie invite tous les habitants de l'arrondissement à participer à cette représentation et à faire part de leurs témoignages les plus divers trop longtemps gardés secrets.

L'inauguration du marché alimentaire place de la Bourse (Paris 2e arrondissement) aura lieu vendredi 10 septembre 2004 à 17h30, en présence du Maire de Paris, Bertrand Delanoë.

A cette occasion, Jacques Boutault, le Maire du 2e arrondissement, convie habitants et personnes travaillant dans le quartier à se réunir autour d'un cocktail pour fêter l'événement.

Ce marché alimentaire compte une quinzaine de commerçants. Il est ouvert deux après-midi par semaine, les mardis et vendredis de 12h30 à 19h30 et se tient place de la Bourse, en face du palais Brongniart. Les horaires ont été décidés afin de tenir compte du rythme de vie du quartier. Destiné aux habitants, il permettra aussi aux salariés de faire leurs courses en sortant du bureau.

Ce marché est le quatrième de la capitale à être ouvert l'après-midi, après ceux de la place Saint-Honoré dans le 1er, Baudoyer dans le 4e, et Bercy dans le 12e arrondissement.

PJ : composition du marché

Contact presse :

Jean-Marie BOUGUEN (01 53 29 75 33)

Liste des commerçants présents au marché :

4 maraîchers dont 2 " bio "

2 fromagers

2 poissonniers

1 boucher

1 charcutier

1 rôtisseur

1 marchand de poulets

1 marchand de spécialités italiennes

1 marchand de vins

1 fleuriste

1 ostréiculteur de septembre à avril.

Cette année, dans le cadre de la Semaine du transport public, qui se déroule du 16 au 22 septembre, Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement, invite les automobilistes à utiliser d'autres moyens de transport, comme le bus ou le vélo, pour se rendre en centre ville. Objectif : promouvoir des moyens de déplacement moins polluants.

Afin d'encourager cette démarche citoyenne - et écologique ! - et à l'image de l'action menée l'an passé, la Mairie du 2e, en collaboration avec la RATP, met à la disposition des usagers un plan détaillé de l'arrondissement avec les lignes de bus clairement indiquées et les stations précisément situées. Y figurent également les manifestations qui se déroulent pendant cette semaine.

La semaine de promotion est inaugurée jeudi 16 septembre à 12h30 devant le métro Sentier (sortie rue des Petits-Carreaux). Durant la journée sans voiture, mercredi 22 septembre, le périmètre " Paris Respire " rue Réaumur sera activé.

Cette Semaine des transports publics sera clôturée par la journée " En ville sans ma voiture " qui aura lieu le 22 septembre. Point d'orgue de cette manifestation : la descente des Champs-Elysées à vélo le 22 septembre, à partir de 18h00.

PJ : programme

Contact presse :

Jean-Marie BOUGUEN (01 53 29 75 33)

Programme / informations utiles :

Du jeudi 16 au mercredi 22 septembre des vélos sont mis gratuitement à la disposition des salariés, des habitants ou des visiteurs, sur 2 sites, de 9 h à 18 h (sauf week-end) :

Place de l'Opéra (sortie de métro sur la place centrale)

Métro Sentier (sortie rue des Petits-Carreaux)

Nous rappelons que depuis quelques mois des vélos sont mis gratuitement à la disposition de tous les clients (journaliers ou mensuels) des parkings suivants :

Parking de la Bourse (Place de la Bourse)

Parking Turbigo / Saint-Denis (149 rue Saint-Denis)

Parking Réaumur Saint-Denis (40 rue Dussoubs)

Grande descente des Champs-Elysées en vélo le 22 septembre à partir de 18h30

Rendez-vous place de la Bourse à 17h30 pour se rendre ensemble au départ " École militaire "

Paris, le 8 juin 2004

Objet : autorisation d'une animation du Collectif "Ethique sur l'étiquette" le jour du passage de la flamme olympique.

Monsieur le Préfet de Police,

Le collectif "De l'éthique sur l'étiquette", qui regroupe 42 associations de solidarité internationale, syndicats, mouvements de consommateurs et associations d'éducation populaire, participe à la campagne internationale "Jouez le jeu pour les J.O., pour le respect des droits de l'homme au travail dans l'industrie du sport".

Dans ce cadre, il souhaite pouvoir organiser un événement public le jour du passage de la flamme olympique dans les vingt arrondissements parisiens, le 25 juin prochain. Une demande détaillée en ce sens a été adressée à vos services.

Par le biais d'une animation festive avant le passage de la flamme et en prenant soin de ne pas perturber les festivités officielles, le Collectif entend sensibiliser l'opinion publique au problème du respect des principes éthiques fondamentaux universels dans l'industrie du sport (salaires de misère, heures supplémentaires obligatoires et non rémunérés, répression anti-syndicale,…).

Certes, le "Relais de la Flamme Olympique Athènes 2004 présenté par Coca-Cola et Samsung", selon l'appellation officielle, répond à un règlement pointilleux édicté par le Comité des Jeux Olympiques d'Athènes (ATHOC), soucieux de l'image et de la publicité de l'événement.

Mais l'autorité publique, dans le cadre de sa mission d'intérêt général, doit garantir l'expression de chacun, en particulier, si, comme c'est le cas ici, toutes les garanties sont données pour qu'aucun trouble ne survienne.

C'est pourquoi nous vous demandons de bien vouloir examiner avec bienveillance la demande du Collectif "Ethique sur l'étiquette" et d'autoriser, dans le respect de l'expression de chacun, l'animation prévue par ce collectif, le jour du passage de la flamme olympique.

Comptant sur votre compréhension, nous vous prions, Monsieur le Préfet de police, de bien vouloir agréer l'expression de nos salutations distinguées.

Pour le groupe Verts au Conseil de Paris,

Jacques BOUTAULT,

maire du 2e arrondissement

Charlotte NENNER,

conseillère de Paris

COMMUNIQUE

Annulation du mariage de personnes de même sexe de Bègles

Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement de Paris a accueilli comme une très mauvaise nouvelle la décision du TGI de Bordeaux du 27 juillet 2004 sur le mariage de personnes de même sexe de Bègles du 6 juin 2004.Une décision contraire aurait été surprenante il n'en reste pas moins que les personnes restent mariées.

Cette décision démontre qu'il est urgent que tous ceux qui se réfèrent à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme agissent pour que le projet de loi déposé par les députés verts sur la non discrimination face au mariage soit débattu à l'assemblée nationale au plus vite.

La démarche de Noël Mamère a permis de considérablement faire évoluer les mentalités. L'action contre toute forme de discrimination à l'égard de personnes homosexuelles, trans et bis doit cependant continuer. 

Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement, jeûnera deux jours et une nuit, de samedi matin à dimanche soir, pour accompagner les trois jeûneurs de l'association "Jeûne pour sortir du nucléaire", accueillis dans un local municipal du 2e. Il souhaite, par ce geste, témoigner de son soutien dans leur protestation contre la relance du programme nucléaire français.

Ce jeûne, qui a commencé le 21 juin et qui doit durer six semaines, entend sensibiliser l'opinion publique sur les dangers de l'énergie atomique et convaincre le gouvernement de décider une politique de sortie du nucléaire. Deux demandes précises et concrètes lui sont formulées :

réorienter les budgets de la recherche vers les énergies renouvelables ;

abandonner la nouvelle génération de réacteurs nucléaires.

Le gouvernement prévoit la construction d'un réacteur nommé EPR. Ce projet rendrait stérile les efforts de diversification énergétique vers la maîtrise des consommations et les énergies renouvelables. Par ailleurs, l'apparition d'alternatives énergétiques fiables partout dans les autres pays européens, a contribué au développement d'une opinion favorable à la sortie du nucléaire : 60 % des personnes sont contre la construction de nouveaux réacteurs (et seulement 27 % pour) ; 90 %, pour la réorientation des budgets de recherche en faveur des énergies renouvelables (4 % contre).

Jacques BOUTAULT estime qu'une politique énergétique en faveur du nucléaire n'est pas une solution aux problèmes posés par l'effet de serre. Au contraire, elle hypothèque le devenir de la planète pour les générations futures.

* Le jeûne consiste à cesser de s'alimenter totalement. Les jeûneurs ne prennent aucune nourriture, sous aucune forme (ni sucre, ni vitamine…) et ne boivent que de l'eau minérale.

Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement, est heureux d'accueillir l'association "Jeûne pour sortir du nucléaire" dans un local municipal du 2e. à l'occasion du début d'un jeûne qui doit durer six semaines, le maire s'est rendu aujourd'hui auprès des trois jeûneurs pour leur témoigner de son soutien dans leur action contre la relance du programme nucléaire français.

Par cette action non-violente, les jeûneurs entendent sensibiliser l'opinion publique sur les dangers de l'énergie atomique et convaincre le gouvernement de décider une politique de sortie du nucléaire. Deux demandes précises et concrètes lui sont formulées :

réorienter les budgets de la recherche vers les énergies renouvelables ;

abandonner la nouvelle génération de réacteurs nucléaires.

Le gouvernement prévoit la construction d'un réacteur nommé EPR. Ce projet rendrait stérile les efforts de diversification énergétique vers la maîtrise des consommations et les énergies renouvelables. Par ailleurs, l'apparition d'alternatives énergétiques fiables partout dans les autres pays européens, a contribué au développement d'une opinion favorable à la sortie du nucléaire : 60 % des personnes sont contre la construction de nouveaux réacteurs (et seulement 27 % pour) ; 90 %, pour la réorientation des budgets de recherche en faveur des énergies renouvelables (4 % contre).

Une politique énergétique en faveur du nucléaire n'est pas une solution aux problèmes posés par l'effet de serre. Au contraire, elle hypothèque le devenir de la planète pour les générations futures.

J'ai appris avec indignation l'agression samedi d'un membre de l'association Act'Up, blessé au visage par un militant anti-avortement (association SOS Tout-Petit), lors d'une manifestation anti-IVG, devant les locaux du planning familial.

Depuis le 27 novembre, date à laquelle je participai, au côté du Planning Familial, à une manifestation dénonçant les " anti-IVG ", SOS Tout-Petit manifeste chaque mois devant les locaux du Planning.

Cet incident montre combien ce groupe peut se montrer aussi extrême dans ses actes que dans ses propos. Par conséquent, j'estime que cette association opposée à la liberté des femmes de disposer de leur corps et qui trouble la tranquillité publique, ne doit plus bénéficier de l'aval de la Préfecture de police pour mener ces manifestations.

Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement, regrette de ne pouvoir assister à la cérémonie de mariage de personnes de même sexe qui sera célébrée demain par Noël Mamère.

Il s'insurge contre les pressions et menaces proférées à l'encontre du député-maire de Bègles et tenait à lui faire part de son soutien dans son combat contre l'homophobie.

Jacques Boutault réaffirme la nécessité de faire bénéficier, aux personnes de même sexe qui en font la demande, de cérémonies de mariage, officielles, en mairie.

Un incendie important s'est déclaré ce matin au 29 rue des Jeûneurs (2e) aux environs de 8h20, au rez-de-chaussée d'un immeuble d'habitations et s'est propagé dans les étages. 15 personnes ont été intoxiquées, 24 évacuées. L'incendie a été maîtrisé à 8h25. Les dégâts sont très importants et les réparations dureront plusieurs mois. Un relogement est donc nécessaire.

Une réunion de crise s'est tenue en mairie du 2e en présence des élus de l'arrondissement, des directions de la ville concernées, des services sociaux et du bailleur social, afin de parer au plus urgent concernant le suivi des personnes hospitalisées et le relogement.

Un suivi sera mis en place dans les jours à venir afin de trouver des réponses pérennes en matière d'hébergement.

D'ores et déjà, des solutions ont été trouvées pour les 41 personnes concernées connues pour les 5 jours à venir.

La mairie du 2e arrondissement et l'association " Grain de moutarde " présentent Une fête sur les hauteurs et autres textes. Les textes de Christian Bobin sont interprétés par Marie Le Galès et mis en scène par René Marc Guedj.

Le spectacle a lieu les 4, 5, 6 mars à 20h30 à la Mairie du 2e arrondissement (8 rue de la Banque) dans la salle des expositions.

Durée du spectacle : 55 minutes

L'entrée est libre et gratuite.

Un excellent spectacle à partir de textes de Christian Bobin, Une fête sur les hauteurs, est merveilleusement interprétée par Marie Le Galès.

(Théâtre Magazine)

Quand les textes épurés de Christian Bobin, examinant les plus humbles aspérités du monde, prennent le chemin de nos oreilles, c'est autre chose qu'un enchantement. Transparente, liquide et fermement imposante, l'écriture de cet auteur et poète bourguignon nous aimante à ces intervalles mineurs. Car Christian Bobin recueille au peigne fin de ces phrases, " ce tragique quotidien, bien plus réel, bien plus profond que le tragique des grandes aventures. "

(L'Humanité)

La prévention d'une nouvelle catastrophe sanitaire due à la canicule passe en partie par la capacité des pouvoirs publics à lutter efficacement contre la pollution de l'air. Or, en ce domaine, le maire du 2e arrondissement de Paris, Jacques Boutault (Les Verts) constate que rien n'a fondamentalement changé, dans les têtes ou dans les faits, depuis la canicule de l'été dernier. En effet, les dispositifs préventifs et les mesures d'urgence en vigueur - toilettés à la marge à l'automne dernier par le Ministère de l'Environnement - ne permettent toujours pas de lutter efficacement contre la pollution atmosphérique au cœur des villes. Cet enjeu, parfois présent dans les discours, reste, dans les faits, largement sous-évalué. Pourtant, des outils existent qu'il faudrait se décider à activer ou à améliorer.

Certains avaient exprimé des doutes. Le bilan démographique 2003 publié par l'INSEE vient de les dissiper : une catastrophe sanitaire hors norme a bien eu lieu cet été, causant la mort de plusieurs milliers de personnes. Parmi les facteurs aggravant les effets de la canicule, figure en bonne place la pollution de l'air, et en particulier la pollution photochimique* (l'ozone entraîne entre autres une diminution de la fonction respiratoire). C'est ainsi qu'à Paris la surmortalité fut la plus élevée pendant les journées - notamment les 11 et 12 août - associant les plus fortes chaleurs aux plus forts niveaux de pollution (à l'ozone et au dioxyde d'azote).

Les mois passent, l'été approche, et aucun dispositif sérieux n'est mis en place dans la capitale pour répondre à cet enjeu de santé publique.

Interrogé au lendemain de la canicule par Jacques Boutault au Conseil de Paris sur la pauvreté des mesures alors mises en œuvre, le Préfet de police s'en est tenu à invoquer une application de la loi sur l'air dans ses strictes limites. Ainsi, des niveaux élevés et nocifs de pollution atmosphérique (supérieurs à 240 m g/m3 d'ozone) ont pu être enregistrés à plusieurs reprises au début du mois d'août, lors des pics de chaleur, et n'entraîner que quelques mesures non contraignantes, à l'impact très limitées (information des automobilistes, incitation à réduire sa vitesse,…). En revanche, des mesures plus efficaces telle la circulation alternée associée à la gratuité des transports en commun sont restées, elles, au garage. Pour la Préfecture de police, ces mesures étaient inenvisageables tant que le seuil dit d'alerte (fixé au niveau inatteignable de 360 m g/m3 d'ozone) n'était pas franchi.

Le Plan Air annoncé à l'automne dernier par le Ministère de l'Environnement est insuffisant pour rompre avec cette approche étroite et inadaptée de la lutte contre la pollution de l'air. Les nouvelles dispositions ont le souffle court. En particulier, le seuil nécessaire au déclenchement de la circulation alternée n'a pas été baissé (de 360 m g/m3 à 240 m g/m3 comme le préconise la directive n°2002/3/CE du 12 février 2002). Par une habileté sémantique (voir ci-dessous), le gouvernement a réussi à contourner un des principaux obstacles mis au permis de polluer.

Rien ou presque n'a donc été fait cet été pour diminuer la pollution de l'air au moment où les Parisiens avaient beaucoup de mal à respirer. Dans l'état actuel des textes et des esprits, il est à craindre que rien ou presque ne soit fait si l'histoire venait à se répéter.

Pourtant, rien ne nous condamne à la torpeur de l'air ambiant. Venant en complément d'une politique ambitieuse de développement des transports en commun, une série d'outils, souvent sous-utilisés, pourraient d'ores et déjà être activés.

Baisser le seuil à partir duquel la circulation alternée, associée à la gratuité des transports en commun, est mise en œuvre : depuis l'automne dernier le gouvernement français feint d'avoir transposé la directive européenne n°2002/3/CE du 12 février 2002 qui enjoint de baisser le seuil d'alerte à 240 m g/m3 (au lieu de 360 m g/m3 ) en recommandant de l'assortir de mesures de restriction de la circulation automobile. Le décret ministériel du 12 novembre 2003 brouille les pistes en instaurant non plus un mais trois seuils dits "d'alerte". Pour prétendre que la directive est respectée, le premier seuil d'alerte est bien fixé à 240 mais au passage, les mesures contraignantes associées à l'ancien (et alors unique) seuil du même nom sont restées en rade ; la circulation alternée reste ainsi comme auparavant conditionnée au franchissement du dernier des trois seuils d'alerte qui lui est fixé au niveau inatteignable de 360 m g/m3.

La France étouffe de ne pas appliquer pleinement cette directive européenne. Si celle-ci avait été en vigueur cet été, la circulation alternée (et la gratuité des transports en commun) aurait été mis en œuvre à Paris, durant six journées ! Comme en septembre dernier, Jacques Boutault proposera au Conseil de Paris d'intervenir auprès du gouvernement pour demander l'application pleine et entière de la directive européenne. Les élus locaux, les parlementaires, s'ils se mobilisent, peuvent obtenir cette baisse de seuil, indispensable pour redonner de l'oxygène à une loi sur l'air aujourd'hui à bout de souffle.

Intervenir dès que la pollution menace : comme le rappelait récemment son auteur, la loi sur l'air du 30 décembre 1996 autorise une application moins restrictive que ne le font administrativement les autorités administratives. La loi permet en effet d'intervenir en cas de menace de franchissement du niveau de pollution, c'est-à-dire avant même ce franchissement. Cette souplesse est indispensable pour prévenir - et pas seulement tenter de guérir - les pics de pollution mais aussi pour tenir compte d'autres paramètres (telle une chaleur persistante) dans l'évaluation de la situation sanitaire, une évaluation globale donc, qui doit déterminer le moment (suffisamment tôt) et le choix des moyens (suffisamment efficaces) à mettre en œuvre. Cette approche souple serait plus conforme à l'esprit de la loi sur l'air et plus adapté à la réalité du terrain.

Elaborer, dans la concertation, un Plan de circulation d'urgence : la circulaire du 17 août 1998 visant l'application de la loi sur l'air prévoit l'élaboration d'un tel Plan. Interrogée sur l'élaboration de ce plan, la Préfecture de police considère que ce dernier existe de fait et procède de la simple application des dispositions prévues par la loi. La circulaire préconise pourtant d'élaborer ce plan au terme d'une concertation avec les collectivités locales et les autorités organisatrices des transports publics concernées, pour y discuter les conditions dans lesquelles sont prises les mesures de restriction de la circulation des véhicules lorsque les seuils sont atteints ou risquent de l'être, la gratuité des transports en commun, l'information du public,…. Jacques Boutault a proposé en novembre dernier que ce Plan fasse partie des recommandations retenues par la mission municipale et départementale d'information et d'évaluation sur les conséquences de la canicule à Paris.

Relancer la concertation autour du Plan de protection de l'atmosphère : comme le préconise la loi sur l'air (en son titre III), dans toutes les agglomérations de plus de 250 000 habitants, le Préfet doit élaborer un tel plan. Le projet de plan est, après avis du comité régional de l'environnement et des conseils départementaux d'hygiène concernés, soumis pour avis au conseil municipal, puis à enquête publique. Une commission d'élaboration de ce Plan a bien été inaugurée le 24 janvier 2002 par les deux préfets parisiens mais la procédure a pris du retard : elle devait aboutir fin 2003, après une consultation des organes délibérants d'Île-de-France en octobre 2002 qui n'a pas encore eu lieu. Nous devons nous donner les moyens de soumettre ce Plan à l'enquête publique et de le rendre opérationnel avant l'été prochain.

Garantir la santé publique en s'adaptant à la situation : les pouvoirs publics ne sont pas seulement comptables de la bonne et stricte application de procédures administratives, comme par exemple attendre scrupuleusement, avant toute action, le franchissement de seuil infranchissable. Changeons notre état d'esprit et nos pratiques en nous inspirant de certaines conclusions du rapport d'enquête parlementaire sur la canicule qui note, par exemple, à propos du directeur général de la santé : "il est plus que regrettable que le principal responsable de la santé publique ait attendu que les phénomènes s'accordent à ses modèles pour réagir". L'impératif de santé publique est un principe supérieur qui peut nécessiter que l'on s'adapte à une situation, en prenant en compte différents facteurs, pour anticiper ou limiter une catastrophe en cours ou imminente. Ne le fait-on pas lorsqu'il s'agit de maintenir l'ordre public ?

Alors que plusieurs rapports de scientifiques (comme celui, récent, paru dans la revue Geophysical Research Letters) font état d'un réchauffement climatique, auquel le rejet de gaz à effet de serre n'est pas étranger, il n'est plus urgent d'attendre pour se décider à mettre en œuvre des dispositifs susceptibles de réduire les pollutions atmosphériques, d'améliorer la qualité de l'air et contribuer ainsi à éviter d'autres catastrophes, en définitive, bien peu naturelles.

Jacques BOUTAULT

Maire du 2e arrondissement

Conseiller de Paris (Les Verts)

* : la pollution photochimique désigne un cocktail d'ozone et d'autres polluants formés chimiquement dans l'air, sous l'effet du rayonnement solaire ultra violet, à partir de composés précurseurs émis par des sources naturelles ou anthropiques (oxydes d'azote, composés organiques volatils, monoxyde de carbone).

Jacques Boutault se rend demain sur le tournage de Vahé, film de Frédéric Balekdjian dans l'univers de la confection du Sentier. Il sera présent rue Saint-Denis, à la sortie du passage du Caire à 14h00.

La scène tournée sera " la scène du bonneteau ".

Vahé, héros éponyme, vit dans un milieu où se côtoient deux communautés issues de l'immigration : des Chinois et des Arméniens, réguliers ou clandestins, en France depuis quelques mois ou quelques générations.

Ce film, sans être sur l'immigration, voudrait partager un moment de leur vie. 

Pour célébrer la libération du journaliste marocain

Accueil en Mairie du 2e arrondissement

d'Ali LMRABET

Le 23 septembre 2003, Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement, organisait, avec l'Union des Jeunesses Maghrébines, Reporters sans frontières et la Ligue des Droits de l'Homme, une conférence de presse pour rappeler les raisons et les conditions de détention d'Ali Lmrabet.

Le 7 janvier 2004, Ali Lmrabet et 32 autres prisonniers d'opinion et politiques ont été libérés.

Jacques Boutault et ses partenaires se réjouissent de la libération du journaliste marocain et organisent, en présence d'Ali Lmrabet, une réception conviviale à cette occasion

Le 30 janvier 2004 à 18h00

À la Mairie du 2e arrondissement de Paris

8 rue de la Banque 75002 Paris

Cette réception sera aussi l'occasion d'inaugurer une exposition de dessins satiriques afin de poursuivre le combat pour une réforme du code de la presse et préserver ainsi les journalistes de l'emprisonnement pour délit d'opinion.

Ali Lmrabet, rédacteur en chef de deux hebdomadaires satiriques - Demain magazine, un hebdomadaire en français, et Douman, sa version en arabe - avait été condamné le 21 mai 2003 à 4 ans de prison et à une amende de 20 000 dirhams (environ 1 800 euros) pour "outrage à la personne du roi Mohammed VI", "atteinte au régime monarchique" et "atteinte à l'intégrité territoriale du royaume" à la suite de la parution de plusieurs articles et dessins ainsi que d'un photomontage dans ses publications, alors interdites par le tribunal. Le 17 juin 2003, la cour d'appel de Rabat a confirmé l'amende de 20 000 dirhams et l'interdiction de ses hebdomadaires. Sa peine a été réduite à 3 ans d'emprisonnement ferme. Détenu uniquement pour avoir usé de son droit à la liberté d'expression, Ali LMRABET avait protesté contre ce jugement par une grève de la faim, interrompue en juin 2003, qui lui fit perdre 22 kilos.

Signataires :

Mairie du 2e arrondissement de Paris

Association des Marocains de France AMF,

Association de Défense des Droits de l'Homme au Maroc ASDHOM

Association des Travailleurs Maghrébins de France ATMF

Convergence Des Démocrates Marocains à l'Etranger,

Forum Vérité et Justice-France,

Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)

L'Autre Tunisie

Ligue des Droits de l'Homme

Jeunesse des démocrates Marocains à l'Etranger(JDME),

Union des Jeunesses Maghrébines

Yabiladi

Avec le soutien des personnalités :

Alima Boumédiene-Thiery (Députée européenne)

Hélène Flautre (Députée européenne)

Hourrya-Liberté

Du 17 novembre au 12 décembre, la Mairie du 2e propose la manifestation " Flash sur la photo ". Autour deux expositions, deux ambiances :

Hoggar et les chemins du silence

de Julien Le Corre

Julien Le Corre nous rapporte de son périple dans le Hoggar algérien, des images épurées et majestueuses. Un véritable voyage photographique aux confins de la terre et de l'âme, là où le temps semble s'arrêter et le silence devient parole.

Du 17 au 29 novembre en Mairie.

Surfers, dompteurs de vagues

de Fred Carol

Habitant du 2e, Fred Carol est un photographe reconnu, investi dans la vie de l'arrondissement. A travers une série de portraits en noir et blanc de "Surfers, dompteurs de vagues", il nous fait découvrir un sport où l'homme et l'élément liquide se rencontrent, se respectent, un sport qui fait rêver et devenu un véritable phénomène de société, lié à la mode, au respect de l'environnement et à une certaine façon de vivre.

Du 2 au 12 décembre en Mairie.

Rencontre avec les photographes

Julien Le Corre, lundi 17 novembre à 19 heures

Fred Carol, vendredi 5 décembre à 18 heures

L'entrée est libre et gratuite.

Mairie du 2e arrondissement (salle des expositions)

8 rue de la Banque (métro Bourse)

COMMUNIQUE

La Mairie du 2e accueille la clôture du

XIIe Festival Don Quijote

Le 14 novembre, la Mairie du 2e arrondissement accueille le XIIème Festival Don Quijote du groupe Zorongo, pour sa clôture à la salle Jean Dame (17 rue Léopold Bellan).

Le groupe Zorongo est né il y a 12 ans, du nom d'une chanson populaire espagnole et d'un rythme de flamenco, avec pour vocation de lier par le théâtre les pays hispaniques et la France, à travers Paris. Outre la mise en scène de spectacles, de conférences et de débats autour d'auteurs de langue espagnole, Zorongo organise le Festival Don Quijote.

En collaboration avec le Festival franco-ibérique et latino-américain de Bayonne, le festival Don Quijote invite diverses personnalités du monde culturel pour présenter, débattre, échanger, sur la question de la particularité liée à la création en France, les moyens alloués à la création française, son avenir et sa diffusion dans les pays ibéro-américains.

Participants : Festival de Théâtre hispano-américain de Miami, Syndicat Unión de Actores de Madrid, Temporada de Danza Contemporánea de Medellin.

Rencontre " la création culturelle française dans les festivals ibéro-américains " le vendredi 14 novembre à 15h00 à la Mairie du 2e arrondissement (8 rue de la Banque).

L'entrée est libre.

À 19 heures 30, Daniel Manzanas et son groupe Paseo nous rapprochent de l'Andalousie. Guitariste flamenco reconnu pour sa connaissance de la trilogie chant-danse-guitare, Daniel Manzanas traduit dans son toque une attache profonde aux racines du flamenco et les sonorités d'harmonies résolument actuelles. Il est accompagné par Juan Carlos Principal (chant), Pierre Mimran (saxophone), Claude Mouton (contrebasse), Edouard Coquard (percussions), Estefanía Suiza (danse flamenco).

Concert de flamenco vendredi 14 novembre à 19h30.

Salle Jean Dame (12 rue Léopold Bellan).

Prix des places : 10 euros.

Réservations : 01 48 28 79 90.

Rectificatif

suite à l'article " Des rats rue Beauregard "

(Le Parisien du 30 octobre 2003)

Plusieurs erreurs et imprécisions figurent dans l'article du Parisien du 30 octobre 2003 intitulé " Des rats rue Beauregard ". Il est notamment écrit : " La Ville et la mairie du 2e ont été alertées. Mais aucune solution n'a encore été apportée ". Or, saisi au mois d'août et début septembre, sur la présence de rats dans la rue Beauregard, le Maire du 2e arrondissement, Jacques BOUTAULT, a immédiatement demandé une intervention du SMASH (Service Municipal d'Actions de Salubrité et d'Hygiène), le service spécialisé de la Ville.

Une source ayant été repérée dans un immeuble rue de la Lune, la Mairie du 2e a saisi le syndic qui en assure la gestion afin qu'il fasse procéder à la dératisation. Puis, le 5 septembre, il a été demandé à la SIEMP qui assure la gestion et le suivi de l'immeuble du 20/22 rue Beauregard d'intervenir. Après vérification, il n'est pas avéré que les rats présents dans la rue Beauregard viendraient de ce lieu.

Au cours du mois d'août 2003, après un premier signalement par les Agents locaux de médiation sociale (ALMS), le Maire a demandé des opérations de nettoyage approfondi. Celles-ci ont été réalisées sur la rue Beauregard du 5 au 7 août (5 interventions).

La rue Beauregard faisait auparavant l'objet de deux lavages par semaine les mardis et jeudis matin vers 10 heures 30. Deux lavages supplémentaires ont été mis en place, début octobre, les lundis matin avant 7 heures et les dimanches matin vers 8 heures.

Enfin, l'équipe de surveillance de la collecte en soirée a mené une enquête les 24, 25 et 26 octobre, avant et après passage de la benne. L'état de la propreté a été jugé " convenable " les 24 et 25 ; une " souillure moyenne " a été constatée le 26 octobre.

Malgré les prestations du Service local de propreté, la rue de Beauregard ne donne pas un aspect de propreté satisfaisant. La rue fera donc l'objet de travaux de réfection de chaussée au cours de l'année 2004 et la voirie sera réaménagée en 2005.

Le drapeau de l'ONU

au fronton de la Mairie du 2e arrondissement

Jacques BOUTAULT, Maire du 2e arrondissement de Paris, a souhaité que la Mairie arbore le drapeau de l'ONU aux côtés des couleurs de la République française et de l'Union européenne.

Cette démarche, symbolique, est un soutien public à une institution indispensable au maintien de la paix dans le monde.

La cérémonie se déroulera vendredi 24 octobre (Journée Internationale de l'ONU) à 17h30 en Mairie du 2e arrondissement (8, rue de la Banque) en présence, notamment, de monsieur Hassen M. FODHA, directeur du centre d'information des Nations Unies à Paris.

Entrée libre. 

 Itinérance Rue – 1e édition

Spectacles de rue

à la rencontre de la mémoire

d'un quartier du 2e arrondissement

La Mairie de Paris, Art Trafic et huit Mairies d'arrondissement proposent une manifestation inédite, novatrice, pour faire des arts de la rue une discipline artistique incontournable du paysage culturel parisien : Itinérance Rue. Dans ce cadre, la Mairie du 2e invite les habitants de l'arrondissement à assister et à participer à la manifestation " Les Balcons Bavards ", proposée par la compagnie Le SAMU (Section Artistico Musicale d'Urgence), rue Greneta, les dimanches 2 et 9 novembre, à partir de 11 heures.

Ces Balcons sont des fenêtres installées à une hauteur de trois mètres, où apparaissent des " voisins " qui viennent discuter avec la rue de la pluie, du beau temps, des misères du monde, des mystères de la vie, des petits bonheurs, de la tête de veau sauce gribiche, des commerçants de la rue, de l'histoire du quartier…

Après avoir présenté une première fois son spectacle le 2 novembre, la compagnie propose aux habitants du quartier, pendant la semaine suivante, une série d'ateliers (La Clairière, 60 rue Greneta de 18h à 21h le mardi 4, le mercredi 5, le vendredi 7 et de 15h à 18h le samedi 8) sur le thème de la parole dans l'espace public, le lien de voisinage, la mémoire d'un quartier. Les habitants nourrissent les comédiens de leur mémoire et ceux-ci inviteront les habitants à les rejoindre sur leurs " balcons " lors de la représentation du 9 novembre.

Une réunion d'information est prévue le dimanche 2 novembre à l'issue de la représentation, avant, après ou pendant l'apéritif organisé par Les Grenats (association des habitants et commerçants de la rue Greneta).

Renseignements pour participer à ces ateliers : 01 53 29 75 24.

COMMUNIQUE

Jacques BOUTAULT, Maire du 2e arrondissement de Paris, participe ce vendredi 17 octobre au rassemblement organisé par ATD Quart Monde place du Trocadéro à Paris dans le cadre de la journée mondiale du refus de la misère.

Il entend, par sa présence, marquer sa solidarité aux personnes qui souffrent de la pauvreté, de l'exclusion et d'absence d'activité rémunératrice digne.

Au côté des personnes démunies et précaires et avec ceux qui les aident au quotidien (associations d'insertion), il tient à affirmer que toute personne mérite respect et considération.

A l'approche de l'hiver il invite les pouvoirs publics à une grande vigilance vis à vis de la population parisienne sans abri et fragile qui pourrait bien être à nouveau victime de la politique de désengagement de l'État de l'ensemble des organismes sociaux et sanitaires.

Conférence de presse

Pour la libération d'Ali Lmrabet,

journaliste marocain condamné à trois ans de prison ferme pour délit d'opinion

Mardi 23 septembre 2003 à 18h00

Mairie du 2e arrondissement – 8, rue de la Banque (métro Bourse)

Exposition de dessins satiriques

Du 22 au 28 septembre à la Mairie du 2e

En présence de Nadia LMRABET, sœur d'Ali LMRABET, Gilles MANCERON, membre du Bureau National de la Ligue des Droits de l'Homme,

Laura FELIU, Comité Espagnol de Soutien à Ali Lmrabet

et de la Fondation France Liberté.

Sous le haut-patronage de Alima Boumediene-Thiery,

députée des Verts au Parlement Européen

Ali Lmrabet, rédacteur en chef de deux hebdomadaires satiriques - Demain magazine, un hebdomadaire en français, et Douman, sa version en arabe - a été condamné le 21 mai dernier à 4 ans de prison et à une amende de 20 000 dirhams (environ 1 800 euros) pour "outrage à la personne du roi Mohammed VI", "atteinte au régime monarchique" et "atteinte à l'intégrité territoriale du royaume" à la suite de la parution de plusieurs articles et dessins ainsi que d'un photomontage dans ses publications, aujourd'hui interdites par le tribunal. Le 17 juin 2003, la cour d'appel de Rabat a confirmé l'amende de 20 000 dirhams et l'interdiction de ses hebdomadaires. Sa peine a été réduite à 3 ans d'emprisonnement ferme. Détenu uniquement pour avoir usé de son droit à la liberté d'expression, Ali LMRABET a protesté contre ce jugement par une grève de la faim, interrompue en juin, qui lui fit perdre 22 kilos.

COMMUNIQUE

Semaine du goût dans le 2e

À la découverte de la consommation solidaire

Dans le cadre de la semaine du goût, Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement, en partenariat avec le centre Cerise et Artisans du Monde, invite les enfants des écoles de l'arrondissement, mais aussi les adultes, à découvrir le commerce équitable à travers des produits alimentaires différents et des animations pédagogiques.

Cette sensibilisation ludique à la " consomm'action " se déroule au Centre Cerise (46 rue Montorgueil - Paris 2e)

du mardi 14 au samedi 18 octobre, de 9h00 à 11h00 pour les petits-déjeuners solidaires

du mardi 14 au jeudi 16 octobre, à partir de 15h00 pour les goûters solidaires.

Au menu des animations : projection de dessin animé, diapos et jeu pour tester ses connaissances.

Le Maire partagera jeudi 16 octobre à 9h00 un petit-déjeuner en compagnie d'une classe de CP de l'école Etienne-Marcel.

COMMUNIQUE

Précisions sur le bilan de la canicule

dans le 2e arrondissement de Paris

Suite à l'article paru dans Le Monde du 12/09/03

Le Monde du 12/09/03 présente une carte de Paris indiquant l'augmentation de la mortalité due à la canicule dans la capitale, par arrondissement. Pour le 2e, il est indiqué que l'augmentation est de 350%.

Le Maire du 2e arrondissement, Jacques BOUTAULT, souhaite apporter quelques précisions à ce sujet. D'abord, il est important de noter qu'aucun décès n'est à déplorer dans les résidences pour personnes âgées grâce à l'action efficace des agents du centre d'action sociale (CAS) du 2e et de sa directrice.

Ensuite, parmi les personnes décédées, beaucoup d'entre elles, non résidentes du 2e, avaient été accueillies, en urgence, par la clinique Bachaumont.

Enfin, si la mortalité a, effectivement, connu une progression durant cette période, la prudence est de mise. En effet, au cours de la même période, dans le 2e arrondissement, 9 décès ont été enregistrés en 2000, 6 en 2001, 4 en 2002 et 18 en 2003. Les taux de progression contribuent à rendre encore plus inquiétante une réalité déjà difficile.

Mobilisés dès début août auprès personnes âgées, le Maire et les services sociaux poursuivront au cours de l'année cette attention aux personnes les plus fragiles du 2e arrondissement.

Brocante de la mairie du 2e

Les " Puces des puces " sont à l'honneur !

Cette année la brocante met les enfants à l'honneur. Les " Puces des puces " destinées aux plus jeunes se tiendront dans la cour de la Mairie qui leur est réservée (emplacements gratuits). Ils y proposeront jouets, jeux, livres…. Les parents sont aussi invités, en cette rentrée, à venir vendre à prix d'ami (ou troquer) du matériel de puériculture (poussettes, tables à langer…) mais aussi habits (en bon état) devenus inutiles ou trop petits. C'est bien plus malin que de jeter !

Mais tout autre bel objet, comme d'habitude, a sa place en cette brocante de rentrée. Alors, les 20 et 21 septembre, venez chiner place de la Bourse, place des Petits-Pères ou rue de la Banque.

Les recettes sont reversées à la Caisse des écoles et financeront les animations, sorties et spectacles organisés durant l'année, pour les élèves des écoles du 2e arrondissement.

20 et 21 septembre

Cour de la Mairie du 2e

Rue de la Banque

Place de la Bourse

Place des Petits-Pères

En partenariat avec la société Mandon


journées du patrimoine 2003 : la culture cultuelle dans le 2e

Chaque année, depuis 1984, les Journées européennes du patrimoine ont lieu le troisième week-end de septembre. Cette année, le thème retenu est le " patrimoine spirituel ". Au programme de la mairie du 2e, concert d'orgues et visites guidées en compagnie d'un expert en patrimoine.

Samedi 20 Septembre

de 8h00 à 12h00 Découverte de l'Eglise Notre-Dame de Bonne Nouvelle (Visite libre)

de 9h30 à 11h00 Découverte de la Basilique Notre-Dame des Victoires

* Visite guidée de la Basilique en compagnie d'un expert en Patrimoine

* Découverte des sept grandes toiles du peintre Carl Van Loo, exécutées entre 1746 et 1755. Ces immenses tableaux de plus de 5 mètres sur 3 attirent les regards. Il y a là une collection unique en France.

* Le tombeau de Jean Baptiste Lully, le grand musicien du Roi Soleil

* Exposition de chasubles anciennes très richement décorées

* Photographies anciennes

de 14h00 à 17h30 Découverte de l'Eglise Notre-Dame de Bonne Nouvelle

* Visite guidée de l'Eglise Notre-Dame de Bonne Nouvelle en compagnie d'un expert en Patrimoine

* Photographies anciennes

21h00 Récital d'Orgue à la Basilique Notre-Dame des Victoires par M. Guy Morançon – compositeur, titulaire de l'orgue de ND des Victoires Durée 55 minutes

Programme

J-S Bach Toccata et Fugue en ré mineur

CL. Gervaise Sept danseries

Fr. Couperin Trois pièces : Gavotte, Musette, Forlane

J. Haydn 6 petits morceaux pour horloge à flûte

F. Mendelssohn Sonate en fa mineur : Allegro serioso, Adagio, Récit, Final

Lefebure-Wely Pastorale en ut majeur, Marche en mi bémol

Dimanche 21 Septembre 2003

de 9h15 à 10h15 Découverte de l'Eglise Notre-Dame de Bonne Nouvelle

* Visite guidée de l'église Notre-Dame de Bonne Nouvelle en compagnie d'un expert en Patrimoine

de 12h30 à 15h30 Découverte de la Basilique Notre-Dame des Victoires

* Visite guidée de la Basilique Notre-Dame des Victoires en compagnie d'un expert en Patrimoine (voir plus haut)

En outre la Mairie du 2e et sa salle des mariages sont ouvertes au public.

à découvrir également dans le 2e :

Palais Brongniart (Ouverture exceptionnelle)

Entrée rue Notre-Dame des Victoires (M° Bourse).

Période architecturale : 1807-1827 Œuvre construite par Brongniart sur ordre de Napoléon Ier, à la manière d'un temple à l'antique. Site historique de la Bourse de Paris et du Tribunal de commerce. Visite libre - Film sur la cotation électronique ; salle de la Corbeille, musée, salon d'honneur, tour de la galerie du 1er étage. Renseignements : 01 49 27 10 10

Horaires : samedi et dimanche de 10h à 18h. Gratuit

Tour Jean-Sans-Peur

20, rue Etienne. Marcel (M° Halles/Etienne Marcel)

Période architecturale : 1409-1411 La plus haute tour civile médiévale du nord de Paris.

Visite guidée - Présentation des fonctions de la Tour et évocation de la vie quotidienne dans les palais. Renseignements : 01 40 26 20 28

Horaires samedi et dimanche : 10h30-12h30 et 14h-18h, toutes les 1/2

Tarifs : 1,5€

Bibliothèque nationale de France - Site de Richelieu – Site de l'Arsenal

Accessibilité Handicapés

58, rue de Richelieu (M° Palais-Royal)

Période architecturale : XVIIe-XIXe s Installée en 1721 dans l'ancien palais construit à partir de 1644 par Mazarin autour de l'Hôtel Tubeuf. Architecture métallique remarquable de la grande salle de lecture. Visite libre - Parcours fléché à travers des espaces exceptionnellement ouverts au public.

Horaires le dimanche : 10h-18h Gratuit

Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement a souhaité, en collaboration avec la Caisse des écoles du 2e , que les menus proposés aux enfants dans les restaurants scolaires de l'arrondissement puissent être consultés sur le site Internet de la mairie du 2e (www.mairie2.paris.fr).

Cette nouveauté répond à un double objectif : permettre aux parents de connaître ce que leurs enfants ont mangé le midi pour harmoniser avec les repas du soir (souci diététique) et, à terme, garantir la traçabilité des produits certifiés qualité, label rouge, agriculture biologique, AOC (soucis de qualité et de sécurité alimentaire).

Les internautes trouveront tous ces renseignements dans la section " éducation " de la rubrique " mon quotidien ".

Jacques Boutault

Maire du 2e arrondissement

Pénélope Komites

Adjointe au Maire de Paris chargée des personnes handicapées

vous invitent à découvrir :

Le parcours d'éveil sensoriel

Vendredi 26 septembre à 15h00

Place de la Bourse

Dans le cadre de l'Année européenne 2003 des personnes handicapées, la Mairie du 2e et la Ville de Paris proposent à tous les Parisien(ne)s un évènement participatif et pédagogique du 26 au 28 septembre sur la place de la Bourse, afin de sensibiliser les personnes valides aux difficultés quotidiennes rencontrées par les personnes handicapées.

Le parcours d'éveil sensoriel permettra une mise en situation en recréant les difficultés et les obstacles rencontrés sur la voirie par les personnes handicapées à mobilité réduite. Les parisiens seront invités à se mettre en situation de handicap en essayant plusieurs modes de déplacements (fauteuils roulants ou cannes blanches).

En ville, la voiture c'est dépassé !

– En ville, transportons-nous autrement 3e édition –

Du 17 au 22 septembre, dans le cadre de la " Semaine du Transport Public " et de la journée " En ville, sans ma voiture ", la Mairie du 2e propose sa nouvelle édition de " En ville, transportons-nous autrement ".

A travers cette manifestation, Jacques BOUTAULT, Maire Vert du 2e arrondissement, entend illustrer, à l'échelle du 2e, les enjeux d'une alternative au " tout-voiture ".

Pour cette 3e édition, la Mairie du 2e met l'accent sur le bus. Avec une meilleure connaissance des dessertes, des quartiers traversés par les différentes lignes, ou de l'emplacement des stations, le bus pourrait gagner en fréquentation. De plus, depuis la mise en place des couloirs de bus, la vitesse de ce transport collectif a été considérablement accrue.

Afin d'encourager les habitants à prendre le bus, la mairie du 2e édite, en collaboration avec la RATP, un plan qui précise l'emplacement exact des arrêts et les quartiers traversés pour en rendre l'utilisation plus facile.

Pour animer cette semaine, des conteurs seront du voyage pour transporter les passagers par leurs histoires qui font rêver.

Programme :

Mardi 16 septembre

10h30 : 23 Bd des Italiens APF (association des paralysés de France). Rassemblement sur le thème du stationnement pour les personnes handicapées.

18h, en Mairie : Inauguration de la semaine des transports publics par le Maire du 2e, en présence de Denis BAUPIN, Adjoint au Maire de Paris chargé des transports.

Lecture-Conte à 18h30 par Christian Fournier.

Mercredi 17 septembre

8h à 10h et 16h 18h : Duo de conteurs dans les bus

Jeudi 18 septembre

8h à 10h et 16h 18h : Duo de conteurs dans les bus

Lundi 22 septembre

Journée sans voiture

8h à 10h et 16h à 18h : Duo de conteurs

Mercredi 24 septembre

Descente des Champs-Élysées à vélo (Vélocity*)

Rendez-vous à 18h00, Place de la Bourse

Vendredi 26

Parcours sensoriel : parcours avec des obstacles " naturels ", en fauteuil roulant ou en aveugle. Ces conditions permettent de se rendre compte des difficultés de déplacement des personnes handicapées.

Place de la Bourse à 15h inauguration avec Pénélope KOMITES, Adjointe au Maire de Paris chargée des personnes handicapées. Ouvert à tous de 11h00 à 18h00.

Samedi 27 et dimanche 28 septembre

Parcours sensoriel, Place de la Bourse

* Place de Bourse à Champs de Mars avec en gras parcours utilisant les pistes cyclables :

Rue de la Banque

Rue de la Vrillière (400m)

Rue Croix des Petits Champs

Rue Marengo (400m)

Rue de Rivoli

Avenue Gabriel (1 Km 500)

Avenue Marigny

Champs-Élysées (700m)

Avenue W. Churchill

Pont Alexandre III

Avenue Mal Gallieni (Invalides)

Place des Invalides (1 Km)

Avenue de La Motte-Picquet

Parc du Champs de Mars (1 Km) soit 5 Km

Puis à 19h30 : Champs de Mars à Hôtel de Ville en passant par les Champs-Élysées avec Vélocity et la Mairie de Paris.

Jacques BOUTAULT, Maire du 2e arrondissement assistera demain au cimetière de Thiais (Val-de-Marne) à l'inhumation des victimes oubliées de la canicule.

Suite à cette tragique quinzaine d'août, Georges DUVAL, habitant du 2e arrondissement a perdu la vie.

Jacques BOUTAULT sera présent à cette cérémonie pour que cette personne, ainsi que les autres victimes " oubliées " ou sans famille, ne partent pas dans la solitude et l'indifférence.

Jacques BOUTAULT (Vert), maire du 2e arrondissement a quitté la salle hier, en signe de solidarité avec les intermittents du spectacle, lors de la première de Paris Cinéma, manifestation cinématographique estivale organisée par la Ville de Paris.

Suite à l'intervention du collectif de 35 cinéastes présentant leurs films dans le cadre de cet événement et demandant aux spectateurs " de faire la grève ", il a choisi de ne pas assister à la représentation à laquelle il avait été invité.

Jacques BOUTAULT a voulu montrer, par un acte symbolique, qu'il partageait les préoccupations des professionnels du spectacle dont le régime d'assurance chômage, remis en question suite à l'accord signé entre certains partenaires sociaux, permet le maintien d'une expression culturelle de qualité en France.

Une explosion s'est produite ce matin, mercredi 4 juin, dans un immeuble du 2e arrondissement au 8 rue d'Uzès, provoquant 25 victimes dont 3 grièvement blessées (bilan provisoire). Le plan rouge a été déclenché par les sapeurs-pompiers.

Le Maire du 2e arrondissement, Jacques Boutault, s'est rendu sur place et s'est enquis de la situation auprès de Jean-Paul PROUST, Préfet de Police. Il déplore cet événement tragique et témoigne aux victimes toute sa solidarité. Il suit attentivement l'évolution de la situation en lien avec le commissaire du 2e arrondissement.

Jacques Boutault a mis en place une cellule de crise en relation avec le Centre d'Action Sociale.

Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement, a accueilli en mairie la commission mixte d'arrondissement en formation plénière le mercredi 4 juin 2003.

Cette réunion s'est déroulée en présence d'Olga Trostiansky, adjointe au Maire de Paris à la petite enfance et la famille, de François Dagnaud, adjoint au Maire de Paris chargé des relations avec les mairies d'arrondissement, de Marie-Pierre de la Gontrie, adjointe au Maire de Paris à la démocratie locale et aux relations avec les associations ainsi que des Maires d'arrondissement et des responsables petite enfance des 20 arrondissements, ou leurs représentants.

La commission, après examen, a adopté à l'unanimité le règlement intérieur des crèches parisiennes, qui s'appliquera dans les mêmes termes à l'ensemble des arrondissements de la capitale.

Le règlement intérieur définit les principes de respect et d'égalité d'accès des usagers, les conditions générales d'accès et d'utilisation des équipements municipaux.

Ce règlement sera soumis, avant l'été, à l'approbation du Conseil de Paris.

Le maire du 2e reçoit une délégation du DAL

Suite à l'occupation, depuis 15 heures, des locaux de la Mairie du 2e arrondissement par le DAL (association Droit Au Logement), le Maire du 2e, Jacques Boutault, rappelle que la question du logement (lutte contre l'habitat insalubre et dégradé, développement du logement social…) dans le 2e est une de ses priorités.

Depuis mars 2001, 2 immeubles ont été intégrés au dispositif d'éradication de l'habitat insalubre et 5 au dispositif d'amélioration de l'habitat dégradé. Surtout, 10 programmes de logements sociaux nouveaux sont engagés, qu'il s'agisse d'acquisitions directement par les bailleurs ou de préemptions par la Ville. L'usage de la préemption est aujourd'hui l'outil public majeur de la Mairie de Paris pour freiner la spéculation immobilière. Il a été utilisé régulièrement ces 18 derniers mois que ce soit à l'initiative ou avec le soutien des élus du 2e.

Le Maire et les élus de la majorité du 2e sont sensibles aux difficultés exprimées par ces familles. Toutefois, plusieurs précisions s'imposent :

Le nombre d'expulsions dans le 2e reste très faible et est en diminution en 2003 par rapport à 2002. Cette prérogative publique relève des services de l'État (Préfecture de Police).. Dans le cadre de leurs compétences, les élus assurent chaque semaine un suivi de ces questions en lien avec le Commissariat et les services sociaux du 2e arrondissement, pour assurer un suivi de la situation des ménages susceptibles d'être expulsés. Un vœu a été voté en conseil d'arrondissement contre les expulsions sans relogement (voir PJ).

Parmi les trois immeubles cités par l'association, le Maire précise que les engagements pris par la Mairie de Paris et la Mairie du 2e arrondissement sont en cours, même si ces avancées ne sont pas entièrement perceptibles par les familles :

Le 20/22 rue Beauregard a été confié en 2002 à la SIEMP dans le cadre du dispositif parisien de lutte contre l'habitat insalubre. Les responsables de la SIEMP ont rencontré Dominique DUSSART, Adjointe au Maire du 2e au Logement il y a deux semaines afin de lui présenter le dispositif général de lutte contre l'insalubrité, comprenant un suivi de la situation de chaque ménage présent dans cet immeuble. Des premiers relogements ont eu lieu récemment.

Le 21 rue Saint-Marc est un immeuble privé. Il revient donc avant tout au propriétaire de proposer des solutions de logement aux familles. La Mairie de Paris s'est toutefois engagée à reloger trois d'entre elles.

A ce jour, aucune mesure d'expulsion n'est engagée concernant le 69 rue de Cléry. Il s'agit d'un problème de fin de bail dans le cadre de la réglementation qui régit les hôtels meublés. Alertée de cette situation, Dominique DUSSART a rencontré plusieurs ménages concernés et les a orientés le cas échéant vers l'Association Départementale d'Information sur le Logement (A.D.I.L.) afin de mieux les informer sur leurs droits. Enfin, les services techniques de l'habitat de la Mairie de Paris et les architectes de la Préfecture de Police ont effectué une enquête sur place afin d'évaluer le discours alarmiste du propriétaire concernant l'état de cet immeuble : aucun état de péril n'a été constaté. A ces différentes occasions, les élus comme les services, ont rappelé au propriétaire ses obligations.

Ecole Etienne-Marcel

Suite à l'article paru dans Le Parisien du 11 avril 2003, " Soupçons de maltraitance dans une école maternelle ", Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement, précise qu'il a été tenu informé de ces faits. Il a reçu régulièrement les associations de parents d'élèves. Les événements qui se déroulent dans l'enceinte des établissements scolaires relèvent de la compétence du rectorat et non de la Mairie d'arrondissement. Il a donc été demandé au recteur et au directeur de l'école Etienne-Marcel (2e) de faire le nécessaire dans les meilleurs délais pour que l'affaire soit éclaircie. Le Maire souligne que les accusations graves mobilisent toute son attention.

Le dimanche à Paris, sans voiture !

Bertrand Delanoë faisait part lundi de son souhait de diminuer progressivement la circulation dans le centre de Paris, sans fermer totalement le centre de la capitale aux voitures des riverains, aux livraisons et aux services.

En tant que Maire d'arrondissement du centre de Paris, je me réjouis de cette position du Maire de Paris et la soutiens vivement. Je partage également la position selon laquelle le système romain semble plus adapté au contexte sociologique et urbanistique parisien que la méthode londonienne.

La suppression de la circulation de transit dans le cœur de Paris permettrait une baisse de l'engorgement et donc un meilleur accès au centre de la capitale pour les Parisiens et habitants en périphérie. Cela améliorerait ainsi considérablement le cadre de vie des habitants qui souffrent de la pollution de l'air, de l'excès de bruit (moteurs, klaxons) et de l'encombrement incessant des trottoirs et passage piétons par les automobiles.

Aussi, je propose que la journée annuelle " En ville, sans ma voiture " soit reprise chaque dimanche, dans le centre de Paris, à titre expérimental. Cette action rendrait la ville plus agréable et respirable, sans conséquences sur l'activité économique de nos quartiers.

Il est temps de mettre en œuvre une autre manière de se déplacer en ville, afin de rendre à ses habitants et ses visiteurs, le goût de flâner, de se promener et de découvrir les richesses commerciales et patrimoniales de la ville. L'amélioration du cadre de vie et l'activité économique ne sont pas incompatibles. Il serait en effet dommage de choisir entre " ville musée " et " ville usine ".

Les élus de la majorité du 2e regrettent l'absence de concertation

L'Académie de Paris a décidé le transfert du lycée de la mode Rose-Bertin, situé rue Dussoubs, dans le 2e, dans d'autres établissements de la ville.

Les élus de la majorité de l'arrondissement ne peuvent se satisfaire de cette décision, sans concertation, ni avec le personnel de l'établissement, ni avec les élus.

Davantage d'anticipation aurait permis une transition moins brutale pour les élèves du lycée qui se sont, à juste titre, mobilisés. Leurs représentantes ont immédiatement été reçues par le Cabinet du Maire du 2e.

Les élus de la majorité souhaitent vivement que des solutions soient envisagées pour ces élèves, afin qu'ils ne soient pas amenés à pâtir de cette situation.

Le maire du 2e arrondissement demande le report du transfert du lycée Rose Bertin

Des lycéens et lycéennes se sont mobilisés cette semaine contre le transfert de leur établissement situé rue Dussoubs (2e arrdt). L'Académie de Paris a en effet annoncé, fin décembre, que le lycée professionnel municipal Rose Bertin, consacré aux métiers de la mode, serait transféré à la fin de cette année scolaire. 150 élèves préparant des CAP et BEP sont concernés.

Le motif invoqué est une meilleure gestion. Celle-ci nécessiterait la réorganisation et la répartition de cet enseignement sur les trois autres établissements de la capitale.

Après avoir entendu les doléances des lycéens reçus la semaine dernière en mairie d'arrondissement, le maire Jacques Boutault a formulé plusieurs remarques lors de la séance du Conseil de Paris des 27 et 28 janvier.

Quant au fond de la décision, la formation s'étalant sur deux années, un transfert dès cette année impliquerait un éclatement des élèves de première année dans plusieurs établissements, l'an prochain. Les équipes de travail qui se sont constituées cette année seraient alors désorganisées.

Sur la méthode utilisée, la décision de transférer l'établissement a été annoncée aux élèves et aux professeurs le 18 décembre 2002 par l'Académie. Or, celle-ci a été prise sans concertation aucune ni avec le personnel de l'établissement, ni avec les élèves, encore moins avec les élus de l'arrondissement qui n'ont, à aucun moment, été informés de la date et de l'option retenue.

C'est pourquoi, lors de la séance du Conseil de Paris, Jacques Boutault et les élus du groupe Les Verts sont intervenus auprès du Maire de Paris afin que celui-ci :

demande à l'Académie de Paris le report du transfert du lycée annoncée pour 2003, de manière à permettre aux élèves de première année de terminer leur formation de deux ans dans de bonnes conditions d'étude;

donne des instructions pour garantir une meilleure information des maires d'arrondissement quant aux décisions qui concernent la vie de leur arrondissement.

Dans le cadre de l'année de l'Algérie, le Maire du 2e et les élus de la majorité invitent le compositeur multi-instrumentiste Djamel Laroussi :

Jeudi 20 février à 20 heures

À la salle Jean Dame

17 rue Léopold-Bellan 75002 Paris

Numéro 1 au Top 50 algérien, Djamel Laroussi est considéré par les critiques comme " l'un des 20 meilleurs guitaristes mondiaux. " Il fait partie de ces artistes ayant le don d'allier la musique populaire à une virtuosité remarquable.

Diplômé de l'Ecole Supérieure de musique de Cologne, il revisite tour à tour salsa, merengue, jazz, blues, reggae ou pop dans un style inclassable qu'il baptise " real world music ", qu'il accompagne d'un chant qui navigue entre français, berbère et arabe.

Véritable invitation à la danse, la rencontre des instruments traditionnels et modernes qui distingue ses compositions donne un aperçu saisissant de ses talents, qui ont déjà été sollicités par de nombreux artistes, de Cheb Mami à Karim Ziad.

L'entrée est gratuite et sur réservation à la Mairie du 2e arrondissement (8, rue de la Banque 75002 Paris).

En présence de Monsieur Jacques BOUTAULT, Maire du 2ème arrondissement et Mylène STAMBOULI, Adjointe au Maire de Paris

Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement et Mylène Stambouli, Adjointe au Maire de Paris, chargée de la lutte contre l'exclusion, viendront saluer les personnels municipaux de "Cœur de Paris" qui distribuent chaque jour 1400 repas aux plus démunis.

Samedi 25 janvier 2003

de 19h à 20h

Place de la Bourse - 75002 PARIS

"Cœur de Paris" est un service du Centre d'Action Sociale de la Ville de Paris. Il fonctionne 7 jours sur 7 et 365 jours par an.

L'hébergement, l'aide alimentaire et l'accès aux soins des plus démunis relève de l'Etat. Cependant, la Ville de Paris contribue au dispositif de veille sociale mis en place en partenariat avec les associations.

Depuis un an, la Ville marque sa volonté de contribuer à l'amélioration de la distribution alimentaire à Paris et à une meilleure répartition géographique.

. S'agissant de "Cœur de Paris", le nombre de repas distribués est passé de 900 à 1400 en 2001. L'accent est également mis sur l'amélioration de la qualité nutritionnelle des repas, notamment par l'apport de produits frais.

. L'aide financière apportée par le Département de Paris en faveur de l'aide alimentaire associative (hors "Cœur de Paris") depuis 2001 a presque doublé (306 000 euros en 2001, 595 000 euros en 2002).

En 2002, 1500 repas supplémentaires ont ainsi pu être distribués quotidiennement.

Ces mesures s'inscrivent dans une politique globale d'amélioration des services destinés aux plus démunis. Elles viennent bien entendu s'ajouter aux efforts entrepris par la Ville de Paris, notamment en matière d'hébergement et d'accueil de jour.

Fermeture du lycée Rose-Bertin

Les élus de la majorité du 2e regrettent l'absence de concertation

L'Académie de Paris a décidé le transfert du lycée de la mode Rose-Bertin, situé rue Dussoubs, dans le 2e, dans d'autres établissements de la ville.

Les élus de la majorité de l'arrondissement ne peuvent se satisfaire de cette décision, sans concertation, ni avec le personnel de l'établissement, ni avec les élus.

Davantage d'anticipation aurait permis une transition moins brutale pour les élèves du lycée qui se sont, à juste titre, mobilisés. Leurs représentantes ont immédiatement été reçues par le Cabinet du Maire du 2e.

Les élus de la majorité souhaitent vivement que des solutions soient envisagées pour ces élèves, afin qu'ils ne soient pas amenés à pâtir de cette situation.

Les élus du 2e arrondissement organisent une première marche exploratoire le lundi 20 janvier, à partir de 20h15,

dans le quartier Montorgueil / Saint-Denis. Cette démarche répond à l'attente de riverains qui rencontrent au quotidien des difficultés dues à leurs handicaps.

La marche exploratoire se fera en présence des services de la Ville concernés (voirie, propreté, stationnement, sécurité…) en vue de trouver des solutions adaptées aux besoins des habitants.

En 2002, 27 trottoirs ont été abaissés afin d'améliorer les déplacements des personnes ayant des difficultés de mobilité (fauteuils roulants, mais aussi poussettes).

Cette année, la Mairie du 2e sera parmi les premières à bénéficier du programme d'amélioration de l'accessibilité des Mairies d'arrondissement à tous les citoyens, quels que soient leurs handicaps.

Enfin, le conseil d'arrondissement a voté le 2 décembre un programme d'accessibilité (vestiaires, toilettes, ascenseur, douches) au gymnase Jean Dame qui débutera cette année.

Jacques Boutault, Maire du 2e dénonce la fermeture du centre d'assurance maladie du 2e arrondissement

Le centre primaire d'assurance maladie du 2e arrondissement, situé 10 rue Saint-Fiacre, a fermé ses portes mardi 3 décembre, dans le cadre de la réorganisation des services de l'assurance maladie à Paris. Il accueillait de nombreux assurés sociaux du 2e arrondissement, qui compte plus de 2000 bénéficiaires de la CMU.

Les élus de la majorité regrettent cette disposition, ce centre assurant un rôle d'accueil de proximité indispensable. Ils déplorent que les assurés sociaux habitant le 2e arrondissement n'aient pas été informés de cette disposition.

Les élus sont intervenus pour la création d'une antenne d'accueil dans l'arrondissement. Ils souhaitent que l'immeuble du 10, rue Saint-Fiacre conserve son caractère social.

Bilan à 18 mois de mandat...

Les promesses ne suffisent pas : c'est sur ses résultats que l'on juge l'action et l'efficacité d'une municipalité. Dès leur arrivée à la mairie du 2e, les élus se sont mis au travail. Un an après, ils font le point sur les actions engagées dans l'arrondissement.

La politique menée dans le 2e arrondissement décline localement le contrat de mandature de la nouvelle majorité municipale. Elle s'inscrit autour de trois idées forces : la démocratie locale, l'écologie et la solidarité. Des premiers résultats sont déjà visibles.

Démocratie locale

Favoriser la participation citoyenne, garantir la transparence

La démocratie locale est une priorité. Le 2e arrondissement a mis en place localement un certain nombre d'initiatives encouragées par la nouvelle municipalité parisienne. Avec leurs trois conseils de quartier (indépendants car présidés par des habitants) et leur conseil de la jeunesse, les citoyens de tous âges peuvent s'exprimer dans le 2e.

Les associations sont également consultées dans le cadre des CICA (conseils d'arrondissement élargis aux associations). A l'occasion des Assises de la Citoyenneté, les résidents étrangers ont été accueilli en Mairie dans un esprit festif, afin de réfléchir à la façon de ne pas les laisser en marge de la démocratie. Et, à terme, promouvoir le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales. Trois résidents de l'arrondissement ont été choisis pour siéger au Conseil des résidents étrangers de Paris. Autre point d'honneur de la mairie : célébrer les parrainages républicains (baptêmes civils) et les Pacs, étape importante et symbolique dans la lutte contre les discriminations et pour l'égalité des droits.

La transparence est le pendant de l'expression citoyenne. Le 2e l'a mise en place : de quoi s'agit-il concrètement ?

La transparence, c'est d'abord mettre en place des commissions pluralistes d'attribution de places en crèches et de désignation des candidats aux logements sociaux. C'est aussi respecter les opinions de chacun en permettant à l'opposition de s'exprimer dans ce journal. C'est enfin répondre aux questions du public à l'issue de chaque conseil d'arrondissement.

Pour plus d'informations sur le conseil de la jeunesse, contactez Émilie Fleury au 01.53.29.75.27.

Écologie

Qualité de vie, protection de l'environnement

En réponse aux attentes croissantes des habitants en matière de sécurité alimentaire, la mairie a décidé d'améliorer sensiblement la qualité des produits proposés aux enfants de notre arrondissement. Ainsi, les produits bio ont fait leur apparition dans les restaurants scolaires. Le bœuf, rigoureusement contrôlé et exclusivement issu de l'agriculture biologique, a été réintroduit dans les menus. Les parents d'élèves ont naturellement été consultés et 75% s'y sont montrés favorables. Ces changements s'effectuent sans répercussion sur les tarifs payés par les familles.

La qualité de vie c'est aussi pouvoir se promener dans des espaces protégés de la circulation automobile. Or, notre arrondissement manque cruellement d'espaces verts. C'est pourquoi le " parking " de la place Alexandrie, dans le Sentier, sera transformé en un square. Le premier coup de pioche sera donné en 2003. De plus, le square Bidaut sera étendu dès que la concertation avec les riverains et le conseil de quartier aura abouti à un projet répondant au mieux aux attentes des habitants.

La place des piétons dans l'arrondissement fait également partie des projets en cours : élargissement des trottoirs, pose systématique de potelets, remplacement progressif du pavé blanc de la rue Montorgueil (trop fragile, il coûte très cher à la collectivité) par un pavé de granit mieux adapté.

La mairie montre l'exemple ! De l'usage du papier recyclé aux produits bio et issus du commerce équitable pour les cérémonies, en passant par le refus du maire de disposer d'une voiture de fonction avec chauffeur, c'est d'abord en son sein que la mairie du 2e défend l'environnement.

En matière d'aménagement et de propreté, notre action s'insert dans le cadre fixé par la mairie de Paris. Désormais, des procès-verbaux seront dressés pour non ramassage des déjections canines. 75 corbeilles de rue ont été mises en place et les nouveaux couloirs de bus en site propre progressent. Prochaine étape : le tri sélectif des déchets (voir encadré page 4).

Solidarité

Mieux vivre ensemble

Les enfants sont l'avenir de notre arrondissement. Ils doivent y vivre dans les meilleures conditions de sécurité et de qualité de vie, c'est pourquoi de nombreux travaux urgents des établissements scolaires de l'arrondissement ont été réalisés. Un réfectoire sera ouvert en 2003 dans l'école maternelle Dussoubs, une salle de gymnastique sera créée pour les élèves de l'école Etienne-Marcel et, rue Montmartre, les travaux d'une halte garderie de 25 berceaux commenceront dès septembre. Les inscriptions en crèche ont été centralisées en mairie. Enfin, le trottoir de l'école maternelle rue Saint-Denis a été élargi pour plus de sécurité.

Autre priorité, le logement. Avec moins de 150 logements sociaux pour près de 800 familles demandeuses, l'arrondissement connaît une situation délicate héritée de la municipalité précédente, fortement hostile à la mixité sociale. La difficulté à trouver des assistantes maternelles en est une conséquence directe : celles-ci ont besoin d'un logement, souvent social, suffisamment grand pour accueillir des enfants en bas âge. La Ville a fait prévaloir son droit de préemption sur trois immeubles et deux assistantes maternelles, relogées en logements sociaux, ont été maintenues. Cette action se double d'une lutte contre l'habitat insalubre : deux immeubles ont été confiés en gestion à une société municipale spécialisée.

Côté culture, la mairie a été heureuse de vous accueillir pour ses expositions, ses concerts, sa représentation théâtrale ou ses " spectacles-lectures". La fête de la musique 2002 approche, nous comptons sur votre participation ! (voir encadré page 4)

Enfin, améliorer la qualité de vie, c'est aussi lutter contre les incivilités. Les chiffres du commissariat de police montrent que, dans notre arrondissement, la délinquance est en baisse. Néanmoins, la sécurité fait beaucoup parler d'elle. 17 gardiens de la paix supplémentaires ont été affectés dans le 2e arrondissement. Des agents locaux de médiation sociale (ALMS) sont présents à la sortie des écoles afin d'assurer la sécurité des traversées des enfants et de libérer la police de cette mission.

Après une consultation des parents d'élèves de l'arrondissement, Jacques Boutault, le maire du 2e arrondissement, a décidé la réintroduction, à partir de la 2e quinzaine du mois de mai, de la viande de bœuf dans les menus des restaurants scolaires du 2e arrondissement, mais uniquement labellisée AB (Agriculture Biologique).

Après une réunion d'information sur la réintroduction de la viande bovine dans les écoles, un sondage a été mené dans toutes les écoles de l'arrondissement. Il en est ressorti que 75 % des parents d'élèves ont approuvé la proposition du maire, président de la caisse des écoles.

La viande bovine est donc réintroduite dans les menus, à condition qu'elle soit de race bouchère, âgée de 24 à 60 mois et issue de l'agriculture biologique (label AB du ministère de l'agriculture). Elle est servie sous forme de steak haché, pot-au-feu, bourguignon, à raison, dans un premier temps, d'une fois tous les 15 jours.

La mairie du 2e a déjà introduit, depuis février, un élément de " qualité supérieure "à chaque repas issu de l'agriculture biologique, AOC ou labellisé. La réintroduction du bœuf dans les menus fait partie de la mise en place progressive de menus entièrement bios.


Discours du maire

Mandature 2014-2020

Monsieur le député,

Mesdames et messieurs les anciens combattants et porte-drapeaux,

Mesdames et messieurs les représentants de la police nationale, de la gendarmerie et de la protection civile,

Mesdames et messieurs les élu.e.s,

Mesdames et messieurs,

Comme chaque année depuis bientôt un siècle, nous célébrons aujourd’hui le répit conclu un 11 novembre dans la clairière de la forêt de Compiègne. Au terme de quatre années de massacre et de destruction qui coûtèrent la vie à près de vingt millions de personnes, l’armistice fut signé entre la France et l’Allemagne. Au terme de quatre années qui vidèrent les campagnes de leurs paysans, les ateliers de leurs ouvriers. Au terme de quatre années qui remplirent les foyers de malheur et les familles de détresse. Quatre année qui transformèrent des générations humaines entières en chaire à canon et pétrifièrent leurs existences inachevées dans nos monuments aux morts.

Partout en France nos communes gardent le souvenir de cette guerre qui devait être la dernière. Ici même dans cet arrondissement, nous conservons aussi le souvenir de l’assassinat du grand pacifiste Jean Jaurès le 31 juillet 1914. Dès le lendemain la France et l’Allemagne mobilisaient leurs armées.

Malgré les combats et la censure, un mois plus tard, la conscience du pacifisme continuait de vivre à travers la publication d’Au-dessus de la mêlée. Dans cette fresque visionnaire et fulgurante, Romain Rolland nous parle de l’« héroïsme carnassier » qui jetait l’une contre l’autre les jeunesses d’Allemagne et de France, embrasait l’Europe et ses empires coloniaux. Voici un extrait que je voudrais partager en ce jour:

« Ces guerres, je le sais, les chefs d’États qui en sont les auteurs criminels n’osent en accepter la responsabilité ; chacun s’efforce sournoisement d’en rejeter la charge sur l’adversaire. Et les peuples qui suivent, dociles, se résignent en disant qu’une puissance plus grande que les hommes a tout conduit. On entend, une fois de plus, le refrain séculaire : « Fatalité de la guerre, plus forte que toute volonté », — le vieux refrain des troupeaux, qui font de leur faiblesse un dieu, et qui l’adorent. Les hommes ont inventé le destin, afin de lui attribuer les désordres de l’univers, qu’ils ont pour devoir de gouverner. Point de fatalité ! La fatalité, c’est ce que nous voulons. Et c’est aussi, plus souvent, ce que nous ne voulons pas assez. Qu’en ce moment, chacun de nous fasse son mea culpa ! Cette élite intellectuelle, ces Églises, ces partis ouvriers, n’ont pas voulu la guerre… Soit !… Qu’ont-ils fait pour l’empêcher ? Que font-ils pour l’atténuer ? Ils attisent l’incendie. Chacun y porte son fagot. »

Comment parvenir à la paix ? Le répit de cet armistice que nous célébrons aujourd’hui ne dura pas vingt ans. L’impérialisme continua, un virus économique sans précédent se développa et à nouveau l’Allemagne et la France, l’Europe et le monde furent livrés aux pires folies meurtrières.

Comment conjurer la guerre ? « Point de fatalité ! » Dans notre pays, notre Europe, notre monde aujourd’hui, les nuées portent toujours l’orage. Mais nous en sommes responsables et nous devons agir. Sur cette terre, des océans au climat, il n’est plus rien qui n’échappe aux humains. Peut-être faut-il prendre conscience qu’un destin commun nous lie, peuples, nations, sociétés avec l’ensemble du vivant pour qu’ensemble nous puissions vivre en paix.

Pour conclure et célébrer avec vous ce jour chargé du poids des morts et des responsabilités des vivants, je voudrais faire entendre la voix toujours vivante de Jean Jaurès :

« II y a des heures où nous éprouvons à fouler la terre une joie tranquille et profonde, comme la terre elle-même… Que de fois, en cheminant dans les sentiers, à travers champs, je me suis dit tout à coup que c’était la terre que je foulais, que j’étais à elle, qu’elle était à moi ; et, sans y songer, je ralentissais le pas, parce que ce n’était point la peine de se hâter à sa surface, parce qu’à chaque pas je la sentais et je la possédais tout entière, et que mon âme, si je puis dire, marchait en profondeur.

Que de fois aussi, couché au revers d’un fossé, tourné au déclin du jour vers l’Orient d’un bleu doux, je songeais tout à coup que la terre voyageait, que, fuyant la fatigue du jour et les horizons limités du soleil, elle allait, d’un élan prodigieux, vers la nuit sereine et les horizons illimités, et quelle m’y portait avec elle, et je sentais dans ma chair, aussi bien que dans mon âme, et dans la terre même comme dans ma chair, le frisson de cette course, et je trouvais une douceur étrange à ces espaces bleus qui s’ouvraient devant nous sans un froissement, sans un pli, sans un murmure. Oh ! combien est plus profonde et plus poignante cette amitié de notre chair et de la terre que l’amitié errante et vague de notre regard et du ciel constellé ! Et comme la nuit étoilée serait moins belle à nos yeux, si nous ne nous sentions pas en même temps liés à la terre. »

L’espoir qu’une volonté de vie commune, qu’une communauté de destins l’emportent finalement sur la tentation de la violence et la destruction de l’autre est toujours là. Il se trouve dans ce lien qui nous unit dans notre diversité vivante, dans la diversité et la beauté de toute vie.

Je vous remercie.

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les Anciens combattants et Porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu (e) s,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis pour commémorer la Victoire. Une victoire sur la barbarie qui, en Europe, sonna le glas des idéologies d’exclusion. Nous aimons nous en souvenir car depuis ce jour, une paix durable s’est installée.

Une paix que nos démocraties ont jusqu’à aujourd’hui réussi à préserver, malgré des relents de nostalgie raciste et antisémite qui émergent dans certains pays, ou au sein de certains pays, dont le nôtre. La paix jusqu’à quand ?

Juifs hier, musulmans aujourd’hui, des voix se lèvent ici ou là qui appellent à la haine et au rejet de l’autre. Elles portent en elles la guerre comme la nuée porte l’orage. Refusons d’emprunter ce sentier morbide. Tirons les leçons de l’Histoire.

L’union des démocraties européennes construite dans l’immédiat après guerre, malgré ses défauts, nous protège contre la tentation du repli nationaliste et du retour de la peste brune et la haine de l’autre.

Le 8 mai 1945 fut une paix chèrement conquise sur les forces du nationalisme, du mensonge, du racisme, de l'antisémitisme, de l'homophobie, de la xénophobie. Ces forces furent terrassées au prix de cinq ans d’un conflit atroce qui ensanglanta l'Europe puis le monde.

Un conflit qui pris fin à Reims en Champagne, au quartier général du Commandant en chef des forces Alliées, le général Eisenhower. Celui-là même qui deviendra le 34e président des Etats-Unis, en 1953.

Si les forces de la résistance, de l'intelligence et de l'humanisme ont vaincu l’obscurantisme, c'est au terme d'une longue lutte et au prix d’immenses sacrifices.

Les ravages de l’idéologie nationale socialiste ont débuté très en amont. Dès 1933 en Allemagne, on ouvre des camps de concentration, celui de Dachau en tout premier. On y enferme des opposants, des juifs, des Tziganes, des homosexuels, des errants, des a-sociaux.

La peste brune se répand inexorablement, partout, dans les institutions comme dans les esprits, en Allemagne mais aussi ailleurs ici même en France où la collaboration et le gouvernement de Vichy se rendront complices des crimes nazis.

Ce qu’on nomme "le renouveau nationaliste" fait florès à Berlin, et prospère à partir de la crise économique de 1929. Son terreau : le chômage, la pauvreté des ouvriers et le désœuvrement de la jeunesse.

Ce même esprit nauséabond parvient à se frayer un chemin dans les esprits français, la gangrène gagne même le cerveau de certains "intellectuels ».

Mais ce mouvement pour éclore, se répandre et s’épanouir a besoin de la puissance économique, de la complicité des grands groupes industriels, des banques, des journaux et de la radio. Progressivement, en Allemagne, ils se rallient à Hitler et au nazisme.

Les industriels, les banquiers, les grands propriétaires terriens, ceux qui font partie de ce qu'on nomme alors le "club des Messieurs", la "gentry" allemande, deviennent les complices puis les meilleurs relais de la vulgaire et grossière propagande nazie.

Comment cela fut-il possible, admis, mis en système ?

Il y eut l'humiliation de l'Allemagne en 1919, puis un terreau favorable, la crise économique. Il y eut aussi une part d'irrationnel dans les consciences, mais il y eut surtout la volonté politique d’un homme, Hitler, et de son gouvernement, d'installer une idéologie nationaliste totalitaire et de régner sans partage sur tous les secteurs de la vie publique et tous les domaines de la vie citoyenne.

Mais pour mettre en mouvement la société allemande, la souder et convaincre les pauvres gens déclassés par la crise, il fallut avoir recours à la stratégie bien classique du bouc-émissaire.

Ce furent les juifs, accusés d’être à l’origine de tous les maux ou accusés simplement d’être juifs. Résultat : 6 millions d’entre eux, innocents de tout crime, hommes, femmes, enfants, furent exterminés industriellement, méthodiquement, sans pitié, dans des chambres à gaz, perpétuant ainsi sans doute l’un des pires crimes de l’histoire de l’humanité. Un génocide d’une ampleur sans précédant, commis au nom de la soi-disant supériorité de la "race aryenne".

Ces exécutions de masse, en ont aussi été victimes les tsiganes, les homosexuels, les personnes handicapées, les opposants politiques, notamment communistes. Elles ont fait des dizaines de millions de morts.

Avec les combattants, on estime le nombre de morts durant la seconde guerre mondiale à quelque 60 millions, ce qui fait de ce conflit le plus meurtrier de l'histoire de l'humanité.

Il faut ici souligner le rôle que joua l’armée soviétique, qui au prix de la perte de 800 000 des siens, mit fin, lors de la bataille de Stalingrad en 1943, au mythe de l’invincibilité de l’armée allemande et permis aux Alliés de débarquer en Afrique et de préparer leur offensive sur le front ouest.

La victoire de Stalingrad poussa aussi les Résistants allemands à des actes spectaculaires à partir du printemps 1943, comme les lâchers publics de tracts par le groupe d’étudiants La Rose Blanche – ils furent guillotinés - ou la préparation des premiers attentats contre Hitler.

Les actes de résistance, en Allemagne et en France s’opéraient dans le contexte d’une société ou personne n’était à l’abri de la délation et de l’arrestation, dans une atmosphère de spoliations, où prospéraient le marché noir, la petite combine minable et toutes autres brimades et lâchetés quotidiennes collaborationnistes.

Ces crimes ont meurtri pour toujours des familles, des associations citoyennes, des syndicats, des mouvements de partisans, des mouvements de la Résistance et marqués le sol de l'Europe et ses innombrables maquis.

La terre s'en souvient encore en Pologne, en Grèce, en France. Partout où des citoyens dignes et braves se sont battus. Partout où se sont levés des hommes et de femmes qui entendaient simplement rester des hommes et des femmes et qui ont décidé au péril de leur vie que le nazisme ne passerait pas, que ça ne pouvait pas être l'avenir de l'Europe et de leurs enfants, notre avenir, partout on se souvient d'eux.

C'est à eux, derniers témoins ou disparus à jamais, civils et militaires, combattants à mains nues ou en armes, que nous rendons hommage en ce jour où nous commémorons la paix retrouvée.

Grâce à eux, au sacrifice de leur vie, aujourd'hui nous vivons libres.

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les Anciens combattants et Porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis en ce jour pour commémorer le 11 novembre 1918, armistice tant attendu, silence des armes et paix retrouvée.

Je vous remercie d'être présentes, présents pour commémorer et nous en souvenir ensemble.

Entre le centenaire du début de la grande guerre, commémoré il y a deux ans, et le centenaire de sa fin dont nous nous rappellerons en 2018, nous sommes en 2016, au milieu du gué : au cœur du souvenir de ce premier conflit mondial.

Une année particulière car après deux ans d'un conflit déjà affreusement meurtrier, semblent se dessiner des volontés partagées de paix : conférence pacifiste d'avril en Suisse, à Kienthal; refus de quelques députés français de voter les crédits de guerre en juin; note sur la paix adressée aux Alliés par l'Allemagne le 12 décembre; enfin une note sur la paix du président des Etats-Unis adressée à tous les belligérants.

1916 sera la seule année où l'Allemagne fera cette avancée vers des "négociations de paix", sans propositions très précises d'ailleurs.

Toutes ces velléités pacifistes resteront lettres mortes.

Mais il est toujours pertinent de rappeler ces forces de paix qui parviennent à se former, à se frayer un chemin, même au coeur des guerres les plus atroces.

Et le conflit se prolongera pour encore deux longues années.

Malgré et contre la volonté des peuples, malgré la révolution russe, malgré les révoltes spartakistes et, sur les champs de batailles, malgré les fraternisations devant les tranchées ou les mutineries désespérées.

Oui, souvenons-nous des mutinés de Craonne, fusillés pour l'exemple, plus de 600 soldats, et de leurs raisons de refuser de combattre. Ils ne sont toujours pas réhabilités.

Plus proche de nous, souvenons-nous de ces derniers poilus, maintenant tous disparus, qui, au crépuscule de leur vie plus que centenaire, trouvaient encore la force d'exprimer leur colère et leur rage contre la boucherie de 14-18.

Si l'on songe à la chronologie de ce conflit de plus de quatre ans, il faut, pour le comprendre, dépasser les bornes temporelles du début, août 14, et celle de sa fin, novembre 18.

Ce conflit prend sa source, comme nous l'indiquent les historiens, bien au-delà, dans les tournants du 20è siècle : guerre des Boers en Afrique du Sud en 1899, guerre russo-japonaise de 1904, guerres balkaniques de 1912.

Et bien avant encore, remontons aux violences coloniales du 19è siècle sur les continents africains et asiatiques : le germe de la grande guerre est déjà là.

L'arc tendu de la violence, comme le nomme l'historien Stéphane AUDOUIN-ROUZEAU, est ainsi tout prêt à envoyer sa dernière flèche d'août 1914.

L'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand, héritier de l'empire austro-hongrois, le 28 juin 1914, à Sarajevo en fut l’étincelle. La poudre de la "grande agression collective" explose alors.

L'Europe de 1914 repose sur des bases fragiles. Les peuples ne l'ont pas dessinée. Seuls les gouvernements ont fabriqué ces empires européens coloniaux.

A partir de 1917, ces empires commencent à se fissurer, puis s'effondrent, les uns après les autres, décennies après décennies et jusqu'aux Indépendances des années 60 et 70, dans la douleur et dans le sang.

De cet énorme conflit planétaire, premier par sa durée et le nombre de ses disparus (des millions), nous n'avons pas fini de comprendre les fondements ni les répercussions.

14-18 est un creuset d’événements variés et terribles : aspirations révolutionnaires, expérimentations militaires, avancées médicales, transformations sociales, apprentissages des luttes, notamment pour la paix, désirs de revanches aussi.

Déjà, la pensée vacille devant la prépondérance de la technique à l'oeuvre : nos civilisations sont désormais mortelles, écrira Paul Valéry en 1919 dans "La crise de l'esprit".

C'est cela le grand enseignement de la première guerre mondiale, la crise de l’esprit.

A chaque conflit, dans chaque guerre, c'est aussi évidemment un peu de notre humanité qui s'effrite.

C'est sans doute ce que nous cherchons lorsque nous regardons les archives de la première guerre mondiale. C'est ce que nous commémorons, cette humanité retrouvée, dans le rappel du 11 novembre 1918. Tout simplement notre désir humain de vivre en paix.

Aujourd'hui, les photographies en noir et blanc de cette guerre et les lettres manuscrites des poilus ne sont plus qu'un lointain souvenir.

Ce conflit et d'autres sur la planète, des guerres sans nom, nous rappellent sans cesse combien il faut de désir pour vivre ensemble et combien il faut de volonté pour construire la paix.

Je vous remercie.

Jacques BOUTAULT

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Lorsqu'en 2012 l’historien Kevin Desmond, son biographe, a pris contact avec moi, j'ignorais tout ou presque de Gustave Trouvé... son nom à peine me disait quelque chose.

Mais qui peut le plus peut le moins - comme l'aurait sûrement pensé cet inventeur de génie et c'est avec grand plaisir que je l'ai découvert puis que j'ai accepté de lui rendre ce modeste hommage : une plaque à son nom sur cet immeuble où il ne vécut pas moins de 24 ans.

Qui peut le plus peut le moins disais-je... En tordant un peu le proverbe, il s'applique merveilleusement à Gustave Trouvé. Car cet inventeur a cherché toute sa vie à créer des objets les moins chers, les moins encombrants, les moins visibles et... les moins polluants.

Gustave Trouvé, l'homme aux 300 brevets, a fait dans le minuscule, le lilliputien, le diminué, le minime, l'infime, le menu, la miniature, la réduction, l'infinitésimal, le microscopique, le léger, le délicat et.... le portatif, voire le portable.

Des dizaines d'inventions à son répertoire qui tiendraient dans une grosse cantine de voyageur, s'il avait voyagé.

Mais Gustave Trouvé n'a pas voyagé. Ou alors, il a voyagé seulement dans sa tête d'inventeur, extravagant, poète et utopique.

Ce qui semble l'avoir intéressé sa vie durant, est d'être utile aux autres, d'inventer des objets techniques qui rendent service à l'humanité comme une volonté de rendre concrète l'utopie sociale qu'il avait chevillée au corps.

De plus sa préoccupation première, outre la miniaturisation des objets (à 7 ans il a déjà construit une pompe à incendie dans une boîte à sardines !) semble bien avoir été de faire "à l'économie" : de moyens, de matériaux, de matériel, d'entretien et d'encombrement. Tout ceci pour concourir au plus utile, au plus nécessaire, au plus pratique, au plus d'effet possible dans la vie matérielle et cela dans quasiment tous les domaines.

Songez que Gustave Trouvé s'est appliqué à améliorer le travail du médecin de campagne aussi bien que celui du plongeur sous-marin !

Ses inventions concernent aussi bien la gynécologie que la spéléologie, l'otorhinolaryngologie que le domaine des transmissions militaires, le décor de théâtre comme la navigation, le téléphone comme la pêche, la chirurgie comme l'aviation ou les transports de toutes sortes.

La propulsion le passionne, la dentisterie le fascine : bref, c'est bien simple, Trouvé s'est intéressé à tout et à toute son époque, cette seconde moitié du 19è siècle, période du modernisme, du changement, de l'industrie. De la misère sociale aussi.

Son domaine de prédilection reste toutefois l'électrique. En ce sens c'est un innovateur, un précurseur et... un écolo avant l'heure.

On ne compte pas les traces qu'il a laissées, présentes aujourd'hui, en fabricant ses machines et ses multiples prototypes : dans nos ampoules LED et jusqu'à nos autolib.

Le tricycle électrique, le premier, c'est lui ; la lampe frontale du mineur, du plongeur, du spéléologue ou du chirurgien c'est lui; les bijoux lumineux qui clignotent sur les baskets de nos enfants c'est lui; le bateau électrique, la photothérapie en dermatologie c'est encore lui.

Et toujours cette préoccupation du mieux et du pratique pour l'humain.

En créant l'auxanoscope, un projecteur électrique de diapositives, il pense aux enseignants itinérants..., préoccupation éducative ici.

En miniaturisant son moteur de hors-bord (car il l’a crée en effet), il invente la fraise du dentiste, la machine à coudre ou le rasoir de "l’homme moderne"… préoccupation sociale là.

Pourtant cet homme de génie, qui eut droit à sa première biographie à 51 ans (celle de Georges Barral, en 1891), était jusqu'à 2012 un inconnu du 20è siècle. Son nom n'apparaît pas dans les dictionnaires usuels...

Et s'il apparaît sur wikipédia, c'est grâce à son deuxième biographe.

Pourquoi cet oubli alors que ses inventions auraient dû lui laisser une notoriété égale à celle d'un Leclanché, d'un Bell ou d'un Edison ?

Trouvé était indifférent à la commercialisation de ses objets sauf exceptions rares lorsqu'il en fabriquait sous sa marque "Eureka".

Ceci explique peut-être cela ? Je laisse à son biographe le loisir de nous éclairer davantage.

Toujours est-il que 120 ans se sont écoulés entre les deux biographies. L'histoire l'avait oublié.

Cette injustice est réparée et dans quelques instants, grâce à votre persévérance Monsieur Desmond et à vos efforts Monsieur Gabriel, Gustave Trouvé va être en en quelque sorte réhabilité.

La tombe de Gustave Trouvé n'existe plus aujourd'hui à La Haye-Descartes, en Indre et Loire (village aussi de naissance comme vous savez du philosophe René Descartes) où il est né et fut enterré en 1902.

Après son village qui lui rendit hommage en 2012, il était juste que l'arrondissement où il travailla de 1878 jusqu'à sa mort, salue et honore sa mémoire comme il se doit, en apposant cette plaque sur l'immeuble du 14 rue Vivienne (dont je remercie le propriétaire de l'avoir acceptée).

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les Anciens combattants et Porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Madame la représentante de Madame RADJAVI, présidente du Conseil national de la résistance iranienne,

Mesdames et Messieurs,

Le 25 août 1944 Paris était enfin libérée de l’occupation nazie, au bout de quatre longues années de souffrances et d’humiliation.

Nous commémorons ensemble aujourd’hui cette victoire chèrement acquise il y a 72 ans par les Parisiens eux-mêmes avec l’aide salutaire des forces Alliées qui venaient, quelques semaines plus tôt le 6 juin, de débarquer sur le sol de France.

Quatre années d’occupation. Quatre années depuis que les Parisiens, certains sidérés, d’autres attérés, avaient vu défiler une armée ennemie, la Verhmacht triomphante, sur les Champs Elysées, un certain 14 juin 1940.

Cette humiliation, cette tristesse des Parisiens ce 14 juin-là, devaient êtres lavées. Elles mobilisèrent leur courage, lorsqu’il fallut engager la bataille de Paris le 10 août 1944.

Après les privations, les arrestations, les tortures et les rafles comme celle du Veld’hiv où plus de 13 000 juifs parisiens furent déportés, les Parisiens depuis ce 6 juin ont repris espoirs.

Le Débarquement des forces alliées américaines, britanniques et canadiennes, les a galvanisés.

De Gaulle l’avait promis plusieurs années auparavant : la victoire est possible. Elle semblait à porté de main ce 10 août 1944.

Il est l’heure de répondre à l’appel à l’insurrection du Colonel Rol-Tanguy, chef régional des FTP-FFI (Francs-Tireurs et Partisans – Forces Françaises de l’Intérieur).

En une nuit, les affiches appelant à prendre les armes et à chasser l’occupant couvrent les murs de la capitale.

Des affiches qui recouvrent la honteuse « affiche rouge » dont nous nous souviendrons tout à l’heure et qui appelait à dénoncer les membres du groupe Manouchian et des FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans - Main d’Œuvre Immigrée).

Dès les prémices de l’insurrection, les cheminots, les employés du métro, les postiers, les policiers, les pompiers cessent le travail. Beaucoup prennent les armes et descendent dans la rue.

Des commandos se forment au sein de la population civile. Des barricades sont érigées.

Ici même dans le 2e arrondissement des habitants sortent de l’ombre. Des coups de feu sont échangés dont certains ont laissé des traces sur les murs des immeubles voisins.

Mais l’ennemi ne cède pas facilement.

Dans Paris, environ 16 000 soldats allemands de l’Etat-major du général Choltitz sont stationnés. Ils ont reçu l’ordre de se battre « jusqu’au bout » et même de « brûler Paris ». Lourdement armés et combattifs ils opposent le canon de leurs chars aux fusils des Parisiens

Des morts et des blessés tombent par centaines chaque jour. Quelques 1600 combattants parisiens perdront leur vie durant ces combats. Des plaques, sur chaque immeuble au pied duquel sont tombés ces héros, honorent encore leur mémoire.

Au 4e jour d’insurrection les combattants parisiens commencent à s’épuiser. Les munitions viennent à manquer.

Pendant ce temps les forces Alliées font route à marche forcée vers l’Allemagne. Leur objectif : faire tomber Berlin. Paris ne figure pas sur leur feuille de route. Libérer Paris n’est pas à l’ordre du jour des Américains.

Ils veulent Berlin… et Hitler. Mais Berlin est encore loin.

Les insurgés parisiens envoient un émissaire aux forces Alliées avec ce message : « venez nous renforcer, la résistance s’épuise, nous risquons de tout perdre ». Le général Leclerc qui marche à la tête de la 2e Division blindée avec une colonne de combattants, pour la plupart espagnols, a compris le message. Il convainc les Américains de l’autoriser à se détourner sur Paris.

Il est temps ! Les Résistants sont à bout de force. Le 25 août au petit matin, lorsque la 2e DB parvient aux faubourgs de la capitale, les Parisiens n’en croient pas leurs yeux. Le soleil de l’aube les éblouit et ils croient rêver.

Les sauveurs sont bien là pourtant : porte d’Italie et porte d’Orléans, ils avancent sur leurs Jeep et leurs chars.

Ils mènent les derniers combats au centre de Paris.

Les points stratégiques, essentiels à la restauration de la légalité du pouvoir sont repris un à un.

Les Libérateurs arrivent à l’hôtel Meurice, siège de la kommandantur, rue de Rivoli, à 15h30 le 25 août. Le chef des nazis à Paris : le général Choltitz signe la reddition de l’occupant.

Un peu plus tard dans l’après-midi, gare Montparnasse, Leclerc accompagné de Rol-Tanguy remettra la reddition allemande aux mains du général de Gaulle.

C’est fini : Paris est libre.

Grâce aux Compagnons de la Libération parisiens, aidés par les forces Alliées venus en secours, grâce à tous ceux qui ont choisi l’honneur et la bravoure, grâce à tous celles et ceux qui se sont sacrifiés, nous sommes libérés de l’oppresseur.

Nous gardons le souvenir de ces héros.

Je vous remercie.

Je tiens à remercier pour leur présence nos invités iraniens du Conseil national de la résistance iranienne qui mènent dans un contexte radicalement différent, eux aussi un combat exemplaire pour leur liberté et leur dignité.

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs,

« Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »

Nous nous souvenons encore de cette phrase prononcée le 18 juin 1940. Et si nous commémorons aujourd’hui, ensemble, l’Appel dont cette phrase est issue, 76 ans après, c’est qu’elle véhicule à travers des mots simples le courage, l’audace et le sens de l’honneur. Le sens de l’honneur hors norme d’un homme solitaire et encore peu connu, le général de Gaulle.

Charles de Gaulle est à l’époque comme un lanceur d’alerte d’aujourd’hui : il dévoile la vérité.

Exilé volontaire à Londres, entouré de quelques rares convaincus, insoumis et rebelles, de Gaulle fait un choix : celui de la lucidité et du refus de la défaite.

En lançant cet appel sur les ondes de la BBC, il refuse la débâcle, la soumission à Pétain, la défaite du gouvernement de Vichy et sa collaboration affichée, et demandée aux Français.

Le général de Gaulle refuse l’humiliation imposée. Il décide qu’il n’existe qu’un seul devoir pour la France et les Français : le devoir de résister. Et de résister « ensemble ».

Il veut redonner espoir à tous ceux qui, anéantis par l’envahisseur, ne comprennent pas où est passé le vainqueur de Verdun.

La flamme qui ne doit pas s’éteindre est aussi, encore aujourd’hui, celle de la fraternité des peuples. La fraternité entre tous les peuples. Avec les réfugiés, les opprimés, avec tous les migrants qui cherchent leur liberté sur les routes de l’exil. Ils sont nombreux en 1940 à avoir fui en France durant la débâcle. Et à avoir fui l’Allemagne et d’autres pays d’Europe parce qu’ils étaient juifs, communistes ou Résistants, déjà.

Cet Appel s’adresse aux forces démocratiques en Europe, aux citoyens de tous horizons, militaires ou civils, à ceux qui se sont déjà battus comme à ceux qui n’ont jamais pris part à la vie politique. Aux citoyens, à tous les citoyens qui veulent continuer à exercer leur citoyenneté.

Par sa puissance, par sa fierté, par son lyrisme incarné en une seule personne, de Gaulle va fédérer des forces inconnues sur le territoire français et hors du territoire.

Suite à l’Appel du 18 juin, peu à peu des citoyens s’organisent et trouvent les ressources nécessaires pour combattre l’idéologie nauséabonde, raciste, antisémite, concentrationnaire et liberticide des nazis.

Les Mouvements Unis de la Résistance et l’Armée secrète vont fusionner et des milliers de femmes et d’hommes, au péril de leur vie, vont répondre à l’Appel et former cet élan collectif de justice et de liberté que réclame de Gaulle.

C’est à eux que nous pensons aujourd’hui. A ceux qui ont entendu l’Appel du 18 juin et y ont répondu. A ceux qui ont disparu dans les camps, sur les champs de batailles, dans les maquis, dans les caves où ils furent torturés pour avoir, comme de Gaulle, osé dire non.

Tous ceux-là, comme ceux qui ont eu la chance de survivre à ces années de guerre atroce, ont fini par vaincre la barbarie.

Comme le demandait et le prédisait Charles de Gaulle dans son appel solennel pour la bataille de France, ceux-là, par leur sacrifice et leur courage, ont redonné à leur pays, ensemble, le visage d’une République libre et fraternelle.

Nous ne les oublions pas, ni eux, ni lui.

Je vous remercie.

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les Anciens combattants et Porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais dédier cette cérémonie à notre regrettée Madame DESAINT JEAN disparue le 10 février dans sa 104e année. Engagée dans la Résistance dès 1940, Marcelle DESAINT JEAN, membre de l’Union nationale des combattants était une fidèle de nos commémorations. Nous ne l’oublions pas, comme nous n’oublions pas toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la Libération au péril de leur vie. Nous leur devons notre liberté.

Nous sommes réunis pour commémorer solennellement la capitulation nazie et la libération de notre pays, le 8 mai 1945, après cinq années d'une guerre mondiale d’une cruauté et d’une ampleur sans précédent.

C'est un jour de Victoire que nous commémorons. Une victoire sur la dictature, sur l'intolérance dans toutes ses expressions et sur le racisme sous toutes ses formes.

Cette Victoire, celle de la coalition des Alliés sur un régime sanguinaire et totalitaire, nous la devons d'abord à celles et ceux qui eu le courage de dire non. Nous la devons aux forces de la Résistance, à toutes celles et à tous ceux qui ont choisi de se battre, lorsque le gouvernement de la France et son chef Pétain choisissaient la résignation. Nous la devons aux forces Alliées de la France et à tous ces combattants étrangers qui sont morts en criant « la France » en s’abattant.

De tous, civils et militaires, soldats de l'ombre ou de la lumière, résistants aguerris ou résistants improvisés, de ceux qui se sont levés pour l'honneur de leur patrie meurtrie, ou pour l’idée qu’ils se faisaient de la France terre de liberté, qu'ils aient donné leur vie ou qu'ils soient toujours avec nous, nous nous souvenons et nous leur déclarons notre profonde reconnaissance.

De tous ceux qui, civils ou militaires, ont disparu avant de pouvoir se battre, nous nous souvenons par-delà la mort.

Des millions de femmes, d'enfants, d'hommes anéantis dans les camps d'extermination, martyrisés, torturés dans les caves de la Gestapo, mutilés, fusillés, assassinés, nous nous souvenons. Leur noms, gravés en lettre d’or sur nos monuments aux morts, sont désormais éternels.

L’Allemagne nazie a capitulé. Oui, mais à quel prix.

Ce prix, nous le commémorons chaque année et chaque année nous en appelons aux ressources d'humanité, d'intelligence, de fraternité qu'il fallut pour vaincre la terreur, l'injustice, la barbarie.

Une Victoire au prix des morts et du sang.

Et pourtant, il ne manquait pas de femmes et d'hommes lucides à la fin des années 20 et dans les années 30, pour comprendre et tenter de convaincre de ce qui se préparait.

Des intellectuels antifascistes allemands, des italiens sous la botte de Mussolini depuis 1922, ou des diplomates français, tel l'ambassadeur à Berlin, André François-Poncet dont les "Souvenirs d'une ambassade" (publié en 1946) viennent de reparaître.

Il y raconte comment il alertait, dès 1931, le Quai d'Orsay sur Hitler, qu’il qualifiait de dangereux, menteur et imprévisible.

Et pourtant, entre l'occupation de l'Autriche en mars 1938 et l'entrée dans Prague en mars 1939, il y avait eu la honte de la conférence de Munich en septembre 1938 - et le retour triomphal de Daladier à Paris.

Puis il y eut l'invasion de la Pologne.

Tous ces événements enchaînés les uns aux autres, aboutirent inéluctablement à la guerre.

Rien n'arrête le délire expansionniste de Hitler, ce Hitler aux trois visages dont parle François-Poncet, et dont les épigones ressuscitent parfois encore en Europe.

Bien sûr, le contexte économique des années 30 constitue terrain favorable au renouveau nationaliste identitaire : faillites, chômage, inégalités sociales. Le corps social est ravagé par la crise.

Tout concourt à la méfiance, au repli, à l'embrasement, à la recherche de boucs-émissaires. En Europe, tous les pays sont touchés, tous sombrent, tous tombent comme des dominos, dans la guerre.

Cette seconde Guerre mondiale que personne ne veut et qui, inexorablement, s'avance, s'ouvre et se propage comme un cauchemar, cinq années durant, avec les camps d’extermination, les otages fusillés, les exactions et abus quotidiens des nazis.

Pendant ces cinq années, il y eut des Justes parmi les nations, il y eut des braves, il y eut ceux qui ont fait barrage au cheminement de la pensée barbare avec leur esprit et avec leur corps.

Il y eut ceux qui se battirent sur le territoire comme ailleurs dans le monde, en Afrique du Nord par exemple.

Et puis il y eut le massacre de Sétif, ce 8 mai 1945 en Algérie, prémisse de la guerre suivante, guerre coloniale dont la France n'a pas à s'honorer.

Il y eut ce chiffre exorbitant de 60 à 80 millions de morts dans le monde dont 6 millions de juifs massacrés dans les camps de la mort.

Il y eut cette paix enfin : celle de la douleur et du courage.

En ce jour où nous célébrons aussi la paix et l'unité en Europe, je voudrais souligner à quel point, malgré ses imperfections, nous avons besoin d’Europe. Cette Europe meurtrie par la crise économique et la monté de l’intolérance. Cette Europe qui se fragmente avec le Brexit. Cette Europe qui doute d’elle-même face à l’arrivée des migrants.

C’est pourtant en approfondissant, le projet européen, son idéal de démocratie et de souveraineté des peuples, que nous serons en mesure de préserver la paix, la fraternité et la liberté qu’ont voulues les vainqueurs de 1945. A condition que, nous aussi, comme Madame DESAINT JEAN, nous fassions preuve de courage.

Je vous remercie.

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants et Porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs,

Il y a désormais plus d’un siècle, le premier grand conflit mondial éclatait sur la terre européenne. Nous en avons commémoré ensemble le centenaire l’année dernière.

Je remercie les plus jeunes d’entre vous d’être présents et les plus anciens aussi pour leur fidélité à ce rendez-vous commémoratif du 11 novembre 1918, qui célèbre l’Armistice, le silence des armes, la paix retrouvée.

Nous extrayons de l’histoire ce jour où, à 5h du matin, dans un wagon de chemin de fer dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, les belligérants apposèrent leurs signatures sur un simple document qui mit fin à quatre années d’un conflit acharné et sanguinaire.

Triple Entente contre triple Alliance : les soldats des empires de l’époque se sont affrontés sur des terrains qui allaient bien au-delà de l’Europe, en Afrique, au Moyen-Orient, sur l’Atlantique et le Pacifique.

Et c’est bien d’abord parce que les empires : austro-hongrois, ottoman, britannique, français, étaient « coloniaux » que cette guerre fut mondiale. Seule l’Allemagne ne possède pas d’empire. Sa politique coloniale, récemment entamée, se heurte alors aux intérêts des grandes puissances installées, en particulier la Grande Bretagne et la France.

Mais c’est surtout la crise des débouchés pour les matières premières de ces pays colonisés qui sert de catalyseur. En effet, les nations capitalistes européennes se referment dans un protectionnisme qu’elles pensent nécessaire pour protéger leurs économies coloniales mais dont le seul résultat est de les étouffer.

Les Balkans sont une autre des sources du conflit lié à la rivalité entre les nations européennes sur ce territoire. L’assassinat le 28 juin 1914 par un extrémiste serbe de l'archiduc-héritier François-Ferdinand d’Autriche à Sarajevo est plus un facteur déclenchant qu’une cause profonde.

De même en France avec l’assassinat de Jaurès le 31 juillet 1914, le dernier rempart pacifiste et anti-guerre s’effondre.

Les peuples, en 1914, remués par les vents révolutionnaires allemands ou russes, ou déstabilisés, comme en France, par l’assassinat de Jaurès, se trouvent alors prêts à ce qu’on appelle le « consentement patriotique » : l’internationale, l’unité des travailleurs et des exploités de tous les pays, la solidarité entre les peuples sont submergées par la vague nationaliste – un nationalisme qui comme le capitalisme disait Jaurès porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage.

Le conflit est planétaire. Des soldats venus du monde entier se retrouvent à défendre des territoires qu’ils n’habitent pas : indiens ou néo-zélandais, australiens ou africains, japonais ou allemands mêlés aux français, aux canadiens, aux britanniques, aux russes.

Chaque nation coloniale a ses troupes coloniales qu’elle va utiliser jusqu’au sacrifice final, comme ses propres enrôlés. En France le Chemin des Dames, les batailles de la Somme et de la Marne incarneront ce sacrifice suprême des soldats issus de chaque village de France comme des coloniaux : les erreurs de commandement, les tactiques hasardeuses et mal préparées révèlent un mépris pour la troupe, une instrumentalisation sans cœur, ni soucis des vies humaines. Les paysans, les prolétaires ou les indigènes – comme on disait alors –comptaient peu.

Les peuples furent consentants au début. Mais au sortir de la guerre, ils finirent anéantis. Des pertes innombrables, des blessures profondes bouleversèrent, quasiment chaque famille.

De ce conflit atroce qui embrase l’Europe puis le monde, que certaines personnalités de l’époque avaient tenté de prévenir, nous devons nous souvenir de ces millions de sacrifiés, de disparus, de blessés à vie, de morts.

Leurs noms gravés sur les monuments de nos villages et sur les murs de nos villes, émeuvent encore. Ne passons pas devant sans les lire.

Car ils sont plus que des noms. Ces « mots d’or sur nos places », l’ecrivit Aragon sont des emblèmes de notre mémoire commune et des symboles de l’absurdité et de la cruauté des guerres.

C’est pour cela que, le soldat inconnu de l’Arc de triomphe est plus qu’un inconnu.

Le 10 novembre 1920, deux ans après l’Armistice, dans une casemate de la citadelle de Verdun, lorsque le très jeune caporal Auguste Thin dépose un bouquet d’œillets sur l’un des huit cercueils de soldats sans identité, il décide comme par un coup de dé, d’honorer un non-nommé.

Le hasard du choix fit d’un sans nom, un inconnu les représentant tous.

Nous commémorons en leur mémoire à tous, un jour de paix.

Nous savons aujourd’hui combien cette paix fut, dans son essence même, instable. Vingt ans plus tard, on recommençait la guerre.

Et les peuples, en 1939, toujours enchaînés aux empires encore une fois reconstitués de manière artificielle, durent attendre les années 60 ou 70 pour conquérir leur indépendance.

La vie, et rien d’autre, c’est ce que les soldats de 14-18 avaient à offrir. Ils l’ont offerte par millions – sur tous les champs de bataille du monde.

Ceux qui en sont revenus ont laissé dans la boue des tranchées, leurs illusions et leur joie de vivre, à l’image de ce capitaine Conan dont le cinéaste Bertrand Tavernier nous décrit la traversée de guerrier, tel qu’il se surnomme lui-même. Un guerrier, plus qu’un soldat.

En ce jour de souvenir nous pensons aussi à la violence qu’exercent certains gouvernements contre leur propre peuple, aujourd’hui, sur des théâtres de guerres civiles qui ne disent pas toujours leur nom.

De ces guerres terribles pas si lointaines nous percevons l’écume ; ces migrants qui viennent jusqu’à nous s’échouer et parfois mourir. Ces victimes des guerres d’aujourd’hui comme, celles d’hier, méritent notre compassion et notre bienveillance. C’est aussi une leçon de l’Histoire.

Jacques BOUTAULT

Le Maire

Jacques BOUTAULT

Paris, le 24 août 2015

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les Anciens combattants et Porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs,

Depuis 71 ans nous commémorons le 25 août 1944. Cette date est pour Paris l’une des grandes dates de son histoire : celle de sa libération et celle de la victoire des Parisiens qui se sont libérés par eux-mêmes des terribles années d’occupation nazie qu’ils ont subi.

Aussi, je vous remercie d’être encore une fois présent-e-s au rendez-vous de la mémoire pour célébrez nos héros qui ont fait le sacrifice de leur vie dans ces derniers combats de la capitale.

Paris fut, au premier chef, l’emblème de la défaite et de l’occupation de la France : quatre ans plus tôt, le 14 juin 1940, les troupes d’Hitler avaient défilé sur les Champs Elysées et transformé Paris en une gigantesque Kommandantur.

La langue du troisième Reich, ce langage totalitaire, dont Victor KLEMPERER et Jean-Pierre FAYE ont si bien explicité les mécanismes d’intimidation et de séduction, envahit les rues, les monuments, les musées, les lieux de spectacles. Paris devient méconnaissable.

Mais la tentative d’annexion des mentalités par le langage échoue. Les Parisiens, s’ils sont défaits, pour la plupart, refusent de se soumettre. Ils survivent et s’organisent durant ces quatre années de peurs, de meurtres, de tortures, d’arrestations, de rafles et d’arbitraire. Car les parisiens indociles, refusant l’humiliation de la défaite, résistent. En secret et en silence d’abord.

Après le débarquement du 6 juin 1944 et l’annonce de l’avancée rapide des Alliés, les Résistants de la ville, ouvriers et employés ordinaires pour la plupart, sous la houlette des mouvements et réseaux clandestins de résistance décident de passer à l’action le 10 août 1944.

Ce jour là les cheminots se mettent en grève.

Les employés du métro, les gendarmes, les policiers, les postiers débrayent le 13, rejoints le 18 par les ouvriers dans une grande grève générale.

Ce même jour, les murs de Paris se couvrent de l’affiche du commandant FFI, ROL-TANGUY, qui appelle à l’insurrection générale.

Le lendemain, la nouvelle station de la radio française, la fameuse RNF de Pierre SCHAEFFER, prend le relais de Radio-Paris qui a cessé d’émettre. Elle encourage les Partisans à livrer combat.

Ces combats sont durs, meurtriers, souvent inégaux contre une armée allemande sur équipée qui, l’effet de surprise passé, se ressaisie peu à peu. Le 23 août, la moitié de Paris semble libérée. Mais rapidement les munitions viennent à manquer. Les combattants s’épuisent.

Les 16 000 soldats de la Wermarcht cantonnés dans la ville luttent avec acharnement. Ils ont reçu l’ordre de se battre jusqu’au bout.

Mais Paris ne brûle pas. Paris ne sera pas le dernier trophée à l’infâme tableau de chasse d’Hitler. Paris est plus difficile à anéantir qu’Oradour-sur-Glane qui vient de vivre son affreux martyr, le 10 juin précédent.

Pourtant, à mesure que les combats se déroulent, les pertes s’accumulent. Les positions acquises sont de plus en plus difficiles à tenir. Les insurgés envoient un message aux forces Alliées qui n’ont pas prévu de passer par Paris mais de se rendre en Allemagne au plus vite. « Venez à notre aide où nous risquons de tous périr. Et si l’on échoue. L’honneur de Paris ne sera pas lavé ».

Le Général LECLERC, commandant de la 2e DB reçoit le message et obtient enfin l’autorisation de se détourner. Il vole au secours de Paris. Et c’est une colonne formée majoritairement de républicains espagnols, aguerris par trois ans de guerre civile, qui entre dans Paris le 24 août, dans la nuit, par la porte d’Orléans.

C’est bientôt fini.

Les Parisiens, suppléés par les troupes de LECLERC puis par le renfort de la 4e division d’infanterie américaine, le 25 août au matin, prennent les ministères, l’Hôtel de Ville, les bâtiments officiels et font prisonniers les soldats allemands.

CHOLTITZ, le commandant nazi, arrêté à l’hôtel Bristol, est emmené gare Montparnasse où il signe la reddition du Reich devant LECLERC et ROL-TANGUY.

De Gaulle arrive. Paris est libre. Il est 16h 30 ce 25 août 1944.

L’heure macabre des comptes sonne dès le lendemain : 2 800 civils tués, une centaine de soldats de la 2e DB, entre 500 et 900 résistants. Et 3 200 soldats ennemis. 12 800 sont faits prisonniers.

On imagine difficilement aujourd’hui ces combats, ces barricades érigées ici même dans le 2e où des habitants participèrent aux combats et libérèrent cette mairie, comme en témoigne la plaque commémorative apposée à l’entrée.

Dans Paris, les traces de balles de ses combats sont encore visibles sur les murs, au coin de la rue de la Banque ou par exemple sur les murs de l’école des Mines boulevard Saint-Michel.

Si Paris est en liesse ce 25 août 1944 il doit son bonheur et son honneur retrouvés à tous ceux qui ont clamé « la liberté ou la mort » et eu le courage de passer aux actes.

La journée du 25 août demeure dans la mémoire de Paris un jour de deuil mais aussi un jour de victoire. Un jour d’hommage à ces héros, morts pour qu’aujourd’hui nous vivions libres et en paix.

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs,

Rebelle, audacieux, solitaire. Le 18 juin 1940, un général inconnu appelle à la résistance depuis les studios d’une radio britannique. Un acte solennel d’insoumission qui marquera à jamais les consciences.

Insoumis, tel est à l’époque le général de Gaulle. La veille, Pétain, chef du gouvernement, venait de dire aux Français de baisser les bras et de s’incliner devant la puissance ennemie.

De Gaulle, presque mot à mot, répond à Pétain. Il dit aux Français : vous êtes humiliés, relevez la tête ; vous êtes désespérés, reprenez courage ; vous êtes anéantis, retrouvez votre dignité. L’honneur est de résister ; résistons ensemble : c’est possible.

Cette voix, volontaire et lucide, s’élève de Londres où de Gaulle est exilé avec de rares compagnons. Portée par les ondes elle franchit la Manche pour atterrir dans quelques postes à galène sur le territoire français. Elle marque le début de la résistance à l’occupant nazi.

La voix de la France libre refuse la débâcle, la défaite, l’humiliation et le repli sur soi que propose Pétain. Peu l’entendirent en direct mais elle va se propager peu à peu.

Cette voix de la France libre va réveiller les consciences et fédérer des citoyens sur tout le territoire de France. Elle va redonner espoir aux citoyens qui pensent aussi que la guerre n’est pas finie et ne fait en réalité que commencer.

Non seulement cette voix redonne de l’espoir mais elle dit que l’espoir, en ces circonstances, est un devoir. Le devoir de résistance.

Cet appel rebelle et solennel est un acte fédérateur car des femmes et des hommes, venus d’horizons politiques et sociologiques très variés, vont se retrouver, ensemble, dans le seul but de vaincre l’ennemi envahisseur.

Dans cette lutte pour retrouver l’honneur perdu dans la faillite de 1939, il y a un projet qui va au-delà même des forces françaises libres. Au-delà de nos frontières.

C’est un projet qui parle aux combattants ou réfugiés espagnols de la guerre civile ;

Qui parle aux juifs persécutés d’Allemagne ou d’ailleurs ;

Qui parle aux millions de russes qui combattront à Stalingrad ;

Qui parle aux grecs que les nazis tenteront d’anéantir ;

Qui parle aux opprimés.

C’est un Appel qui s’adresse à toutes les forces démocratiques en Europe et dans le monde et qui exhorte à ne jamais renoncer.

Pour ceux qui l’ont entendu en direct comme pour ceux qui l’ont ensuite relayé, l’Appel du 18 juin 1940 reste et restera une flamme d’espoir, de fraternité, et un défi à la barbarie.

Il démontre que les peuples peuvent toujours choisir leur destin.

Souvenons-nous, 75 ans plus tard, de ces compagnons de la Résistance qui, pour beaucoup, ont fait don de leur vie.

Nous saluons leur courage et leur vertu, leur sens du devoir et du sacrifice.

Souvenons-nous de cet Appel qui débuta « la bataille de France » et qui permit aux forces éparses de se coordonner en Mouvements Unis de la Résistance et en Armée Secrète. Ces forces unies qui finirent par vaincre et construire la victoire de 1945. Ensemble elles ont permis de sauver la République.

En commémorant cet Appel nous ne les oublions pas.

Je vous remercie.

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les Anciens combattants et Porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis solennellement aujourd’hui pour commémorer le 70e anniversaire de la Libération et la fin de la barbarie nazie en Europe.

Le 8 mai 1945 annonce la paix pour tous les peuples soumis à cinq années de guerre qui viennent d’ensanglanter le monde.

La veille, le 7 mai, les nazis ont capitulé, sans condition, devant les forces alliées, au quartier général d’Eisenhower, à Reims.

Ce 70e anniversaire constitue un grand moment de notre histoire. Tout comme 2014 qui commémora le Centenaire de la « grande guerre », 2015, 70 ans après, est une année de réflexion et de mémoire partagée par tous les peuples aujourd’hui dans le monde.

Cette seconde guerre mondiale a vu à nouveau toutes les nations s’engager dans ce conflit, les unes après les autres. Engagées dans ce jeu de dominos qui s’effondre.

En 1939, les populations civiles s’apprêtent, elles, sans le savoir, à devenir un enjeu crucial dans cette nouvelle tourmente que rien n’arrête.

Les nazis, parvenus au pouvoir, dans un contexte de terreur, suite à la Nuit de cristal font des civils allemands classés hors de la « norme aryenne », dès 1933, des otages et des martyrs.

Si nous nous souvenons aujourd’hui de la Libération et de la paix, nous devons nous souvenir en premier lieu de la libération et de l’ouverture des camps de la mort.

Nous nous souvenons de l’horreur vécue par ces millions de femmes, d’enfants et d’hommes méthodiquement exterminés : ils étaient au centre de la politique raciale développée par les nazis. Au centre de l’idéologie prônant la théorie démente de la race supérieure et de « l’espace vital ».

La volonté de supprimer les juifs d’Europe, mais aussi les tsiganes, les homosexuels, les artistes engagés, les handicapés, les communistes, les croyants, les Résistants, ce n’est pas un « détail » de cette guerre.

Il s’est agit d’une « solution finale » qui consistait à rayer des millions de vies humaines de la surface de la terre. Simplement parce qu’elles n’étaient pas conforme à un modèle d’être humain érigé en norme.

Plusieurs millions de personnes ont disparues dans les camps nazis.

Des millions de personnes dénoncées, arrêtées, raflées, torturées, asphyxiées, brûlées, en Allemagne, en Pologne, en Roumanie, en France ou en Grèce.

Il faut toujours rappeler ces chiffres monstrueux, si monstrueux qu’on les évaluent encore aujourd’hui sans pouvoir être réellement précis à quelque 60 à 80 millions de disparus, partout dans le monde. Parmi eux, 45 millions de civils dont 6 millions de juifs.

C’est à nous, 70 ans après, de continuer à honorer leur mémoire, qu’ils aient un nom sur une tombe de cimetière, un Monument aux morts, ou un mémorial.

Au moment où l’enseignement de l’histoire dans les classes du Secondaire se voit partager en thèmes obligatoires et thèmes facultatifs, il est nécessaire de rappeler aux collégiens et aux lycéens que les horreurs de la seconde guerre mondiale eurent bien lieu au 20e siècle c’est à dire il n’y a pas si longtemps, ici même.

Il est utile aussi de rappeler que certains de leurs grands-parents ou arrières grands-parents en furent peut-être les témoins ou les victimes. C’est d’histoire très récente dont il s’agit : trois générations seulement nous en séparent.

Ce 70e anniversaire est aussi l’occasion de nous rappeler quelques dates de l’engrenage de cette folie meurtrière.

Dès l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, par la voie légale, on assiste en Allemagne à la racialisation et purification de l’administration, mais aussi du commerce, des arts. Il faut éradiquer les différences : le bulldozer nazi est en marche au cœur d’un pays où les années 20 puis le crack économique de 1929 ont répandu le chômage et la misère sociale.

Puis avec la complicité des grands industriels et des militaires de haut-rang, le pouvoir installe progressivement sa volonté expansionniste et l’inexorabilité d’une guerre.

L’invasion des Sudètes, l’Anchluss avec l’Autriche en 1938 puis l’invasion de la Pologne en 1939 : sous les yeux des peuples sidérés et ceux des gouvernements tétanisés, l’Europe se transforme en un véritable cauchemar.

Un cauchemar qui va durer 5 ans, terroriser les populations, remettre en cause les territoires, les engagements personnels, les vies de chacun.

Devant ce sillon dévastateur que laboure la terreur nazie, des femmes et des hommes choisissent de combattre dans la lumière ou dans l’ombre de la clandestinité.

Des résistants s’organisent peu à peu, au péril de leur vie pour défendre la liberté, en toute connaissance de cause.

Souvenons-nous des héroïques batailles de ces clandestins comme des soldats tombés sur les plages du Débarquement de Normandie.

Le 8 mai 1945 c’est leur sacrifice à tous qui permit la victoire et le retour de la paix en Europe.

Cette paix douloureusement payée, douloureusement gagnée grâce à leur courage, leur audace, leur énergie et leur grandeur d’âme.

Je veux leur dire combien ils nous sont chers et combien notre reconnaissance est grande.

Je voudrais aussi que cette cérémonie soit l’occasion de nous souvenir de cet autre 8 mai 1945 : le massacre de Sétif en Algérie qui entraine notre pays dans une guerre de décolonisation particulièrement cruelle.

En ce 70e anniversaire, la Mairie du 2e arrondissement s’engage particulièrement dans le travail de mémoire et accueillera à l’automne une exposition sur la déportation vers Auschwitz. Nous suivrons l’itinéraire particulièrement morbide du convoi N° 6 qui partit de Pithiviers pour les Camps de la Mort le 17 juillet 1942.

De tous ceux qui ont survécu à la barbarie et de tous ceux qui en furent les martyrs, nous nous souvenons ici, en mairie du 2e arrondissement.

Je vous remercie.

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants et Porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie d'être présents pour commémorer l'Armistice de 1918, qui mit un terme à quatre années de souffrance et d'affrontement stérile entre les peuples d'Europe.

En cette année du Centenaire de la Grande guerre, cette réunion prend encore davantage de sens.

Quatre générations de femmes et d'hommes sont nées depuis 1914 et nous savons qu'au moins deux d'entre elles ont à nouveau souffert vingt après la fin de cette première guerre, dans un deuxième conflit mondial.

Cet Armistice, signé au petit matin du 11 novembre 18, dans un wagon de chemin de fer parqué à Rethondes, en forêt de Compiègne, établissait donc, entre les belligérants, une paix très attendue, par les civils et bien sûr par les soldats.

Pour certains, lorsque les cloches retentirent, plus tard dans la matinée, vers 11 h, il était trop tard.

Nous nous souvenons de ces derniers morts du dernier moment : on leur donna le 10 novembre comme date de décès.

Plus de quatre ans d'un conflit barbare, dans lequel furent engagés des millions de soldats dans le monde. Un conflit dit moderne, car il permit d'expérimenter des armes et des manières inédites de se battre, comme les bombardements ou les batailles sous-marines.

Un conflit dont les protagonistes ne voyaient pas la fin.

Et pourtant ceux qui partaient en aout 14, sous le soleil, étaient certains d'une très rapide victoire.

Ils vécurent plus de quatre années d'une boucherie sans nom, dans la boue, le sang, le gaz mortel, le sordide, et l'entêtement de généraux très éloignés, pour la plupart, de la moindre humanité.

Il faut naturellement remonter aux conflits antérieurs à 1914, pour comprendre les fondements de ce type de guerre. La formation progressive des empires coloniaux est au cœur de l'engagement de chaque pays, qui, tels des dominos dans un jeu, se trouvent entrainés à la déclaration de guerre, les uns après les autres.

La carte du monde, en 1914, est ainsi partagée comme un gâteau : empires coloniaux français, britannique et russe d'un côté, rejoint par le Japon et l'Italie dans le conflit, contre empires coloniaux allemand, austro-hongrois et ottoman de l'autre.

C'est notamment en raison de la constitution de ces "blocs", triple Entente contre triple Alliance, que le monde s'embrase sous les yeux des peuples impuissants, dépassés, après le 28 juin 1914 à Sarajevo.

Impuissants et paralysés les peuples, emportés par la guerre et aussi traversés par d'autres drames durant ces années terribles :

Génocide arménien de 1915, mouvement spartakiste d'opposition à la guerre (réprimé par l'assassinat de ses dirigeants), révolution russe de 1917. Sans parler de l'épidémie de grippe espagnole de 1918 qui fit quelque 30 millions de morts dans le monde dont de nombreux soldats.

Prisonniers et victimes les soldats et les civils : près de 20 millions de morts, 20 millions de blessés, d'amputés, d'hommes rendus fous par la souffrance et l'incompréhension.

Soumis de force ces fusillés pour l'exemple, injustement fusillés ces quelques 700 soldats français qui, à l'heure d'aujourd'hui, et malgré un rapport qui le préconise comme un geste de justice et de reconnaissance, ne sont toujours pas "morts pour la France".

En cette année du Centenaire, les historiens, les sociologues, les artistes, n'ont pas fini d'interroger les racines de ce conflit, encore dernièrement le livre du grand spécialiste Stéphane AUDOIN-ROUZEAU "Quelle histoire" ou cette adaptation télévisée des récits de Maurice GENEVOIX. Deux récits très personnels, personnifiés, personnalisés qui essaient de nous aider à comprendre ce que fait la guerre à l'humain en nous.

Nous avons aussi participé dans notre mairie à ce Centenaire depuis le début de l'année, avec des conférences historiques, et des expositions qui rappelaient le combat de Jaurès et la vie quotidienne des Parisiens durant cette guerre.

Nous avons à notre manière tenté de comprendre pourquoi tant d'hommes se sont sacrifiés, ont lutté pour la liberté, comment ils ont créé des mouvements d'entraide et de solidarité durant ce conflit interminable.

A l'heure où nous commémorons un Armistice, somme toute un jour de paix, nous ne pouvons nous empêcher de penser à ces autres conflits dans le monde, irrésolus, au Proche-Orient, en Syrie, en Irak, en Ukraine, sur le continent africain où chaque jour meurent des soldats, des civils, des femmes, des hommes, des enfants, des jeunes filles enlevées à leurs familles.

Cela nous pousse à nous souvenir du courage qu'il faut pour endurer ces souffrances, de la volonté qu'il faut pour encourager la paix, pour l'imposer par tous les moyens autres que celui des armes. Pour l'inventer.

Je vous remercie.

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants et porte-drapeaux,

Messieurs les représentants de la police, de la Gendarmerie et de la protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs,

En ce jour, nous sommes réunis solennellement pour honorer une victoire qui voit Paris se libérer de quatre années d’occupation.

Ce moment est inscrit à jamais dans l’histoire de notre pays et de notre ville.

70 ans se sont écoulés et nous n’avons pas oublié.

Nous commémorons la victoire et ces jours de résistance héroïque où les Parisiennes et Parisiens ont prit les armes pour mettre fin à l’humiliation engendrée par l’occupation par la Wehrmacht des rues de leur ville depuis le 14 juin 1940.

Quatre années d’occupation infâme prennent fin le 25 août grâce au courage, à la détermination et à l’esprit de résistance de femmes et d’hommes qui, dès le début de la guerre, ont décidé que la victoire était seule possible.

Ces femmes et ces hommes audacieux, qui se sont battus et pour certains ont donné leur vie en ces journées d’insurrection, forcent encore aujourd’hui notre respect et nous rendent fiers d’être parisiens.

Ce 70e anniversaire nous replonge quelques instants dans cette bataille qu’ils ont menée, celle de la dernière chance, quelques semaines après le Débarquement du 6 juin.

Sur les plages normandes la bataille à fait rage. Et cette bataille redonne de l’espoir aux Parisiens. Depuis quelques jours ils se préparent, certains s’impatientent même.

Les Parisiens veulent laver le déshonneur : Paris doit retrouver son visage de paix, redevenir ce phare des droits de l’homme qui éclaire le monde.

Le 10 août 1944, l’organisation du soulèvement se met en place.

Les Parisiens savent que la déroute de l’occupant nazi a commencé.

Malgré tout, 16.000 soldats allemands sont encore présents dans la capitale. Et ils ne comptent pas se rendre sans livrer bataille.

On a donné un ordre depuis Berlin : il faut brûler Paris. Mais l’incendie ne sera pas celui qu’on croyait.

Sous le commandement du colonel Rol-Tanguy l’insurrection commence : des affiches informant du début des combats ornent les murs de notre ville. C’est la dernière épreuve des Parisiens : peu de moyens, peu d’armes, mais beaucoup d’énergie, d’ingéniosité et de prise de risque.

Beaucoup y participe, comme ils peuvent, de la où ils travaillent, de là où ils vivent : postiers, cheminots, employés du métro, policiers, pompiers, citoyens ordinaires, résistants, civils et militaires.

Des barricades sont érigées dans les rues. On se bat dans les immeubles, sur les toits, dans les caves.

On voit encore, pas loin d’ici, les traces de tirs de l’ennemi sur les murs d’immeubles de notre arrondissement car l’ennemi se défend avec acharnement.

Mais le peuple de Paris est insoumis et rebelle : c’est une bataille contre le malheur, renforcé par la force que donne l’injustice subie durant quatre années atroces.

Au bout de six jours, les Parisiens, harcelés par la puissance de l’armement ennemi, sont au bord de l’effondrement.

Parvenus à la limite de leurs forces et de leurs ressources, un messager réussit à passer un SOS : « la situation est désespérée ».

Heureusement, les Alliés ne sont pas loin. La 2e DB de Leclerc, majoritairement composée de républicains espagnols, progresse.

Les Alliés prévoient de fondre sur l’Allemagne, sur Berlin.

Paris vaut-il le détour lorsqu’il s’agit d’abattre à tous prix le monstre dans son bunker ?

À force de persuasion, Leclerc obtient de l’Etat major l’autorisation du détour par Paris : « Tenez bon, nous arrivons », lance-t-il aux Parisiens rebelles dans un message.

Peut-on imaginer l’espoir que suscitât cette réponse ?

Lorsque les troupes arrivent enfin aux faubourgs de Paris, au petit matin, Porte d’Italie et d’Orléans, les combattants n’en croient pas leurs yeux.

C’est une colonne de soldats de la liberté qui arrive. Il était temps.

Les chars de la 2e DB progressent, livrant les derniers combats. Renforts indispensables, ils prennent les points stratégiques : il faut très vite restaurer le pouvoir légal.

Préfecture, Ministères, Radio nationale, Hôtel de Ville : un par un, avec les insurgés, les bâtiments sont repris. Et rendus à l’administration de la France.

On arrête le général nazi Choltitz qui commandait Paris, à l’hôtel Meurice.

La reddition est signée gare Montparnasse devant Leclerc et Rol-Tanguy, chef des FTP-FFI. De Gaulle arrive.

Il est environ 16 h 30. C’est fini, Paris est libre.

Paris Libéré ! Le discours historique de De Gaulle soulève l’enthousiasme de la foule sur le parvis de l’Hôtel de Ville et sur les Champs Elysées.

En commémorant la dernière grande bataille de Paris, nous commémorons aussi cette joie.

Mais nous gardons en mémoire le sacrifice de ceux ont qui donnée leur vie pour que les Parisiens soient libres aujourd’hui.

Ceux qui ont contribué à cette victoire ne sont pas morts pour rien : ils sont les héros de la résistance à la barbarie, les héros de la fraternité, de la solidarité, de la liberté.

Ils sont le symbole de l’espoir, ceux qu’on n’oublie jamais car on n’oublie pas les héros.

Afin de rendre un hommage particulier à tous les résistants de l’ombre, tous les amoureux de la vie à en mourir, Français et étrangers qui ont pris les armes et parfois péri pour que nous vivions libres aujourd’hui, je voudrais en ce 70e anniversaire de la Libération de Paris que nous écoutions au cours de cette cérémonie, l’affiche rouge, ce merveilleux texte d’Eluard chanté par Léo Ferré, en hommage au groupe Manouchian.

Je voudrais aussi que l’on ait une pensée pour Joseph Domerego qui nous a quittés en 2001. Médaillé de la résistance, militant CGT et communiste, il était recherché par la police française à Marseille pour faits de Résistance. Il arrive à Paris en 1942 où il participe au comité régional des grèves PTT. Le 19 août, à deux pas d'ici, depuis la Recette Principale du Louvre, il est de ceux qui appellent à la " grève insurrectionnelle, jusqu'à la libération de la capitale ". Il combat dans le réseau " Libération Nationale PTT " et quand les postiers créent leur propre milice, Joseph Domerego y est lieutenant. Il préside le comité local de libération du 2e. Élu maire le 27 octobre 1944, Joseph Domerego recevra par la suite le titre de maire honoraire du 2e arrondissement par le gouvernement de la République.

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs,

Alors que la veille, Pétain, chef du gouvernement, demandait aux Français de courber l'échine et de baisser les bras devant l'ennemi, le 18 juin 1940, de Gaulle leur propose de retrouver honneur et dignité.

Il les exhorte à combattre les nazis et la collaboration pétainiste avec toutes les armes disponibles ou même sans armes.

Le 18 juin 1940, cet Appel solitaire, puissant et audacieux, que peu de citoyens ont pu entendre "en direct", redonne aux Français l'énergie, l'enthousiasme et le courage de résister.

Les Français, à partir du 18 juin 1940, ne sont plus seuls. Depuis un studio de la BBC à Londres, la voix qui s'élève, lucide et volontaire, affirme que non seulement vaincre la dictature nazie est possible mais surtout que c'est le seul choix possible pour retrouver l'honneur perdu dans la débâcle de 1939.

Pour Charles de Gaulle, les combattants de 14, les citoyens ordinaires, les soldats démobilisés, les étudiants, les ouvriers, les paysans, tous les humanistes et les citoyens ordinaires, prochains Résistants flamboyants de l'ombre ou de la lumière, tous futurs héros du quotidien, devaient chacun, à leur mesure, prendre leur part de la lutte qui commençait.

Dans la France occupée, étouffée, humiliée, trahie par son propre gouvernement, il fallut à ce général français, exilé en Grande-Bretagne à la fois courage, témérité et sûreté de jugement pour comprendre la force d’un appel s’adressant à la conscience politique des Français sidérés par la terreur imposée par le gouvernement collaborateur de Vichy.

De Gaulle vise juste et touche au cœur l'orgueil intime de chaque citoyen choqué par l'injustice et la barbarie.

La "bataille de France", ainsi que la nomme de Gaulle, peut alors commencer. Timidement d’abord, dès 1940, puis en s’ancrant profondément à partir de mai 1943 lors de la première réunion du Conseil National de la Résistance.

Ces forces fédérées des Mouvements Unis de la Résistance et de l'Armée Secrète permettent aux combattants de tous horizons de travailler de manière coordonnée à la libération du pays.

La victoire de l'Armée Rouge à Stalingrad en février 1943 redonne de l’énergie aux Résistants qui allaient, tout au long de la guerre, renforcer et accompagner les forces Alliées en vue, notamment, du Débarquement du 6 juin 1944.

Dans ces moments tragiques de notre histoire, l'Appel du 18 juin redonnent tout leur sens aux valeurs fondamentales que nous défendons encore aujourd'hui : la liberté de conscience, l'égalité de tous, la fraternité envers les plus démunis.

La "flamme de la résistance" allumée le 18 juin 1940 a permis aux Français de reconquérir leur dignité, de restaurer la démocratie et de sauver la République.

Cette flamme n’est pas éteinte et brule encore au fond de l’âme de toutes celles et tous ceux qui ne se résignent pas et qui comme de Gaulle, parfois seuls contre tous, ont le courage de dire « non ».

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les Anciens combattants et Porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police nationale et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Mesdames et Messieurs,

Nous commémorons une victoire sur la barbarie. Le 8 mai 1945, la Seconde Guerre mondiale prenait fin par un acte solennel : la capitulation nazie signée au quartier général d'Eisenhower, Commandant en chef des forces alliées, à Reims.

Le 8 mai 1945 met un terme à cinq années d'un conflit terrible qui devait ensanglanter l'Europe et, bien au-delà de ce continent, des territoires entiers et leurs peuples engagés dans la défense de la dignité humaine, la liberté et la démocratie.

La Seconde Guerre mondiale a ceci de particulier que pour la première fois dans l’histoire des guerres, les populations civiles sont au cœur du conflit.

L'arrestation, la déportation, l'extermination de femmes, d'enfants et d'hommes non combattants, par millions, est un enjeu majeur de ce conflit mondial.

Au nom de la race, qui n'existe pas chez les humains, le système mis en place dès l'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933 installe par la peur, l'intimidation et la dénonciation le concept d’inégalité des races et son corolaire, la purification ethnique.

Au nom de l'espace vital de la « race aryenne », le premier camp s'ouvre à Dachau en 1933. L'élimination de l'autre, parce que simplement différent, devient ainsi la politique officielle d’un Etat européen.

Cette différence est d’abord ethnique : les Juifs, désignés comme boucs-émissaires de la crise, sont pourchassés et exterminés. Puis l’internement et l’élimination des opposants politiques deviennent systématiques. Vient ensuite la persécution des Roms, des homosexuels et même des handicapés dont des milliers sont abandonnés à leur sort dans des centres psychiatriques fermés et laissés mourir de faim.

Comment cela a-t-il été possible ? Comment est-on parvenu à concevoir puis organiser scientifiquement l’élimination des Juifs, des Roms, des handicapés, des homosexuels, du seul fait qu'ils l'étaient ?

Le plus inconcevable pour un esprit rationnel et humaniste c’est que cela ait existé au cœur de l’Europe, terre d'intellectuels éclairés et d’artistes de renom. Europe mère de la philosophie et des révolutions sociales et humanistes.

Cette montée de l’intolérance et du totalitarisme, cette acmé du racisme et de l'antisémitisme, ont une source lointaine. Pour mieux comprendre, il convient de remonter aux événements qui ont précédé la guerre de 1914 (dont nous commémorons cette année le Centenaire).

L'affaire Dreyfus en France a creusé une fracture entre les intellectuels, mais aussi parmi le peuple. Le capitaine Dreyfus a été réhabilité en 1906 mais l’affaire a laissé une trace indélébile, confuse ambiguë dans bien des esprits.

Plus tard, la victoire difficile des alliés en 1918 nous lègue une Allemagne humiliée, exsangue financièrement qui attend sa revanche. Et la prépare déjà.

L'illusion de prospérité des Années folles, les années 20, cache mal les inégalités qui se creusent entre les nouveaux capitalistes, qui ont fait florès durant la guerre de 14, et les populations ouvrières miséreuses, où les veuves de guerre sont plus nombreuses que jamais.

Sur ce terreau fertile, le crack boursier de 1929, lié à l’enrichissement sans limite et sans scrupule de spéculateurs financiers et la crise économique qui en découle, porte un coup fatal à cette soi-disant prospérité et ravive les rancœurs et les clivages sociaux. La première grande crise mondiale du capitalisme frappe les économies et touche durement les peuples. Les inégalités s’accroissent et le sentiment de relégation et de précarité se développe.

L'Allemagne, particulièrement touchée par la récession, s'enfonce dans le nationalisme et la théorie du bouc émissaire. L'antisémitisme ouvre peu à peu la voie à toutes les folies, à toutes les injustices, à toutes les vengeances.

L'image des révolutions, avortées en Allemagne, victorieuses en Russie (mais à quel prix) et la révolution manquée du Front populaire (malgré ses indéniables conquêtes sociales) marquent les consciences.

La défaite des mouvements et des théories révolutionnaires touche aussi, par contrecoup, les classes moyennes en Europe, désorientées et prêtes à écouter les harangueurs de foules démagogues qui leur promettent l’illusion nationaliste et le repli identitaire.

En Allemagne, mais aussi en France et dans les pays de l'Est de l'Europe, des lendemains d'ordre, de discipline et de haine de l'étranger, s’annoncent. Et suscitent l’espoir d’un changement.

Le serpent totalitaire a instillé un venin qui peu à peu s’est répandu dans les esprits.

Mais c'est avec l'annexion de l'Autriche (l'Anschluss), en mars 1938, puis celle des Sudètes suite à la rencontre honteuse de Munich en septembre 38, que se dévoilent l'impuissance et la résignation des démocraties.

En 1939, pourtant face l'invasion de la Pologne, l'Angleterre et la France, jusque-là sidérées, n’ont plus d’autres options que de déclarer la guerre à l'Allemagne nazie.

La guerre, la pire des issues devient inéluctable. La guerre qui jette les valeurs humanistes au panier, qui attise les convoitises, qui déchaîne ce que les êtres humains ont de plus bas en eux et que SPINOZA nomme les "passions tristes".

La guerre, la pire des solutions quand toutes les autres ont échouées et qui comme le rappelle André BRETON, mobilisé en 39, n’est autre que "le triomphe de l'insanité, la débâcle des esprits, la défaite humaine absolue".

La guerre, plus immonde encore quand son but est d’institutionnaliser l’inégalité des êtres humains et a pour cible les populations civiles.

Entre 1939 et 1945 cette guerre se solde par 70 millions de morts dans le monde dont 45 millions de civils, 30 millions de morts à Stalingrad et sur le front est, six millions de juifs exterminés dans les camps, et des millions de civils et Résistants qui, de leur vie, ont payé leur engagement.

C’est à ces millions de personnes que nous rendons hommage aujourd'hui ainsi qu’aux derniers témoins, sortis exsangues du maelström de notre Histoire encore vivante.

Et aussi, nous rendons hommage aux Justes parmi les nations, ces héros ordinaires, ces combattants de l’ombre, à mains nues, ces combattants de la tolérance, de la justice et de la fraternité. Ils sont l’honneur de l’humanité. Sa raison encore profonde d’espérer.

Aussi, à l'aube d’enjeux décisifs pour l’avenir de cette Europe, les hommes et femmes de bonne volonté ne doivent pas renoncer. Certes l’Europe est imparfaite et construite d’abord pour assurer la prospérité du commerce et de l’industrie. Mais elle doit aussi, car l’un ne va pas sans l’autre, assurer la paix et la concorde entre les peuples.

L’Europe retrouvera son sens si elle ne reste pas hémiplégique : sa puissance économique doit aller de paire avec un renouveau de sa démocratie parlementaire. Les peuples doivent s’emparer de cette Europe et transformer son projet en une recherche têtue, opiniâtre, insensée peut-être, d’un modèle de fraternité inédit où les femmes et les hommes vivent pacifiquement leurs différences, partagent leurs richesses, coopèrent dans tous les domaines de la vie.

Il s’agit d’un appel à notre esprit de responsabilité et à notre jugement critique.

Car c'est davantage d'Europe qu'il nous faut, mais une Europe des peuples, une Europe sociale, solidaire, durable qui nous garantit de tous mieux vivre ensemble.

C'est ce qu'avaient compris, avant nous, tous ceux qui, en 1939, dans la Résistance, et en 1945 au sein du Conseil Nationale de la Resistance ont choisi la défense de la dignité humaine et de la liberté et qui ont permis que dure la Paix du 8 mai.

Ne les décevons pas. Car si l’Europe devait échouer, ils seraient morts pour rien.

Près de 70 ans plus tard, nous n’abandonnons pas car nous n’avons pas oublié leur sacrifice.

Jacques BOUTAULT

Mandature 2008-2014

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants et porte-drapeaux,

Messieurs les représentants de la Police, de la gendarmerie et de la Protection civile

Mesdames et Messieurs les Elu/e/s,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer le 69e anniversaire de la Libération de Paris, le 25 aout 1944. Une Libération profondément inscrite dans l’histoire de notre pays et de notre ville et particulièrement inscrite comme d’un des moments les plus héroiques de l’histoire de la Seconde guerre mondiale.

Entre le 14 juin 1940, jour de l’entrée des soldats de la Wehrmacht à Paris et le 25 aout 1944, il s’est écoulé pour les Parisiens quatre années d’occupation terribles et humiliantes : faite de privations, de soumission forcée et d’abdication de la liberté.

Une humiliation renforcée dès le début par la collaboration d’un gouvernement lâche et complice qui invitait les français à ne pas résister.

Pourtant les Parisiens sont impatients. Ils ne sont soumis qu’en apparence. Ils guettent le moment opportun de laver l’humiliation.

C’est après la nouvelle du débarquement du 6 juin 44 que l’espoir renait. Pour de nombreux Parisiens participer à la bataille de Paris, se libérer par ses propres forces résonne comme une évidence. Cela semble inscrit dans les gènes du peuple de Paris, toujours rebelle, rétif à l’ordre et à la discipline lorsqu’ils ne sont pas consentis.

Paris martyrisé veut écarter son malheur. Les murs alors se couvrent d’affiches appelant à l’insurrection. L’appel du colonel Rol-Tanguy, chef régional des FTP-FFI, est entendu.

L’insurrection de Paris débute le 10 août avec la grève des cheminots puis des employés du métro, puis des policiers, des postiers et enfin des pompiers. Les combats sont très meurtriers au sein de commandos formés rapidement par la population civile.

Des barricades, se dressent dans les rues et notamment dans les rues de notre arrondissement : chacun prend les armes qu’il avait cachées ou qu’on lui distribue.

Mais les 16 000 soldats nazis sont toujours aussi hargneux, combatifs et puissamment armés. Ils ont reçu l’ordre de se battre jusqu’au bout. Et les morts et les blessés, civils et militaires, tombent par centaines, par milliers.

La situation des combattants Parisiens devient critique. Sans renfort, ils ne tiendront pas.

Leclerc qui avait ordre de marcher sur l’Allemagne réussi alors à convaincre l’État-major militaire américain de l’autoriser à se détourner vers Paris pour prêter main forte aux insurgés. Il était temps.

Lorsque, le 25 aout, la 9e compagnie puis la 2e DB du général Leclerc parviennent aux faubourgs de la capitale, les Parisiens croient rêver, comme si le soleil s’était levé depuis le sud de Paris, ils voient apparaître par les portes d’Italie et d’Orléans les colonnes alliées qui lentement mais surement progressent vers le centre la ville.

La 2e DB se dirigent vers les points stratégiques, essentiels à la restauration de la légalité du pouvoir.

A 15 h 30, le général Choltitz est fait prisonnier à l’hôtel Meurice, siège de l’Etat-major d’occupation : il signe la reddition sans condition de l’occupant nazi.

Le général de Gaulle recevra l’acte de capitulation des mains de Leclerc, une heure plus tard, gare Montparnasse, en compagnie de Rol-Tanguy.

Le Parisiens, civils ou militaires, connus ou anonymes se sont libérés par eux mêmes avec le renfort de l’armée régulière de la France libre. Ils ont combattu avec peu de moyens quasiment sans arme, mais avec acharnement, conviction, sens du sacrifice. Ils ont agi avant même de savoir s’ils seraient appuyés par les troupes alliés, conscients que prendre en main leur destin les amènerait peut-être à marcher vers la mort et la défaite. Quel admirable courage !

Parmi eux, parmi ces résistants qui ont aussi combattu ailleurs qu’à Paris, il reste aujourd’hui 21 Compagnons de la Libération sur les 1038 qui furent reconnus tels.

Ils sont pour nous aujourd’hui des héros. C’est à dire des exemples et des modèles. Leur histoire est un symbole d’espoir et de fraternité pour tous ceux qui, dans le monde, en ce moment, tentent de gagner ou défendre leur liberté au péril de leur vie.

Merci, compagnons Parisiens de la libération ! Votre bravoure et votre espérance nous accompagnent encore aujourd’hui.

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Maire de Paris,

Madame le Maire chargée du Patrimoine, sa représentante,

chère Danièle Pourtaud,

Monsieur Pierre Chassagne, Syndic,

Madame Aimée Dubos, Présidente de l'association des Passages et Galeries,

Mesdames et Messieurs les Elu(e)s,

Monsieur le Directeur de l'Urbanisme,

Monsieur Gabor Mester de Paradj, l'Architecte des Bâtiments de France,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Je me réjouis d'être ici avec vous en cet après-midi, éclairés que nous sommes à nouveau par cette magnifique verrière, restaurée, qui redonne au Passage Choiseul son aspect de 1827 : enfin de la lumière du jour !

Le passage Choiseul, cet ouvrage d'art et de technique sur trois niveaux de 190 mètres de longueur et près de 4 mètres de largeur, est l'un des tous premiers des nombreux passages de notre arrondissement.

Construits entre 1822 et 1840, les passages attirent dès le début la foule des badauds parisiens, des provinciaux comme les voyageurs les plus lointains.

C'est un monde en miniature en même temps qu'un grand cabinet de Curiosités moderne : raccourci entre deux rues, premiers essais d'éclairage public au gaz, boutiques de mode les plus élégantes devenues plus accessibles, foyer de théâtre.

Les passages ont tout de suite attiré l'attention des nouveaux guides touristiques de l'époque. Et fasciné BAUDELAIRE, et puis BALZAC, STENDHAL et plus tard ZOLA, qui y ont vu le lieu romanesque par excellence : un concentré de société, mêlant habitations, commerces et lieux de loisir.

Ils ont surtout provoqué la réflexion du philosophe allemand Walter BENJAMIN avec son livre "Paris, capitale du 19 è siècle – Les passages parisiens", étude magistrale parue en 1939 dans laquelle il voit le début de l'ère consumériste et l'apparition d'un changement d'époque.

Entre architecture d'acier et verrières fragiles, c'est le début de la rivalité entre ingénieurs et artistes, entre constructeurs et décorateurs, entre l'Ecole Polytechnique et l'Ecole des Beaux-Arts.

Les passages provoquent l'étonnement esthétique (que l'on peut toujours ressentir aujourd'hui) et la fascination pour la mobilité qu'ils inaugurent.

C'est surtout pour le philosophe, la création d'un lien étroit entre innovation urbaine et conjoncture économique : la construction des passages correspond à l'essor du textile et de l’habillement de confection et les boutiques côte à côte en font foi. Elles vont de plus en plus capté le chaland.

On passe alors du "flâneur" parisien de BAUDELAIRE à la figure du premier "consommateur".

Les passages parisiens sont les ancêtres des Grands magasins et particulièrement Choiseul, tout proche du quartier de l'Opéra.

Ils sont aussi la préfiguration de l'autre très grand bouleversement urbain à venir : celui d’ Hausmann , pour mieux circuler certes, ces grandes avenues seront destinées à empêcher la formation de nouvelles barricades, mauvais souvenir pour le pouvoir, celles de la Commune de 1871.

Sur la quinzaine de passages couverts aujourd'hui à Paris, nous en avons 9 dans l'arrondissement : outre Choiseul, Panoramas, Colbert, Vivienne, Le Caire, Ponceau, Le Grand cerf, Bourg-l'Abbé et le passage des Princes.

Choiseul fut classé par les Monuments Historiques en 1974. Cette sauvegarde essentielle, entre autres choses, a permis la restauration.

Cela a pris du temps et de l'opiniâtreté : depuis 2007, date à laquelle l'état des verrières, marquises et charpentes menaçaient ruine.

Permettez-moi, avant de conclure, d'évoquer mes visites ici : ce passage je le connais bien, très peu pour la flânerie ou un café (en raison de mon agenda !), plus souvent pour y être invité à un vernissage dans une galerie d'art. Et j'aime moi aussi beaucoup ce mélange des commerces, de la vie et de l'art.

Je me souviens d'avoir entendu, une après-midi d'avril 2010, de la musique sortir du sous-sol, par les bouches d'aération : une belle idée des artistes musiciens que j'avais accueillis dans l'arrondissement. Le sous-sol du passage Choiseul est aussi un ouvrage remarquable et fort bien entretenu.

Je remercie maintenant tous ceux qui, se mettant autour d'une table, ont permis cette rénovation complexe dont le résultat enchante tous les amateurs d'art et de technique, tous les amoureux des passages, et qui fait de celui-ci, comme des autres passages, peut-être l'une des dernières allégories de Paris.

Je vous remercie.

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police, de la Gendarmerie et de la protection civile,

Mesdames et messieurs les Elus,

Mesdames et Messieurs,

NON : c'est par ce simple mot que le général de Gaulle, isolé, inconnu, dissident, entre dans l'histoire de la seconde guerre mondiale le 18 juin 1940, sur les ondes de la BBC.

NON : le premier mot de la résistance à l'envahisseur nazi, c'est de Gaulle qui, le prononçant, choisit la voie de la lucidité, de l'audace et du courage.

Un choix limpide mais téméraire pour celui qui refuse de se soumettre et de se compromettre avec un gouvernement, celui de Pétain, qui baisse la garde et se rend à l'ennemi.

Il est difficile aujourd'hui, surtout pour la jeunesse, d'imaginer combien ce choix de continuer un combat qui semblait perdu à beaucoup, fut un choix Fondateur pour une France nouvelle.

Le nombre, la puissance et la rapidité de l'offensive nazie aussi bien terrestre, maritime qu'aérienne qui submergent le territoire français, tétanise tout sur son passage dont le gouvernement de l'époque en premier lieu, comme en témoigne le discours de Pétain sur les ondes de la radio nationale.

C'est cela que de Gaulle ne peut supporter et à cela qu'il réplique moins de 24 heures plus tard sur la radio britannique.

Nous savons aujourd'hui pourquoi, comment et dans quelles conditions fut rédigé cet appel du 18 juin. Nous savons aussi que bien peu de français l'entendirent prononcé en direct.

A l'heure d'internet, nous avons du mal à comprendre comment cet appel se répandit comme une traînée de poudre. Et pourtant...

La puissance singulière de cette parole politique vraie, sincère et combattante réussit à toucher le coeur des femmes et des hommes qui, eux non plus, ne se résignaient pas. En eux cet appel faisait un écho, qu'ils aient déjà combattu ou pas, qu'ils se soient déjà engagés ou pas.

En 1940, en 1941, en 1942 et jusqu'au printemps 1943, tous ceux qui se mettaient au service de cette cause, autour de de Gaulle ou autour des résistants communistes, travaillèrent d'arrache-pied, au prix d'arrestations, de dénonciations, de trahisons, de tortures, à créer ces réseaux de résistance, à partir de l'Angleterre et sur le territoire français.

Zone Nord, zone Sud : pour unifier ces réseaux et les rendre opérationnels, pour aider les forces alliées venues à notre secours, il fallut un immense courage, une immense opiniâtreté et le travail acharné de deux hommes Jean Moulin et Pierre Brossolette.

Un film récent « Alias Caracalla » adapté des Mémoires du secrétaire de Jean Moulin (Daniel Cordier), vient à point nommé nous rappeler ces moments si longs et si complexes.

Ce n'est que le 27 mai 1943 qu'eut lieu en effet la première réunion du Conseil National de la Résistance, qui scellait l'union des MUR et de l'AR (Mouvements Unis de la Résistance et Armée Secrète).

Elle permettait aux résistants de tous horizons de travailler de manière concordante, sous une même autorité, à la libération du territoire sous le joug nazi.

De quelques compagnons nous pouvons aussi nous souvenir, citant leurs noms outre Moulin et Brossolette, Delestraint, Passy, d'Astier de la Vigerie.

Avec leurs armes ou sans leurs armes : le 18 juin 1940, le général de Gaulle faisait appel aussi bien à ceux qui en possédaient qu'au peuple désarmé.

Il souhaitait simplement réunir les forces de l'espoir pour ce qu'il appelât "la bataille de France", qui ne faisait que commencer.

Cette flamme-là, que nous commémorons ensemble en ce jour, pour la 73e année, cette flamme démocrate, républicaine, fraternelle, ici comme ailleurs dans le monde, ne doit pas s'éteindre. Et ne s’éteindra pas.

Je vous remercie.

Jacques BOUTAULT

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les élu(e)s,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens Combattants et Porte-drapeaux,

Mesdames et messieurs les représentants de la Police, de la Gendarmerie et de la Protection civile,

Mesdames et Messieurs,

94 ans se sont écoulés depuis que l'Armistice de la Première guerre mondiale a sonné sur le territoire européen et dans tous les villages de France, le 11 novembre 1918 à 11 heures.

L’Armistice avait été signé quelques heures auparavant, entre les belligérants dans un simple wagon de chemin de fer, à Rethondes, en forêt de Compiègne, à 5 heures du matin.

Nous sommes réunis à nouveau pour commémorer cette paix et je vous remercie d'être toujours nombreux et fidèles à cette cérémonie.

Nous nous souvenons ensemble de ce conflit, de ce cauchemar. Et maintenant que le dernier "poilu" a disparu, nous devons, plus que jamais, à notre tour nous souvenir pour transmettre la mémoire au nom de ceux qui ont combattu.

Nous nous souvenons des veuves, des orphelins, des familles endeuillées, des blessés, des gazés, des amputés, des millions de morts.

Nous nous souvenons de cette dévastation humaine, de cette « éventration » de la terre dans les plaines du Nord et de l'Est de la France comme dans toute l'Europe.

Première guerre "moderne", premières armes chimiques, premiers blindés, premiers sous-marins, premiers avions de guerre, premiers génocides. Ce fut la première guerre industrielle.

Cette guerre d’un genre nouveau fut une boucherie. Elle fut entreprise et conduite non par les peuples, qui la refusaient, mais par les gouvernants qui galvanisaient les peuples et les menaient les uns contre les autres.

Elle fut entreprise, cette guerre, malgré les appels à la paix de Jean Jaurès qui croyait aux affinités de la France de la Révolution et de l'Allemagne de la Réforme, et qui fut assassiné, pour cela, à quelques rues d'ici le 31 juillet 1914 parce qu’il représentait le dernier rempart contre le départ vers le front.

Août 1914 : les pays les uns après les autres, comme en une tour de Babel où plus personne ne se comprend, où plus personne ne raisonne, se déclarent la guerre.

Août 1914 : premier été de guerre. Il y eût, ensuite, pour les jeunes soldats engagés, cinq étés de guerre jusqu'à la paix, que beaucoup n'ont pas connue.

Les Ententes ou les Alliances préalables n'y font rien : le monde s'embrase et les peuples, impuissants, regardent ce spectacle hallucinant, cet engrenage.

Plus aucune diplomatie, plus de négociations possibles. Les Etats-majors prennent la main, comme l'on dit aux jeux de cartes. Un jeu sanglant qu'on croit rapide.

Ce sera beaucoup plus long, comme l’écrit déjà dans sa lettre le 31 mars 1915, le poète Guillaume APOLLINAIRE, (je cite) :

"Elle sera longue. Elle n'a pas encore commencé. Dieu que ce sera extraordinaire et effrayant quand ça commencera. Et après, prenons garde à la faiblesse, ce sera le grand tournant à cause des requins qui se tiennent aux aguets dans le Pacifique et ailleurs. Au lieu de pelotons d'élèves officiers, on devrait faire des pelotons d'élèves diplomates."

La lucidité d'APOLLINAIRE n'était malheureusement pas partagée par les états-majors qui pensaient que ce conflit serait réglé en quelques semaines.

Car la carte du monde, qu'on pensait à l'époque fixée une fois pour toutes par les colonisateurs, ce grand gâteau découpé par l'influence et l'emprise des monarchies, des empires et même des républiques, explose.

L'étincelle du 28 juin 1914 à Sarajevo va enflammer le continent européen tout entier et au-delà, entraîner le Japon et les Etats-Unis à prendre part au conflit.

Rappelons qu'il n'y eût pas seulement Verdun ou le Chemin des Dames où de cruels combats meurtriers se déroulèrent, l’horreur fut aussi présente dans les Dardanelles, à Varsovie, à Vittorio Veneto, sans oublier les batailles navales des Falklands ou d'Ostende.

Derrière ces noms il y eût des millions de morts, de disparus à jamais sans sépulture, des rescapés marqués à jamais.

Au cœur de ces civilisations devenues "mortelles" comme l'écrivit Paul Valéry en 1919, engagées les unes contre les autres pour conserver un vieux monde qui craquait de toutes parts, il y eût des peuples ressortis exsangues, désorientés, avides de paix, mais aussi de vengeance.

Les récits historiques immédiats sont la plupart du temps ceux des vainqueurs.

Mais il est d'autres récits, plus tard, qui lèvent des secrets et nous font apprécier différemment les conflits mondiaux ou régionaux.

L'histoire de France, comme l'histoire du monde est évolutive. Elle ne peut pas être enfermée dans des musées une fois pour toutes.

Les historiens, comme tous les chercheurs, doivent pouvoir fouiller et analyser les faits de l'histoire, faire parler les archives en toute liberté.

Et nous faire comprendre, par exemple, pourquoi et comment ce premier conflit mondial se poursuivit, sous une autre forme, vingt ans plus tard, en 1939, alors que l'on croyait qu'il s'agissait bien de la "der des ders".

APOLLINAIRE avait donc raison en 1915, lorsqu’il évoquait la durée de la guerre. Et il eut aussi raison : son vœu de voir se former davantage de diplomates, fut exaucé par la création de la SDN en 1920 puis par l'ONU en 1945.

Cependant, malgré cette commémoration de la paix de Rethondes, malgré la création d'institutions internationales, malgré tous les souvenirs de combats atroces, malgré toutes les mémoires affligées que nous partageons aujourd'hui, nous sommes bien obligés de constater que les guerres ont continuées durant le 20e siècle comme en ce début de 21e.

Le monde demeure plus que jamais instable. Pensons à l'Afghanistan qui n'est pas en paix, à la Syrie, au Mali, au conflit sans fin en Palestine-Israël et à toutes ces régions où parlent les armes et où souffrent les peuples.

Il n'y a pas que les diplomates qui peuvent travailler à la paix : les peuples, les citoyens, dans leur connaissance mutuelle, dans l'échange de leurs cultures, dans leurs dialogues incessants, contribuent, eux aussi, au maintien ou à l'instauration de la paix.

En nous souvenant ensemble de la fin de ce conflit de 14-18, de ceux qui ont disparu, comme de ceux qui luttent aujourd'hui encore, nous contribuons tous, fraternellement, à rechercher et à consolider la paix entre les peuples partout dans le monde.

Je vous remercie.

Pour Madame DESAINJEAN

Je veux maintenant honorer devant vous une personne que nous connaissons tous, fidèle à chacune de nos cérémonies, parce qu'elle y est personnellement engagée en tant que représentante de l'UNC 2e.

Cette personne sera honorée aussi en mairie du 9e pour sa remise de Médaille dans quelques jours le 19 novembre. Et j’aurai à cette occasion la joie de vous parler un peu plus longuement d’elle, de son parcours, de son engagement.

Je veux nommer Madame Marcelle DESAINJEAN et pour une raison que, pour une fois, la courtoisie me pardonnera d'enfreindre :

chère Madame, nous tenons à vous féliciter pour vos 100 ans, aujourd’hui, et c'est avec joie qu'au nom des élu(e)s de l'arrondissement, je vous remets ce modeste témoignage de notre affection.

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants,

Messieurs les représentants de la Gendarmerie, de la Police et des Sapeurs-pompiers,

Mesdames et Messieurs,

Depuis le 18 juin 1940, nous entendons résonner l’Appel du Général de Gaulle. Un appel qui résonne comme un appel à la résistance, à la liberté de conscience, à la lucidité, à l’audace et au courage.

C’est pour toutes ces raisons que nous commémorons le 18 juin dans notre pays, depuis 72 ans maintenant.

Nous reconnaissons dans ce texte, écrit par un Général dissident, depuis les studios de la BBC, à Londres où il se retrouvait exilé, la puissance que donne la réflexion solitaire, la justesse de l’opinion forgée par l’expérience, mais aussi la témérité de celui qui refuse la fatalité de la défaite admise par le pouvoir.

Comme beaucoup mais pas les plus nombreux hélas, le général refusait de courber l’échine devant les gouvernants de la France de 1940. Ceux qui collaboraient avec l’ennemi, avec l’occupant, ne comprenaient pas, ou feignaient de ne pas comprendre, le sentiment d’insupportable humiliation dans lequel se trouvait le pays.

Homme libre, affranchi et responsable, de Gaulle a choisi de faire appel aux forces vives, aux citoyens qui ne se résignaient pas à cette humiliation, aux esprits frondeurs et volontaires, à toutes celles et tous ceux qui préfèrent mourir debout que vivre coucher.

La seconde guerre mondiale ne faisait que commencer et elle commençait mal pour le pays.

Mais quelques femmes et hommes enthousiastes, autour de Gaulle, croyaient à la victoire contre le nazisme, alors que rien, vraiment rien en 1940, ne laissait envisager une possibilité victoire des forces républicaines et démocratiques.

Dans son livre « L’étrange défaite » l’historien Marc BLOCH, résistant, emprisonné à Montluc à Lyon et fusillé le 16 juin 1944 à Saint-Didier de Formans, montre bien cette désespérance et cette nécessité pourtant de mener le combat sans perspective de victoire.

Ceux qui ont rejoint de Gaulle à Londres et ceux qui ont constitué les premiers réseaux de résistance n’ont pourtant jamais renoncé. Ils avaient raison.

Nous savons aujourd’hui combien leur raison et leur espoir les ont aidé à se battre, physiquement en prenant les armes, intellectuellement en trouvant en eux des ressources inattendues, en faisant preuve de patience, de l’ingéniosité, de courage, de confiance.

L’appel du 18 juin à fédéré et rassemblé des soldats et officiers désobéissants et de simples citoyens qui trouvaient dans la puissance et la volonté de Charles de Gaule la vigueur et le courage à leur tour de dire non à la barbarie nazie.

De toutes les couches de la société, dans tous les domaines, la population prit conscience progressivement qu’il était possible de lutter et de donner du sens et une direction à cette lutte : les valeurs républicaines, démocratiques.

C’est pourquoi cet appel que nous commémorons chaque année est un acte fondateur de liberté et de résistance et qu’il est donné en exemple par beaucoup d’autres peuples en lutte aujourd’hui dans le monde.

Le sentiment de l’injustice, la sensation d’être floué par un gouvernement devenu illégitime en raison de sa corruption ou de son incompétence, sont des sentiments partagés par des peuples en lutte aujourd’hui qui paient de leur vie leur soif de liberté, comme en Syrie ou ailleurs.

Parler en homme libre a un prix. Résister, choisir l’audace plutôt que la résignation se paie parfois de sa vie. Vivre libre ou mourir, tel est ce que nous enseigne l’appel du 18 juin. C’est aussi cela qu’illustre ces quelques vers du grand poète américain Walt WHITMAN :

« Courage, courage, mon frère ma sœur !

Continuez de plus belle !

Coûte que coûte le service de la liberté est un impératif,

Qu’importe un ou deux échecs ou même des tas d’échecs,

Qu’importe l’indifférence, l’ingratitude des gens, leur infidélité,

Qu’importe la censure de la politique, des soldats, des canons,

Des statuts pénaux,

Rien ne peut être étouffé. »

Je vous remercie.

Madame la Députée,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens Combattants,

Messieurs les représentants de la Gendarmerie, de la Police et des Sapeurs-pompiers,

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames et Messieurs,

"La flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas." Ces derniers mots de l'Appel du Général De Gaulle, le 18 juin 1940, prononcés depuis un studio de la BBC à Londres, faisaient entendre une détermination, un courage et un sens de l'honneur qui réconfortèrent tous ceux qui ne se résignaient pas à la défaite.

Cette voix solitaire et audacieuse, qui s'élevait le lendemain de la déshonorante capitulation, redonnait espoir aux opprimés de la France occupée et de l'énergie à toutes celles et tous ceux qui refusaient l'humiliation et la barbarie du régime nazi.

Face à la puissance militaire et à l'effet de surprise de l'envahisseur, pour De Gaulle, il n'y avait qu'une alternative : fédérer les forces en sommeil de ses compatriotes.

Cet appel historique, que nous commémorons 71 ans plus tard, fut un acte politique fondateur. Celui du courage d'un homme, capable, contre tous, de dire "non".

Pour tous ceux qui l'entendirent, comme pour ceux qui n'eurent pas cette chance, le long, opiniâtre et périlleux travail de la Résistance commençait.

Des ouvriers, paysans, ingénieurs, soldats, officiers décidèrent de répondre à cet appel et de relever le défi que proposait De Gaulle : continuer le combat, faire la guerre à la guerre jusqu'à la victoire des forces démocratiques et républicaines.

Les ressources de la Résistance, malgré, au début, le manque de moyens matériels, s'avérèrent d'une grande utilité, toujours créatrices, inventives et en cela fédératrices et porteuses d'un espoir qui ne se démentira pas.

Par le bouche-à-oreille, dans tous les milieux de la société, dans l'ombre de la clandestinité et prenant tous les risques, des femmes et des hommes déterminés ont réussi, pendant cinq longues années, eux-aussi et à leur tour de dire "non", à s'organiser et à prendre part à la victoire.

Ils l'ont fait, pour beaucoup d'entre eux, au prix de la torture et de la déportation et souvent au péril de leur vie.

L'Appel du 18 juin a suscité dans le peuple le sens de la responsabilité citoyenne, caché au coeur de chaque femme, de chaque homme, malgré le danger.

Refusant les mots de Pétain qui "faisait don de sa personne" à l'ennemi, De Gaulle, dans le désert politique de l'époque, en rassemblant des forces éparses, a réussi à constituer un corps populaire résistant et volontaire.

L'Appel du 18 juin incarne, dans les mots, l'espérance et l'indignation : le peuple y a trouvé la force de faire bloc autour des valeurs de l'humanisme et du dévouement aux autres, jusqu'au sacrifice suprême.

Le Conseil National de la Résistance, fédéré par Jean Moulin, à la demande du Général De Gaulle, inscrira ces valeurs dans l'histoire de notre pays, valeurs toujours à défendre aujourd'hui.

L'enthousiasme des forces citoyennes à les défendre s'incarnent aussi en ce moment dans les peuples résistants aux dictatures de par le monde. Nous pensons à eux.

Puissent-ils trouver, à leur tour, une voix qui les accompagne dans leur combat pour ces valeurs émancipatrices de justice sociale et d'humanisme.

Puissent-ils trouver, eux-mêmes, la voie de la démocratie, de la fraternité, de l'égalité et de la liberté.

L'Appel du 18 juin 1940 nous enseigne, encore aujourd'hui, qu'il n'y a pas de fatalité à la soumission. Et que les Hommes peuvent choisir leur destin.

Je vous remercie.

Le Maire,

Jacques BOUTAULT

Paris, le 17 juin 2011

Madame la Députée, Mesdames et Messieurs les Anciens combattants et Porte-drapeaux, Mesdames et Messieurs les représentants de la Police, de la Gendarmerie, des Sapeurs-pompiers et de la Protection civile, Mesdames et Messieurs les éluEs, Mesdames et Messieurs,

Le 8 mai 1945, il y a 66 ans aujourd'hui, les dirigeants de l'Allemagne nazie capitulaient devant la coalition des Alliés, français, britanniques, américains et russes.

La signature de cet acte solennel, au quartier général d'Eisenhower à Reims, mettait fin à la Seconde guerre mondiale et un terme à 5 années d'un conflit particulièrement atroce et sinistre.

Nous commérons aujourd'hui cette victoire sur la barbarie.

Cette guerre, les nazis l’ont voulue pour étendre ce qu’ils appelaient leur espace vital. Galvanisés par une idéologie nauséabonde, la purification ethnique, ils ont usé des pires moyens pour atteindre leur objectif : intimidation, dénonciation, répression, déportation, extermination et meurtre de populations civile. Les camps d'extermination ont constitué le point d’orgue de cette horreur, permise par fascination pour un chef et la terreur qu’il inspirait

L'Histoire nous enseigne que cela n'est pas arrivé par hasard. Il y eut des circonstances, un contexte économique social et politique qui ont conduit à cette situation.

Ces conditions, nous les connaissons. Les grandes lignes se dessinent déjà en Europe, après la grande guerre de 1914-1918. Durant l'illusion de la prospérité des années 20 se forgeaient, en Allemagne, des idées de revanche et dans les cicatrices mal fermées du Traité de Versailles s'érigeaient des idées de vengeance.

Dans un contexte de crise, nous assistons à la montée du totalitarisme, du racisme. La haine de l'étranger, de l'autre, nous savons aujourd'hui comment elle est arrivée.

La crise économique des années 30, première grande crise du capitalisme mondial, devait être le terrain favorable du renouveau nationaliste et xénophobe. Car il fallait bien un bouc émissaire au grand capital en crise, à la faillite économique, à l'expansion du chômage (6 millions de chômeurs en 1932) à l’explosion des inégalités sociales, à la popéraisation des classes moyennes.

L'Allemagne était prête à tout entendre et surtout à écouter la voix populiste et démagogue d'Hitler qui légalement accède au pouvoir en tant que Chancelier en 1933.

Cette crise mondiale, qui touche de plein fouet la classe moyenne allemande, va permettre à Hitler toutes les manipulations, tous les mensonges, tous les décrets, toutes les folies, avec la complicité des industriels de son pays, des militaires de haut rang et de la noblesse notamment prussienne.

Purifier ce qu'il nomme "la race allemande" à l'intérieur des frontières et étendre à l'extérieur ce qu'il appelle "l'espace vital" de cette race : telles sont les immondes travaux à quoi s'attelle Hitler. Un macabre projet destiné à détourner le peuple de sa propre misère et de lui construire un idéal, une illusion de puissance.

Ce délire imprime sa trace d'abord dans les Sudètes puis en Autriche où l'Anschluss de 1938 semble tétaniser l'Europe tout entière. Mais, après l’invasion de la Pologne en 1939, la Grande-Bretagne et la France, enfin, déclarent la guerre à l'Allemagne.

En même temps, à l'intérieur des frontières allemandes, le chancelier met en œuvre son projet « purificateur » et s'attaque aux juifs, une tâche commencée dès 33. Il s’en prend ensuite aux tsiganes, aux homosexuels, aux handicapés ainsi qu'aux opposants de toutes sortes, catholiques fervents, communistes, artistes, qu'il fait déporter et assassiner dans des camps de concentration puis d'extermination.

Cette politique se poursuivra dans tous les pays où s'installent les nazis, à commencer par la France où s'instaurera une politique officielle de collaboration, jusqu'à la fin de la guerre.

Durant toutes ces années, des combattants de l'ombre trouvent l'audace, l'énergie, le courage de se fédérer, de créer des réseaux pour protéger les plus fragiles, pour continuer un combat qui, sur notre territoire, semblait perdu à certains en 1940.

Au cœur de cette misère physique et morale qui se répand, des femmes et des hommes choisissent de résister à la monstruosité et de croire qu'elle aura une fin. De croire à la victoire : ce que nous dit le Chant des partisans c'est qu'il y a des combats mortels nécessaires.

Aujourd'hui, tandis que nous commémorons ce jour de victoire sur une idéologie totalitaire et abjecte, nous sommes les témoins de combats, sur d'autres terrains, de révoltes populaires, de fortes crises politiques, de guerres civiles.

Loin de moi l'idée de comparer ces conflits avec la Seconde guerre mondiale.

Ces peuples pourtant combattent et ébranlent des pouvoirs dictatoriaux, intransigeants, qui les oppriment et les humilient, depuis de longues années.

Après la Tunisie et l'Egypte, où, les conflits semblent en voie de résolution démocratique, la Libye, la Syrie, le Yemen, Bahrein sont en crise.

Notre pays a décidé d'intervenir en Libye.

Il s'agit donc de nous poser la question de la guerre : faut-il intervenir pour aider des peuples à trouver leur propre voie ? Jusqu'où va notre responsabilité, notre participation, notre engagement ou notre silence ? Est-il légitime d’aider les populations qui luttent contre les dictateurs ?

En 1939 nous n'avions pas à nous poser de question : la réponse allait de soi; il s'agissait de notre intégrité. Il n'était pas question de laisser le nazisme envahir le territoire, annihiler notre liberté.

En 1939, le gouvernement de Vichy, complice et lâche, a laissé faire la dictature et s'accomplir toutes les atrocités.

Le peuple résistant, civils et militaires, trouva les ressources nécessaires à la lutte et grâce à l’appui d’autres nations put retrouver sa liberté et son intégrité.

Aujourd'hui, en ce jour de commémoration, nous savons que prendre les armes était nécessaire et qu'il fallait conduire cette guerre jusqu'au bout, jusqu’à la victoire malgré les morts.

Alors y a-t-il des guerres justes ? Je l’ignore. Il y a en tout cas des guerres nécessaires. Celles-ci doivent être envisagées comme le dernier recours quand toutes les autres solutions ont échoué. Elles doivent être menées de façon proportionnée, avoir pour objectif de désarmer l’adversaire afin de rétablir la paix. Elles doivent être menées conformément à des règles, limiter au maximum l’usage de la violence, épargner les populations civiles.

Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est inaliénable et se libérer d'un dictateur est un combat juste. Pourtant c’est au quotidien, tous les jours en temps de paix qu’il faut lutter contre la guerre.

C’est la leçon que l’on tire de l’Histoire. La paix se construit ici et maintenant en ne tolérant pas que se reproduisent les conditions qui ont conduit à la seconde guerre mondiale : inégalités sociales criantes, humiliation des plus faibles, acceptation des idées racistes, recherche de boucs émissaires à la crise, individualisme et loi du plus fort.

Pour empêcher que les peuples en soient amenés à verser le sang, leur sang, ce si lourd tribu à la liberté, nous devons, nous qui savons, construire l’espoir d’un autre monde, un monde de paix.

Jacques BOUTAULT

Madame la Députée, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants et Porte-drapeaux, Messieurs les représentants de la Gendarmerie, de la Police national et des Sapeurs-pompiers, Mesdames et Messieurs, Je tiens à remercier chacun d'entre vous d'être présent pour célébrer cet Armistice du 11 novembre 1918, signé entre les belligérants il y a maintenant 92 ans. C'était dans un wagon de chemin de fer, au cœur d'une clairière de la forêt de Compiègne, à Rethondes, à 5h45 du matin. Avant ce que les historiens nomment "la marche à la victoire", à partir du 18 juillet et jusqu'à la fin d'octobre, l'année 1918 fut une année de combats atrocement meurtriers, sans doute parmi les plus meurtriers de l’Histoire. Ces combats apparaissent d’autant plus injustes aujourd’hui qu’ils se déroulèrent la quatrième et dernière année de cette guerre. Et qu’ils auraient pu être évités. Depuis le début 1917, l'opinion publique et les soldats combattants avaient été remués par les courants révolutionnaires tel que le spartakisme né en Allemagne pendant ce conflit ainsi que par la Révolution d'octobre 17 en Russie. Ces volontés d'émancipation des peuples ne sont pas pour rien dans la suspension de ce conflit qui ensanglanta l'Europe et fit plus de 20 millions de morts. L'assassinat du pacifiste Jaurès, le 31 juillet 1914, qui déclencha l’entrée en guerre en témoigne à contrario. A l’exception de quelques individus fanatisés, les peuples ne voulaient pas la guerre, tandis que les élites de chaque pays la recherchaient.

Entre le 3 août 1914, date de la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France et le 11 août, date de la déclaration de guerre de la France à l'Autriche-Hongrie, comme dans un jeu de domino effondré, chaque pays s'enfonce dans l'abîme. Sans évoquer toutes les étapes de ce conflit, j'aimerais rappeler qu'avant l'armistice que nous commémorons, cette guerre nous fit entrer dans d'affreuses expérimentations qu'aujourd'hui encore nous observons dans le monde. La première guerre mondiale préfigure les guerres dites modernes. Elle nous fit pourtant entrer dans un âge de ténèbres dont le souvenir n'est pas éteint. C'est durant ce conflit qu'on expérimenta de nouvelles tactiques et de nouvelles armes de masse : les avions, les sous-marins, les blindés, les produits chimiques, les déportations de civils et les génocides programmés. Nous devons nous souvenir en effet du génocide Arménien de 1915, plus d'1 million de morts, du massacre de 275 000 Assyriens la même année et de celui, en 1916, de 360 000 Grecs pontiques. Tous trois perpétrés par le gouvernement de l'empire ottoman. Souvenons-nous aussi de la déportation de nombreux civils de Belgique et de France. Souvenons-nous de l'incendie de la ville de Louvain et de la destruction de sa grande bibliothèque. Souvenons-nous des villages rayés de la carte dans les départements de la Marne, de la Meuse et du Nord dans lesquels nos compatriotes de l'époque ne sont jamais revenus. C'est aussi durant cette guerre que se constituèrent de grandes fortunes, en Europe, fortunes accumulées grâce à la fabrication des armes et la récupération de leurs métaux sur le terrain, après le conflit. Je veux aussi insister sur le bouleversement sociologique que connut notre pays, pendant ces quatre années durant lesquelles les femmes, restées seules, eurent à faire face aux tâches qui incombaient auparavant aux hommes. Qu'il s'agisse de la charge de la famille, des travaux agricoles dans un pays alors en majorité rural, de la conduite des véhicules de transport civil et de santé ou encore de la fabrication de biens de consommation et aussi évidemment d'armes. Paradoxalement, cette guerre mondiale va contribuer à la marche vers leur émancipation.

En 1919, aux Etats-Unis et en Allemagne, les femmes obtiennent le droit de vote. En France, elles attendront le 21 avril 1944 : un peu tard pour reconnaître la citoyenneté à celles qui ne furent pas que des "marraines de guerre". En pensant à ces femmes courageuses – la moitié du ciel dit le poète Armand Gatti - permettez-moi de citer le nom de quelques unes d'entre elles, héroïnes contemporaines et combattantes aussi : Je pense à Aung San Suu Ky, prix Nobel de la Paix en 1991, toujours assignée à résidence en Birmanie. Je pense à Sakineh Ashtiani, iranienne toujours menacée de lapidation. Je pense à l'épouse du prix Nobel de la Paix 2010, elle aussi assignée à résidence en Chine, Liu Xia. Mais ce sont aussi les hommes, soldats, souvent héros anonymes, qui paient le plus lourd tribu à la guerre. Et durant cette Grande guerre ainsi qu’on l’appellera plus tard, comme avant toute période où revient le silence des armes, il y a les derniers morts au combat ceux dont la disparition semble la plus intolérable, la plus injuste : on compte 11 000 tués, blessés ou disparus, pour le seul dernier jour de la guerre 14-18. Il y eut le dernier soldat français mort avant le cessez-le-feu, le dernier britannique, le dernier canadien, le dernier américain, abattu dit-on 60 secondes avant l'heure effective de l'armistice, soit à 11 h le 11 novembre. Quant aux soldats français morts le 11 novembre, l'Etat-major décida d'antidater leurs décès au 10 : un jour de paix ne devait pas être un jour pour mourir. C’est à eux qui ont donné leur vie que nous pensons aujourd’hui où nous commémorons la fin d'un conflit, absurde, meurtrier et particulièrement sanguinaire. Et en nous souvenant, ensemble et fraternellement, de ceux qui ont disparu, nous commémorons aussi cette paix retrouvée, toujours éphémère et fragile.

Je vous remercie.     

Madame la Députée,

Mesdames et Messieurs les représentants des anciens combattants et porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la police et des sapeurs-pompiers,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

Il y a 66 ans, Paris était libéré du joug et de l'occupation nazie. Nous sommes réunis ici pour célébrer cette libération du 25 août 1944 et surtout pour nous souvenir, ensemble, de ceux à qui nous devons notre liberté.

Entre le 14 juin 1940 et ce 25 août 1944, les Parisiens ont vécu des jours, des mois, des années atroces de privations, d'humiliations, de représailles, de crimes impunis.

Fusillés, torturés, déportés et malgré cela, ceux qui étaient à Paris en août 1944, ont trouvé les ressources, l'énergie et la force, au terme des ces années de résistance, de se lever encore pour participer à la libération de leur ville.

Car Paris fut occupé et martyrisé au premier chef, puisqu'elle était le centre stratégique de l'occupation nazie sur le territoire français. C'est là qu'était installé le haut commandement, c'est là, malgré le débarquement deux mois auparavant sur les côtes normandes, et les signes de la défaite nazie, qu'étaient encore massés, dans et autour de Paris, quelques 25. 000 soldats allemands, sous les ordres du général CHOLTITZ, avec de l'armement lourd et une soixantaine d'avions stationnés à l'aéroport du Bourget.

Les Parisiens étaient impatients : sans attendre les troupes du débarquement, la mobilisation commence le 10 août avec le grève des cheminots. Cinq jours plus tard les policiers, les employés du métro puis les postiers les rejoignent.

Le 18 août, les murs de Paris se couvrent d'affiches : c'est l'appel à l'insurrection générale du colonel ROL-TANGUY, chef régional des FTP-FFI (Francs-tireurs et Partisans et Force Française de l'Intérieur).

Les Parisiens vont répondre à l'appel au risque de leur vie.

Des combats éclatent, des barricades se montent : ici même dans notre arrondissement, rue de Richelieu, boulevard des Italiens, devant notre Mairie qu'on libère.

Mais les soldats allemands résistent et continuent de se battre : ils en ont reçu l'ordre "jusqu'au dernier" a dit Hitler.

Et l'ordre de brûler Paris est donné.

Pourtant Paris ne brûlera pas si ce n'est des étincelles des coups de feu échangés et des tirs de chars en action.

Mais les alliés sont encore loin de la capitale et les Parisiens, au fil des jours, s'épuisent.

Le 22 aout, un émissaire de ROL-TANGUY qui parvient à passer les lignes, alerte le général LECLERC : "la situation est désespérée" dit-il.

"Tenez-bon, nous arrivons" tel fut le message largué d'un avion aux insurgés qui avait pris la Préfecture de Police. Un encouragement à poursuivre pour ceux qui se battaient quelquefois sans arme.

C'est à marche forcée que les alliés franchissent les 200 kilomètres qui les séparent de Paris.

Pendant ce temps, deux jours qui semblent aux Parisiens un long calvaire, ceux-ci vont prendre d'assaut les points stratégiques de la capitale : la Préfecture, l'Hôtel de Ville, Matignon, les ministères.

Depuis le 18 août, ROL-TANGUY coordonne les combats et les prises de bâtiments depuis un QG installé dans les catacombes de la place Denfert-Rochereau, utilisant le réseau téléphonique du métro.

Deux journées sanglantes : c'est le 24 août au soir qu'un détachement de la 2è DB forte de 150 hommes entre dans Paris par la porte d'Italie sous les yeux ébahis de quelques habitants.

A 9 h du matin, le 25, la 2èDB de LECLERC, composée d'un important contingent de soldats espagnols volontaires anti-franquistes, passe enfin trois portes du sud de Paris : Italie, Orléans, Ivry, trouvant encore sur son passage des poches de résistance allemande.

LECLERC installe son QG gare Montparnasse. Vers 14 h 30, on arrête CHOLTITZ à l'hôtel Meurice.

Une heure plus tard, il signe la capitulation devant LECLERC et ROL-TANGUY.

Paris est officiellement libre.

Au terme de ces combats féroces, désespérés et glorieux, on comptera quelques 3000 blessés et plus de 2000 morts, civils et militaires ainsi que 12. 000 soldats allemands faits prisonniers.

On dit, Mesdames et Messieurs, qu'il y a des guerres justes.

Mais la guerre est un fléau dont le passage et le souvenir sont toujours douloureux pour les acteurs, pour les témoins, pour les disparus comme pour les survivants qui y perdent leurs proches.

Pendant cette libération de Paris, ces derniers affrontements, il y eut vous le savez, des combattants et résistants de nationalité française, d'autres qui étaient étrangers, comme dit ARAGON "Et nos frères pourtant", et qui ont acquis la nationalité française par la suite.

Pensons aujourd'hui à ceux qui sont menacés de la perdre cette nationalité parce qu'ils sont "différents" ou parce qu'aujourd'hui encore, comme le dit aussi ARAGON "A prononcer leurs noms sont difficiles".

En cette commémoration d'un jour de liesse et de libération, souvenons-nous de tous ceux, sang et nationalité mêlés, qui, pour notre liberté, ont fait le cadeau de leur vie.

Je vous remercie.

Remise des Diplômes d'Honneur :

Des acteurs de ces combats, de 1940 à 1945, sont encore présents parmi nous et nous les remercions de nous parler encore de la lutte de la résistance et de ce qui fut accompli pour libérer notre pays du joug nazi. Et d'en parler surtout aux jeunes gens qui pourront ainsi transmettre et témoigner.

Nous remercions les témoins de cette époque des paroles directes qu'ils nous livrent, plus précieuses encore que des images d'archives.

Quelques uns sont parmi nous aujourd'hui et nous leur devons estime et reconnaissance.

C'est pourquoi les Maires ont été sollicités par le ministère de la Défense pour distinguer ces anciens combattants en leur offrant ce Diplôme d'honneur que je suis heureux de remettre aux personnes présentes.

J'appelle Monsieur PROCHIANTZ et Monsieur LUCE.

D'autres personnes seront honorées lors de la prochaine commémoration du 11 novembre.

Madame la Députée,

Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants,

Messieurs les représentants de la Gendarmerie, de la Police et des Sapeurs-pompiers,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

Depuis 70 ans, nous entendons résonner dans l'Appel du 18 juin 1940, le sens de l'honneur, le courage de la passion et l'audace de la raison. C'est aussi un message qui retentit aujourd'hui encore comme une exhortation à ne jamais se résigner. 

Nous sommes réunis ici pour nous en souvenir. Et pour donner vie à ce message. 

L'appel du général de Gaulle, depuis les studios de la BBC à Londres, redonna espoir et réconforta ceux qui ne se résignaient pas à la défaite face au régime nazi. 

Depuis l'autre côté de l'Europe, qui n'était pas alors constituée, cet appel fit germer la graine de la Résistance.

Cette voix solitaire et lucide s'élevait au milieu du champ de la défaite où passait l'ombre d'une capitulation déshonorante.

Et pourtant, face à cette humiliante résignation, ils n'étaient pas si nombreux ceux qui comme de Gaulle ont eu le courage de dire non.

Rares étaient ceux pour qui renoncer était impossible : convaincus que la liberté pouvait se gagner. 

Ce que demandait le Général de Gaulle à ses compatriotes, n'était autre qu'une désobéissance militaire et civile. Il prenait là un risque majeur.

Il appelait les soldats, les officiers, les industriels, la population, à trouver ou retrouver en eux, un regain de vigueur : ce qu'il appelait "la flamme de la résistance".

Il redonnait de l'espoir, résister devenait un devoir.

Cet appel n'est pas une anecdote. Ce n'est pas un fait divers. Ce n'est pas un détail de l'histoire. C'est un fait majeur historique, un acte fondateur la Résistance.

Une Résistance composée de femmes et d'hommes habités par les sentiments de la justice et de la liberté.

Et qui savaient qu'en s'engageant ils prenaient le risque de mettre leur vie en péril.

A ceux qui l'entendirent civils et militaires, de Gaulle redonna l'énergie de se battre, chacun à son niveau de responsabilité, chacun trouvant en lui même, dans son milieu, les ressources nécessaires pour mener le combat et rejoindre le mouvement.

C'est parce qu'il est un acte fondateur que nous lisons l'Appel du 18 juin avec toujours la même émotion.

Aujourd'hui encore ce texte nous bouleverse.

Et si nous sommes toujours bouleversés, par ce texte, c'est qu'il dit une vérité : il n'y a pas de fatalité.

Résister est toujours possible.

A ceux qui nous disent qu'il n'y a rien à faire contre les forces barbares de l'argent, qu'il faut courber l'échine, nous avons raison d'opposer nos rêves et nos luttes.

Aujourd'hui même, au coeur de la crise, face au discours prétendus réalistes qui nous invitent à accepter de nous laisser dépouiller des conquêtes sociales de nos aïeux, nous avons le pouvoir de dire non. Nous pouvons résister et inventer, comme nous y invite l'appel du 18 juin. 

Trop peu d'hommes dans l'histoire ont eu cette vision, cet élan, cette témérité. Peut-être de Gaulle savait-il qu'il serait entendu et que son message s'inscrirait dans l'histoire et traverserait le temps, à l'image du poète américain Walt Whitman, qui dans un hommage à la France, écrivait dans "Vols d'oiseaux" :

" Etoile vaisseau étoile de France, reprends-toi dans ta longue dérive !

Courage planète malade, planète blessée, vaisseau tiens ferme ton cap !

Imite notre vaisseau à tous, soi-même la Terre,

produit des feux mortels du turbulent chaos,

quand elle sortit des spasmes empoisonnés de la colère,

pour apparaître enfin dans sa puissante majesté,

et prendre sous le soleil le chemin de sa route,

Toi, fais comme elle, vaisseau la France ! "

Jacques Boutault, maire du 2e 

Madame la Députée,

Mesdames et Messieurs les anciens combattants et porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Gendarmerie nationale, de la Police nationale, des Sapeurs-pompiers et de la Protection civile,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis pour commémorer le 8 mai 1945, jour de la capitulation du régime nazi devant les forces alliées de la Seconde guerre mondiale, au quartier général d'Eisenhower, à Reims.

Il y a 65 ans aujourd'hui, la folie meurtrière qui avait envahie l'Europe et le monde s'est arrêtée grâce à la coalition des pays alliés.

Dans quelques instants, nous allons déposer une gerbe sur ce monument aux morts et observer une minute de silence pour tous ceux qui ont péri, durant ces cinq années de guerre atroce.

Je souhaite aussi, en ce moment même où nous allons commémorer une reddition sans condition, que nous nous souvenions d'un certain 8 mai 1945 à Sétif, en Algérie, qui ne fut pas un jour de paix mais un jour de massacre pour les algériens venus manifester leur soutien aux alliés et qui arboraient le futur drapeau de l'Algérie indépendante. Ce jour-là, ce drapeau-là ne fut pas toléré.

L'occasion, à nouveau, nous est donc donnée de nous souvenir que ce conflit armé de 1939-1945, d'une rare violence, fit quelques 50 millions de victimes.

Arrestations, rafles, spoliations, tortures, déportations, exterminations - crime contre l'humanité : ce sont les mots armés de cette guerre mondiale qui s'attaqua aux femmes, aux enfants, aux hommes, accusés de n'être pas dans la norme d'une identité nationale aryenne.

Juifs, tsiganes, homosexuels, handicapés, communistes, croyants, militants, résistants de tous bords, opposants en un mot à ce régime basé sur l'idée démente d'une" pureté raciale", furent impitoyablement broyés et éliminés parce qu'ils étaient accusés d'être différents.

Nous devons rendre hommage à ces morts comme aux acteurs résistants encore vivants de ce conflit.

Tous ont participé à ce combat, tous ont contribué à chasser l'armée d'occupation de notre pays et à rétablir les pays européens dans leur autonomie, eux qui avaient au coeur et à l'esprit l'idée de liberté et de résistance.

Ceux qui sont toujours parmi nous poursuivent ce travail de résistance, en continuant inlassablement de témoigner, par des livres, des conférences, des réunions d'informations auprès des écoliers; tout comme les enseignants et les chercheurs, ils nous font comprendre l'origine de ce conflit, son expansion, ses enjeux et sa résolution.

Autrement dit, son Histoire.

Grâce à eux, nous savons que les propagandistes du racisme, de l'antisémitisme, de la xénophobie, trouvent leur chemin dans la misère économique des hommes et le vide intellectuel des esprits.

Nous savons que cet engrenage inexorable a pris forme et figure, déjà, au sein de l'affaire Dreyfus puis fut relancé après la première défaite allemande de 1918.

Nous savons que "le ventre de la bête immonde" comme l'écrivait Brecht, était toujours fécond.

Cet engrenage a trouvé des racines d'abord dans le rejet irrationnel des juifs rendus responsables de tous les maux et surtout de la crise économique de 1929, qui frappait de plein fouet l'Europe et fit des millions de chômeurs.

Au nom de la domination d'une improbable "race" sur les autres, au nom de la théorie de "l'espace vital" d'un peuple, Hitler le chancelier nazi de 1933, parvint à infuser à presque toute une nation l'idée, le concept même, de sa supériorité : cette idée immonde et fausse que l'élimination des uns rendrait possible l'expansion des autres.

L'invasion des pays limitrophes de l'Allemagne, progressivement, se fit d'abord sous l'anesthésie et la sidération générale des européens. Sans parler des complices muets.

Le jeu de dominos était en marche.

La guerre sur tous les fronts - Est, Ouest, Nord, Sud - se propage et creuse le sillon magistral de la mort et de la destruction.

Cette haine délirante, cinq années durant, cette terrible souffrance, cette peur permanente, les citoyens ordinaires, les civils, les peuples, les ont vécu dans leur chair et leur âme, comme les combattants armés sur les fronts.

Résistants à mains nues, sans papiers, soldats du grand jour ou clandestins de la nuit, fabricants de faux documents, porteurs de messages, dynamiteurs de rails, justes parmi les nations, peuples des camps disparus ou revenus, derniers témoins, héros connus ou inconnus, combattants de la tolérance, c'est à vous que nous devons la liberté du 8 mai 1945.

C'est à vous tous que nous rendons hommage aujourd'hui, en écoutant ces paroles de souffrance en même temps que d'espoir, extraites du recueil "Destinées arbitraires", du poète Robert Desnos, mort du typhus en 1945 au camp de Theresienstadt, quelques jours après l'arrivée des alliés :

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore de la splendeur du jour et de tous ses présents. Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.

Je vous remercie.

Jacques Boutault, maire du 2e 

Nous sommes réunis aujourd'hui pour commémorer la Libération de Paris. Et je vous remercie toutes et tous pour votre présence et votre participation à cette cérémonie.

Entre le 14 juin 1940 et le 25 août 1944, durant quatre années d'occupation nazie, les Parisiens ont vécu des heures terribles. Des heures d'humiliation, de privation, de peur quotidienne et de crimes impunis.

Ces cinq années, les Parisiens les ont supportées avec courage et avec dignité. Certains ont collaboré bien sûr, beaucoup se sont résignés mais quelques uns ont résistés et se sont organisés pour clandestinement mener le combat afin de faire cesser par tous les moyens cette occupation indigne et humiliante.

Ils furent les premiers à sortir au grand jour, avant même l'arrivée de l'armée Alliée, au risque de leur vie. Ils eurent le courage d'affronter, à l'aide parfois de moyens rudimentaires et d'un armement de fortune, la puissante armée d'occupation nazie.

Non, Paris n'était pas dompté par ses maîtres ! Paris faisait le gros dos, s'organisait dans l'ombre et attendait le moment propice pour exprimer sa révolte au grand jour et jeter l'envahisseur hors de ses murs.

Cette libération résonne comme le symbole de l'aversion des Parisiens envers l'injustice et l'oppression. C'est un acte de bravoure et de sacrifice qui ne cesse, nous, les Parisiens d'aujourd'hui, de nous fasciner.

Car il eut été plus facile aux insurgés d'attendre les troupes récemment débarquées en Normandie.

Mais les Parisiens, fiers et impatients d'être libres, après la nouvelle du débarquement, avaient soif d'en découdre. Ils ne pouvaient différer plus longtemps leur envie de révolte. Ils avaient déjà trop attendu et voulaient vivre enfin la tête haute. Ils ont alors choisi de se battre coûte que coûte, jusqu'au dernier « Halte au feu ! ».

L'insurrection qui mena à la Libération de Paris commence le 10 août par une grève de cheminots. Puis le métro s'arrête. Les postiers cessent à leur tour le travail. Puis c'est au tour des policiers et des pompiers d'entrer en résistance, avant que d'autres citoyens les rejoignent, formant des commandos improvisés et plein d'enthousiasme.

Paris martyrisé semble se relever de son malheur et les murs se couvrent d'affiches appelant à l'insurrection générale. L'appel du colonel Rol-Tanguy, chef régional des FTP-FFI, sera entendu.

Les barricades, au nombre de 400 se dressent dans de très nombreuses rues et notamment dans les rues de notre arrondissement. Chacun prend les armes qu'il avait cachées ou qu'on lui donne. Il reste 16 000 soldats allemands dans Paris qui ont reçu l'ordre de se battre jusqu'au bout.

Les combats sont effectivement durs, meurtriers. Et lorsque la 9e compagnie puis la 2e DB toute entière du général Leclerc parviennent dans les faubourgs de la capitale, les soldats allemands sont toujours aussi hargneux. Il était temps, car avec leurs pauvres moyens, les héros de Paris sont à bout de force.

C'est par les portes d'Italie et d'Orléans que les Parisiens, qui n'en croient pas leurs yeux, voient enfin les colonnes alliées, monter jusqu'à eux.

Elles se dirigent vers les points stratégiques, essentiels à la restauration de la légalité d'un pouvoir qui n'aura besoin que de quelques heures pour se mettre en place.

En effet, c'est à 15 h 30, après avoir arrêté le général Choltitz à l'hôtel Meurice, siège de l'Etat-major d'occupation, qu'est signée la reddition sans condition des nazis, en présence de Rol-Tanguy.

Le général de Gaulle recevra l'acte de capitulation des mains de Leclerc, une heure plus tard : la gare Montparnasse s'en souvient encore.

Au soir du 25 août, on relèvera dans les rues de la capitale plus de 2 000 morts et l'on comptera quelques 3 000 blessés, civils et militaires.

Comme chaque année, nous rendons hommage au courage et au sacrifice des Parisiens d'alors. Avec acharnement, ils se sont libérés, conscients qu'il est parfois nécessaire de prendre en main son propre destin.

Leur acte de bravoure demeure un symbole, un exemple, pour les générations suivantes. Et nous qui vivons libres aujourd'hui, nous savons que nous leur devons notre liberté.

Aussi, je voudrais que l'on ait une pensée particulière, en ce jour, pour Michel Schouker mort l'année dernière dans sa 75e année, emporté par la maladie. Michel Schouker déporté à l'âge de 8 ans, simplement parce que né juif, était parvenu, grâce à la complicité de quelques Justes, à s'extraire des griffes des nazis.

Il avait regagné Paris et avait vécu comme enfant caché, jusqu'à la Libération. Il avait alors assisté aux combats de rues dans le 2e arrondissement et notamment ceux qui se sont déroulés dans l'enceinte même de cette mairie, et dont une stèle apposée sur l'entrée de notre bâtiment, porte témoignage.

Michel Schouker était un ami, un homme engagé, dont la présence honorait nos commémorations du souvenir. Je tenais à lui rendre, en ce jour, particulièrement hommage et lui dédier notre cérémonie.

Avec lui, nous nous souvenions de ces combats qui ensanglantèrent l'Europe, de la Shoah, de la déportation, de la dictature bestiale et injuste à laquelle nos aînés furent soumis.

Aussi, ce moment que l'on prend au temps, pour rendre hommage aux disparus est aussi un signe de fraternité envers ceux qui y ont survécu et ont témoigné ou témoignent encore par leur présence. Peu à peu ils nous quitteront à leur tour et ne seront plus là pour nous dire j'y étais, je l'ai vu, je l'ai vécu. Mais nous aurons leurs mots en mémoire et nous les transmettrons.

Je forme le vœu que leur espérance continue, ainsi, de nous accompagner au fil du temps, car ceux qui se libèrent du mensonge et se donnent la main, par delà les années, fabriquent leur propre Histoire, la seule infalsifiable et indélébile, la seule qui compte. Car c'est elle qui, au final, construit notre Histoire collective.

Le Maire

Jacques BOUTAULT

Madame la Députée, Mesdames et messieurs les anciens combattants et porte-drapeaux, Mesdames et messieurs les représentants de la police nationale, des sapeurs-pompiers, de la gendarmerie, de la protection civile, Mesdames et messieurs,

Le 8 mai 1945, l'Allemagne nazie capitulait sans condition, au quartier général d'Eisenhower à Reims.

Comme tous les ans depuis 64 ans maintenant, des fleurs seront déposées aux pieds des monuments aux morts partout en France. Et comme chaque année, nous accomplissons ce geste avec la même émotion. Ainsi, nous honorons la mémoire ce ceux qui sont morts au combat pour que nous puissions vivre libre. Mais ce geste est aussi un geste d'espoir et de fraternité. Un geste pour la paix, un geste pour se souvenir, ensemble, de cette période terrible, pas si lointaine. Un geste pour ne plus commettre les erreurs du passé. A l'issue de ces cinq années d'un conflit majeur qui déchira et ensanglanta les peuples, l'Europe et le monde se réveillent d'un long cauchemar. Le 8 mai 45, les nazis sont à genoux et hors d'état de nuire. Et particulièrement de nuire aux populations civiles. Car c'est bien l'une des caractéristiques de ce conflit : les populations civiles, les femmes et les enfants souffrent et meurent tout autant que les militaires, directement engagés dans les combats. Elles sont même l'enjeu et de la guerre. Nous devons insister sur cela : la politique nazie de purification ethnique, au profit d'une soi-disant et délirante « race supérieure », a anéanti au total 50 millions de personnes dont 6 millions de juifs, des enfants, des femmes et des hommes, assassinés dans des camps, des charniers cachés, parfois dans des forêts obscures, selon des plans sciemment et consciencieusement organisés. Aujourd'hui encore, nous découvrons découvre des horreurs issues de cette guerre. Comme le livre, pour la première fois traduit en français, de Matitias Carp « Le livre noir de la destruction des juifs de Roumanie » qui vient nous rappeler la complicité de l'un des régimes les plus terribles envers les juifs, à cette époque. Car l'Holocauste ne s'est pas déroulé sans la complicité au moins passive de beaucoup. Bien sûr, il y eut les Justes que nous avons honorés ici même l'année dernière. Mais il ne faut pas occulter que les nazis ont bénéficié de la complicité de collaborateurs plus ou moins zélés. Partout en Europe, de l'Ouest à l'Est, profitant de ce conflit, des gouvernements ou des groupes organisés menaient des politiques d'éradication envers ceux qu'ils considéraient comme déviants. Les juifs et les tziganes, les homosexuels, les handicapés, les opposants politiques et tous les résistants à leur ordre infâme étaient brimés, humiliés, spoliés, déportés, torturés, assassinés. Seuls ceux qui étaient dans la norme, les « honnêtes gens » qui ne s'occupaient pas de politique, n'avaient rien à craindre, car rien à cacher. Tous ceux-la, bien entendu, n'ont pas collaboré. Mais cette complicité, en actes parfois, mais passive souvent, était l'instrument et parfois le socle de Pouvoirs traduisant en actions des pulsions morbides, dans la seule fin de maintenir un ordre qui avait leur faveur. Cette complicité, ou ce laisser-faire, est l'une des conséquences ultimes, ou l'une des ondes de choc de cette crise économique terrible que fut celle de 1929. Elle a égaré les esprits, exacerbé la haine de l'étranger, la haine de l'autre et en particulier des juifs, désignés comme responsable de tous les maux. Cette histoire encore proche de nous. Aussi, à l'aube de la prochaine élection européenne, c'est à la fraternité des peuples, à l'intérieur des nations comme à l'extérieur des frontières, que nous devons œuvrer plus que jamais. Nous ne devons pas non plus oublier que la diversité est une richesse, que c'est l'autre, différent de nous, qui fait que nous sommes uniques. Pour qu'il n'y ait plus jamais la guerre entre les peuples d'Europe, à la Libération, la France et l'Allemagne ont choisi de se tendre la main. Non pas pour oublier leur passé, mais pour en tirer les enseignements et tenter, à partir de cette fraternité retrouvée, de construire la paix. Cette paix en Europe doit servir d'exemple au monde. Elle doit démontrer que les ennemis irréductibles d'hier peuvent s'engager à construire ensemble un monde meilleur où règnent les valeurs de la démocratie. Car il n'y a pas de paix durable sans démocratie, comme il n'y a pas de démocratie sans égalités sociales et économiques. Car c'est cela que nous enseigne l'Histoire : la monté des inégalités et du sentiment d'injustice, liées à la crise, génèrent la frustration, l'intolérance et la violence. Une violence qui, lorsqu'elle persiste, s'accroît inexorablement, devient impossible à endiguer puis s'institutionnalise et se reporte sur une catégorie de la population, prise comme bouc émissaire. Il est donc impérieux, en cette période, de travailler à préserver le pacte républicain issu de l'après guerre et du conseil national de la Résistance : la sécurité sociale, la retraite des salariés âgés, l'aide aux plus démunis, l'attention à ceux qui souffrent, en un mot construire une société plus juste ou chacun quelque soit son origine a sa chance... Ces valeurs étaient au cœur des préoccupations de ceux qui ont accédé au pouvoir après avoir vaincu le nazisme et son élitisme/racisme morbide et qui ont proclamé : « plus jamais ça ! ». L'un de ces compagnons de la Libération, Serge Ravanel, colonel FFI à 24 ans, libérateur de Toulouse et de sa région, vient de disparaître à 88 ans. Ils ne sont plus aujourd'hui que 51 compagnons de la Libération, survivants. Ce héros de la Résistance a rejoint notre fidèle porte-drapeau de l'UNC 2e section, Emile Bailleau, qui nous a quitté, il y a quelques jours, et auquel je souhaite dédier cette cérémonie. Emile Bailleau aimait beaucoup nos commémorations et malgré la maladie et la souffrance, il tenait à chaque fois à être présent parmi nous. Aujourd'hui, il nous manque. J'adresse à sa femme, sa famille et à tous ceux qui l'ont aimé mes très sincères condoléances. J'ai voulu, dans ce rappel de ces hommes et des moments de notre Histoire, en appeler à l'esprit de responsabilité et à notre jugement critique dans des temps difficiles pour beaucoup d'entre nous. Mais j'aimerais terminer en vous lisant ces quelques mots (issu du recueil Fureur et Mystère) de René Char, poète et Résistant. Ces quelques mots composent un hymne à l'humain car c'est de lui seul, l'humain, que dépend notre avenir : « Celle qui nous portait était sœur du bâton qui dérange la pierre et du nuage qui ouvre le ciel. Elle n'avait pas mépris de nous, nous prenait tels que nous étions, minces ruisseaux nourris de désarroi et d'espérance, avec un verrou aux mâchoires et une montagne dans le regard. » Je vous remercie.

Le Maire

Jacques BOUTAULT

Mesdames et Messieurs,

C'est avec grand plaisir que je vous accueille, à nouveau, dans la maison commune des habitants du 2e arrondissement pour vous présenter les vœux de la municipalité pour cette année 2009. Je voudrais saluer les personnalités présentes : Mme Martine Billard, Députée, M. le commissaire du 2e arrondissement, M. le curé de l'église Notre Dame des Victoires..... Et remercier l'élu de l'opposition municipale pour sa présence. Ce sont les premiers vœux de la nouvelle mandature et je souhaite vous présenter les élus qui constituent la nouvelle équipe du 2e : Dominique Dussart, première adjointe, chargée de l'urbanisme, du logement, de l'environnement et du développement durable, Maxime Des Gayets adjoint au maire chargé de la Démocratie locale, du commerce et du développement économique,Sylvie Wieviorka, adjointe au maire déléguée à la Prévention et la sécurité, Conseillère de Paris, Jean-Paul Maurel, adjoint au maire chargé de la Voirie, des déplacements, des transports, de l'espace public et du Sport, Roberta Bernard, adjointe au maire chargée de la Vie scolaire et de la Petite enfance, Pierre Schapira adjoint au maire chargé des finances et du Budget, adjoint au maire de Paris chargé des relations internationales, des affaires européennes et de la Francophonie, Claire Grover conseillère d'arrondissement chargée de la lutte contre les exclusions et l'action sociale,

Alfred Duduoglu, conseiller d'arrondissement, chargé de la Propreté et du commerce de gros,

Florence Ribard, conseillère d'arrondissement chargée de la Vie associative, Laurent Bureau, conseiller d'arrondissement, Anne Sabourin, conseillère d'arrondissement, chargée la jeunesse.

Je peux vous assurer que cette équipe renouvelée, travaille, à votre service, dans un état d'esprit entièrement dévoué à l'intérêt général, avec enthousiasme et l'envie de réussir son projet, de tenir ses engagements. Et de l'enthousiasme et du courage, il en faudra en 2009 ! Car, vous le savez, le contexte international est tendu, la situation économique est préoccupante. Mais je forme le vœu, puisque l'occasion m'en est donnée, que nous continuons dans le 2e arrondissement à démontrer que la diversité d'origine et d'opinion est une force. Nous ne devons jamais renoncer au dialogue et à l'échange. Respectons nos différences, et même nos contradictions et nos divergences. Ne renonçons jamais à convaincre, mais toujours dans le respect de l'autre. La crise financière qui secoue la planète risque, en 2009, d'atteindre la sphère économique et sociale. Les premières victimes seront d'abord les plus faibles, ceux qui ont le moins de moyens, qui peinent à se loger ou à boucler leurs fins de mois. Aussi, la solidarité ne doit pas être un vain mot, un simple slogan mais au contraire se concrétiser par un effort plus grand en direction de ceux qui ont le moins, les plus démunis, ceux qui n'ont pas de toit, d'emploi ou de famille. Afin de maintenir la nécessaire cohésion sociale qui garantit le « bien vivre ensemble ».

Cette crise, enfin, doit nous questionner sur les valeurs de notre civilisation. De nombreuses irresponsabilités ont été commises, au sein des plus grands organismes financiers, par des spéculateurs peu scrupuleux qui se sont enrichis de façon éhontée. Et ce sont aujourd'hui les épargnants, les contribuables et les salariés qui font les frais de leur irresponsabilité ! J'ai la conviction que l'enrichissement a besoin de limite. L'économie doit être au service de l'intérêt général et non au service de quelques-uns. Cette crise doit avoir le mérite de nous pousser à imaginer une économie au service des besoins humains, respectueuse de l'environnement et axée sur d'autres valeurs que la recherche du profit maximal. Il est urgent de repenser le monde dans le sens de la raison, de la justice et de la sauvegarde de notre écosystème. Car l'exploitation des Hommes, comme des ressources de la planète, mène aux mêmes catastrophes. Dans le 2e arrondissement, au cœur de Paris ville capitale, nous sommes très regardé de l'extérieur. Nous devons donner l'exemple, montrer qu'au quotidien, un autre monde est possible. Plus solidaire, respectueux de nos différences, soucieux moins du court terme que de l'avenir que nous laisserons à nos enfants. C'est dans cet état d'esprit que localement nous agissons. Non sans succès semble-t-il puisque avec une population qui s'est considérablement accrue au cours des années passées, nous pouvons dire que le 2e arrondissement, lui, se porte bien. Nous sommes même l'arrondissement qui, à Paris, au cours de ces huit dernières années, en pourcentage, a gagné le plus d'habitants. Après des décennies d'exode vers la province ou la banlieue, les centres-villes redeviennent attractifs.

Peut-être parce qu'on y trouve un cadre de vie agréable, une pollution en baisse, des services publics actifs et réactifs, des commerces de proximité de qualité et diversifiés, des écoles et des crèches capables d'accueillir les enfants dans de bonnes conditions. Peut-être aussi parce que nous avons la chance d'avoir, dans notre arrondissement, une démocratie participative vivante. Nos trois Conseils de quartier Vivienne-Gaillon, Montorgueil-Saint Denis et Sentier-Bonne Nouvelle sont actifs et fortement impliqués dans la vie locale. Ils ont été renouvelés, il y a quelques semaines. Et je tenais à saluer les nouveaux membres de ces Conseils de quartiers, ainsi que toutes les personnes, nombreuses, qui se sont portées candidates, qu'elles aient été, ou non, finalement retenues par le tirage au sort. Outre les suggestions qu'ils formulent aux élus, les habitants réunis dans ces Conseils s'impliquent fortement dans la création d'événements. Je voudrais citer le Bal de la Bourse, le grand pique-nique de l'été et le bientôt célèbre carnaval du 2e, organisé en lien avec l'association Cerise et les écoles du quartier dont l'école de métiers de la mode ESMOD. Ce Carnaval sera un grand moment festif : il défilera rues Montmartre et Montorgueil le 12 février à 14h00 et à 19h00. Au cours de cette année, nous multiplierons les événements culturels : la fête du logiciel libre, la fête de la musique, nous organiserons avec la scène du Balcon des événements autour du livre et, cet été, la bibliothèque Charlotte Delbo ira hors ses murs à la rencontre de ceux qui ne partent pas en vacances dans le Sentier, et s'installera place d'Alexandrie. L'Autre écran, notre ciné de quartier, qui se tient salle Jean Dame les mardis et jeudis offrira des séances supplémentaires. Avec le Conservatoire Mozart de Paris centre nous vous proposerons des concerts de musiques actuelles (électro-acoustiques, rock, jazz, hip hop) en mairie d'arrondissement. Le classique ne sera pas oublié avec un festival consacré au Hautbois. Les événements sportifs ne seront pas non plus absents de notre programmation. Puisque avec Jean-Paul Maurel nous allons pérenniser la manifestation de Roller-skating place Bourse, ainsi que les randonnées culturelles organisées dans le cadre de Paris respire et profiter du calme des rues, le dimanche, pour proposer des séances de marche nordique, auxquelles s'ajouteront des initiations à l'escrime et au rugby place la Bourse. Avec la FCPE nous organiserons une journée d'accueil et de présentation des métiers au sein du Palais Brongniart à destination des collégiens de Paris centre. Nous donnerons mieux la parole aux Parents d'enfants dans les crèches en créant un conseil de Parents, comme il existe des Conseils d'écoles. Avec Roberta Bernard, nous serons toujours aussi attentifs aux conditions d'accueil des élèves dans les écoles, en lien avec les directrices et directeurs d'écoles que je tiens à saluer et remercier pour leur professionnalisme. J'ajoute que je suis très heureux de pouvoir proposer désormais (depuis ce mois de janvier) 60% de plats issus de l'agriculture biologique aux élèves qui déjeunent dans les restaurants scolaires. Le Grenelle de l'environnement propose d'atteindre 20% de bio dans les cantines scolaires d'ici 2012... nous avons un peu d'avance ! Par ailleurs, nous travaillons d'arrache pied avec Roberta Bernard et Dominique Dussart, à l'implantation d'une nouvelle crèche dans l'arrondissement pour répondre aux besoins des nouvelles familles qui nous rejoignent ou des familles qui s'agrandissent. Pour les plus petits j'ai souhaité, à la demande de parents du quartier de relancer l'idée d'une aire de jeu square Louvois pour laquelle il n'y a plus qu'à convaincre les architectes des bâtiments de France. Nous allons également ouvrir, pour les enfants de l'école Beauregard, un jardin pédagogique, square Bidaut.

Sous l'impulsion de Maxime des Gayets, dès le prochain conseil d'arrondissement, nous prendrons une initiative pour qu'un programme d'aide à l'implantation de commerces de proximité soit mis en place dans le quartier Vivienne-Gaillon, rue Sainte Anne et alentour. Avec Jean-Paul Maurel, nous sommes intervenus pour que le dossier de mise à double sens des Grands Boulevards soit ressorti des tiroirs. Une étude va être lancée en 2009 pour une mise en œuvre l'année suivante dont l'objectif est de réduire encore la circulation de transit dans le quartier du Sentier. Pour un arrondissement plus propre, j'ai avec Alfred Duduoglu, choisi de faire confiance aux services municipaux. Les pouvoirs des maires vont être renforcés en ce domaine et je compte bien que notre arrondissement s'améliore encore de ce point de vue.

Nous poursuivrons aussi avec Dominque Dussart, nos efforts pour créer plus de logements sociaux et lutter contre l'insalubrité. En particulier, l'Opération programmée d'amélioration de l'habitat dans le quartier du Sentier, que nous avons votée au mois de septembre devrait démarrer au cours du premier trimestre de cette année. Nous allons aussi travailler avec la Régie quartier Arts et Métiers pour étendre ses compétences à notre arrondissement afin que cette structure d'économie sociale et solidaire puisse faire travailler des habitants sans emploi de notre arrondissement et, dans le même temps, participer à des travaux d'entretien de voirie ou d'amélioration énergétique des immeubles. Enfin, pour dynamiser l'économie locale, les propositions concernant l'avenir du Palais Brongniart (la bourse) devraient être mises en débat au cours de cette année ; l'idée étant de faire évoluer cet équipement vers un lieu, ouvert au public, dédié à l'économie numérique et au développement durable. Sans attendre, nous organiserons au mois de juin, dans ce lieu prestigieux, un forum de l'emploi des métiers de l'économie numérique.

Bien sûr, nous devons encore nous améliorer et j'ai bien conscience du manque de logement au loyer abordable, du déficit de place en crèche. Je connais les difficultés de riverains qui subissent les nuisances et bruits nocturnes de petits groupes inciviques. Nous ne lâcherons pas l'affaire et je n'aurai de cesse, avec Sylvie Wieviorka, en lien avec le commissariat, que le calme soit rétablit rapidement à là où se pose ces problèmes. Et avec Jean-Paul Maurel nous travaillerons, en relations avec les associations de commerçants, à mieux réguler les terrasses qui parfois s'étendent un peu trop loin de leur base. Il y aurait encore tant à vous dire.... Sur le Forum des associations que prépare Florence Ribard, les projets en direction des personnes âgées de Claire Grover ou les initiatives du Conseil des jeunes que pilote Anne Sabourin, tout ceci sous l'œil attentif du délégué au Budget Pierre Schapira...

Beaucoup à vous dire, mais j'ai conscience d'avoir déjà été bien long. Et nous aurons l'occasion tout au long de l'année de nous rencontrer à nouveau lors d'événements ou de réunions publiques.

Alors, laissons place à la fête ! Les buffets ont été préparés par les boulangers-patissiers du 2e Collet et Colin (qui s'est mis au bio pour l'occasion !). Corbeille et Tradition nous propose des fruits et légumes bio. Isanoé, les délicieux petits gâteaux orientaux. Le Monde Gourmand (l'entreprise d'insertion de la Clairière) le jus de gingembre (bio). Les jus de fruits et le Champagne sont bio aussi. Et l'eau est celle de la Ville ; une eau bientôt (courant 2009 !) entièrement remunicipalisée. Je voudrais aussi remercier le collectif d'artistes "Le vent se lève" qui va animer la soirée. Comme tous les ans j'ai choisi, plutôt que des classiques décorations lumineuses, consommatrices d'énergie, de donner carte blanche à des artistes pour un spectacle vivant. Ils vont animer la mairie de leurs créations.

Je tiens à saluer en particulier le sculpteur Ruben Gomez qui a créé, spécialement pour nous, la structure "Le monde" dans la cour et "La planisphère" dans le hall.

Voilà, c'est avec une conviction toujours intacte et la même passion de servir Paris et le 2e arrondissement, que je souhaite, à chacun, en 2009, le meilleur. Une vie personnelle harmonieuse, en compagnie de ceux que vous aimez. Une vie professionnelle accomplie, dans un environnement serein. Et surtout une bonne santé. Portez-vous bien ! Bonne fête et amusez vous, en compagnie des artistes du collectif « Le vent se lève » !

Le maire

Jacques BOUTAULT

Discours de Jacques Boutault

Mesdames et Messieurs les élus,

« C’est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source », disait Jean Jaurès qui a tant fait pour la condition humaine et l’aide aux plus démunis.

Au moment où vous m’accordez la responsabilité de conduire la nouvelle équipe municipale et où j’entame mon second mandat, je tenais à faire mienne cette citation. Elle nous engage, en effet, à poursuivre ensemble le travail que nous avons entamé, sans perdre de vue notre idéal. Elle nous invite à rester fidèles aux valeurs qui sont les nôtres de fraternité, de justice sociale et de respect de l’autre, ni jamais perdre de vue que nous ne faisons que passer et que nous devons donc agir en pensant à ceux qui vont nous suivre, aux générations futures, à qui nous devons livrer un monde vivable.

Aussi, je tiens d’abord à vous remercier, Mesdames et Messieurs les élus, pour votre confiance et, à travers vous, à remercier toutes les électrices et tous les électeurs qui nous ont confié la difficile, mais ô combien passionnante, mission de les représenter durant les six prochaines années et de mettre en œuvre le projet sur lequel nous nous sommes engagés devant eux.

Merci aussi à tous les citoyens qui sont mobilisés, quel que soit le vote qu’ils ont exprimé. Je souhaite adresser des remerciements particuliers en direction de celles et ceux qui m’ont fait confiance dès le premier tour et à celles et ceux qui en votant pour la liste de rassemblement de la gauche et des Verts que j’ai conduite au second tour ont souhaité que nous continuions ensemble.

Merci aussi à mes colistiers et à tous les membres des comités de soutien.

Je tiens à saluer l’énergie et le dévouement des militants écologistes mais aussi socialistes, communistes, citoyens et radicaux qui n’ont pas ménagé leur peine et dont l’engagement a contribué à notre succès. J’exprime, à nouveau, pour son sens des responsabilités politiques, ma reconnaissance à Sylvie Wieviorka qui a, sans hésitation, à la demande du Maire de Paris, et conformément aux engagements que nous avions pris, accepté que je conduise, au second tour, notre liste de rassemblement.

Je me réjouis que le score de cette liste (68,34%, un score historique pour la gauche dans le 2e arrondissement), permette à Pierre Schapira d’être élu au Conseil de Paris en lui offrant ainsi la possibilité de poursuivre son action internationale auprès du Maire de Paris.

Merci enfin à l’opposition, aux candidats des listes UMP et Modem, pour avoir contribué, par leurs propositions, à enrichir notre réflexion collective.

Maintenant nous devons nous mettre au travail. Dans le cadre de la mission que vous venez de me confier, j’agirai avec constamment en tête le sens de l’intérêt général et en m’efforçant d’être juste. A la place qui est la mienne, j’entends bien être le maire de tous les habitants du 2e arrondissement, dans toute leur diversité, quelle que soit leur condition sociale et leur opinion.

Avec une volonté et un enthousiasme renouvelés, je continuerai à travailler, avec la nouvelle équipe municipale, pour améliorer la qualité de vie, favoriser l’emploi et le commerce de proximité et à agir, au quotidien, avec une attention particulière en direction des plus démunis, dans le cadre d’une politique globale de lutte contre les pollutions et le dérèglement climatique.

Notre feuille de route est claire. Avec la nouvelle équipe municipale je souhaite continuer à bâtir un arrondissement dans lequel chacun ait sa place. Où chacun se sente écouté et respecté.

Nous allons amplifier nos efforts pour améliorer encore les conditions de logements en ayant pour objectif de doubler l’offre de logements sociaux et intermédiaires.

Nous poursuivrons notre action pour que les parents puissent trouver une solution de garde pour leur enfant et reprendre ainsi une activité professionnelle après la naissance. L’école publique (et la qualité des conditions d’enseignement) restera l’une de nos priorités.

Nous agirons pour augmenter l’offre de produits bio servis dans les restaurants scolaires. Mais aussi dans les crèches et les résidences pour personnes âgées.

Défendre le commerce de proximité, mieux dialoguer avec les grossistes, seront aussi des axes importants de notre action, tout comme faciliter les livraisons, améliorer et sécuriser les déplacements par des aménagements de voirie et le développement des moyens de transport de substitution à la voiture individuelle.

Notre arrondissement, au cœur de Paris Métropole, doit être exemplaire en matière de pratiques démocratiques, de qualité de vie, de propreté des rues et de sécurité des habitants comme des visiteurs.

Nous travaillerons avec les associations dans le respect de leur indépendance. Nous continuerons à concerter pour tout projet important concernant l’arrondissement et, à ce titre, les conseils de quartier renouvelés et dotés de moyens supplémentaires auront un rôle important à jouer.

Au delà de ces orientations, nous porterons une attention particulière à ceux qui souffrent de l’exclusion, parce qu’ils sont âgés, handicapés ou qu’ils n’ont pas de toit et vivent dans nos rues.

Nous devrons tisser des liens avec ces personnes et, en particulier, les jeunes de notre arrondissement.

Nous devrons aussi agir pour stimuler l’emploi en inscrivant résolument notre arrondissement comme un territoire d’accueil et d’innovation en matière d’économie numérique.

Nous héritons d’un patrimoine culturel exceptionnel. Nous devons le rendre vivant, l’animer et mieux le lier aux pratiques artistiques locales que nous devrons encourager et mieux aider.

Nous retrouverons aussi le goût de la fête, en particulier en pérennisant le carnaval du 2e arrondissement et en organisant des événements sportifs.

Bien sûr, au-delà de ces engagements, nous devrons continuer à penser, innover, être créatif et réactif. Je souhaite que notre action, dans tous ces domaines, se caractérisent par la recherche de l’esthétique qui est souvent la marque du geste juste. Pour reprendre la phrase de Paul Eluard : « Il faut passer sa vie à la recherche entêtée de ce qui ne déshonore pas la poésie ».

Avant de conclure, je propose que nous ayons une pensée pour le peuple tibétain, outrageusement réprimé. Son légitime combat pour la liberté fait écho à l’histoire du peuple de Paris, faite de cette aspiration universelle à la liberté. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité que symboliquement, en signe de solidarité, le drapeau tibétain soit hissé au fronton de la mairie aux côtés des drapeaux français et européen.

En entamant cette deuxième mandature, je ne peux m’empêcher d’éprouver une certaine émotion. Je repense au maire inexpérimenté qui prenait ses fonctions il y a 7 ans. Et si j’éprouve moins d’appréhension aujourd’hui, je peux vous assurer que c’est avec la même détermination, la même envie de réussir notre projet, armé des mêmes convictions et avec une passion intacte pour l’intérêt général et l’action publique que j’aborde ce second mandat.

Jacques Boutault

Madame la Députée, Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le Ministre conseiller de l’ambassade d’Israël à Paris,

Monsieur le vice-Président de Yad Vashem France,

Mesdames et Messieurs,

Chers enfants,

Je suis très fier d’accueillir en mairie du 2e arrondissement cette cérémonie de remise des médailles des Justes entre les Nations.

La Mairie du 2e arrondissement vous y accueille et je dois en remercier Paul Ejchenrand, délégué pour Yad-Vashem, qui m’en a fait la proposition et que j’ai, bien entendu, immédiatement acceptée.

Cette cérémonie, dans la maison commune des habitants du 2e, est un symbole fort, pour notre collectivité, riche de la diversité des origines de ses habitants.

Mais la remise de la Médaille des Justes est aussi une cérémonie importante au regard de l’Histoire.

Elle signifie d’abord que nous n’oublions rien du passé de notre pays, fut-il douloureux. C’est même un devoir que de se souvenir. Car « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ». Il peut-être amené à reproduire les erreurs du passé.

Se rappeler les pires moments de notre histoire, ce devoir de mémoire, nous le faisons, notamment, lorsque nous fleurissons, tous les ans, les stèles que nous avons apposées, au début de cette mandature, dans toutes les écoles où des enfants juifs ont été déportés avec la complicité du gouvernement de Vichy.

Mais si cette une cérémonie d’aujourd’hui est particulièrement émouvante c’est parce qu’elle rappelle qu’à l’heure où notre pays était anesthésié, humilié, par une occupation étrangère et ses rafles immondes, il y eut des femmes et des hommes – anonymes - qui choisirent de n’écouter que leur conscience et leur courage.

Entre 1940 et 1944, plus de 75 700 juifs ont été déportés de France : des enfants, des femmes, des hommes envoyés vers la mort. Plusieurs millions de Français gardaient le silence ; l’immense majorité. Quelques-uns collaboraient à cette ignoble entreprise.

Mais d’autres ont tendu la main. Malgré les risques et les dangers pour leur vie, ils ont tenté de sortir des Juifs des griffes nazies. Des Juifs, mais d’abord à leurs yeux, des amis, voisins, des relations de travail… Au plus profond du désespoir, parfois, renaît l’espoir.

Je suis très heureux de rendre hommage à ces héros. 16 000 ont été identifiés dans notre pays. Ils auraient contribué à sauver plus de 225 000 vies.

Aujourd’hui, nous célébrons quatre de ces héros : Lucienne-Jeanne BOUTET, René DUMONTEL, Marie MENOU, Mathilde REITZ et son fils René.

Nous leur rendons hommage à travers leurs ayants-droits et les témoins de leurs actes, en présence des élèves du collège César Franck, et de l’école de la Bijouterie de la rue du Louvre.

Car ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui passeront le relais de cette mémoire du courage et de l’honneur. Ce sont les jeunes qui transmettront cette manière de vivre fraternelle qui doit être la nôtre, quels que soient les événements qui se produisent autour de nous.

Ces actes de bravoure, de désobéissance civique, sont exemplaires pour les générations futures. Ils démontrent que, lorsque la loi est absurde, qu’elle heurte profondément notre conscience car elle humilie des êtres humains, désobéir devient un devoir.

C’est la preuve, aussi, qu’il était – qu’il est - toujours possible de dire non et d’agir contre la barbarie. C’est la preuve qu’il était - qu’il est - possible de résister pacifiquement, sans autre arme que sa tête, son cœur et son courage.

Que le nom de ces héros reste, à jamais, gravé dans l’Histoire de l’humanité. 

Mesdames et Messieurs,

En ce 17 janvier, qui nous voit réunis – dans toute notre diversité - pour entrer de plain pied dans la nouvelle année, je voudrais d’abord, et vous n’en serez pas surpris, vous remercier d’être aussi nombreux dans notre maison commune.

Je voudrais saluer les personnalités présentes : Mme Martine Billard, Députée, M. le commissaire du 2e arrondissement, MM. les représentants des autorités religieuses, …..

Des vœux que je vous présente, au nom de toute l’équipe municipale. Et remercier aussi les élus d’opposition municipale pour leur présence.

Vous le savez, ces vœux sont un peu particuliers. Ce sont les derniers de cette mandature. Les 9 et 16 mars prochains seront organisées dans le 2e arrondissement, comme à Paris et partout en France, les élections municipales.

Je souhaite que ce rendez-vous démocratique soit l’occasion d’une confrontation pacifique d’idées, basées sur la vérité et la sincérité.

Déjà 7 ans ! Oui, sept ans passé ensemble !

Et s’il me faut rester factuel, car je ne dois pas « vanter » les réalisations municipales, je peux tout de même, avec vous, regarder le chemin parcouru et faire le constat que le 2e a beaucoup changé. Et, je le crois, affirmer que nous y vivons mieux qu’il y a 7 ans.

J’en veux pour exemple emblématique le nouvel équipement public, inauguré aujourd’hui même. Cet immeuble de la place des Petits-Pères a été entièrement réhabilité. Il accueille une crèche de 60 berceaux sur les trois premiers niveaux. Sur les trois niveaux supérieurs, l’ancienne bibliothèque a fait peau neuve en doublant sa surface et comprend une médiathèque. Cette bibliothèque porte désormais le nom de l’écrivaine, Résistante, Charlotte Delbo qui survécut à la déportation.

Avec l’aboutissement de ce grand projet, nous aurons, en 2008, concrétisé l’ensemble de nos engagements pour le 2e arrondissement.

Outre le nombre de places en crèche augmenté de 60%, toutes les écoles ont été restaurées, le bio a fait son apparition dans les menus scolaires, nous avons planté plus de 70 arbres, le nombre de nos logements sociaux a été multiplié par deux, un marché alimentaire a été créé, des espaces verts ont été aménagés ou réhabilités, de nombreux trottoirs ont été élargis, des rues piétonnisées, les déplacements à vélo ont été facilités, une maison des associations a été ouverte, les habitants ont pu s’exprimer à travers les conseils de quartier…

Je voudrais à ce propos souligner la qualité du travail mener avec les associations : La Clairière, Cerise, l’Autre écran, la Scène du Balcon, l’AMEJD, l’Office du mouvement sportif et les associations d’anciens combattants (FNACA et UNC2e) pour ne citer qu’elles.

J’ai souhaité que les associations soient dotées de moyens pour faire vivre leurs projets, tout en garantissant leur indépendance, sans interventionnisme sur le contenu de leur action.

Au final, nous avons mis en œuvre notre projet et tenus les engagements pris.

Nous pouvons être, collectivement, fiers de cette réussite. Car vous savez à quel point je suis attaché à une parole de vérité, ancrée dans le réel et le vécu des habitants, que je partage au quotidien.

Mais ce qui a peut-être le plus changé et dont je suis le plus fier, c’est l’écoute et l’attention portées à l’autre. La confiance dans la parole donnée. La parole qui engage, en lien avec les actes posés.

Nous avons tenté, ici, de faire ce qu’on n’avait jamais fait dans un arrondissement de Paris : mener une action publique où le citoyen, l’être humain, est placé au cœur des préoccupations, et où améliorer l’environnement et bâtir une vie meilleure, pour tous, est une constante priorité.

Une politique où la place des familles en centre ville est réaffirmée et facilitée. Une politique où les plus faibles, les plus démunis, ceux qui n’ont pas de toit, pas de travail ou pas de familles, parce qu’ils sont seuls ou âgés sont, aussi, écoutés et respectés.

Une politique où se parler, dialoguer, se concerter contribue à faire baisser la violence, génère du respect et permette qu’émergent des solutions aux problèmes posés.

Une politique où les mots de fraternité et de solidarité reprennent tout leur sens dans un monde où l’argent est roi. Alors que l’argent, s’il est un bon valet, est un bien mauvais maître.

Une politique qui se préoccupe des générations futures, tournée vers l’avenir, et pas seulement obnubilée par le court terme.

Car vous le savez, la planète ne va pas bien. Et nous devons, à la fois, agir contre le dérèglement climatique et lutter contre les injustices du monde.

En évoquant la planète, je ne m’éloigne pas du 2e arrondissement. J’ai la conviction que c’est en agissant localement, ici et maintenant, que nous pouvons espérer faire changer le cours des choses. Il n’y a pas de fatalité !

C’est en travaillant à construire, là où nous vivons, une société plus juste, plus humaine et plus respectueuse de l’environnement que nous participons, à notre mesure, à une amélioration plus globale.

« Soyons nous-mêmes, le changement que nous souhaitons voir advenir dans le monde », disait Gandhi.

Ce que nous faisons, la façon dont nous agissons, sont des exemples qui peuvent faire tache d’huile ailleurs à Paris, en France, en Europe, dans le monde. On nous regarde ! On regarde Paris dans le monde. Son influence est grande.

Et je ne crois pas que les élus et responsables politiques changent les choses à eux seuls. Les conseillers de quartiers l’ont démontré durant toute cette mandature : c’est collectivement que nous pouvons améliorer et organiser différemment notre vie. Ensemble, nous pouvons influencer le cours des choses.

Alors, les élections sont proches et chacun s’exprimera selon ses convictions en son âme et conscience. C’est vous qui aurez le dernier mot.

Pour sa part, dans un arrondissement qui a gagné beaucoup d’habitants, la mairie est en charge de l’organisation du scrutin.

Le nombre d’inscrits sur les listes électorales de l’arrondissement s’est accru.

De 8 600 en 2001 à 11 500 aujourd’hui, nous comptons plus de 20% d’électeurs en plus qu’en 2001.

Nous avons tenu compte de ce nombre important d’électeurs et, afin que l’exercice démocratique puisse se dérouler dans les meilleures conditions, nous avons créé un bureau de vote supplémentaire.

Cette forte augmentation des inscriptions est la confirmation que notre arrondissement a enrayé la perte d’habitants qu’il connaissait depuis le 19e siècle ! C’est une tendance historique qui s’inverse. Nous y aurons contribué !

Pour terminer un petit mot des événements de ce début d’année auxquels je vous invite à participer.

La remise de la médaille des Justes le 31 janvier, à 16h00, en Mairie d’arrondissement. Car vous savez à quel point je suis attaché au devoir de mémoire. La médaille des justes est remise à des non-juifs qui ont sauvé des juifs durant la guerre. Nous honorerons à cette occasion les ayant-droits de ces héros disparus dans l’anonymat.

Le 21 février, c’est Carnaval ! Avec les associations de quartier, les écoles, nous ferons perdurer la tradition cette tradition de la fête, avec un défilé dans les rues de l’arrondissement.

Je vous donne aussi rendez-vous pour une magnifique exposition artistique sur l’eau - l’un des biens communs essentiels à l’humanité. Exposition suivie d’un débat avec des personnalités du monde politique le 22 février en Mairie.

Nous organiserons, avec L’Autre écran et la Clairière, dans le cadre de la journée internationale des femmes, durant une semaine, début mars, une série de rencontres, débats et dialogues.

Enfin, derniers travaux de la mandature : l’aménagement du carrefour Louvois Richelieu pour sécuriser la traversée école. Avec la création, à la demande des parents d’élèves, d’une signalisation lumineuse tricolore au niveau du carrefour formé par les rues de Richelieu, Louvois et Colbert.

Je ne veux pas retenir votre attention plus longtemps.

Mais en vous adressant ces derniers vœux de la mandature, je voudrais vous dire combien j’ai été personnellement heureux de vivre ces 7 années à vos côtés.

Merci de m’avoir fait confiance. Merci de m’avoir fait vivre ces moments intenses et riches.

Merci pour les idées que vous m’avez suggérées, pour vos remarques, pour vos critiques aussi. Merci d’avoir exigé de moi le meilleur.

Merci pour votre enthousiasme, votre générosité.

Merci pour l’énergie que vous m’avez transmise, que vous avez transmise à l’équipe municipale, et qui nous a permis d’avancer.

On peut faire parfois des erreurs, mais je me suis toujours efforcé d’être juste.

C’est dans cet état d’esprit que j’ai travaillé, avec le souci de l’intérêt général ; entièrement dévoué au service de la mission qui m’a été confiée, pour le bien-être de tous, je l’espère.

C’est donc avec une conviction intacte et la même passion de servir Paris et le 2e arrondissement, que je souhaite, à chacun, en 2008, le meilleur. Une vie personnelle harmonieuse en compagnie de ceux que vous aimez. Une vie professionnelle accomplie. Et surtout une bonne santé.

Et comme une cérémonie de vœux c’est une fête qui doit nous rassembler, au-delà de nos différences, autour des valeurs de la démocratie, de la convivialité, de la fraternité, je vous souhaite une bonne soirée en compagnie des artistes facétieux de la Femme Tentaculaire !

Merci, et je l’espère, à l’année prochaine !

Le maire

Jacques BOUTAULT

Jeudi 17 janvier 2008

Mandature 2001-2008

Discours pour la Commémoration de la Libération de Paris

(25 août 1944)

Mesdames et Messieurs les élus,

Le temps qui passe n’efface pas le souvenir. La Libération de Paris que nous commémorons aujourd’hui demeure, et demeurera, inscrite dans l’Histoire comme l’expression et le symbole de l’aversion profonde des Parisiens pour l’arbitraire et l’injustice. Comme un acte de foi laïque – porté jusqu’au sacrifice suprême - dans les valeurs qui fondent notre République : la liberté, l’égalité, la fraternité.

Il aurait été pourtant facile d’attendre patiemment les armées alliées, récemment débarquées en Normandie. Mais se battre, et pour certains mourir, après cinq années d’occupation infâme et outrageante - avec son cortège de privations, de tortures et de peurs - se battre et pour certains mourir, pour libérer sa ville, était, pour les Parisiens, un devoir.

Notre ville, capitale de la France – humiliée par la défaite – allait ainsi relever la tête et retrouver sa fierté. En se libérant par eux-mêmes, les Parisiens ont lavé l’affront qui leur avait été fait.

Insurgés, ils entrent définitivement dans l’Histoire comme un peuple insoumis, indomptable, courageux.

Faut-il le rappeler, ces jours de guerre, dans les rues de Paris, furent terribles. Lorsque l’on cria « Halte au Feu », on releva des milliers de blessés, on compta des milliers de morts, civils et militaires.

Leur sacrifice n’aura pas été vain. Ce vendredi 25 août 1944, il était 15h30 devant la gare Montparnasse quand, après plusieurs jours de combat, les troupes d’occupation s’avouèrent enfin vaincues.

L’insurrection de Paris commence le 10 août : sans attendre les troupes du Général Leclerc. Car les alliés ont un autre objectif : gagner l’Allemagne pour atteindre le cœur du régime nazi. Paris choisit donc se libérer avec ses propres forces : les Forces Françaises de l’Intérieur, les combattants civils et militaires du Conseil National de la Résistance et le Comité Parisien de la Libération.

En quelques jours, les Parisiens, et en particulier le monde du travail, s’organise. Les cheminots se mettent en grève, puis les employés du métro, puis les policiers et les postiers. Ce sont les pompiers qui, avant même la fin des combats, hissent le drapeau tricolore sous l’Arc de Triomphe.

Paris martyrisé relève la tête. Les murs de la ville se couvrent d’affiches qui appellent à l’insurrection. Par dizaines de milliers, les Parisiens répondent à l’appel du colonel Rol-Tanguy, chef régional des FTP-FFI, qui lance l’ordre de constituer des barricades. On en comptera 400, autant que sous la Commune ou durant les journées de juin 1848.

Et il en fallait du courage aux Parisiens ! Car dans les rues, on compte encore 16 000 soldats d’occupation, nerveux, inquiets et lourdement armés. De nombreux chars et véhicules blindés sillonnent la capitale, continuant leur travail meurtrier.

Partout on se bat. Y compris dans les bâtiments officiels. Mais le 22 août, les armes et munitions commencent à manquer aux insurgés. Cela prend mauvaise tournure. Un adjoint de Rol-Tanguy réussit à passer les lignes et à prévenir le général Leclerc : « La situation est désespérée » dit-il. « Tenez bon, nous arrivons », répond Leclerc.

Car Leclerc qui fonce vers l’Allemagne avec les forces alliées, réussi à d’obtenir d’Eisenhower son accord pour se dérouter.

Encore à 200 km de la capitale le général Leclerc, détourné de son itinéraire initial, fonce vers Paris à marche forcée. Le 24, en début de soirée, il délègue le Capitaine Dronne qui avec sa 9e compagnie, composée en grande partie de volontaires espagnols, franchit le premier les portes de la capitale.

Il était temps. Les Parisiens sont exsangues, ils se battent pied à pied, rue par rue. Car les nazis, hargneux, ne peuvent croire à leur défaite.

Le 25 août à 9 heures du matin, les autres colonnes de la 2e DB entrent dans la Capitale et portent le combat jusqu’à l’hôtel Meurice, siège du commandement militaire ennemi qu’il oblige finalement à se rendre. Il est 15h30… Paris est officiellement libéré du joug nazi.

Devant une foule en liesse, du balcon de l’Hôtel de Ville, le Général De Gaulle dira un peu plus tard, après sa descente triomphale des Champs Elysées : « Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l’émotion qui nous étreint tous ? »

Je ne doute pas qu’aujourd’hui, en ce 63e anniversaire de la Libération de Paris, vous aussi, Mesdames et Messieurs les témoins ou descendants des combattants, vous ne ressentiez encore cette émotion. Une émotion bien légitime que nous éprouvons tous, à nous souvenir du courage du peuple de Paris qui pris son destin en main et choisi de lutter, coûte que coûte.

Ici même, aux portes de la Mairie du 2e arrondissement, comme le rappelle la plaque commémorative apposée à l’entrée de notre bâtiment, une barricade fut érigée par des hommes, des femmes et même des enfants. L’un de ces enfants, parmi nous aujourd’hui, avait dix ans à l’époque : Michel Schouker que je salue particulièrement.

Alors oui, restons émus et n’oublions jamais. 

Il y a 67 ans aujourd’hui que le général de Gaulle lançait l’Appel du 18 juin aux forces de la résistance, depuis un micro de la BBC à Londres.

Confronté à la catastrophe, face à la débâcle, devant des Français anesthésiés par la démission de leur gouvernement, des patriotes anéantis par la défaite militaire, et des citoyens humiliés par le défilé de la puissance de l’Allemagne nazie sur le territoire, un homme, un homme seul a choisi de dire « non ».

Son idée, insensée, solitaire, risquée est lancée comme un défi à ceux qui se résignent. Un défi à la grande vague qui s’était abattue sur la France, laminant tout sur son passage, écrasant toute diversité et toute liberté et démocratique.

Dans son Appel, qui courrait sur les ondes et que bien peu ont entendu, Charles de Gaulle évoque la force militaire allemande. Il rappelle la puissance de la tactique allemande et son effet de surprise. Il disait : « Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire ».

Le général de Gaulle exhortait à reprendre courage. A se forger un espoir. Il en appelle aux forces qui sont en nous : utilisez-les, c’est possible et c’est un devoir.

Son appel a permis de soulever un vent d’espoir.

Ceux qui ont entendu cette voix de la résistance l’ont peu à peu relayé. Ils en ont parlé à leur entourage, à leurs compagnons, à leurs amis, à leur famille. Et, dans l’ombre, dans la clandestinité, ce que de Gaulle appelait « La flamme de la résistance française » a commencé à briller, d’abord faiblement, hésitante, ici ou là ; puis avec vigueur et partout, les forces de l’intelligence et de la résistance se sont levées, se sont organisées, ont combattu.

Ainsi celui qui, seul, avait dit « non », se trouve, peu à peu entouré et rejoint, à Londres. En France, nourris par l’espérance, les forces démocratiques - des femmes et des hommes, soldats ou simples citoyens, ont relevé la tête, n’acceptant pas la défaite.

C’est la leçon d’histoire que nous livre cet Appel : parfois, une idée, contraire à l’évidence, encore inaudible au milieu du vacarme de la mode et des convenances est un phare dans l’obscurité des consciences.

Aujourd’hui, nous sommes réunis au pied du Monument aux morts pour nous souvenir. Pour rendre hommage à tous ceux qui répondirent à l’Appel et choisirent, eux aussi, de dire « non » et de résister.

Le Maire

Paris, le 18 juin 2007 

Le 8 mai 1945, il y a aujourd'hui 62 ans, l'Allemagne nazie capitulait sans condition, vaincue par la coalition des Alliés. Au quartier général d'Eisenhower, à Reims, était signé l'acte solennel qui mettait fin à la seconde guerre mondiale.

La victoire mit un terme à une guerre qui, pour la première fois, a placé des populations civiles au cœur du conflit. La déportation massive vers des camps d'extermination d'enfants, de femmes et d'hommes est un fait majeur de cette guerre.

La purification ethnique s'inscrit au cœur de la politique hitlérienne. Les juifs, les tsiganes deviennent les boucs émissaires désignés. Toute opposition politique, notamment communiste, est l'objet d'intimidation, de répression violente puis éliminée physiquement. Les handicapés, les homosexuels sont aussi victimes de cette politique de purification.

La conception raciale de la nation, associée à un patriotisme exacerbé, pousse à une guerre de conquête. C'est d'abord au nom de la construction de la Grande Allemagne qu'Hitler envahi ses voisins. La guerre expansionniste est motivée par la conviction de la supériorité de la race aryenne sur toutes les autres et justifiée par un désir de revanche.

Des millions d'hommes et de femmes paieront de leur vie cette folie meurtrière. La dramatique mise en œuvre de la logique hitlérienne a conduit au massacre organisé, planifié, industrialisé plus de six millions de juifs, tsiganes, homosexuels, handicapés et opposants politiques. Les combats pour mettre fin à ce délire idéologique ont entrainé 50 millions de morts.

Comment en est-on arrivé là ? Comment dans une Europe qui a vu naître en son sein tant de grands philosophes et humanistes, une telle barbarie ait pu prendre corps ? Il serait téméraire de prétendre résumer en quelques phrases, la montée des totalitarismes en Europe et les origines de la seconde guerre mondiale.

Quelques lignes de force se dessinent cependant. Parmi celles-ci, il y a d'abord l'héritage d'avant 1914. L'antisémitisme qui, cinquante ans auparavant, durant l'affaire Dreyfus, déchaîne en France les passions et laisse des traces indélébiles. Le premier conflit mondial éclate alors que ces plaies sont à peine refermées.

La difficile victoire de la France, en 1918, laisse notre pays exsangue. Les Allemands se sentiront humiliés par les conditions imposées par le traité de Versailles. Après l'illusion de la prospérité des années 20, durant lesquelles les inégalités s'accroissent au sein des deux pays, la crise des années 30, la plus grande crise du capitalisme mondial, vient frapper de plein fouet les économies industrielles en développement. Puis on assistera en France à la défaite des mouvements ouvriers et à la « Révolution manquée » du Front populaire, en dépit de ses conquêtes sociales.

L'Allemagne plus durement touchée par la récession s'enfonce dans une crise profonde et durable. On compte outre-Rhin 6 millions de chômeurs en 1932. Dans le même temps, le parti nazi connaît une progression électorale constante.

Dans toute l'Europe, le renouveau nationaliste se manifeste dans l'opinion. On assiste au retour du sentiment de fierté nationale, à la restauration des valeurs traditionnelles, au respect pour l'ordre établi et la discipline. On se réfère au mythe de l'homme providentiel et autoritaire, on craint la menace étrangère.

L'antisémitisme, mal ou jamais éteint, ressurgi.

Dans un contexte de terreur et d'intimidation, le parti nazi recueille 37% des suffrages aux élections de 1932. En 1933, Hitler devient Chancelier et accède légalement au pouvoir.

L'irrémédiable est commis. L'engrenage est ensuite rapide : tentative d'annexion de l'Autriche qui échoue de justesse, occupation de la Rhénanie remilitarisée en violation du traité de Versailles, incendie du Reichstag, établissement de la dictature nazie. Dès 1933, le premier camp de concentration est créé à Dachau. Puis viennent l'invasion des Sudètes, les premiers pogromes juifs en 1938. Et Munich, qui marque l'impuissance des démocraties face au péril qui les menace. En 1939, suite à l'invasion de la Pologne, l'Angleterre et la France déclarent la guerre.

Trop tard, sans doute. L'œuf du serpent totalitaire a éclos, répandant son venin raciste, antisémite et totalitaire. Les graines de la haine se sèment longtemps à l'avance.

La guerre est la pire des issues quand toutes les autres solutions ont échoué. Comment, dans ces conditions, ne pas résister ? Combattre l'ignoble les armes à la mains, devient légitime. Clausewitz écrit que la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens et le dernier recours. Mais les autres moyens, notamment diplomatiques, du fait de la complaisance des démocraties à l'égard de l'antisémitisme et du racisme n'ont été que mollement employés. La guerre, l'occupation, la déportation, la Shoah n'ont été possibles que parce que les ferments de la haine n'ont pas été éradiqués dès l'origine.

Et il fallut ensuite beaucoup de courage et de vision politique à tous ceux qui, soldats de l'ombre ou dirigeants clandestins ont décidé de se battre. Après la débâcle de juin 40, le gouvernement français démissionne, laissant le peuple seul devant l'ennemi. Mais disait encore Clausewitz « Dans la forme de guerre que nous appelons défensive (...) la victoire est plus (...) probable que dans l'offensive ». Car, oui, le peuple s'est défendu. Le peuple a résisté.

Bien sûr il y avait les collabos, le marché noir, les profiteurs, les délateurs. Mais aussi, partout se sont levés, des courageux, des Résistants, des Justes qui n'acceptèrent jamais la défaite et la soumission à la domination barbare.

Ils se sont défendus et c'était une affaire humaine. Cette victoire que nous commémorons est aussi une affaire humaine.

Mais qu'est-ce que l'Histoire, si elle ne nous éclaire pas sur notre présent ? Comment comprendre le passé, comment s'en servir pour allumer les lueurs de la tolérance et de la fraternité ?

Il ne suffit pas de dire « plus jamais ça ». Imré Kertesz l'écrivain juif hongrois déporté à Auschwitz (et prix Nobel de littérature en 2002) analysait que : « La haine de l'autre résulte de dynamiques industrielles et sociales, de choix collectifs, d'assistance ou non aux plus faibles ».

Les inégalités, la mise en concurrence de tous et de chacun, l'indifférence à l'égard de ceux qui souffrent, développent un ressentiment, une agressivité, une haine qui, exaltés, peuvent se propager à toute la société et générer des boucs émissaires, puis la stigmatisation, la xénophobie, le racisme.

Ne tolérons pas, de qui que ce soit, des mots de haine et d'exclusion stigmatisant un groupe ou une communauté. Et tentons de nous rappeler d'autres mots, bien plus beaux.

Pour rendre hommage à ceux qui ont péri lors de ce dernier conflit mondial, à la mémoire des déportés, à la gloire des Résistants et des Justes, à vous qui m'écoutez et gardez ceci en mémoire, je voudrais offrir ces quelques mots. Ces mots sont ceux de l'une de ces femmes résistantes, une femme revenue des camps et qui choisit pour témoigner de devenir écrivaine : Charlotte DELBO.

« Prière aux vivants pour leur pardonner d'être vivants »

Je vous en supplie

faites quelque chose,

apprenez un pas

une danse,

quelque chose qui vous justifie

qui vous donne le droit

d'être habillés de votre peau, de votre poil.

Apprenez à marcher et à rire

parce que ce serait trop bête

à la fin

que tous soient morts

et que vous viviez

sans rien faire de votre vie.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie pour votre attention.


Le mur blanc de la place Goldoni a retrouvé des couleurs. Et avec elles, c’est un nouvel engagement de l’équipe municipale qui se concrétise. Je pense que nous pouvons, collectivement, en être fiers.

En effet, face à l’émotion ressentie par certains riverains, la maquette du projet initial, porté par la précédente mandature, était resté dans les cartons. L’absence de concertation avec les habitants et le choix esthétique peu adapté à l’environnement alentour, nous ont conduit à reprendre le dossier.

Après en avoir débattu avec l’équipe municipale, je m’étais engagé à faire réaliser une «œuvre d’art contemporaine, créée par un artiste de renom».

Afin de consulter plus largement, et plus sereinement, j’ai alors souhaité m’appuyer sur l’avis d’un Comité artistique local, composé de riverains, de membres du conseil de quartier, de résidents, de membres d’associations, de directeurs d’établissement scolaire, de parents d’élèves et d’artistes, tous vivant dans notre arrondissement.

J’ai demandé à Sylvie Wieviorka, première adjointe, chargée de la démocratie participative d’animer ce Comité artistique local. Et je tiens à la remercier pour avoir su mener jusqu’à son bon terme cette délicate mission.

Plusieurs rencontres ont permis d’élaborer un cahier des charges mettant en avant la nécessité de tenir compte de la particularité du lieu. À savoir : la grandeur du mur (d’une surface de 660 m2), l’étroitesse de la place, le faible recul pour regarder la fresque dans son intégralité, ou encore l’utilisation du site par les enfants.

La DAC (Direction des affaires culturelles) nous a alors présenté douze artistes dont six ont été retenus par le Comité artistique local.

Le Comité de l’art dans la ville, présidé par le maire de Paris a ensuite passé commande à trois d’entre eux. Deux artistes ont rendu leur copie. Au mois de mars dernier, lors d’une nouvelle réunion en mairie du 2e, les membres du Comité artistique local ont portés leur regard sur la maquette de Patrick Corillon.

Artiste belge formé et vivant en France, Partrick Corillon a étudié à l’Institut des hautes études en arts plastiques, au Palais de Tokyo. Avec une vraie intelligence artistique, il a admirablement bien compris le contexte dans lequel son œuvre devait s’insérer.

Fruit d’une longue observation du lieu, le Mur des enfants, puisque tel est son nom, repose sur l’idée du respect de l’usage de la place et, notamment, de sa fréquentation par de nombreux enfants. Les plaques émaillées rappellent ainsi les traces de ballons que les shoots des petits Zidane du quartier inscrivent déjà, et continueront à inscrire dans une œuvre vivante, ainsi jamais achevée.

On y voit également des silhouettes d’oiseaux. Des barres en fer forgé peintes de cinq couleurs, en référence au poème «Voyelles» d’Arthur Rimbaud : A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu. Et deux textes faisant appel à l’imaginaire des petits. A proximité d’une école, d’une crèche et d’un centre social ces éléments font sens. Ils renvoient aux usagers de ces lieux, notamment aux plus jeunes, un message : vous êtes chez vous, l’espace public vous appartient, sachez l’apprécier, l’entretenir et contribuer, chaque jour, à sa poésie.

En outre, l’artiste a imaginé, sur un parterre végétalisé, une rangée d’arbustes (apportant un peu de nature dans un quartier qui en est démuni). Ces arbustes devront à terme atteindre un à deux mètres de hauteur et les troncs, devenir « aussi solides que les jambes d’un gardien de but » !

L’idée a permis pour la réalisation de l’oeuvre, de mettre à contribution, la Direction de l’Environnement et des Espaces verts. En attendant que la nature fasse son œuvre, nos jeunes footballeurs devront jouer tout en finesse.

Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué l’aboutissement de ce beau projet. Le maire de Paris Bertrand Delanoë, Christophe Girard (culture) Yves Contassot (Environnement et espaces verts) et leurs équipes, Slyvie Wieviorka, Laurent Bureau, tous les membres du Conseil artistique local et, bien sûr, Partick Corillon pour ce cadeau qu’il fait aux habitants du quartier.

Madame, Monsieur,

C’était il y a soixante et un ans maintenant.

Soixante et un ans et nous n’oublions pas. Nous n’oublions pas car la Libération de Paris fait partie de notre histoire. De l’histoire d’un Paris toujours rebelle. De l’histoire des Parisiens qui ont pris en main leur destin.

Paris est la seule ville à s’être libérée elle-même. Liberté chèrement acquise : 3 000 civils et militaires l’ont payée de leur vie.

L’insurrection est préparée dans le plus grand secret. A partir du 19 août, sur les ordres du Colonel Rol-Tanguy, chef des FFI de la région de Paris, le soulèvement des forces de la Résistance et des Parisiens est déclenché.

Le 20 août, en quelques heures, plus de 600 barricades sortent de terre. Très vite, les combats s’intensifient. Avec ou sans uniforme, les Parisiens s’improvisent soldats d’une armée spontanée, combattant avec un seul espoir : celui de reconquérir leur liberté.

Le 21, les journaux issus de la clandestinité reçoivent l’autorisation de paraître. Ils racontent la lutte, la peur, l’espoir, la mort.

A partir du 22 août, faute de munitions, la Résistance s’essouffle.

De Gaulle et Leclerc parviennent à convaincre les Alliés d’attaquer Paris mais de laisser la 2e Division blindée du maréchal Leclerc pénétrer la première dans la capitale. Constituée de volontaires et comptant de nombreux combattants espagnols qui s’étaient mobilisés contre le fascisme lors de la guerre d’Espagne, elle sera effectivement la première force libre à entrer dans Paris.

Mais il faut patienter. Les renforts militaires se font attendre. La résistance faiblit encore et déplore de nombreuses pertes. Le 24 au soir, la radio française annonce – enfin – l’arrivée de la 2e DB, déclenchant une liesse formidable dans toute la capitale.

Un tract est lâché au-dessus de Paris : « Tenez bon, nous arrivons. » A 21h22, le capitaine Dronne parvient à gagner l’Hôtel de Ville avec ses Républicains espagnols.

Le lendemain, ce sont près d’un million de Parisiens qui assistent au défilé des forces françaises sur les Champs-Élysées. Nous sommes le 25 août. Le général de Gaulle foule le parvis de l’Hôtel de Ville. Les nazis ont capitulé devant ce Paris révolté.

Le temps des croix gammées sur les édifices publics est révolu.

La libération de Paris le prouve : la France n’a pas toute entière gardé le silence. Pourtant, alors que plus de soixante années se sont écoulées des questions subsistent, encore sans réponse.

Comment une sauvagerie aussi brutale que le nazisme a-t-elle pu prendre corps ? Comment, des violations aussi manifestes de la dignité humaine que les mesures antisémites n’ont-t-elles pas plus unanimement révolté les consciences ?

Pour mieux comprendre je vous invite à nous arrêter un instant sur ce qu’écrivait en 1943, l’une des grandes consciences de notre époque, le professeur Théodore Monod, récemment disparu. Directeur d’un centre de recherche situé à Dakar, il est amené à se rendre à Paris en 1942 où il séjourne à trois reprises en février, août et octobre. A son retour, il témoigne, à la radio Sénégalaise, de sa stupéfaction.

« Pour comprendre les changements qu’impose à l’aspect de la rue la présence de l’envahisseur, dit-il, prenons un quartier, par exemple le Luxembourg. Voici un carrefour hérissé de pancartes d’orientation, noires et blanches, noires et jaunes, rédigées en allemand et destinées à faire connaître soit la géographie de la France occupée, soit l’emplacement de tel ou tel service (hôpital, clinique, distribution de légumes et bien entendu Geheim feld Polizei, la police secrète.)

C’est encore contre un écriteau « Police secrète » que nous allons nous heurter un peu plus loin, en même temps qu’à une barrière blanche qui nous forcera à descendre du trottoir pour contourner un emplacement interdit.

Ailleurs, et bien souvent, un sergent de ville français nous obligera même à traverser la rue pour nous empêcher de longer tel immeuble occupé.

Parfois c’est une rue tout entière qu’une grande pancarte vous annonce « interdite à tous véhicules français ».

Place Médicis, un restaurant militaire, gardé par des sentinelles en armes. Rue de Médicis, sur un immeuble, un étrange échafaudage (…) destiné à hisser une pièce de DCA. Sur le Sénat, un gigantesque drapeau à croix gammée : le Luxembourg, coupé en deux par une palissade, côté maîtres et côté service.

Place de la Sorbonne, une splendide librairie allemande dont les vitrines, plusieurs fois brisées, sont surveillées par des agents français.

La rue Auguste-Comte retentissait autrefois des appels joyeux des écoliers : aujourd’hui, à côté d’une guérite-blockhaus en acier, flotte le pavillon ennemi et au fronton du grand immeuble qui s’appelait lycée Montaigne, on lit en gros caractères : Florian Geyr Burg.

Sur ce mur, là-bas, une affiche jaune et noire. Approchons : que vend-on, que joue-t-on ce soir ? Non. Le placard, bilingue, nous prévient, en quelques phrases précises et meurtrières comme le tranchant d’une hache, que dorénavant la famille de tout coupable d’un attentat ou d’un sabotage sera, elle aussi, punie :

1° Tous les proches parents masculins en ligne ascendante, ainsi que les beaux-frères et cousins à partir de 18 ans, seront fusillés ;

2° Toutes les femmes du même degré de parenté seront condamnées aux travaux forcés ;

3° Tous les enfants, jusqu’à 17 ans révolus, des hommes et des femmes frappés par ces mesures seront remis à une maison d’éducation surveillée ».

Tel est le quotidien ordinaire du Paris des années d’occupation.

La propagande est féroce, l’occupant dispose de moyens de pression formidables : toute la presse est entre ses mains. Il contrôle également l’édition de tous les livres, les tracts, les affiches ainsi que la radio.

Pour Théodore Monod toujours, la vue dans nos rues des uniformes des soldats ennemis est insupportable. Mais ce n’est pas le plus grave. L’éventaire d’un marchand de journaux où s’étale toute la pourriture des nazis et de leurs domestiques, les collabos, lui paraissent encore plus redoutable.

« Ces bottes s’en iront un jour, dit-il, elles prendront même alors, je l’espère, le pas de course. Mais ce poison démocratique, instillé goutte à goutte dans notre sang, et dans celui, plus sacré encore, de nos enfants, parviendrons-nous à l’éliminer entièrement ?

Des taches, d’ordure ou de sang sur un pavé, ça se lave. Mais ces germes de mensonge et de corruption semés dans les coeurs trop souvent sans défense, quelle vigoureuse cure de désintoxication ne faudra-t-il pas entreprendre pour les arracher ? »

C’est bien encore et toujours la lutte contre l’odieuse ignominie du racisme, de l’antisémitisme et du mépris envers les plus faibles que nous devons poursuivre.

En ce jour anniversaire, nous rendons hommage à tous ces Parisiens qui ont participé à la libération de notre ville et à tous les insurgés et anciens combattants qui ont mené la lutte et que je salue ici tout particulièrement.

Le souvenir de ceux qui ont combattu et laissé leur vie, doit rester, en nous, vivant. Les combats que nos aînés ont menés, les armes à la main, pour la tolérance, la liberté, l’entraide et la liberté de conscience, les Parisiens d’aujourd’hui doivent les poursuivre dans un autre contexte, avec d’autres moyens, avec d’autres armes. Pour que plus jamais ne resurgisse la bête immonde.

Je vous remercie.

Le maire

Jacques BOUTAULT

Communiqués 2005

Communiqué Logement Septembre 2005

Commémoration de la victoire de 1945

Discours de commémoration de l’Appel du 18Juin

61e anniversaire de la Libération de Paris

À L'OCCASION DE LA COMMÉMORATION DE LA VICTOIRE DE 1945

- Mesdames, Messieurs les élus…,…

- Madame la Députée,

- Monsieur le représentant du président du Conseil régional,

- Mesdames et Messieurs les anciens combattants et porte-drapeaux,

- Garde républicaine

- Sapeurs pompiers,

- Police nationale,

- Mesdames, Messieurs,

En ce jour, nous commémorons les 60 ans de la victoire des forces alliées contre le nazisme et la barbarie.

Une coalition des démocraties a vaincu la bête immonde et mis à bas ses principes d’exclusion, de haine et de xénophobie.

La dramatique mise en oeuvre de la logique hitlérienne avait conduit au massacre organisé, planifié, industrialisé de millions de juifs mais aussi de tsiganes, homosexuels, handicapés et opposants politiques. Les combats pour mettre fin à cette folie meurtrière ont entraîné 50 millions de morts.

Certains parmi vous, ici, ont vécu cette guerre les armes à la main. D’autres, vos camarades, y ont laissé leur vie. Nous avons tous dans nos familles, nos amis, nos relations, des proches qui se souviennent de cette période terrible et tragique de notre histoire.

Et c’est bien pour porter la voix de l’histoire que nous nous retrouvons en ce jour solennel. Car l’histoire ne doit pas être laissée aux seules archives. Elle doit rester vivante, présente dans nos esprits. Nous avons pour devoir – générations, après générations - de transmettre le témoignage de ceux qui l’ont vécue – de transmettre votre témoignage - afin de lutter contre toute tentative de falsification.

Comment cela est-il arrivé ? Difficile, y compris pour les historiens, d’expliquer comment dans une démocratie occidentale, au peuple cultivé, le cauchemar nazi a pu prendre corps. L’indifférence, l’individualisme, le nationalisme, le refus de voir monter les périls ? Le manque de courage ? Cela n’explique pas tout. Bien entendu, il y a la crise des années trente avec son inflation vertigineuse et son

chômage insupportable. Bien sûr, affectée, par les conditions de l’Armistice de 1918, l’Allemagne voulait sa revanche.

Mais pourquoi la Shoah ? Prenons un instant pour mieux comprendre la monté progressive du péril concentrationnaire, issu du délire nazi.

Le premier camp de concentration, Dachau, est en fonctionnement dès 1933, moins d’un mois après que le parti nazi, ait accédé au pouvoir, par la voie des urnes. L’enfermement a pour objectif de protéger le peuple, en faisant appliquer, strictement, le choix de ceux qui sont au pouvoir. Tout opposant ou toute personne critique à l’égard du nouveau régime peut être arbitrairement internée.

La délation est encouragée. La crainte s’installe dans la société allemande brisant toute forme de solidarité, atomisant les individus. Progressivement, le régime se durcit. Aux communistes, s’ajoutent les socialistes puis tout autre opposant, ou individu non conforme : objecteurs de conscience, homosexuels… Les premiers pogromes contre les juifs commencent en 1938, avec la nuit de cristal.

Avec la guerre, la répression déborde les frontières de l’Allemagne et de l’Autriche annexée. Dès, 40 tout antifasciste est traqué puis interné. En France, le gouvernement de Vichy dirigé par Pétain prête main forte à ces déportations dont, à partir de l’été 41, sont à leur tour victimes les prisonniers de guerre soviétiques. Des soldats de l’Armée rouge dont le lourd sacrifice, lors de la bataille de Stalingrad, en novembre 42, porta un coup d’arrêt décisif au déploiement des exactions nazies.

Dès cette date, en 1942, on dénombre quelque 700 camps de regroupement, de concentration, d’internement et d’extermination en Europe centrale.

Six d’entre eux –implantés en territoire polonais, le plus important foyer du judaïsme en Europe - sont équipés de chambres à gaz. Car dans cette tragédie, le sort réservé aux juifs, mais aussi aux tsiganes, est le plus cruel et vil, le plus inhumain.

Pour eux, pas d’échappatoire, ni rémission possibles. L’internement est une simple étape avant la mort. La solution finale voulue par Hitler est simple : tous doivent périrent. Leur crime n’est ni affaire d’opinion ou de religion mais de sang, de « race ». Leur destruction relève d’un impératif : la purification ethnique. Hommes, femmes, enfants, bébés, vieillards, infirmes, sont conduits, par la ruse ou la contrainte, vers ces « fabriques de cadavres », ainsi que les appellera la philosophe Hannah Arendt, où ils sont mis à mort par asphyxie, puis brûlés.

Idéologie délirante et exaltée, le nazisme, avec sa solution finale semble à peine concevable. C’est pourtant la réalité d’un totalitarisme abouti, basé sur les principes d’inégalité et de race supérieure, sur la réduction de l’être humain à ses fonctions productrices et qui impose la soumission aux ordres, sans discussion ni délibération publique. Pouvoir sans contre pouvoir, il porte, dès lors, les ferments de l’horreur absolue s’il n’est pas, dès l’origine, combattu : « écraser le serpent dans l’oeuf », disait Berthold Brecht.

S’il faut, sans relâche, parler de cette inconcevable réalité, c’est bien pour que les générations actuelles et futures puissent concrétiser le « plus jamais ça » de l’après guerre. Car malheureusement, l’histoire – ou du moins les hommes qui la font - est bien souvent têtue. Ou, sans doute, lorsqu’on a côtoyé l’horreur celleci s’installe et devient plus tolérable.

Aussi, nous ne devons pas oublier, en ce jour dédié au souvenir, que ce même 8 mai 1945 où l’Allemagne nazie capitulait, l’armée de notre pays commettait en Algérie, à Setif, un massacre qui n’était que le prélude à une terrible et longue guerre de décolonisation.

Pour Imré Kertesz écrivain, hongrois, juif, prix Nobel de littérature en 2002, déporté à Auschwitz, à l’âge de 15 ans : « La haine de l’autre résulte de dynamiques industrielles et sociales, de choix collectifs, d’assistance ou non aux plus faibles ». L’inégalité économique et sociale, l’indifférence à l’égard de ceux qui souffrent, la difficulté à comprendre ce qu’ils endurent, développent un ressentiment, une agressivité, une haine qui, exaltés, peuvent se propager à toute la société.

Depuis 60 ans, les pays d’Europe ont su construire une paix durable en portant une attention particulière à ceux qui, en leur sein, vivent dans l’exclusion, la misère, le dénuement. Les droits sociaux conquis à la Libération dans les pays européens, ne sauraient souffrir d’une remise en cause, dont les plus faibles seraient, à nouveau, les premières victimes.

Quelles que soient nos convictions sur la forme constitutionnelle que doit prendre cette Europe, gardons cela en mémoire.

Et rendons hommage au sacrifice de tous ceux qui – déportés ou morts aux combats - ont fait don leur vie, pour que nous puissions vivre, aujourd’hui, dans la dignité, le respect et la liberté.

Le Maire

Jacques BOUTAULT

Le 18 juin 1940, depuis Londres, sur les ondes de la BBC, la voix d’un homme s’est élevée.

Alors inconnue, cette voix lançait un appel vers la France. Un appel solennel à l’insoumission et à la résistance.

Ce cri de révolte, construit, argumenté, qui appelle les Français à désobéir à l’autorité est d’autant plus étonnant qu’il émane d’un militaire. Un militaire qui encourage le peuple de France, ses compatriotes, à ne pas se soumettre aux ordres de son supérieur, le chef de l’Etat français, le Maréchal Pétain. La France avait capitulé, Philippe Pétain avait demandé aux Français d’accepter le joug de l’envahisseur nazi. Une défaite que le général de Gaulle n’a jamais admise. Homme de courage et de conviction, il exhortait, lui, le peuple à rester debout, à résister, à conserver sa fierté. A combattre pour sa liberté.

Comme quelques rares hommes dans l’Histoire, le général de Gaulle a pris ce jour là un risque considérable. Seul, il a eu le courage de faire face au nombre, au découragement, à la résignation, aux menaces.

« Rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance », a dit Jean Cocteau. Le 18 juin 1940, le général de Gaulle a fait preuve de ce discernement rare qui caractérise ceux qui ont une vision de l’Histoire. D’abord, seul, il a dit « non ». Des hommes et des femmes que rien, pourtant, ne destinait à l’héroïsme ont entendu cet appel, et ont rejoint le général rebelle dans son combat. Ceux-là ont préféré, pour beaucoup d’entre eux, mourir debout que vivre couchés. A ces anonymes aussi, et peut-être même d’abord à ces anonymes, nous devons aujourd’hui rendre hommage. Tant il est vrai que, pour eux, il eût été plus facile de ne rien entendre, de continuer à vivre cachés. De suivre les consignes officielles d’un pouvoir asservi. Et de faire semblant de croire à la propagande du gouvernement de Vichy.

Aujourd’hui encore, en temps de paix, quand ils se lèvent, les hommes ou les femmes qui disent « non » à la guerre, à l’oppression, à la misère sont souvent bien seuls. Et peu entendus.

Dans son appel, Charles de Gaulle lançait : « L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire ».

Y croire encore alors que beaucoup ont perdu tout espoir. Avoir eu raison contre tous, c’est la force de cet homme d’exception et la leçon qu’il nous permet de tirer de l’Histoire.

Nous sommes ici réunis pour nous en souvenir.

Le maire

Jacques BOUTAULT

Mesdames, messieurs,

Merci d'être venus en ce jour du souvenir en Mairie du 2e arrondissement.

Merci en particulier aux élèves du collège César Frank et à leurs enseignants qui nous interpréteront, dans un instant notre hymne national.

Commémorer le 11 novembre, c'est accomplir notre devoir de mémoire à l'égard de ceux qui nous ont légué leurs valeurs. À commencer par le courage, au service de la défense de la démocratie et de la paix.

Pour l'historien Pierre Miquel,

" La mémoire est une faculté de l'âme. L'âme fait de nous des êtres humains. Etre un homme, c'est se souvenir des défunts. Ce qu'ils ont vécu est incroyable. Il faut les croire et surtout ne jamais les oublier".

Célébrer l'armistice du 11 novembre, cela sert à quoi ? Cela sert à rappeler à chacun, mais aux plus jeunes en particulier, toute l'horreur de la guerre. Les jeunes esprits, vierges des images atroces des conflits, doivent comprendre que cette guerre n'a pas toujours été cantonnée aux documentaires : elle a réellement existé.

Et la guerre, aujourd'hui, est toujours une réalité ! C'est pourtant la pire solution, celle qui reste quand tout a été tenté.

Il y a deux ans, nous avons cru pouvoir éviter la guerre en Irak. Puis on a tenté de nous faire croire à une guerre courte. La guerre de 14, elle aussi, devait être courte. Elle dura quatre longues années. Aujourd'hui le conflit irakien s'enlise. Qui peut dire quand ce peuple pourra retrouver la paix ? A-t-on tout essayé pour l'éviter ?

La guerre n'est pas un fait arrêté. C'est un phénomène qui se répand, qui mute. Un feu de broussailles qui embrase tout à proximité. Parce qu'elle engendre la haine, elle échappe à tout contrôle et nul ne peut dire combien de temps elle durera.

Le 11 novembre 1918, la Première guerre mondiale s'achève. Les familles pleurent plus de 9 millions de soldats. 1 million 400 mille étaient Français.

La guerre est aujourd'hui dite " propre ", " chirurgicale ". Subtilité sémantique qui ne la rend moins atroce que dans les mots. Car elle ne rend pas moins dramatiques les pertes en vies humaines, quelles soient civiles ou militaires.

Aujourd'hui encore, quelle guerre ne saurait être qualifiée de " boucherie " ? Car c'est de ce surnom qu'a hérité la Grande guerre de 14-18. Elle n'eut pourtant de " grand " que le désastre qu'elle aura engendré.

Dans une guerre, au fond, il n'est que des perdants. Pourtant, le 11 novembre reste le symbole d'une victoire. Victoire de la démocratie mais aussi victoire de la paix sur une désastreuse guerre européenne, entraînant une grande partie du monde dans son malheur et sa déraison.

Réjouissons-nous que notre " vieux continent " semble en avoir fini de ces atrocités et qu'il prône désormais l'unité, la tolérance et le respect des droits de l'homme. La fin de ce premier conflit mondial est devenue un symbole de paix qui se prolonge aujourd'hui dans la construction de l'Union européenne. Une Europe de paix et de liberté, unie par la seule volonté des peuples qui la composent et qui demeure une garantie précieuse contre la répétition d'un tel désastre.

Le devoir de l'élu – mon rôle – est de combattre les terreaux propices à cette horreur absolue que représente la guerre : nationalisme exacerbé, cupidité, fanatisme.

Être des citoyens responsables, c'est prendre le temps du dialogue de l'écoute, du partage. Il y a encore tant des combats légitimes à mener, ici et maintenant, pour assurer au sein de notre pays et du monde la dignité de nos semblables.

Soyons conscients de la grande fragilité de nos sociétés dites développées qui ne sont jamais à l'abri d'un possible retour de la barbarie qui aujourd'hui prend la forme du racisme, de l'antisémitisme et de l'exclusion et de rejet de l'autre au prétexte qu'il est différent de nous.

Pour que cette cérémonie ne devienne pas un rituel un peu vain je vous invite au quotidien à combattre, sans relâche, ce qui divise. L'indifférence, l'intolérance, la xénophobie et le racisme, l'individualisme forcené lié à un matérialisme illusoire et dévastateur. Ce sont les plaies d'aujourd'hui et des ferments de haine pour demain.

Rêvons ensemble du jour où le retour à la paix ne sera plus seulement, comme l'écrivait Jean Giraudoux, " l'intervalle entre deux guerres ", mais plutôt comme l'avait voulu le philosophe Emmanuel Kant, l'aube "d' une paix perpétuelle ".

C'était il y a soixante ans.

Il y a soixante ans, la Libération de Paris entre dans la légende, mais plus que jamais elle est présente dans nos mémoires.

Il y a soixante ans, les combats font rage dans notre ville.

Depuis quelques jours déjà, le soulèvement des forces de la Résistance et des Parisiens est déclenché, sur les ordres du Colonel Rol-Tanguy, chef des FFI de la région de Paris.

L'insurrection est préparée dès le 19 août. Le 20 août, en quelques heures, plus de 600 barricades sortent de terre. Très vite, les combats s'intensifient. Nous revoyons aujourd'hui sur des images un peu délavées ces citoyens courageux, une cigarette au bout des lèvres, embusqués derrière des remparts de fortune. Avec ou sans uniforme, soldats d'une armée spontanée, avec pour seule raison d'être : Résister. Avec pour seul espoir : reconquérir leur liberté.

Le 21, les journaux issus de la clandestinité reçoivent l'autorisation de paraître. À chaud, ils racontent la lutte, la peur, l'espoir, la mort. Les journalistes s'appellent Camus, Mauriac, Sartre…

Le 22, tandis que faute de munitions et de renforts, la Résistance s'essouffle, de Gaulle et Leclerc parviennent à convaincre les Américains d'attaquer Paris et de laisser la 2e Division blindée pénétrer dans la capitale. La 1ère section de la désormais célèbre " 2e DB " est la première à y entrer. Elle est constituée de volontaires et compte de nombreux combattants qui s'étaient mobilisés contre le fascisme lors de la guerre d'Espagne.

Le 23, Hitler donne l'ordre de réduire Paris en un monceau de ruines, de détruire tous les ponts. L'absurde et criminelle injonction, heureusement, n'est pas suivie d'effet.

Le 24 au soir, la radio française annonce - enfin - l'arrivée de la 2e DB, déclenchant une liesse formidable dans toute la capitale. Un tract est lâché au-dessus de la Préfecture de Police : " Tenez bon, nous arrivons. " A 21h22, le capitaine Dronne parvient à gagner l'Hôtel de Ville avec ses Républicains espagnols. Les cloches sonnent.

Le lendemain, ils seront près d'un million à assister au défilé des forces françaises sur les Champs-Élysées.

Le temps des croix gammées sur les édifices publics est révolu.

Nous sommes le 25 août. À 16h30, Le général de Gaulle arrive gare Montparnasse. À 19h, il foule le parvis de l'Hôtel de ville. Les nazis ont capitulé devant ce Paris révolté.

Paris insurgé, Paris libéré.

Les jours qui suivront, la 2e DB contiendra la contre attaque ennemie.

Saluons le courage de ces milliers d'hommes et de femmes qui ont osé dire non à l'oppression des forces de l'Occupation. Depuis plusieurs mois, la vie quotidienne des Parisiens n'était faite que de privations, d'arrestations et de répression, de départs forcés pour l'Allemagne avec le STO, de rafles et de déportation de milliers d'innocents vers les camps d'extermination. Pourtant, la progression des alliés en Normandie et en Provence redonna de l'énergie à la Résistance parisienne, qui décida de se lancer dans la bataille et de prendre en main son destin.

Paris est la seule ville à s'être libérée elle-même. Liberté chèrement acquise : 3000 civils et militaires l'ont payé de leur vie. La guerre durera encore neuf mois. En Europe, cette libération a, pour beaucoup, porté le symbole de l'espoir retrouvé.

Soixante ans plus tard, le souvenir de cet événement reste entier.

La première des libertés publiques, la liberté d'expression et d'information, a connu sa renaissance le 20 août 1944 à 300 mètres d'ici. A huit heures du matin, un groupe de résistants, composé essentiellement de journalistes, s'empare des locaux de l'agence Havas, qui était devenue l'agence d'information de la collaboration. A 11h30 sort la première dépêche de l'histoire de l'Agence Française de Presse, qui adresse son premier service aux journaux libres. En voici la teneur :" A tous les journaux libres de Paris . Grâce à l'action des Forces Françaises de l'Intérieur, les premiers journaux libres vont paraître, à la veille de l'entrée des troupes alliées, dans Paris presque entièrement libéré.

L'Agence Française de Presse leur adresse aujourd'hui son premier service.

Au moment où des combats se livrent encore dans la ville, et où tombent de nombreux combattants de la liberté, nous saluons tous nos camarades de la presse, disparus, emprisonnés et déportés et notamment nos 21 collaborateurs tombés dans les mains de la Gestapo.

Au service de tous les journaux libres, l'Agence Française de Presse assurera, avec l'objectivité stricte qui est le devoir d'un organisme d'Information, la diffusion de nouvelles scrupuleusement contrôlées et recoupées, qui, en attendant l'installation d'une censure militaire, ne doivent en rien gêner la marche des opérations sur différents fronts. "

En ce jour anniversaire, rendons hommage à tous ces Parisiens qui ont participé à la libération de leur ville, de notre ville, et qui ont montré que face à l'oppression l'injustice et l'arbitraire la révolte est un devoir.

Leur souvenir reste et doit rester vivant, en particulier en ce moment où reparaît le spectre de l'idéologie raciste et antisémite. Les profanations de cimetières de ces derniers mois – et hier encore, l'incendie criminel d'un centre d'aide social, au simple prétexte qu'il était juif ! - montrent que la doctrine totalitaire et exterminatrice, inspirée du nazisme, vaincue en 1945, perdure. L'esprit de la résistance doit resurgir. Le serpent doit être écrasé dans l'œuf.

Les Parisiens d'aujourd'hui doivent encore combattre toutes formes de racisme, d'antisémitisme et d'exclusion. De toutes leurs forces ! Comme l'ont combattue, avant nous, les Parisiens de 1944, pour défendre la démocratie et nos valeurs républicaines. Liberté. Égalité. Fraternité.

Que le souvenir de ceux qui ont donné leur vie, nous indique la route à suivre : nous rassembler pour agir contre ces actes odieux, afin que plus jamais ne soient reproduites les horreurs passées.

A l'occasion de ce 60e anniversaire je souhaite saluer quelques personnes qui nous font l'honneur d'être présentes ici aujourd'hui.

Madame Mireille Domerego, fille de Monsieur Joseph Domerego qui nous a quitté en 2001. Médaillé de la résistance, militant CGT et communiste, il était recherché par la police française à Marseille pour faits de Résistance. Il arrive à Paris en 1942 où il participe au comité régional des grèves PTT. Le 19 août, à deux pas d'ici, depuis la Recette Principale du Louvre, il est de ceux qui appellent à la " grève insurrectionnelle, jusqu'à la libération de la capitale ". Il combat dans le réseau " Libération Nationale PTT " et quand les postiers créent leur propre milice, Joseph Domerego y est lieutenant. Il préside le comité local de libération du 2e. Élu maire le 27 octobre 1944, Joseph Domerego recevra par la suite le titre de maire honoraire du 2e arrondissement par le gouvernement de la République.

Eric Lynen est le petit-neveu de Robert Lynen. Robert Lynen était un jeune acteur qui fut fusillé pour faits de résistance. Une plaque a été déposée à sa mémoire face au théâtre des Bouffes Parisiens. À 12 ans déjà, le jeune Robert Lynen était sacré prodige du cinéma français. Dès 1940, il s'engage dans l'action clandestine à Marseille, avant de devenir agent de liaison du réseau Alliance de Marie-Madeleine Fourcade. Il multipliera recueil d'informations chez l'occupant, transport de courrier et recrutements. En 1943, il est arrêté, torturé, déporté en Allemagne. Condamné à mort, il est exécuté en avril 1944. Fauché à 23 ans, ce jeune homme, voué à un grand destin d'acteur joua dans Poil de Carotte, Le Petit Chose, La Belle équipe ou Carnet de Bal. La tension de l'occupation poussait les Français à une grande consommation de divertissement. Robert Lynen pouvait prétendre à un succès mérité. Il donna sa vie à la Résistance.

Enfin, Monsieur Gilbert Bellegarde. Quand Paris se trouvait prise dans le tourbillon de l'Histoire, le 19 août, jour où la police rejoignait l'insurrection, ces murs voyaient un heureux événement : Gilbert Bellegarde et Solange Leclercq se mariaient. Monsieur Bellegarde est présent parmi nous. Je souhaitais vous remercier d'être venu. Je précise que vous avez vous-même participé au combat. Vous êtes combattant de la résistance, chevalier de la légion d'honneur et officier du mérite national.

D'autres encore, parmi vous, ont vécu cette époque troublée, héroïque et dramatique. Certains ont connu un proche qui l'a vécue ou ont perdu un être cher dans les combats. Cette cérémonie leur est tout particulièrement dédiée.

Je vous remercie pour votre présence à notre commémoration qui – en raison d'un calendrier chargé – se déroule avec quelques jours d'avance.

Aussi, permettez-moi de vous inviter à vous rendre aux manifestations de commémoration du 25 août, notamment au grand bal populaire qui se tiendra sur la place de la Bastille mercredi soir.

Le 18 juin 1940, sur les ondes de la BBC, la voix d'un homme, alors inconnue, celle du général Charles de Gaulle, s'élève pour lancer un appel historique au peuple français. Mais bien peu l'entendent.

Sur d'autres ondes radio, la veille, à midi, le maréchal Pétain annonce à des millions d'auditeurs qu'il prend la direction du gouvernement de la France et appelle à cesser le combat. Il signe l'armistice avec les forces d'Occupation qui allait mettre la France à genoux, lui faisant subir quatre années de privation et d'humiliation.

Le 18 juin 1940 ne fut pas la fin de la guerre, comme le disait Vichy. Elle venait de commencer !

Mais une alternative émergeait. L'appel du général de Gaulle nous montra alors qu'il y avait deux voies. Celle de la France soumise, qui a peur et se compromet. Et celle qui n'a jamais cessé d'être libre, au moins dans son cœur. Cette France Républicaine, démocratique, profondément humaine, révoltée, décidée à vaincre et à reconquérir sa liberté.

Souvenons-nous.

Souvenons-nous du courage de ceux, qui répondant à l'appel de Londres, ont rejoint les rangs de la Résistance, alors même que la propagande de Vichy incitait les Français à accepter l'Occupation. Peu nombreux au départ, ils furent de plus en plus à rejoindre ceux qui refusaient de se soumettre.

Souvenons-nous que cet appel permit de fédérer tous ceux qui ont dit non, toutes les énergies disponibles. Au péril de leur vie. Beaucoup d'ailleurs l'ont perdue.

Souvenons-nous que ceux qui ont rejoint les rangs de la résistance ont élaboré les fondements de notre société moderne. Fondements reposant sur le principe de solidarité, de soutien mutuel, comme l'est, par exemple, notre système de Sécurité sociale. Un patrimoine social, issu de l'après-guerre, aujourd'hui remis en question.

Souvenons-nous enfin que désobéir est parfois nécessaire. Et qu'il ne faut jamais cesser de se battre pour défendre notre devise.

Que ce souvenir demeure.

Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement

Mesdames, Messieurs les députés européens,

Madame la députée,

Mesdames, Messieurs les adjoints au maire,

Mesdames, Messieurs les élus,

Messieurs les anciens combattants et porte drapeaux,

Mesdames, Messieurs,

merci d'être venus nombreux à cette célébration en Mairie du 2e arrondissement.

Avant d'être la commémoration d'une victoire, je souhaite que cette cérémonie soit avant tout une célébration de la paix. Et de la mémoire.

Car, même si elle peut être légitime lorsqu'elle sert à libérer un peuple de l'oppression et de l'asservissement, la guerre doit être le dernier recours, la pire des options quand toutes les autres ont échoué.

Elle peut être nécessaire mais elle est rarement juste. Pour les victimes, leurs proches et tout ceux qui ont perdu un être cher, elle est vécu comme un sacrifice et une profonde injustice qui inscrit dans la chair une marque indélébile.

La question de la justesse de la guerre, est hélas, constamment relancée par l'actualité. Il y a un an, lors de la dernière commémoration du 11 novembre, la guerre en Irak paraissait inévitable. Aujourd'hui elle semble interminable, malgré sa fin déclarée, il y a plusieurs mois… Les horreurs de la " Grande guerre " avaient pourtant inspiré la création de la Société des Nations, ancêtre de l'ONU, ayant parmi ses principes, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Un principe dont l'application ne semble toujours pas, acquise aux yeux de tous.

Pour l'historien Philippe Joutard " La mémoire des événements dure aussi longtemps que ceux-ci ont un sens pour le présent ". Ainsi, peu de familles françaises ont été épargnées par l'horreur de la " Grande guerre ".

Les petits-enfants de la génération en deuil de 14-18 ont aujourd'hui quarante ans, ou plus, et pour la plupart, ont eu un grand père combattant ou défunt, qui a forgé leur histoire. C'est en fouillant dans leurs greniers que les Français renouent avec la grande histoire par le biais de la petite, celle de leur famille, se passant le relais des souvenirs d'une génération à l'autre.

La Première guerre mondiale, qui devait être courte, a ravagé le continent européen pendant 4 ans, lui coûtant plus de 9 millions de morts, laissant 6 millions d'invalides, 3 millions de veuves, 6 millions d'orphelins. Sans oublier ni les nombreuses victimes dans les rangs des combattants des colonies d'outre-mer, dont le sacrifice a été trop longtemps occulté. Ni les " fusillés pour l'exemple ".

L'atrocité des tranchées de 14-18, si bien représentée par le peintre expressionniste allemand Otto Dix, a été décrite par toute une génération d'auteurs des pays touchés, tels Céline (Celui du " Voyage au bout de la nuit "), Henri Barbusse, Ernst Jünger ou Erich Maria Remarque (auteur du magnifique " A l'ouest rien de nouveau "). Les lettres des poilus nous offrent aussi de poignants témoignages.

Ces nombreux écrits ont rendu palpable la sensation d'absurde et d'atrocité, face à la mort violente des appelés des deux camps, amenés à s'entretuer pour une cause qui les dépassait. C'est ainsi qu'un poilu anonyme écrit dans son journal : " Brusquement 10 patrouilleurs allemands trouèrent le brouillard devant nous, ils avaient visiblement les mains dans les poches, l'arme à la bretelle. Stupéfaits nos soldats eurent un instant d'indécision, c'est alors que le gradé allemand s'exclama : Triste guerre messieurs, triste guerre, puis le brouillard l'enveloppa ". Des scènes incroyables de fraternisations entre ennemis se déroulèrent, à l'insu des états majors. Un match de football fût organisé entre soldats des deux camps !

La Première guerre mondiale a également marqué l'entrée dans l'ère de la destruction industrielle. Pour la première fois, des gaz furent utilisés et le paysage a été marqué de plaies qui, un siècle plus tard, se sont à peine refermées. Dans de nombreux lieux ravagés, la nature n'a que faiblement repris ses droits, sans être encore parvenue à effacer les traces de destruction ; comme si les sociétés industrielles voyaient se profiler un contrepoint à la qualité de vie meilleure qu'elles annonçaient.

La " paix de Versailles " ne fut pas celle de la " der des der ", tant souhaitée, ni celle de l'unité européenne. Il fallut encore une autre guerre.

Aujourd'hui, cette unité est acquise par la construction européenne ou la " paix de Bruxelles ", réalisée contre l'horreur de la guerre et la montée des nationalismes. Une construction resserrant de jour en jour les liens entre les européens, riches de leur mémoire et désormais tournés ensemble vers l'avenir.

En ce 58e anniversaire de l'Armistice, saluons ensemble la mémoire de ceux qui ont disparu au début du siècle dernier, et faisons le vœu que les générations de ce siècle fraîchement entamé, sachent vivre dans la paix et la fraternité, conscients des enjeux qui se posent pour l'humanité.

Monsieur Hassen Fodha représentant de l'ONU

Madame le lieutenant colonel Guyon de Méritens, représentant le général Desjardin,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs les membres ou représentants de l'association des casques bleus citoyens,

Mesdames, Messieurs,

En soutien à une institution indispensable aux idéaux de paix et de justice, j 'ai choisi de placer symboliquement le drapeau des Nations Unies au fronton de la mairie du 2e arrondissement, aux côtés des couleurs de la République et de celles de l'Union européenne.

Cette décision, donne une suite concrète au vœu formulé par le Conseil de Paris, souhaitant que la façade de l'Hôtel de Ville de Paris, arbore le drapeau des Nations Unies, dans le respect des règles protocolaires en usage.

A l'occasion du débat qui a précédé le vote de ce vœu, en accord avec Pierre Schapira adjoint au maire de Paris chargé des affaires internationales auprès de Bertrand Delanoë, j'ai souhaité que les mairies d'arrondissement arborent à leur tour les couleurs des Nations Unies.

Il me paraît en effet essentiel que les mairies d'arrondissement, institutions de base de la république, et lieux de proximité démocratique pour les citoyens, s'impliquent dans le combat pour la paix que mène, partout dans le monde, l'Organisation des Nations Unies.

L'ONU est née officiellement le 24 octobre 1945, à la Conférence des Nations

Unies sur l'organisation internationale de San Francisco. Les représentants de 50 pays s'étaient réunis pour élaborer une Charte, document commun, fixant les droits et les obligations des Etats membres et portant création des organes et des procédures.

Cette Charte fut ratifiée par la Chine, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'URSS et la France, et par la majorité des autres pays signataires le 24 octobre 1945. Cette date devint ainsi la journée de l'ONU.

En 1971, l'Assemblée recommande même que cette journée du 24 octobre soit jour férié dans les Etats membres de l'Organisation…

Nous commémorons donc, en ce jour, le 58e anniversaire de cette institution.

Le but essentiel et principal de l'Organisation des Nations Unies est, bien sûr, le maintien de la paix et de la sécurité internationale. Mais également : le développement de relations amicales entre les pays, la réalisation de la coopération internationale par la résolution des problèmes internationaux d'ordre économiques, sociaux, culturels et humanitaires ainsi que le développement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Nous sommes convaincus qu'une paix solide et durable ne peut être réalisée qu'en aidant les pays à promouvoir le développement économique, la justice sociale, la protection des droits de l'Homme, la bonne gouvernance et le processus démocratique.

Toutes les famines, partout dans le monde, sont la résultante de choix politiques. Et la faim, en ce début de 21e siècle, loin de diminuer, progresse. C'est dire l'utilité du Programme des Nations Unies pour le développement mais aussi, sans doute la nécessité, pour les pays riches, d'annuler la dette des pays les plus pauvres.

Dans le même temps, les particularismes s'attisent et les conflits dans le monde ne cessent de croître et de se radicaliser ; la prédation, la concurrence même "non faussée", la domination sont toujours bien présentes.

Dans ce contexte, tout démocrate épris de liberté et de justice, convaincu des qualités intrinsèques de l'Homme, et ayant foi dans l'intelligence des peuples, ne peut que souhaiter le renforcement de l'action de l'ONU.

L'institution internationale devrait accéder réellement et concrètement au rôle d'autorité supplantant les égoïsmes nationaux. Et, ainsi, être garante du droit international, de la bonne gouvernance mondiale, de préservation de l'environnement, du développement économique et social et de la paix dans le monde.

Son autorité devrait être mieux respectée et ses décisions s'appliquer à tous.

Dans un contexte international où priment l'unilatéralisme et le recours à la force, plus que jamais, il est nécessaire d'affirmer notre volonté de voir la diplomatie et le droit international revenir au premier plan.

Je voudrais, pour conclure, m'arrêter un instant sur le tragique et lâche attentat du 19 août à Bagdad, contre les représentants de la communauté internationale, qui a coûté la vie à 23 personnes.

Au-delà de toute controverse, je souhaiterai que l'on se rappelle…

Ils s'appelaient Nadia Younès, Sergio Vieira de Mello, Fiona Watson, Jean-Sélim Kanaan... ils étaient égyptienne, brésilien, écossaise, français... Ils étaient en mission de paix, pour aider à reconstruire un pays ravagé par la guerre. Une guerre que la communauté internationale n'avait pas voulue.

Ils sont morts, en héros, drapés de la couleur bleu ciel du drapeau de l'ONU.

Les couleurs d'espoir et de paix de la communauté internationale. C'est, en particulier, à ces héros de notre temps, que je souhaite que nous pensions.

A eux, et à tous les autres, civils et militaires en mission, tombés au champ d'honneur de la paix entre les Hommes qu'ils avaient fait le choix de bâtir, que je souhaite dédier ce geste.

C'est en leur mémoire que j'accrocherai, dans un instant, avec le représentant de l'ONU, le drapeau des Nations Unies au fronton de la mairie du 2e arrondissement.

Jacques BOUTAULT

" Plus jamais ça ! " Cette phrase, cri du cœur, de joie et de colère mêlées, retentit en France quand, le 8 mai 1945, est signé à Berlin l'acte solennel de capitulation qui met fin à la seconde guerre mondiale. Ainsi prenaient fin ces années de terreur, de souffrance, de douleur, de spoliation irréparables.

" Plus jamais ça ", ces trois mots résonnent encore en chacun de nous. La tragique entreprise hitlérienne, fondée sur la haine, la xénophobie, conduisit au massacre organisé, planifié, calculé de millions de juifs, tsiganes, homosexuels, opposants politiques et entraîna des millions de morts dans les combats.

Près de 6 décennies se sont écoulées et nous sommes toujours aussi ardents pour évoquer ce qui fut l'épisode le plus tragique de notre histoire.

Je fais le vœu que cette date nous rappelle, jour après jour, que les peuples qui se veulent civilisés ne sont jamais à l'abri de projets criminels pour l'Humanité.

Saluons la mémoire de ces femmes et ces hommes qui, portés par un esprit de solidarité et de fraternité, remplis d'abnégation et de courage, ont constitué la force de la Résistance extérieure et intérieure et permis à la France de recevoir à Berlin la capitulation de l'Allemagne nazie. Ce sont ces mêmes âmes d'exception qui, au lendemain de la guerre, ont travaillé à relever le pays et à construire une Europe de la Paix, de la Tolérance et du Progrès. Et qui y sont parvenus.

Paris, cité des droits de l'homme, Paris, capitale de la paix, c'est le cœur de Paris qui exprime aujourd'hui toute sa reconnaissance, pour les combats livrés, les actes accomplis, la révolte exprimée, sans lesquelles les forces de la Liberté n'auraient pu s'imposer face à l'enfer d'une folie destructrice et barbare.

Pour un avenir fraternel et pacifique, puisse ce souvenir ne jamais disparaître…

Je voudrais remercier l'ensemble des personnels pour leur présence aujourd'hui en mairie du 2e arrondissement.

Je vous présente les excuses de François Dagnaud, adjoint au maire de Paris chargé de l'administration générale, des Ressources humaines, de la décentralisation et des relations avec les maires d'arrondissement qui n'a pas pu se libérer.

Je suis heureux de tous vous accueillir en compagnie de : Pierre Schapira, Sylvie Wieviorka, Laurent Bureau, Jean-Paul Maurel, Dominique Dussart, Simonne Goënvic, Patrice Lemarchand.

Au nom de tous les élus de la majorité du 2e , je vous présente, mes vœux de très bonne santé de réussite personnelle mais aussi de joie et de satisfaction dans votre activité professionnelle.

Vous êtes plus de 500 agents à travailler au service des habitants du 2e. Chacun d'entre vous, dans votre fonction, quel que soit votre métier : directeurs d'établissements, techniciens, administratifs, ASSEM, responsables d'établissements, gardiens, cuisiniers, assistantes sociales, personnels d'entretien... chacun, dans votre diversité, vous contribuez à la qualité du service public – c'est à dire au service rendu au public – service auquel je suis particulièrement attaché.

La fonction publique est la plus grande entreprise de France. Votre rôle est déterminant. Vous êtes souvent le premier contact des habitants.

C'est la raison pour laquelle, je partage pleinement les objectifs du Maire de Paris tels qu'il les a rappelés récemment :

1) améliorer encore la qualité des prestations que nous rendons aux Parisiens et,

2) améliorer les conditions de travail de chacun.

Dans le 2e arrondissement, l'année 2002 a été riche en réalisations et en événements. Je ne les citerai pas tous et je vous prie de m'en excuser.

Toutefois, je voudrais revenir sur quelques actions qui caractérisent le changement culturel que les nouveaux élus contribuent à promouvoir.

Je veux parler de notre façon de travailler, participative, prenant le temps de la concertation, de façon à agir au plus près des besoins des habitants.

La mise en place du tri sélectif des déchets ménagers est un bon exemple de cette façon de faire. J'avais eu l'occasion de le dire à toute la subdivision des 2e et 3e arrondissements lorsque je suis passé vous voir dans vos locaux du Carreau du temple.

Sur la question du tri des déchets, donc, les conseils de quartiers ont été saisis pour nous donner leur avis, nous avons invité les gardiens d'immeubles en Mairie pour leur présenter le projet, nous sommes allés – les agents de la DPE sont allés – (équipés de leur stand et de leurs dépliants), à la rencontre des habitants sur le marché Montorgueil et lors de la traditionnelle brocante de la Mairie de septembre.

L'implication et les qualités d'écoute dont vous avez fait preuve, en tenant compte des remarques qui ont pu être formulées par les uns et les autres ont énormément contribué au succès de la mise en place du tri sélectif.

Bien informer, prendre le temps du dialogue c'est aussi la façon dont nous avons procédé pour le projet de rénovation et d'agrandissement du square Bidaut ; opération menée conjointement par les directions de la Voirie et des Parcs et Jardins.

Le projet initial émane des habitants. Puis – après un travail des directions concernées – il a été discuté lors de réunions publiques au cours desquelles les habitants ont pu donner leur avis sur les modalités de mise en œuvre.

Ce travail participatif, intégrant la concertation avec les habitants et les élus illustre bien l'important changement culturel qui s'est opéré et qu'ont parfaitement compris les agents et les directions.

C'est aussi d'ailleurs en concertation que s'élabore le budget annuel d'investissement localisé, puisque en début de chaque année, l'élu concerné dans sa délégation, après avoir sollicité les conseils de quartier, rencontre les directions locales pour définir les investissements prioritaires pour l'année suivante.

Cette élaboration budgétaire concertée a fait ses preuves puisque Christian Sautter l'adjoint chargé des finances a rendu des arbitrages souvent favorables, donnant satisfaction à la quasi totalité des propositions d'investissements localisés que nous avions élaborées ensemble.

Si bien que nos investissements locaux augmentent considérablement. La Ville n'a jamais tant investi dans le 2e arrondissement et je m'en réjouis.

Ainsi, nous engageons cette année :

- En lien avec la DPA et la DASCO des travaux dans les écoles : création d'un réfectoire école maternelle Dussoubs, d'une salle de motricité école polyvalente Etienne Marcel, ainsi que l'accessibilité handicapés du gymnase Jean-Dame,

- Des rénovations importantes de l'espace public en lien avec les directions de la voirie et des Parcs et Jardins tels que la création de parc à deux roues, des élargissements de trottoirs ou le lancement de la concertation pour la création du square d'Alexandrie, ou la réfection de l'éclairage public ou la plantation d'arbres,

- De lutte contre l'insalubrité, d'acquisition et de production de logement social, en lien avec la Direction du Logement et de l'Habitat (DLH),

- Un suivi attentif des projets immobiliers en lien avec la direction de l'urbanisme.

En matière de fonctionnement, c'est aussi dans un esprit participatif que je compte faire vivre au quotidien la décentralisation qui prendra tout son effet au cours de cette année 2003.

Sont désormais confiés aux maires d'arrondissements la gestion des équipements de proximité, ce qui contribue à clarifier les responsabilités entre les différents échelons, les différents niveaux de la vie publique et administrative.

Cette réforme a été conçue en fonction d'un objectif précis : améliorer la qualité du service rendu à chaque citoyen, en renforçant la proximité de notre action, en la rendant plus rapide et plus efficace, par la réduction des niveaux de décision.

Mais aussi en permettant aux citoyens de se sentir plus impliqués.

Cette importante réforme donne à l'échelon local - la Mairie d'arrondissement - un rôle et des moyens qui ne lui avaient jamais été reconnus jusqu'à présent : responsabilité de gestion, marge budgétaire, capacité d'initiative élargie.

Cela se traduit par un certain nombre d'équipements dont la gestion est transférée, autour desquels s'organise le quotidien des habitants : écoles, bibliothèque, gymnases, salle polyvalente, crèches, etc.

Je me réjouis de cette capacité à innover et à agir qui est affirmée pour chaque arrondissement. Je souhaite que cela instaure une relation avec les services territoriaux déconcentrés approfondissant encore la méthode que nous employons faite de rencontres régulières, de dialogue et de phases de concertation.

C'est là, notre grand défi pour 2003. Je ne doute pas que nous saurons le relever, ensemble.

Je ne voudrais pas terminer sans saluer particulièrement les Agents Locaux de Médiation Sociale (ALMS) qui assurent la sécurité quotidienne des points écoles et contribuent ainsi à la sécurité des enfants de l'arrondissement. Ils ont pu venir s'installer dans de nouveaux locaux (hélas provisoires), plus proches de leur lieu de travail (les points écoles du 2e) et je m'en félicite.

Nous poursuivrons au cours de l'année qui vient, de façon très volontariste les travaux d'urgence et de sécurisation dans les crèches et les écoles et je remercie pour leur travail la Section Locale d'Architecture (SLA) et la Circonscription des Affaires Scolaires (CAS).

Nous avons aussi renouvelé le marché de la caisse des écoles, améliorant encore le contenu de l'assiette en renforçant l'offre de produits bio et labellisés servis aux enfants.

Et je tiens à saluer la DASCO pour les précieux conseils qu'elle nous a prodigués et tout le personnel de la Caisse des écoles et les femmes de services pour avoir, chacun à leur mesure, contribué au bon aboutissement de ce projet.

Je voudrais aussi féliciter tous les agents de la Mairie du 2e – et notamment la première d'entre-eux Martine Farget, Directrice générale des services - pour leur travail et leur disponibilité (nous, élus, les sollicitons beaucoup) ainsi que pour leur sens de l'accueil et la qualité de leurs relations humaines.

Et je voudrais, en particulier, remercier les agents du bureau des élections qui, après l'organisation des 2 tours des élections présidentielles et les 2 tours des législatives ont achevé leur année par l'organisation des élections prud'homales.

Je souhaiterais enfin saluer une nouvelle venue. Madame Micheline Rivet directrice du Centre d'action sociale, ainsi que son adjoint Monsieur Maréchaux qui nous ont rejoint depuis la rentrée 2002.

J'aimerais redire à vos équipes toute l'importance que j'attache aux missions que vous menez en direction des personnes âgées, mais aussi des personnes les plus démunies.

Notre arrondissement, contrairement à ce que l'on croit souvent, n'est pas un arrondissement privilégié. Sur 17 000 assurés sociaux, le 2e compte 2000 bénéficiaires de la CMU. Notre taux d'allocataires du RMI, même s'il est faible en valeur absolue (nous sommes un petit arrondissement de 20 000 habitants), nous situe juste derrière les 18e et 19e arrondissements. La plupart de nos écoles sont classées en Réseau d'Education Prioritaire (REP).

Et dans ce contexte, votre action au service de ceux qui, parmi nous, sont le plus dans le besoin revêt une importance primordiale et vous avez su, dès votre arrivée, prendre toute la mesure du problème.

Les moyens de lutter contre la pauvreté font partie des réflexions que nous devrons mener plus en avant au cours de l'année.

Je ne serai pas plus long.

Je vous adresse tous mes vœux pour une année de paix dans le monde et de solidarité entre tous ceux qui vivent et travaillent à Paris.

Bonjour à toutes et à tous,

Merci pour votre présence,

Je suis heureux de vous accueillir à l'occasion de la nouvelle année dans la mairie du 2e arrondissement qui est, après tout, notre maison commune.

Avec les élus du 2e dont Pierre Schapira adjoint au maire de Paris chargé de l'international et de la francophonie mais aussi, dans le 2e chargé, des professions libérales, nous avons décidé, cette année d'inviter plus particulièrement les professions libérales et médicales.

Vous travaillez dans notre arrondissement, mais peut-être ne connaissiez-vous pas la Mairie. Pourtant vous passez de longues heures dans le 2e arrondissement. Vous rencontrez quotidiennement des habitants du 2e. Et à ce titre, vous entretenez un lien social fort. Et votre rôle au service des habitants de l'arrondissement est donc primordial.

Je pense ici, bien sûr, aux avocats et aux constants mais aussi, et plus particulièrement, aux membres des professions médicales et paramédicales au contact quotidien de populations souvent en souffrance.

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer à première vue –mais il faut se méfier de l'illusion du savoir immédiat – notre arrondissement n'abrite pas une population privilégiée : sur 17 000 assurés sociaux le 2e compte 2000 bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle (CMU). Notre taux d'allocataires du RMI, même s'il est faible en valeur absolue (nous sommes un petit arrondissement de 20 000 habitants), nous situe juste derrière les 18e et 19e arrondissements. Logiquement, la plupart de nos écoles sont classées en REP (réseau d'éducation prioritaire).

Dans ces conditions, vous comprendrez que les élus de la majorité se sont émus de la fermeture du centre de sécurité sociale de la rue Saint Fiacre, qui certes n'avait pas vocation à recevoir le public mais qui créait du lien avec les assurés sociaux. Mais aussi avec les professions médicales du 2e pour lesquelles, elle offrait un service de proximité bien pratique.

Je suis, vous l'avez compris, très attaché au maintien des liens sociaux – premier rempart contre l'exclusion mais aussi à la qualité environnementale. Je me réjouis que les couloirs de bus, d'après une récente enquête d'AirParif, qui mesure la qualité de l'air, les couloirs de bus en site propre aient entraîné la baisse de la pollution atmosphérique de 6 à 10% boulevard Sébastopol. (et de 8 à 19% à Paris).

Les questions de stationnement – je viens d'évoquer la circulation – nous préoccupent également. Le Maire de Paris Bertrand Delanoë très sensible à ces questions a demandé à Denis Baupin, adjoint chargé des transports, de réfléchir à la création d'une carte de stationnement spécifique aux professions médicales. Le projet n'est pas encore abouti mais il pourrait permettre un stationnent dans les zones de livraisons.

Je ne voudrais pas terminer sans évoquer les élections prud'homales. Nous avons été très attentifs, dans l'intérêt des employeurs comme des salariés, à ce que le scrutin se déroule dans les meilleures conditions possibles, compte tenu de nos forces administratives. Nous avons organisé 30 bureaux de vote là où nous n'en avons que 7 lors des élections politiques.

Je souhaite que l'information entre les actions menées par les élus vous parviennent régulièrement. Pour cela je vous invite à consulter notre site internet et si vous souhaitez que l'on vous adresse le journal du 2e, nous vous invitons à laisser votre carte de visite. Cela nous permettra par ailleurs de vous adresser régulièrement des informations sur nos actions.

Paix, solidarité, environnement

Je vous souhaite la bienvenue en mairie du 2e arrondissement, notre maison commune, pour cette cérémonie des vœux.

Je suis très heureux de vous accueillir en compagnie de toute l'équipe municipale.

Je salue tout particulièrement Martine Billard, députée de Paris centre pour sa présence.

Et je remercie également les élus de l'opposition du 2e d'être parmi nous : Christophe Lekieffre, Marie-Noëlle Bourriot et Charles Brun.

Cette cérémonie traditionnelle des vœux, je la souhaite avant tout conviviale et fraternelle, puisqu'elle vise à poursuivre le dialogue déjà largement entamé au cours de l'année et à faire vivre ce lien social auquel, avec tous les élus de la majorité, je suis très attaché.

Cette rencontre annuelle permet de faire un point d'étape sur les actions que nous menons et d'évoquer celles à venir.

Mais je souhaiterais, cette année, prendre un instant pour resituer notre action locale dans le contexte plus large.

Nous entamons l'année 2003. Le cap de l'an 2000 est franchi et, alors que nous entrons de plain pied dans le troisième millénaire, de nouvelles inquiétudes, dans le monde, apparaissent : menaces de guerres, crainte du terrorisme, accroissement des inégalités, multiplication des catastrophes industrielles et climatiques.

Face à ces défis gigantesques, trois combats doivent guider notre action.

Le premier concerne le combat pour la paix dans le monde. Les armes chimiques et nucléaires, menacent des vies humaines y compris dans des régions non concernées par les conflits.

La guerre est une solution extrême. Elle ne peut être mise en œuvre que lorsque toutes les autres options ont échoué. La haine qu'elle génère se transmet aux générations suivantes et ce sont nos enfants qui en paient, longtemps après, les conséquences.

La lutte contre la pauvreté est le deuxième combat que nous devons mener. A l'heure actuelle, la moitié de la population du globe vit avec moins de 2 euros par jour, des millions d'enfants sont contraints au travail et plus d'un milliard d'être humains (sur 6 milliards) n'ont pas accès à l'eau potable.

Le troisième combat est celui de l'environnement. Les catastrophes industrielles (Prestige, Erika, AZF…) et climatiques (tempêtes, inondations…) à répétition montrent que notre mode de développement productiviste et d'exploitation des ressources naturelles atteint sa limite.

Ces trois problèmes sont interdépendants. Sans une conception de l'humanité comme une communauté unie vivant dans le même " village mondial ", on ne mettra pas fin aux guerres et à la pauvreté. Et si on ne s'occupe pas de lutter contre la misère, on ne pourra pas convaincre de l'urgence du combat pour sauver la Planète.

Cet été au sommet de la terre à Johannesburg, tous les participants (chefs d'Etat comme scientifiques) l'ont reconnu : il apparaît de plus en plus clairement que, si l'on poursuit nos modes de production et de consommation actuels, c'est, à terme, la survie même de l'humanité qui est menacée.

La réponse, au niveau international, se décline dans :

1) l'engagement des pays à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre ;

2) La mise en œuvre du concept de développement durable. Il s'agit d'assurer les besoins de tous les être humains, sans compromettre ceux des générations futures.

Mais ici dans le 2e arrondissement que pouvons-nous faire ?

C'est conscients de ces enjeux, qu'à notre niveau nous agissons. Lorsque nous travaillons pour favoriser la démocratie locale (conseils de quartier, conseil des jeunes, questions aux élus à l'issue des conseils d'arrondissement, réunions publiques, marche exploratoire, etc.) nous favorisons le dialogue, l'échange, la confrontation d'idées et donc la tolérance et la paix.

Lorsque nous mettons en œuvre une politique visant à favoriser le logement social, ou lorsque nous aidons les associations d'insertion c'est pour venir en aide à ceux qui, parmi nous, sont les plus démunis.

Trier ses déchets permet d'éviter le tout incinération et donc réduit la pollution atmosphérique… Manger bio, encourage une agriculture respectueuse de la nature. Moins utiliser la voiture c'est, à notre échelle, réduire les émissions polluantes et contribuer à un environnement meilleur.

C'est, ici et maintenant, la forme que prend, à sa mesure, notre combat pour un monde meilleur.

C'est dans cet état d'esprit que nous travaillons. Depuis l'année dernière, un nombre important de projets a été mené dans l'arrondissement grâce au travail de toute l'équipe municipale.

Nous le poursuivrons au cours de l'année 2003, toujours avec la même conviction ce travail.

Si vous me le permettez, je voudrais, rappeler quelques-unes de nos réalisations.

En matière de démocratie locale, ainsi que nous nous y étions engagés, les trois conseils de quartiers ont été installés et régulièrement ils se réunissent, travaillent en commissions et formulent des propositions aux élus.

Les associations trouvent toute leur place et toute leur indépendance et le bureau du CICA se réunit régulièrement. Les associations du 2e ont d'ailleurs, été très présentes au forum de associations au début de l'été sur le parvis de l'hôtel de Ville.

En matière de voirie et d'urbanisme :

Nous avons poursuivi notre politique de sécurisation et d'amélioration des cheminements piétons, en élargissant les trottoirs, les rues poissonnière/ Petits Carreaux ont été traitées et l'arbre au carrefour avec la rue d'Aboukir sera planté la semaine prochaine. Ce sera un charme…

Les travaux de rénovation du square Bidaut ont démarré, l'escalier Bonne Nouvelle qui y mène est rénové et là aussi, un arbre a été planté. Afin de compenser la perte de zones de stationnements rue de la Lune, à la demande de Jean-Paul Maurel, nous venons d'obtenir le changement de statut des zones de stationnement du Boulevard de Bonne Nouvelle qui peut désormais accueillir du stationnement résidentiel.

Nous avons aussi, pour la sécurité des enfants, créé un élargissement de trottoir devant l'école maternelle rue Saint-Denis ainsi que devant l'école supérieure de métiers de la mode rue d'Aboukir.

Nous avons également entendu les parents d'élèves de l'école Vivienne et nous avons créé un parking deux roues à proximité de l'école afin de dissuader l'accrochage des motos et scooters devant l'établissement scolaire.

J'espère bien pouvoir réitérer la même opération face à l'école Louvois.

Nous attachons une importance particulière à la qualité de vie et à la sécurité des petits Parisiens.

Les travaux dans les crèches et les écoles se sont poursuivis. Nous avons notamment éradiqué toute peinture au plomb.

En matière de restauration scolaire, après concertation avec les parents d'élèves nous avons réintroduit le bœuf dans les menus, mais bœuf uniquement de race bouchère et labellisé AB.

Nous avons signé, en fin d'année, un nouveau contrat de fourniture des repas aux restaurants scolaires qui améliore encore la qualité des menus servis aux enfants.

Et, avec Sylvie Wieviorka une attention particulière est apportée à la sécurité aux entrées et sorties des écoles, en relation avec le commissariat et les Agents Locaux de Médiation Sociale (ALMS).

Par ailleurs, après une large concertation, le Contrat local de sécurité est bouclé et nous n'attendons plus que le feu vert du substitut du procureur (qui je l'espère ne saurait tarder) pour le signer et le mettre en œuvre.

En matière de logement, nous avons hérité d'une situation difficile, due à l'hostilité de la municipalité précédente au logement social.

Avec Dominique Dussart nous avons donc redoublé d'efforts : en un an et demi, 6 immeubles à vendre du 2e ont été achetés par la Mairie de Paris, sur ma proposition. Deux autres viennent d'être repris par un bailleur, subventionné par l'Hôtel de Ville (dont un sera réhabilité en HQE : haute qualité environnementale). Enfin, six immeubles en habitat dégradé ou d'insalubrité seront rénovés.

Enfin comme prévu, les travaux du 54-58, rue Montmartre ont démarré en fin d'année 2002. 30 logements sociaux et 25 places d'accueil petite enfance vont y voir le jour. Je suis intervenu pour que ces logements soient équipés de chauffage au gaz.

Simonne Goënvic m'alarmant régulièrement des aides importantes versées par la commission d'aide sociale du CAS, qu'elle préside, et qui verse très souvent des fonds notamment destinés au paiement des factures EDF des locataires de logements sociaux.

Je ne m'attarderai pas sur la mise en place depuis octobre du tri sélectif dans notre arrondissement tant cette mesure de bon sens est désormais entrée dans les mœurs des Parisiens.

Enfin pour mieux informer les Parisiens de la vie et des actions menées dans leur arrondissement, le site Internet de la mairie a été mis en ligne grâce à l'action de Jean-Christophe Frachet.

Cette politique, nous la menons en plein accord avec le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et je fais miens ses propos : " Ne soyons jamais satisfaits de nous-mêmes, ne relâchons pas notre effort ".

En effet, il reste beaucoup à faire. Et en 2003, nous continuerons notre action.

Cette année verra la réalisation de travaux importants, durant l'été, dans les écoles Etienne-Marcel : création d'une salle de motricité (éducation physique) et école maternelle Dussoubs, un réfectoire sera aménagé (actuellement les enfants déjeunent dans le préau).

Nous travaillons également, avec Laurent Bureau, à repenser la carte scolaire de façon à éviter toute fermeture de classe dans l'arrondissement.

Dans le Sentier, où nous souhaitons que chacun trouve sa place (les commerçants qui doivent pouvoir livrer et les habitants doivent subir moins de nuisances), nous allons poursuivre les aménagements.

Nous lancerons la concertation pour la création d'un quartier Vert qui ne doit pas être un concept théorique plaqué mais l'émanation d'une réflexion collective autour de l'idée : comment mieux vivre ensemble ?

Nous entamerons aussi la concertation pour la création du square d'Alexandrie, dans le Sentier, et la poursuite des élargissements de trottoirs dans ce quartier mais aussi rue Notre-Dame des Victoires (l'étroitesse des trottoirs posant ici particulièrement un problème de sécurité) dans le quartier Gaillon-Vivienne.

Avec Jean-Paul Maurel pour les questions de transport et circulation et Sylvie Wieviorka pour les questions de vie locale nous lancerons un diagnostic, avec les habitants, sur le fonctionnement du quartier Montorgueil Saint-Denis qui a beaucoup vieilli.

D'ores et déjà un plan quinquennal de remplacement des petits pavés blancs de Montorgueil est mis en œuvre.

Nous avons obtenu le financement définitif de la restructuration totale de l'immeuble communal " des Petits-Pères " qui permettra à partir de septembre 2004 l'extension de la bibliothèque Vivienne et la création de 60 berceaux au lieu des 47 déjà existants.

Dans l'intervalle, à titre provisoire, à l'emplacement de l'ancien commissariat des Petits-Pères nous hébergeons une antenne administrative de l'association Parada (qui vient en aide aux enfants des rues).

A cela s'ajoute, à la demande de Patrice Le Marchand l'aménagement d'une accessibilité pour les personnes handicapées au gymnase Jean Dame, réclamée de façon totalement justifiée, par les associations sportives, depuis de nombreuses années. Les travaux devraient être effectués durant l'été.

Vous le voyez, voilà un programme bien chargé (et je vous en épargne une partie - la rénovation de l'éclairage public…). S'y ajouteront nos manifestations culturelles et festives désormais traditionnelles auxquelles je vous remercie de participer toujours plus nombreux :

brocante de la Mairie bien sûr, mais aussi fête de la musique (où des musiciens sont accueillis dans la cour de la Mairie), la semaine de promotion des transports publics, Lire en fête (et je souhaite une animation d'une qualité aussi élevée que l'événement créé autour de la talentueuse écrivaine Lydie Slavayre aux Bouffes parisiens – où nous avons été accueilli par Jean-Claude Brially) etc.

Cette année s'ajouteront des événements autour de l'Algérie (2003 sera l'année de l'Algérie et sous la houlette de Pierre Schapira des manifestations seront organisées avec l'Hôtel de Ville). Dès le 20 février nous participons à l'organisation d'un concert de Djamel Laroussi salle Jean Dame.

Je vous donne également rendez-vous pour participer à la deuxième phase de la concertation sur le Plan local d'urbanisme (PLU) qui se tiendra du 7 février au 5 avril en vue de l'élaboration du Plan d'aménagement et de développent durable de la Ville. Réunions où seront restituées les réflexions menées par les habitants et où une exposition sur les projet d'avenir structurant le 2e nous sera montrée.

Le temps passe – bientôt deux ans que nous sommes élus- mais notre conviction et notre énergie restent intactes. Notre objectif demeure le même : tenir nos engagements, répondre aux besoins de chacun, afin de tous, mieux vivre ensemble dans le deuxième arrondissement et… sur la Planète !

Compte-rendu de mandat

Madame la Maire,

Mesdames, Messieurs les adjoints au Maire

Madame la Députée (et je suis heureux d'accueillir ici Martine Billard),

Mesdames, Messieurs,

Il y a un an, nous étions à l'étroit dans la mairie du 2e arrondissement pour vous recevoir lors du 1er compte-rendu de mandat.

Aujourd'hui, je suis heureux de vous accueillir, au nom de tous les élus de la majorité, dans cette salle plus grande, pour ce deuxième rendez-vous, afin que chacun puisse trouver sa place.

Depuis l'agression dont il a été victime, le maire de Paris se porte beaucoup mieux et nous nous en réjouissons. Mais il est impératif, qu'il se ménage un peu. C'est donc Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris qui présente le bilan de la municipalité parisienne.

Et je tenais à vous remercier Madame la Maire, pour votre présence.

Permettre aux habitants de s'exprimer et de participer à la vie de la municipalité fait partie des engagements majeurs pris par Bertrand Delanoë.

L'objectif de ce rendez-vous, désormais annuel, est donc d'instaurer le dialogue, d'écouter ce que les gens ont à dire, de répondre aux questions que tout un chacun se pose, mais aussi : de mieux faire comprendre les actions déjà réalisées, ainsi que les projets à venir, après 20 mois de cette mandature.

C'est dans un état d'esprit constructif et résolument volontariste que les élus du 2e se sont mis au travail.

Depuis l'année dernière, un nombre important de projets a été concrétisés dans l'arrondissement grâce au travail efficace et concerté de toute l'équipe municipale que je voudrais ici remercier.

Je ne vous citerai pas toutes les réalisations menées par les élus du 2e arrondissement, car l'inventaire pourrait en être un peu fastidieux. Et l'objectif de cette réunion est de présenter, autour d'un échange, le travail de l'ensemble de la majorité parisienne.

Mais, si vous me le permettez, je voudrais, cependant vous citer quelques exemples.

Nous avons en début de cette d'année, installé les Conseils de quartiers. Très dynamiques, composés d'habitants fortement impliqués dans la vie locale, ils se réunissent régulièrement, travaillent et formulent des propositions aux élus.

Je les félicite pour le bal qu'ils ont proposé récemment au Palais Brongniart.

Le conseil de la jeunesse, aussi, se réunit et mène des actions de concertation avec et pour les jeunes.

Nous avons également poursuivi notre politique de sécurisation et d'amélioration des cheminements piétons, en élargissant les trottoirs (rue poissonnière/ Petits Carreaux ou face à l'école maternelle rue Saint Denis, etc.).

Dans le Sentier, nous souhaitons que chacun ait sa place : les commerçants qui doivent pouvoir livrer et les habitants doivent subir moins de nuisance.

Une réflexion va être engagée dans le cadre d'un quartier Vert où des espaces livraisons seront aménagés et la circulation de transit détournée.

Autres réalisations importantes : les travaux d'urgence dans les écoles se sont poursuivis avec un volontarisme sans précédent, afin d'améliorer la sécurité des enfants.

Ce n'est pas tout !

Le site Internet de la mairie a été mis en place (mairie2.paris.fr) pour mieux informer les habitants de l'actualité de leur arrondissement et répondre à toutes les questions qui font leur quotidien.

En matière de logement, nous avons hérité d'une situation difficile due à l'hostilité de la municipalité précédente au logement social. Nous avons donc accentué l'effort : en un an et demi, 6 immeubles ont été achetés par la Mairie de Paris sur ma proposition, deux autres par un bailleur, subventionné par l'Hôtel de Ville (dont un en HQE : haute qualité environnementale), 6 immeubles en habitat dégradé ou d'insalubrité seront rénovés.

Les travaux de rénovation au 54-58, rue Montmatre ont démarré récemment. Fin 2003/début 2004, 30 logements sociaux et 25 places d'accueil petite enfance devraient y voir le jour.

Enfin, après avoir réintroduit le bœuf labellisé AB nous allons signer un nouveau contrat de fourniture des repas aux restaurants scolaires améliorant encore la qualité des menus servis aux enfants.

Mais il reste beaucoup à faire. Et en 2003, nous ne relâcherons pas notre effort.

Le budget d'investissement localisé de l'année prochaine s'est considérablement accru. Ce résultat très satisfaisant est la conséquence à l'ampleur des projets voulus par les élus de l'arrondissement.

Il faut dire que les mandatures précédentes avaient peu investi dans le 2e arrondissement et qu'il s'agit d'un juste rattrapage.

Les sommes investies dans notre arrondissement pour améliorer la vie des habitants n'ont jamais été aussi élevées. Sont inscrits au budget 2003 de l'arrondissement :

Travaux dans les écoles Etienne-Marcel salle de motricité (éducation physique) et école maternelle Dussoubs, création d'un réfectoire (les enfants déjeunent dans le préau),

Restructuration totale de l'immeuble communale " Petits-Pères ", extension de la bibliothèque Vivienne et création de 60 berceaux au lieu des 47 déjà existants crèche du Mail.

Rénovation de la voirie : plan quinquennal de remplacement des petits pavés blancs de Montorgueil, création de deux squares dans le Sentier : Alexandrie et Bidaut, poursuite des élargissements de trottoirs…

Création d'une accessibilité aux personnes handicapées au gymnase Jean Dame

Par ailleurs, en 2003, la mairie d'arrondissement verra son budget de fonctionnement tripler grâce à la mise en œuvre de la loi de décentralisation.

En effet, au lieu d'effectuer un détour par les services centraux, la mairie prendra désormais directement en charge les frais de fonctionnement des établissements de proximité comme par exemple les écoles pour les petites fournitures scolaires, ou les frais afférant au fonctionnement de la bibliothèque ou du gymnase.

La mairie gèrera aussi directement les travaux urgents, dans ces mêmes établissements, afin d'avoir une plus grande réactivité face aux problèmes posés (un chauffage défectueux, une porte qui ferme mal, etc.).

Vous le voyez, nous poursuivons notre travail pour concrétiser les projets que nous nous sommes engagés à mettre en œuvre.

Le temps passe –20 mois déjà ! - mais notre conviction et notre énergie restent intactes. Notre objectif demeure le même : tenir nos engagements, mieux pour répondre aux besoins de chacun, afin de tous, mieux vivre ensemble.

Je vous remercie de votre attention et je passe tout de suite la parole à Anne Hidalgo, 1ère adjointe au maire de Paris.

C'est avec grand plaisir que je vous accueille aujourd'hui à la mairie du 2e arrondissement pour l'ouverture de cette 2e édition de la manifestation " En ville, transportons-nous autrement " qui s'inscrit dans le cadre de la semaine du transport public.

Mais avant d'aller plus loin, je tiens à remercier les personnes présentes.

Et les partenaires qui ont pu rendre possibles ces manifestations

Comme vous le savez peut-être, notre manifestation " En ville, transportons-nous autrement " s'inscrit dans le cadre de la semaine du Transport Public qui s'achève dimanche par la Journée " En ville, sans ma voiture " et qui, cette année, correspond aux Journées du Patrimoine.

Notre ambition est donc de conjuguer ces différentes événements.

Après le sommet de la terre à Johannesburg où les gouvernements se sont montrés incapables de s'entendre, il me semble important de montrer que l'environnement et la qualité de vie se défendent d'abord à l'échelon local et que chacun dans ce domaine peut être acteur de progrès.

C'est le sens que je souhaite donner à cette semaine que nous organisons. L'aspect ludique des manifestations proposées durant ces 6 jours ne doit pas occulter le message constructif qu'elles encouragent.

Nous avons été nombreux à répondre présents à l'opération " Paris-Plage ". Nous avons pu redécouvrir le plaisir de flâner dans un contexte estival et festif.

La semaine qui s'annonce propose de réfléchir à la problématique du transport dans un environnement différent : la vie de tous les jours, avec ses contraintes, ses exigences.

Il est en effet urgent de proposer des alternatives au "tout-voiture" qui a prévalu jusqu'à présent notamment parce que le transport, en ville, a des incidences considérables sur la qualité de vie et la santé des parisiennes et des parisiens, notamment des plus faibles : enfants, personnes âgées, asthmatiques.

Dans le 2e arrondissement, 75% des ménages ne possèdent pas de voiture. Pourtant les habitants du centre de Paris sont les premières victimes de la pollution de l'air. Les résultats de l'enquête européenne Life Résolution (menée entre septembre 2000 et juillet 2001 et dont les résultats ont été publiés en mai de cette année), montrent que les seuils de taux de dioxyde d'azote et de benzène sont régulièrement dépassés à Paris, en particulier dans le centre.

Pourtant la nouvelle municipalité n'a pas attendu ces résultats pour agir.

La Ville de Paris peut déjà être fière du travail accompli. A titre d'exemple, alors que le Plan de Déplacement Urbain (PDU) prévoit une baisse du trafic automobile de 5% sur 10 ans, nous atteignons 3% dès la 1ère année. (+1% fréquentation du métro, +2% fréquentation des bus).

La mise en place des couloirs de bus protégés y a largement contribué, ainsi, sans doute, qu'une prise conscience, par la population, de la nocivité de la voiture en centre urbain dense.

Aujourd'hui riverains et commerçants redécouvrent la convivialité des espaces libérés de l'automobile. Qui par exemple souhaiterait remettre en cause le fonctionnement du quartier Montorgueil ? La plupart des gens qui y habitent, qui y travaillent - comme ceux qui le visitent - souhaitent même un renforcement des conditions d'accès.

L'effort ne doit pas se relâcher. Nous vivons au cœur d'un espace urbain, point d'attraction et de convergence. Aujourd'hui, la saturation, par le trafic automobile, du centre de Paris, pénalise plus qu'il ne favorise son accès à chacun.

En ce sens, la réduction de la place de la voiture n'a pas pour objectif de fermer le cœur de la ville aux visiteurs mais, au contraire, de le rendre plus accessible, au plus grand nombre et dans de bien meilleures conditions.

A ce titre, la municipalité parisienne a pris l'initiative d'ouvrir le dialogue avec les communes limitrophes. Le maire de Paris a souhaité dès son arrivée qu'un adjoint soit chargé des relations avec les collectivités locales d'Ile-de-France.

En matière d'intercommunalité, les transports publics ont un rôle fondamental à jouer.

Ceux-ci doivent être fiables, réguliers, confortables et proposer une politique tarifaire incitative.

Relier la banlieue au centre de Paris par les transports en commun coûte actuellement trop cher. Et l'on peut regretter la nouvelle augmentation survenue au mois de juillet…

Par exemple, une famille de deux enfants, qui habite en zone 4, c'est à dire en proche banlieue, et qui veut visiter la Bibliothèque Nationale ou l'Opéra Comique, qui ouvrent leurs portes durant les journées du Patrimoine, il est plus économique d'effectuer le parcours en voiture et c'est dommage.

Associé à la journée sans voiture, les journées du Patrimoines présentent en effet une occasion rêvée de prendre le temps d'admirer nos quartiers centraux à l'architecture ancienne, d'une richesse peu commune.

C'est pour cela que lors de ces journées (samedi 21 et dimanche 22 septembre), nous organisons des visites, à vélo des lieux insolites de l'arrondissement. Pour ceux qui ne possèdent pas de deux roues, la Ratp met des vélos, gratuitement à leur disposition.

Enfin, cette année, nous avons choisi d'aborder le problème de la pollution sonore. Le bruit est la première source de dégradation de la qualité de vie des Français. Certes, il n'émane pas uniquement de la circulation automobile mais klaxons, alarmes, moteurs mal réglés, y contribuent largement.

Le bruit s'insinue dans notre vie quotidienne, provoque le stress, nuit à la santé. Pourtant, il est encore trop souvent considéré comme un " mal nécessaire ".

L'exposition que vous découvrirez à l'étage a pour objectif, non seulement de sensibiliser chacun d'entre nous sur ce mal qui n'est pas nécessaire, mais aussi et surtout d'ébaucher des solutions.

Le conseil des jeunes du 2e a par ailleurs initié une opération de contrôle sonore des deux roues par la prévention routière.

Je souhaite que cette manifestation participe à faire évoluer les mentalités et démontre qu'il existe des alternatives au tout voiture. Cette évolution, déjà largement engagée ne se fera réellement que si chacun d'entre-nous est persuadé que son comportement, au quotidien, peut changer, non pas le monde, mais le petit bout de planète sur lequel il vit.

Je vous donne donc d'ores et déjà rendez-vous pour la 3e édition de " En ville, transportons-nous autrement ", en 2003.

Celle-ci aura une importance particulière : la journée sans voiture se tenant un lundi et Paris accueillant la manifestation internationale Vélo-City.

Ni pénalisation, ni maisons closes : l'aide aux victimes

(droits et protection pour les personnes prostituées)

Dans le 2e arrondissement, la prostitution - surtout féminine - est principalement située au nord de la rue Saint-Denis (entre la rue de Turbigo et la porte Saint-Denis) et dans les rues adjacentes (Sainte-Apolline, Blondel, de Tracy, du Ponceau, de Palestro, d'Alexandrie, Sainte Foy et d'Aboukir).

Une prostitution ancienne, sur le déclin, essentiellement d'origine française, y côtoie une prostitution d'origine africaine, régulièrement renouvelée, avec des femmes peu intégrées, souvent jeunes, maîtrisant mal le français. Elle concerne environ 500 prostituées (d'après la police) et serait globalement en augmentation.

Conjuguée à la présence de sex-shops, la prostitution rue Saint-Denis engendre toute une série de nuisances dont se plaignent les riverains. Ces nuisances, surtout nocturnes, sont avant tout le fait des clients qui perturbent le voisinage par leur comportement : bruit, incivilités, mal propreté (mixtions sur la voie publique, détritus divers jetés sur la chaussée…).

Certes, il faut responsabiliser le client sur ses pratiques et ses incivilités : c'est à dire informer et éduquer. Mais bien que pouvant, à première vue, paraître séduisante, la pénalisation du client n'est pas une solution efficace.

Cette option est fondée sur l'idée que dissuader les clients par de fortes amendes entraînerait une baisse de la pratique, les prostituées étant privées de clients. Adoptée dans plusieurs pays cette solution n'a pas conduit à la disparition de la prostitution mais plutôt à son exercice clandestin. La prostituée, moins visible et donc plus précaire et vulnérable, devient plus encore en butte aux violences et, le cas échéant, incapable d'échapper aux réseaux de traite.

La réalité du phénomène ne disparaît pas. Au contraire, il s'aggrave notamment sur le plan sanitaire (par l'absence de suivi, notamment en matière de VIH). De plus, il renforce la pratique : la prostitution est d'autant plus lucrative qu'elle est clandestine (augmentation du risque donc du " prix client "), ce qui revient paradoxalement à encourager le trafic.

Pour autant, il n'est pas question d'accéder à la proposition, complètement régressive, qui consisterait à créer des maisons de prostitution (ou maisons closes). Loin de protéger les personnes prostituées, cette option permet que s'installe un proxénétisme bien pensant qui ne protège que le client. Retourner à un droit spécifique qui enferme et fiche les personnes reviendrait à accepter une situation d'esclavage moderne dans lequel vivent encore nombre de prostitué-e-s, et à cautionner le trafic d'êtres humains.

Les prostituées sont avant tout des victimes qu'il faut aider et des personnes dont les droits et la parole sont à respecter.

Comment ? D'abord en se donnant les moyens, et en réaffirmant la volonté politique, de lutter contre les réseaux de traite internationaux. Il faut renforcer la protection juridique et policière des personnes prostituées (en délivrant des autorisations provisoires de séjour). Mais également en appliquant réellement toutes les lois sur les violences faites aux femmes, en appliquant réellement les peines de proxénétisme aggravé et de proxénétisme en bande organisée, et par un travail des services de police (Interpole, RG, etc…) orienté de façon très volontariste vers le démantèlement des réseaux, à leur tête, et la lutte contre les filières de blanchiment des capitaux…

Aider les victimes c'est aussi d agir pour le droit à la retraite et à la sécurité sociale des prostitué-e-s installé-e-s (qui par ailleurs paient des impôts) et régulariser administrativement (aide aux demandes d'asile politique) les nouvelles arrivantes. Cette démarche facilite l'émancipation et enlève aux proxénètes leur source de revenus en diminuant la rentabilité de la traite.

Au niveau municipal, le moyen le plus efficace de protéger les personnes prostituées contre les proxénètes et les réseaux mafieux de traite, consiste à aider les associations reconnues pour leur action sur le terrain, notamment financièrement par le biais de subventions pérennes.

Certaines associations, particulièrement celles qui travaillent avec les prostitué-es sur des principes de santé communautaire, effectuent un travail remarquable de soutien, de prise de contact (démarches sanitaires et d'éducation à la santé : VIH, hépatites, grossesses,…), d'accès aux aides sociales, voire, avec celles ou ceux qui le souhaitent, de recherche, de reconversion à leur activité (formations).

L'écoute de la parole et la participation des personnes prostituées s'est en effet révélée essentielle ces dernières années en France comme dans d'autres pays européens en termes d'efficacité de l'aide apportée et de résultats sanitaires et sociaux (accès aux droits, protection de sa santé).

Je propose donc d'accroître et pérenniser les subventions aux associations d'aide aux prostitué-e-s comme les Amis du Bus des femmes, le PASTT, Aides, ou l'Amicale du Nid… dont le retour ou la présence serait bienvenu rue Saint-Denis. La mairie du 2e arrondissement est disposée à faciliter leur implantation dans l'arrondissement (autorisation de stationnement pour les bus itinérants à vocation sanitaire et sociale par exemple) et à encourager leur travail, avec, et en direction des prostituées.

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Il est difficile de ne pas être ému lorsqu'il s'agit de commémorer la Libération de Paris. Cet événement qui nous réunit aujourd'hui appartient désormais au siècle passé, mais n'en reste pas moins vivant dans nos mémoires et dans nos cœurs. Ce 25 août 1944 fut celui de la victoire de citoyens opprimés et révoltés, qui prirent en main leur destin.

Les Parisiens affichèrent une résistance progressive, obstinée à l'occupant, en dépit des faibles moyens qui étaient les leurs, gonflés d'espoirs et de confiance par le débarquement allié du 6 juin 1944.

Le 1er août, la 2e division blindée du général Leclerc débarque en Normandie. L'administration allemande recule, détruit ses archives et à partir du 10 août, les grèves se multiplient parmi les cheminots, postiers et agents de police parisiens.

Pierre Laval quitte la capitale le 17 août.

Le même jour, la BBC émet cette phrase célèbre : " Radio Paris ment, Radio Paris est Allemand ".

Le 18, la CGT décide la grève générale. Rol Tanguy, chef des forces françaises de l'Intérieur d'Île-de-France proclame la mobilisation générale. Les journaux collaborationnistes cessent de paraître.

Le 19, les premiers combats éclatent : les barricades semblent sortir de terre. Le Comité National de la Résistance et le Comité Parisien de la Libération appellent à l'insurrection.

Le 22, lorsque le général Leclerc marche sur Paris, il envoie ce dernier message : " Tenez bon, nous arrivons ".

Il leur faudra tenir 3 jours avant de voir la 2e division blindée prendre position, au matin, dans la capitale.

Le 25 août enfin, en début de soirée, le général de Gaulle marche dans un Paris libéré.

Nous rendons hommage aujourd'hui à la bravoure des 3700 blessés et à celle des 2000 combattants, civils résistants, avec ou sans uniforme, qui ont payé du sacrifice de leur vie cette Libération.

Gardons en mémoire leur exemple et souvenons-nous que lorsqu'un peuple est opprimé, la révolte n'est plus seulement un droit mais un devoir.

Bonjour,

Je vous souhaite à toutes et à tous la bienvenue, dans notre maison commune, la Mairie du 2e arrondissement.

En cette occasion, où nous célébrons le 90e anniversaire de l'association La Clairière, vous me permettrez de saluer tout particulièrement :

- M.Henry MASSON son Président du Conseil d'Administration

et

- Mme Roberta BERNARD, son enthousiaste directrice.

J'adresse également un très cordial salut à tous les salariés de l'association qui assurent, parfois dans l'ombre, le fonctionnement quotidien de toutes les activités de La Clairière,

- Ainsi qu'aux nombreux bénévoles qui soutiennent et accompagnent plusieurs centaines de personnes par an

dans leur parcours d'insertion,

- et enfin aux personnes aidées par la Clairière

C'est avec un réel plaisir que je vous accueille pour fêter les 90 ans du plus illustre centre social de notre arrondissement.

Illustre et ô combien actif.

D'un simple patronage à l'origine, voulu par le pasteur Wilfrid Monod, La Clairière devient vite un véritable centre social d'aide aux familles les plus déshéritées.

Il serait trop long de retracer l'histoire de la clairière et je laisserais se soin à Pierre ou Sylvie s'ils le souhaitent.

Et je vous renvoie pour connaître cette superbe histoire à l'excellent ouvrage de Catherine GOGUEL et Jacques POUJOL.

Permettez moi pourtant d'évoquer un moment terrible de notre histoire collective. Et l'action héroïque du pasteur Paul VERGARA et de Marcelle GILLEMOT qui au péril de leur vie sauvèrent des centaines d'enfants juifs.

Permettez-moi, pour mesurer l'importance (qu'au fur et à mesure des années) a pris La Clairière, de citer quelques-unes de ses activités d'aujourd'hui :

- cours d'apprentissage de la langue française,

- permanence juridiques,

- organisation de sorties culturelles et de soirées festives,

- accompagnement scolaire et organisation de séjours de vacances pour les enfants

- club de prévention pour les jeunes,

- entreprise d'insertion qui intervient dans le domaine du bâtiment,

- et bien sûr, organisation du repas mensuel " Table du

monde " qui connaît un succès croissant auprès des habitants (et des élus !) de notre arrondissement.

Et j'en ai nécessairement oublié ! D'autant que

L'année 2002 aura vu La Clairière disposer de nouveaux locaux rue Grenéta (en face du 60 où elle a remplacé l'église de scientologie),

et quelques numéros plus loin, toujours rue Grenéta, où va s'implanter une des entreprises d'insertion.

Toutes ces activités font de La Clairière un partenaire incontournable et privilégié pour l'équipe municipale.

C'est un acteur essentiel, pour nous aider

à mener à bien une politique sociale ambitieuse au

service des personnes en difficultés de

l'arrondissement et au-delà (puisque les activité de La Clairière ne se limitent pas aux " frontières " du 2e arrondissement) pour aider les parisiens les plus démunis ou en parcours d'insertion.

Et je ne suis pas sur qu'il n'y ait pas de lien entre le développement des activités de prise en charge et d'accompagnement des jeunes par La Clairière et la diminution des statistiques de la délinquance dans le deuxième arrondissement.

Mais il est essentiel de concevoir ce partenariat dans le respect de l'indépendance de gestion la plus stricte.

Car s'il est légitime que La Clairière bénéficie de subventions publiques pour mener une action de service au publique – en complément d'actions institutionnelles – et pour palier souvent aux déficiences des celle-ci, il est essentiel d'assurer et de préserver son indépendance.

L'activité d'un centre social comme La Clairière se situe à la fois

- en relais de l'action politique et en complément des politiques publiques (mise en œuvre de la politique de logements sociaux grâce au financement de la Ville)

En se sens, je tenais à vous accueillir et à saluer La Clairière (et tous ceux qui la font vivre) .

A l'occasion de l'anniversaire cette grande dame bientôt centenaire mais ô combien active et utile à la collectivité, je tenais à vous exprimer toute mon admiration pour les combats quotidiens et désintéressés que vous menez pour contribuer à rendre plus humaine notre société souvent impitoyable. En se sens, votre combat rejoint le mien.

Mme la députée, Mmes et MM. les élus

Mesdames, Messieurs, chers amis,

En ce 8 mai 2002, nous commémorons les 57 ans de la victoire des forces alliées contre le nazisme et la barbarie.

Une coalition des démocraties a vaincu la bête immonde et mis à bas ses principes d'exclusion, de haine et de xénophobie.

La dramatique mise en œuvre de la logique hitlérienne avait conduit au massacre organisé et planifié de millions de juifs, tsiganes, homosexuels ou opposants politiques et entraîné des millions de morts dans les combats.

Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment en pleine moitié du 20e siècle, a-t-on pu présenter la haine et l'élimination physique de l'autre comme un projet politique sensé ?

Comment des nations développées, qui avaient foi dans le progrès et se pensaient civilisées, ont-elles pu adhérer à un projet aussi honteux et dégradant pour l'espèce humaine ?

L'anniversaire de la fin des combats nous offre l'occasion de nous souvenir que la politique ne peut se nourrir des discours basés sur la certitude de la supériorité d'une race ou d'un groupe d'individus sur un autre.

De nous souvenir aussi de tous ceux qui ont combattu et, qui, pour nombre d'entre eux, ont fait le sacrifice leur vie afin de rendre à notre pays sa dignité.

Cette victoire que nous célébrons, c'est d'abord la leur.

Permettez-moi donc de rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à la réalisation de la paix durable que nous connaissons aujourd'hui.

Je tiens à saluer les anciens combattants qui sont présents aujourd'hui et qui ont vécu ces moments terribles de notre histoire.

Et en particulier MM. Forestier, Monréal ainsi que Mme de Saint-Jean.

Je vous remercie également pour leur présence à cette cérémonie les représentants des sapeurs pompiers, de la police et de la garde républicaine.

Je vais maintenant vous lire un texte de Bertrand Delanoë, Maire de Paris.

Le 8 mai 1945, fut signé à Berlin, l'acte solennel de capitulation qui mettait fin à la seconde guerre mondiale.

Ainsi prenaient fin ces années de terreur de souffrance de spoliation irréparables et de privations.

Des visages d'exception traversent avec force cette période si sombre de l'histoire humaine, à commencer par celui du général De Gaulle.

Mais, sur tous les fronts, ce sont de milliers d'anonymes qui ont poursuivi le combat. Qui ont souffert en silence, sous l'occupation comme derrière les barbelés des camps. Qui ont entretenu cette flamme de la résistance que l'ennemi n'a jamais pu éteindre. Et qui ont consenti des sacrifices inouïs souvent celui de leur vie.

Aujourd'hui avec un respect infini pour ces femmes et ces hommes, Paris célèbre ce jour historique et apporte son soutien aux grandes manifestations du souvenir. Paris, cité des droits de l'homme, capitale de la paix, exprime ainsi le témoignage de sa reconnaissance, pour les combats livrés, les actes accomplis, la révolte exprimée, sans lesquelles les forces de la liberté n'auraient pu s'imposer à celle de la barbarie et de la folie destructrice.

Le 8 mai 1945 fut le début du renouveau dans la paix. Renouveau du pays rendu à sa liberté, renouveau d'une Europe qui se réconciliait enfin.

Puissent les générations futures se souvenir à jamais…

Conseil du 2e arrondissement du 28 mars 2002

Allocution du maire

C'est avec consternation que nous avons appris la fusillade de Nanterre.

A travers l'acte criminel d'un déséquilibré, c'est la représentation même de la démocratie qui est touchée, dans ce qu'elle a de plus symbolique.

Huit élus locaux, de tout bord, sont morts, de mort violente, tués, froidement par armes à feu à l'issu d'un Conseil municipal. Quatorze autres sont blessés.

Le Conseil municipal est le lieu par excellence où, en dépit des oppositions légitimes des élus, des solutions sont élaborées pour améliorer la vie, faire évoluer notre société vers plus de civilisation et plus de civisme.

Cet acte de folie criminelle me touche d'autant plus que j'ai longtemps vécu à Nanterre et même si j'ai quitté cette ville depuis bientôt dix ans j'y ai gardé des attaches.

Permettez-moi d'avoir une pensée particulière pour tous ceux que je connaissais personnellement mais également pour toutes les autres victimes.

J'adresse, au nom de tous les élus du 2e arrondissement, aux familles et amis de toutes les victimes, le témoignage de notre profonde tristesse.

Je veux assurer madame Jacqueline Fraysse maire de Nanterre, de la solidarité de tous les élus du 2e arrondissement et lui transmettre nos vœux de courage face à l'épreuve qu'elle traverse.

Je vous propose que nous observions une minute de silence.

A l'heure où Pôrto Alegre, berceau de la démocratie participative, est à la une de l'actualité je suis très heureux de vous accueillir pour cette première réunion, d'installation des trois conseils de quartier du 2e arrondissement. Installation que nous avons voulu officielle pour bien marquer l'importance que nous accordons à la démocratie locale.

Nous avons voulu que ces conseils de quartier soient représentatifs des habitants mais aussi des personnes qui travaillent ou exercent une activité associative dans l'arrondissement.

Le pari que nous relevons est de faire vivre une démocratie locale où chacune et chacun, quels que soient son âge, son sexe (les conseils sont paritaires hommes/femmes) ou sa nationalité peut exprimer son opinion et participer aux décisions qui le concernent, en dehors des périodes électorales.

En ce sens, les conseils de quartier ne doivent pas être de simples lieux d'expression sans lendemain. Permettre à chacun de s'exprimer et d'être entendu est nécessaire, mais n'est pas suffisant. Favoriser le débat, mettre en œuvre la concertation, suppose de faire émerger une parole collective qui débouche sur des propositions concrètes concernant le quartier.

Il ne s'agit pas, toutefois, de se substituer aux élus qui tirent leur légitimité du suffrage universel. Mais de renforcer, voire de rénover, la démocratie représentative en l'enrichissant des atouts de la démocratie participative.

Les conseils de quartier sont dotés de moyens de fonctionnement (2 479 € par conseil) et disposent d'un fonds de participation (8 264 € par conseil), destinés à financer des petits travaux de voirie ou d'amélioration des équipements publics.

Le nombre de conseillers est limité à 21, renouvelables tous les deux ans. J'ai tenu à ce que le collège habitants soit majoritaire. Les séances du Conseil de quartier sont publiques et toute personne qui le souhaite peut y assister et intervenir. Je vous espère donc nombreux.

Je voudrais, tout particulièrement, remercier Sylvie Wieviorka pour l'efficacité et la rigueur avec lesquelles elle a mené ce dossier, depuis l'élaboration de la charte jusqu'à l'installation aujourd'hui des trois conseils de quartier de notre arrondissement.

Je tiens aussi à remercier François Dagnaud adjoint au maire de Paris chargé notamment des relations avec les arrondissements, pour sa présence parmi nous qui montre bien, s'il le fallait encore, tout l'intérêt qu'il accorde à la vie démocratique de notre ville.

Je remercie aussi toutes les personnes qui ont fait acte de candidature, y compris celles qui n'ont pas été retenues lors du tirage au sort et qui je le pense, auront tout de même à cœur de s'impliquer dans la vie de leur quartier.

Les conseils de quartier devraient, j'en formule de vœu, devenir des laboratoires d'idées et d'effervescence citoyenne.

Je vais céder la parole à François Dagnaud.

Ensuite Dominique Dussart, adjointe chargée de l'urbanisme, nous dira un mot sur le rôle des conseils de quartier dans la concertation PLU

Puis Sylvie Wieviorka 1er adjointe s'exprimera sur le fonctionnement des conseils quartier

Et les conseils se réuniront dans trois salles différentes de la mairie.

Mesdames, Messieurs, bonjour,

Permettez-moi tout d'abord, puisque c'est pour cela que nous sommes réunis, de vous présenter tous mes vœux de bonheur et santé pour vous et vos familles,

Et tous mes vœux de prospérité pour l'entreprise que vous dirigez.

Vous faites partie des 6 800 qui, dans le 2e arrondissement exercent cette lourde responsabilité.

Un chiffre qui place notre arrondissement parmi les plus entreprenants de Paris puisque nous comptons 5 fois plus d'emplois que de résidents actifs, alors que la moyenne à Paris est de 1,5. Avec 58 000 emplois pour 20 000 habitants nous avons le taux d'activité le plus élevé de la capitale.

Sont particulièrement présentes ce matin, et je voudrais les en remercier : les entreprises de la confection qui représentent 10% des emplois de l'arrondissement et les entreprises NTIC qui occupent près de 2000 salariés.

Mais sont représentés aussi parmi nous, les commerces, notamment par le biais des associations de commerçants ainsi que les représentants de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris.

Nous avons eu peu d'occasions de ce genre pour nous rencontrer depuis l'élection de la nouvelle équipe municipale. C'est donc une quasi première qui, je l'espère, sera suivie de beaucoup d'autres. Vous savez l'importance que j'accorde à l'activité économique et à l'emploi.

Mais notre arrondissement, outre sa vigueur économique, c'est aussi un taux de chômage supérieur à la moyenne parisienne (13,3% contre 11% en moyenne dans la capitale) et un taux d'emploi précaire en progression depuis 1990 (de 9,1% à 15,2% (contre 13,6% à Paris).

Une autre donnée qui nous distingue du reste de la capitale concerne le transport et le lieu de travail : 18% des actifs ayant un emploi se rendent à pied à leur travail (c'est le plus fort taux parisien puisque celui-ci est de 9,4%) et logiquement le nombre de salariés empruntant la voiture pour aller travailler est le plus faible de la capitale puisqu'il atteint 9,2% (contre 18,2% à Paris).

Il ressort de ce tableau chiffré une grande diversité entreprises/habitants. Je suis très attaché à cette diversité.

En 2002, nous travaillerons sur un certain nombre du sujets dans le cadre de l'élaboration du Plan Local d'Urbanisme (PLU), voulu par la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain). Cette élaboration qui sera menée par mon adjointe chargée de l'urbanisme Dominique Dussart.

Il s'agit de dessiner la ville que nous voulons demain en matière d'éléments structurants tels que, par exemple :

- la préservation de la diversité Emploi/Habitat,

- la conservation du patrimoine,

- la diversité et la complémentarité des commerces en matière de taille et du type de leur activité, et je pense en particulier à la préservation du petit commerce de proximité, nécessaire à la vie de la cité.

Mais le PLU permet aussi de s'interroger sur les questions des transports et du logement.

Nous rencontrerons les habitants sur ces sujets et je souhaite que, vous, les responsables d'entreprise soyez également associés à cette concertation.

Permettre à l'activité économique de s'exercer tout en réduisant les nuisances, pour les habitants, liées aux transports et à l'acheminement des marchandises, doit guider notre réflexion. Jean-Paul Maurel l'élu chargé de la circulation suivra particulièrement cette question.

Par ailleurs, je suis très sensible, comme vous le savez à la qualité de l'environnement dont le paysage urbain fait partie. Et j'accorde une attention particulière à la qualité des enseignes et des devantures.

A ce titre, les entreprises ont un rôle déterminant à jouer dans l'élaboration des Agenda 21 locaux qui consiste à faire des investissements devant concourir à économiser les " fluides " (eau, électricité…).

Tout au long de cette année, je souhaite que nous travaillions en partenariat, que l'on se parle et que l'on échange plus.

Nous avons commencé à élaborer, avec Sylvie Wieviorka adjointe chargée de la prévention et de la sécurité, le Contrat Local de Sécurité (CLS), en relation avec les entreprises, le commissariat, les associations de riverains.

Afin de mettre en contact les compétences et faire vivre cette complémentarité, nous travaillons sur la création d'un pôle de développement économique des NTIC et notamment nous réfléchissons sur l'implantation d'un incubateur d'entreprises de nouvelles technologies dans l'arrondissement.

Nous envisageons la création d'un portail Internet de la Mairie d'arrondissement dans lequel pourrait être créée une bourse aux locaux. A partir duquel des liens pourraient être créés avec vos propres sites. Jean-Christophe Frachet est particulièrement chargé de conduire ce dossier.

Nous travaillons, enfin, avec Pierre Schapira, sur l'implantation d'un nouveau marché découvert bio et de produits du terroir dans l'arrondissement, ainsi que sur le Portage et l'Accompagnement à Domicile (PAD) pour permettre notamment aux personnes âgées d'être livrées chez elles et de réduire ainsi leurs déplacements. C'est un exemple de travail en partenariat entre le service public et l'activité privée auquel nous tenons particulièrement car il contribue à la qualité de vie à laquelle les commerces de proximité sont partie prenante.

La réduction du temps de travail entraîne une recomposition des moments de travail et de loisirs qui posent un défi au service publique que nous représentons. Une réorganisation nécessaire du temps d'ouverture des services publics nous emmènerons à envisager des évolutions des horaires d'ouverture de l'administration ou par exemple des crèches.

Enfin, cette année, nous serons amenés à partager un temps fort de la vie des entreprises. Les élections Prud'homales qui auront lieu au mois de décembre 2002. Vous savez les élus sont garants du bon déroulement de ce scrutin.

Vœux aux habitants du 2e arrondissement

Je souhaite d'abord, en mon nom, et celui de tous les élus du 2e arrondissement, vous présenter tous mes vœux de bonheur et de santé pour vous et vos proches. La santé est notre bien le plus précieux. Elle est primordiale : comme dit le proverbe : " la santé est une couronne sur la tête des bien-portants que seuls voient ceux qui souffrent ".

Je voudrais que nous ayons une pensée pour eux.

Mais la souffrance c'est aussi la misère sociale et je pense là au plus démunis, à ceux qui vivent dans des conditions difficiles, aux mal-logés, à ceux qui n'ont pas de travail ou de faibles revenus. Nul n'est heureux tout seul, et la richesse n'a de sens que si elle est partagée.

" Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi la société n'est qu'un rêve de prédateurs ", disait Daniel Pennac (cité par T. Monod).

C'est en ce sens que, depuis 9 mois, les élus de la majorité se sont mis au travail. Pour mieux vivre ensemble dans notre arrondissement, dans le respect de nos différences et de notre diversité, pour améliorer nos conditions de vie.

Alors, 9 mois c'est à la fois beaucoup et très peu. Beaucoup car nous avons le sentiment d'avoir déjà beaucoup entrepris et c'est très peu en termes de réalisations concrètes, palpables. Et je dois dire que c'est bien l'une des principales surprises, voire l'un des principaux sujets d'exaspération pour le nouvel élu que je suis et que nous sommes pour la plupart. Je veux parler du temps que prennent, en général, les projets que nous souhaitons faire aboutir.

Le temps c'est celui de l'administration et des procédures tout à fait légitimes et réglementaires (engagements budgétaires, votes du conseil de Paris, études, cahiers des charges, appels d'offres, passations de marchés, réalisation…), auquel s'ajoute le temps de la concertation, elle aussi légitime et nécessaire.

Pourtant, nous avançons et nous avons la ferme intention, au cours des six ans que dure un mandat municipal, de mettre en œuvre le programme pour lequel vous nous avez élus.

En cela, nous nous inscrivons tout à fait dans les orientations de la mandature conduite par le Maire de Paris Bertrand Delanoë.

Dans les actions que nous menons, nous devons distinguer celles que nous traitons directement et celles que nous menons en relation avec les adjoints au maire de Paris et les directions de la ville qui leur sont rattachées.

Parmi celles-ci, lorsque nous sommes arrivés, au mois d'avril 2001, l'une de nos premières démarches a été la mise en œuvre des travaux d'urgence dans les écoles et les crèches de l'arrondissement, avec une attention particulière pour éradiquer la peinture au plomb, source du saturnisme.

Depuis longtemps ces travaux étaient rendus nécessaires. La nouvelle majorité les a voulu urgents. Ils ont été réalisés durant l'été.

La réalisation des couloirs du bus, dont plusieurs rues de notre arrondissement sont désormais pourvues, est aussi un engagement de la nouvelle majorité à l'Hôtel de ville qui a pu être réalisé rapidement.

Je ne voudrais pas être trop fastidieux mais je souhaiterais citer quelques réalisations des élus du 2e :

- La constitution de commissions d'attribution des places en crèches, (et bientôt pour les logements sociaux),

- L'ouverture de la Mairie vers les habitants pour redonner tout son sens à la notion de maison commune : je veux parler par exemple, du temps de dialogue avec les habitants à l'issue des conseils d'arrondissement, mais aussi de l'organisation d'événements en mairie comme la semaine du transport public ou la fête de la musique, où pour la première fois, des concerts ont été donnés dans la cour.

J'ajouterai des événements comme lire en fête avec la nuit du fantastique.

Mais aussi, dans le domaine de la citoyenneté, il faut citer la remarquable organisation des assises de la citoyenneté qui a permis, par la suite, à trois résidents étrangers du 2e arrondissement d'être sélectionnés pour siéger au Conseil parisien des résidents étrangers.

- L'ouverture de la mairie, c'est aussi l'accueil, au quotidien, auquel nous tenons beaucoup et que nous inscrivons sous le signe de la qualité.

- Sur l'avenir du Sentier, nous avons organisé une réunion à l'intention des riverains : habitants et commerçants, pour nous parler et échanger. Les points de vue des uns et des autres ne sont pas si éloignés. Et nous aurons l'occasion de poursuivre ce dialogue et d'arrêter des lignes d'action dans le cadre de la concertation pour le PLU (plan local d'urbanisme), j'en reparlerai, et des conseils de quartiers.

- Nous nous étions engagés à assurer l'indépendance des associations : le CICA (comité d'initiative et de consultation d'arrondissement) a désormais un bureau élu.

- La phase diagnostic du CLS (contrat local de sécurité) a été entamée en 2001. Nous le mettrons en œuvre et le ferons vivre durant l'année. A ce sujet, je salue le commissaire Bouzon récemment nommé (en décembre 2001) dans le 2e arrondissement, avec qui nous avons déjà commencé à travailler sur ce sujet ainsi que sur les questions de circulation dans le quartier Montorgueil pour lequel nous avons souhaité une plus grande vigilance en matière de respect des règles d'accès et de stationnement.

- Parmi les changements : vous verrez les petits pavés blancs disparaître peu à peu. Inadapté, ce matériel remplacé à l'identique, véritable tonneau des Danaïdes, coûtait fort cher. Nous avons opté pour un pavé en granit, dit de Houelgat, plus conforme.

- Dans l'optique de créer plus de logements sociaux (les mal logés dans notre arrondissement sont nombreux et les logements sociaux quasi inexistants), nous avons pu racheter cette année deux immeubles, et autant qu'il le sera possible, nous poursuivrons cette politique dont hélas les effets concrets prendront du temps (réhabilitation, etc…).

Et il faudra probablement attendre 2003 pour les premières attributions et qui hélas encore, ne régleront pas les problèmes de tous en matière de logement.

- Enfin, nous avons souhaité organiser, pour ceux qui le souhaitent, des cérémonies Pacs en Mairie afin de promouvoir l'égalité des droits.

Il s'agit donc d'un véritable changement d'état d'esprit. Il montre bien, qu'à nos yeux, chacun a sa place et que chacun mérite d'être entendu.

De quoi sera fait 2002 ? L'année verra se concrétiser plusieurs actions que nous avons initiées dès notre arrivée.

- Parmi celles-ci, les conseils de quartier (un pour chacun des trois quartiers que nous avons définis) dont le tirage au sort des membres du collège habitants a eu lieu lors du dernier conseil d'arrondissement. Ces conseils de quartier siègeront pour la première fois à la fin du mois,

- Le conseil des jeunes du 2e arrondissement sera également installé. Destinés à impliquer les jeunes dans la vie municipale, les conseils locaux de la jeunesse participent à leur éveil à la citoyenneté en les familiarisant avec l'institution et les mécanismes de prise de décisions,

- Nous améliorerons la qualité des repas servis aux enfants qui déjeunent dans les restaurants scolaires de l'arrondissement avec l'introduction de produits de qualité fermière, du terroir et labellisé sans, bien entendu, exclure le bio,

- Le tri sélectif des déchets sera une réalité dès le mois de septembre,

- Nous entamerons les travaux du square Bidaut,

- Le site internet de la mairie du 2e verra le jour,

- La concertation sur le PLU (plan local d'urbanisme) sera lancé. C'est important : il s'agit de déterminer quelles orientations en matière d'urbanisme souhaitent les habitants pour demain. Une exposition va être organisée et une première réunion de concertation se tiendra le 14 février,

- Les travaux de la halte garderie et des logements sociaux du 54-58 rue Montmatre démarreront pour s'achever en 2003,

- D'autres chantiers seront lancés comme, notamment, celui de la restructuration de l'immeuble des Petits-Pères, où à terme (mais là encore les travaux prendront du temps) une nouvelle bibliothèque verra le jour, ainsi qu'une nouvelle structure d'accueil petite enfance,

- Nous travaillerons aussi à la création d'une maison des associations.

Nous aurons le temps d'échanger à nouveau sur ces points, de préciser les calendriers, au cours de l'année, lors notamment des conseils d'arrondissement, des conseils de quartier, des réunions de concertations. Ou lors des permanences où vous pouvez nous rencontrer.

Avant de conclure et de vous remercier, tous, pour votre présence, je voudrais, en particulier, saluer le dynamisme citoyen des habitants qui ont été tirés au sort pour être membres des conseils de quartiers qui tiendront leur première réunion le 31 janvier, en Mairie. Réunion publique, à laquelle je vous invite à participer nombreux.

La mairie du 2e arrondissement est notre maison commune et je suis très heureux de vous y accueillir pour ces Assises de la Citoyenneté.

Vous êtes venus nombreux et je vous en remercie.

Votre présence démontre bien la forte attente, tout à fait légitime, qu'ont les habitants de notre arrondissement, quelle que soit leur nationalité, à être associés à la vie municipale et à jouer pleinement leur rôle de citoyen.

Vous le savez, depuis 1998, les étrangers ressortissants d'un pays membre de l'Union européenne ont le droit de vote aux élections locales en France et donc aux élections municipales. Mais cette disposition exclut encore les étrangers non issus d'un pays de l'Europe communautaire, même s'ils résident dans notre pays depuis longtemps.

Nous appelons de nos vœux une réforme constitutionnelle, qui ne peut être décidée que par le Parlement ou par référendum, afin que tout résident étranger durablement établi dans notre pays puisse, lui aussi, s'exprimer par son vote aux élections locales.

Dans l'attente de cette réforme, le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, a souhaité créer un comité consultatif dénommé " Conseil de la Citoyenneté des Parisiens non-communautaires ". Son objectif : favoriser l'expression et la participation à la vie municipale des Parisiens de nationalité étrangère, non dotés du droit de vote.

Ces conseillers étrangers siègeront aux côtés du Conseil de Paris. Ils auront pour mission de donner des avis sur toutes les questions intéressant la vie, à Paris, des résidents étrangers non communautaires. Plusieurs représentants de notre arrondissement y participeront. Pour cela, faire acte de candidature est nécessaire. Un document à remplir, et à renvoyer à la mairie de Paris, est disponible en mairie du 2e . Nous nous tenons à votre disposition pour vous aider à remplir ce document et mieux vous expliquer les démarches à suivre.

Ce Conseil des résidents étrangers est destiné à faciliter l'exercice de la citoyenneté de résidence. Mais il ne se substitue pas à l'obtention du droit de vote aux élections locales qui reste l'objectif ultime.

En effet, sans droit de vote, il n'y a pas de citoyenneté pleine et entière. L'accorder aux résidents étrangers c'est reconnaître leur place dans notre société et leur apport à la vie de notre ville. C'est aussi combattre la notion de préférence nationale.

Il n'est, en effet, pas normal que tous ceux qui vivent, travaillent, cotisent aux organismes sociaux, paient des impôts, ont des enfants qui vont à l'école, sont usagers des services publics, bref contribuent à l'enrichissement de notre communauté, n'aient pas leur mot à dire sur qui les représentent et la façon dont ils sont représentés. Les étrangers doivent pouvoir peser sur les décisions qui les concernent dans leur vie de tous les jours.

L'apport de l'immigration à la construction de notre pays et de notre ville n'est plus à démontrer. De tout temps, des travailleurs, des artistes et de intellectuels issus de tous les pays du monde y ont trouvé accueil et refuge.

De plus, au gré des besoins en main d'œuvre des employeurs, des populations venues d'ailleurs ont souvent été sollicitées pour venir travailler en France et notamment à Paris ; je pense là, en particulier, à la période de construction de l'après guerre.

On le voit : inutile d'avoir vu le jour à Paris pour être parisien. On ne nait pas parisien, on le devient.

Mais ne nous le cachons pas. Si ces populations venues de part le monde se sont intégrées à la vie de notre ville et son quotidien, l'intégration ne s'est pas faite, et ne se fait pas sans mal.

Les étrangers sont ceux qui, parmi nous, souffrent le plus de maux sociaux : chômage, faibles revenus, exclusion, habitat dégradé ou exigu, et vivent souvent dans des conditions précaires.

A cet égard, je souhaiterais évoquer le sort dramatique des sans papiers qui, bien que vivant parmi nous, sont rejetés dans la clandestinité et sont parfois soumis de la part d'employeurs sans scrupules, à l'arbitraire et à l'exploitation la plus éhontée. Une solution devra être trouvée.

Dans notre arrondissement, la présence de résidents étrangers est forte. Puisque si l'Insee recense 14% de résidents étrangers à Paris, le deuxième en compte 20% voire 30% dans certains quartiers comme le Sentier. C'est cette population qui constitue une large partie du corps social qu'il me paraît nécessaire et légitime d'associer à la vie municipale.

Outre le Conseil de résidents étrangers, au niveau du deuxième arrondissement, nous sommes en train de mettre la dernière main aux principes de fonctionnement des Conseils de quartiers au sein desquels tous les habitants, quelle que soit leur nationalité sont les bienvenus. Au sein de cette assemblée, au même titre que tout autre habitant, les résidents étrangers pourront donner leur avis sur l'élaboration de la politique municipale.

Je voudrais remercier tous les responsables associatifs ainsi que tous les élus qui ont contribué à l'organisation de cette journée.

Leur travail qui a permis le succès de cette initiative contribuera à ce que chacun devienne acteur de sa propre vie, sur la scène du 2e arrondissement.

Vous le savez : une action terroriste de grande ampleur, probablement planifiée de longue date, vient tragiquement de frapper les Etats-Unis.

L'horreur puis l'effroi nous saisissent face à ces opérations de destruction organisées, volontairement meurtrières, symboliques et spectaculaires, visant à marquer les esprits et que les pires scénarios de science-fiction peinaient eux-mêmes à imaginer.

Rien ne peut justifier une telle barbarie, quelle que soit la cause que ses auteurs prétendent défendre.

Dès le lendemain de ces tragiques événements, le plan Vigipirate a été réactivé.

J'ai pris moi-même contact avec le commissariat et les services de police qui m'ont assuré que, dans notre arrondissement, les points dits sensibles faisaient désormais l'objet d'une surveillance renforcée (notamment les écoles).

Une réunion à l'Hôtel de Ville hier soir, a précisé les éléments de sécurisation.

Des effectifs de surveillance supplémentaires sont affectés sur Paris (renfort de 1000 policiers et 600 militaires).

Les poubelles dans les principaux lieux publics ont été retirées et remplacées par des sacs plastiques.

Les containers de verres usagés dans les sites les plus sensibles vont être enlevés.

La surveillance des bâtiments publics est renforcée (écoles, mairies …).

Concernant les manifestations et événements festifs, le principe retenu est qu'ils sont pour la plupart maintenus, avec l'accord du commissariat. La journée du patrimoine (samedi 15 septembre) est reportée mais le vide grenier, organisé par l'association Rue St-Denis Paris 2, se déroulera comme prévu les samedi 15 et dimanche 16 septembre.

Vous le voyez, même si les services de police de surveillance du territoire affirment que notre pays, notre ville (Paris) ne font pas l'objet de telles menaces terroristes les mesures de précaution et de prévention sont prises.

J'appelle tous les habitants de notre arrondissement, quelles que soient leur religion ou leur culture, au calme, au sang-froid et au dialogue. Je voudrais leur rappeler la foi laïque dans le dialogue et la résolution pacifique des conflits, le rejet de l'idée de vengeance. Il faut plus encore se parler, s'écouter se comprendre.

Chacun de nous se sent impuissant face à ces actes de terrorisme. Mais ce que chacun peut faire, là où il est, c'est travailler pour un monde plus juste, plus démocratique, moins violent, avec les armes du dialogue et de la concertation, dans le souci de la construction d'un monde de paix dans lequel chacun a sa place.

Je vous propose d'observer une minute de silence.

Je suis heureux de vous accueillir en mairie du 2e arrondissement pour l'inauguration de l'exposition " En ville, transportons-nous autrement ". Cette exposition s'inscrit dans le cadre de la semaine nationale de promotion des transports collectifs qui, cette année, s'achève par la journée " En ville sans ma voiture ".

Il était important que la mairie du 2e arrondissement s'associe pleinement à cette initiative. Non seulement parce que son maire est écologiste mais aussi parce que la situation géographique de l'arrondissement, en plein cœur de ville, pose avec une grande acuité la question du transport dans les hyper-centres urbains.

Personnellement, je vis dans le 2e arrondissement. J'utilise les transports collectifs, le vélo. Je n'ai pas de voiture.

Ce n'est pas original : 72% des ménages de l'arrondissement (contre 55% à Paris) n'en possèdent pas non plus.

Une situation probablement permise grâce à la bonne desserte du centre de Paris en transport collectif. Et à la prise de conscience des problèmes posés par l'accès massif de la voiture individuelle, polluante et bruyante, au cœur d'une zone dense.

On le sait, la nouvelle politique initiée par la majorité plurielle de l'Hôtel de Ville a suscité une polémique. Avant même qu'elle ne se concrétise, les Cassandre prévoyaient le pire.

- Diminution du trafic des voitures.

- Tassement de leur vitesse (réduisant la pollution).

- Augmentation de la cadence des bus (qui passent de 8 à 9km/h à 10 à 14 km/h).

- Facilité de circulation pour les vélos et les taxis.

A la grande satisfaction de nombreux banlieusards qui désormais, aux heures de pointe, peuvent, depuis Châtelet, gagner la gare de l'Est en moins de 10 minutes, là où précédemment il leur en fallait le double.

Il est donc opportun de poursuivre le programme envisagé (34 km restent à réaliser) même s'il faut, plus encore, prendre le temps de la concertation, pour expliquer et convaincre.

Dans le 2e arrondissement les tronçons de la rue Réaumur et de la rue Montmartre vont être réalisés, comme prévus, avant la fin de l'année.

Il faut cependant être attentif aux livraisons et à l'approvisionnement des magasins, car des difficultés sont apparues lorsqu'on a voulu compenser l'espace soi-disant perdu par l'automobile, en prenant sur l'espace jusque là utilisé par les livreurs. (C'est le cas boulevard de Sébastopol (2e arrondissement) et bd de Strasbourg (10e arrondissement)).

Poursuivre est donc indispensable. Car aujourd'hui, nous sommes face à une question de santé publique. Les premières victimes de la pollution sont, ce qu'on appelle lorsqu'on parle de tabagisme, les fumeurs passifs. Ceux qui ne pratiquent pas, mais subissent la conséquence d'une pratique. Je veux parler notamment des enfants et des personnes âgées qui vivent en ville et respirent un air surchargé en oxyde d'azote, monoxyde de carbone et autres particules en suspension.

Or, la loi sur l'air – je cite : " reconnaît à chacun le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ".

Il s'agit, ni de désigner un bouc émissaire (l'automobiliste) ni de restreindre la possibilité de se déplacer et notamment d'accéder au centre des villes. Au contraire : c'est bien pour faciliter les déplacements en zone dense que les transports en commun ont un rôle déterminant à jouer. Ceux ci doivent être fiables, réguliers, confortables et proposer une politique tarifaire incitative.

Relier la banlieue au centre de Paris par le RER coûte trop cher.

Un ticket aller retour Les Halles/St-Germain-en-Laye vaut 40 F. Une famille avec deux enfants doit donc débourser 160 F pour le trajet…

Quant à une famille, toujours de deux enfants, habitant Cergy Pontoise qui veut visiter le musée du Louvre doit débourser 232 F (soit 58 F le billet aller/retour pour une personne).

Il est en effet beaucoup plus économique d'effectuer le parcours en voiture et c'est dommage.

Là aussi les choses doivent évoluer.

Il faut également mieux adapter les moyens de transport aux besoins des centres villes, penser aux personnes à mobilité réduite. A ce titre le " Microbus " et le " Nanobus " de la Ratp que nous vous présentons dans le cadre de cette exposition apportent une réponse pertinente aux besoins exprimés.

Vous le voyez la mairie du 2e s'associe pleinement à la promotion des transports collectifs.

Tout au long de la semaine des enfants des écoles de l'arrondissement viendront visiter l'exposition qui présente la politique de la ville de Paris en matière de transports collectifs, ainsi que les dangers de la pollution.

Des personnalités du monde artistique comme Magid Cherfi ou Régine Deforges viendront dédicacer un recueil de nouvelles consacré aux transports en commun.

Des vélos-taxis seront gratuitement mis à disposition des habitants toute la semaine et le 22 septembre des animations se dérouleront toute la journée dans l'arrondissement avec notamment un point-vélo gratuit de la RATP place de la Bourse.

Mieux partager l'espace pour le consacrer aux transports collectifs, vélos et piétons et créer un véritable " métro de surface ".

Six mois à peine après être arrivée à l'Hôtel de Ville la majorité traduit concrètement, en actes, cet engagement pris auprès des Parisiennes et des Parisiens.

Beaucoup reste à faire.

Nous ne sommes qu'aux prémices d'un grand projet de reconquête de l'espace public. La question des transports collectifs sera certainement l'un des enjeux important de la mandature.

Denis Baupin, adjoint au maire de Paris chargé des questions du transport, va nous exposer les grandes lignes de la politique parisienne en la matière.

Je lui cède la parole.

Mesdames, messieurs, je vous remercie pour votre attention.

C'est avec plaisir que je vous accueille en cette mairie du 2e arrondissement de Paris, avec vos familles et vos amis.

Vous avez décidé d'accomplir l'engagement majeur d'organiser ensemble votre vie commune, dans une démarche libre et volontaire, en signant un pacte civil de solidarité. Il s'agit d'un engagement officiel, devant la loi de la République.

Vous m'avez dit à quel point vous étiez fiers de la bienveillance et de l'esprit de tolérance de vos proches, de votre famille et de vos parents. Je veux, à mon tour, leur dire qu'ils peuvent être fiers de vous. Vous pouvez, chers parents, être fiers de vos enfants et de leur choix adulte.

Si j'ai souhaité vous recevoir, ici, pour cette cérémonie, c'est pour rappeler qu'une Mairie est notre maison commune, ouverte à toutes et à tous, sans discrimination. Nous retrouver, ici, aujourd'hui pour cette cérémonie fait partie, à mon sens, des devoirs des représentants des citoyens que sont les élus.

Par la présente célébration républicaine, vous avez souhaité partager, avec tous ceux que vous aimez et qui vous aiment, la joie de votre consentement.

Je vous dirais, à cette occasion, quelques mots sur les droits et les devoirs des citoyens qui, comme vous, se sont engagés officiellement à vivre ensemble. Je tenais à le faire de façon moins impersonnelle que la simple signature d'une convention passée devant le greffier.

Je vais vous lire trois articles du Code civil qui vont être au cœur de votre engagement devant la loi. En effet, la loi du 15 novembre 1999 relative au Pacs a été intégrée à notre Code civil qui exprime l'essentiel des valeurs de la République.

(Lecture des articles 515-1, 515-3 et 515-4 du Code civil )

Je veux maintenant vous parler plus directement. Car on ne s'engage pas officiellement dans une vie commune pour faire plaisir, ou faire comme les autres, ou faire le contraire des autres. Il s'agit d'un engagement authentique, solennel, durable, dans lequel la fidélité à l'autre passe par la sincérité envers soi-même.

Je vous adresse avec confiance ce vœu du grand poète et résistant René Char :

" Imposez votre chance ! Serrez votre bonheur !

Allez ensemble prendre vos risques !

…A vous regarder, ils s'habitueront ! "

Alors, soyez pleinement heureux ensemble. Un des fondements de la République est de rendre tous les citoyens libres de leurs choix. Et bien, c'est au nom de la République que je vous souhaite toute une vie de bonheur.

Nous allons maintenant procéder à la signature, avec vos témoins, du document attestant de votre engagement, en Mairie.

Le petit journal de Copenhague

Durant le sommet de Copenhague en 2009, Jacques Boutault a tenu un petit journal quotidien.

Le petit Journal de Copenhague _ jeudi 17 décembre 2009

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Le petit Journal de Copenhague Mardi 8 décembre 2009

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Le petit Journal de Copenhague Lundi 7 décembre 2009

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Dernière mise à jour le lundi 13 novembre 2017
Crédit photo : Mairie de Paris/Anne Thomes

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